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(fr) Le 1er Mai de la FOB - Buenos Aires

Date Sun, 6 May 2007 01:20:33 +0200 (CEST)


Ce Premier Mai, autour de 800 compagnes et compagnons de la Fédération
d'Organisations de Base (FOB) (1) ont manifesté pour rappeler la lutte des martyrs
de Chigago. A cette occasion nous avons réalisé un numéro spécial de la presse de
la FOB pour revenir sur les origines du 1er Mai et revendiquer son caractère de
lutte.

La Fédération d'Organisations de Base (FOB) est née fin 2006 comme conséquence
d'une pratique que plusieurs mouvements et collectifs avons en commun. La décision
de préserver les ressources obtenues
pendant des années de lutte nous a amené à nous rejoindre dans des mobilisations au
siège du gouvernement de la province de Buenos Aires, au ministère de Promotion
Sociale dans la Capitale Fédérale,
et à plusieurs supermarchés du sud de la banlieue de Buenos.

Après ces premiers pas, nous avons réalisé notre premier "congrès" fondateur dans
lequel plus de 150 compagnes et compagnons de 8 organisations de la fédération
avons discuté de la situation économique, sociale et politique actuelle, de la
réponse collective à l'avancée du gouvernement et des moyens pour nous renforcer
tout en maintenant notre autonomie.

"Nous devons générer l'unité, faire en sorte que nos projets et réalisations
croissent pour, dans la mesure où les organisations se renforcent quantativement et
surtout qualitativement, dépasser le stade de la simple réponse conjoncturelle. De
plus il est nécessaire de bien être conscient des raisons pour lesquelles on lutte,
pour avoir un sens d'appartenance et de générer la participation. Il faut continuer
tous ensemble dans la lutte, seul on ne fait rien, beaucoup font beaucoup, c'est
pour cela que nous devons nous rassembler, que nous devons continuer de défendre
notre autonomie et de ne pas céder devant le gouvernement ou à dépendre d'un
parti", a-t-on pu entendre lors du congrès fondateur de la fédération.

Les différentes expériences de coordination et d'articulation desquelles nous avons
fait parti durant ces dernières années (1) nous ont permis de tirer quelques
conclusions utiles pour affronter le défi de la construction d'un espace plus grand
que nos propres mouvements.

Nous nous organisons comme fédération parce que nous croyons que la force qui donne
l'unité vient de chacune des organisations de base, de leur développement, de leur
autonomie, dans la démocratie directe
comme forme de prise de décisions dans toutes les instances de l'organisation pour
assurer la participation active de toutes les compagnes et compagnons, l'action
directe pour résoudre nos demandes sans attendre les solutions de ceux d'en haut et
l'autogestion comme forme de travail libre, sans patron ni exploitation.

Ce sont nos principes, la base sur laquelle nous abordons la construction d'un
pouvoir populaire qui met réellement en question ce système qui condamne une
majorité à vivre dans des conditions indignes, dépouillés de tous nos droits, à la
santé, à l'éducation, à un travail et à un logement dignes, et qui aussi veut nous
refuser le droit de nous organiser et de lutter, au moyen de la violence et de la
répression ou bien de promesses et de cooptation des différents gouvernements. Mais
depuis notre lutte quotidienne, de femmes et
d'hommes dignes, depuis nos quartiers ou lieux de travail, nous continuerons de
construire le changement social.

C'est le chemin que nous avons décidé d'emprunter et depuis lequel nous
contribuerons à la lutte pour une société plus juste, sans exploités ni
exploiteurs, sans oppressés ni oppresseurs et dans laquelle nous seron , comme
peuple, maîtres de notre propre destin.



ÉDITORIAL du numéro spécial 1er Mai de la publication de la FOB (3)

La marginalisation et l'approfondissement de la brèche entre riches et pauvres se
fait chaque jour plus notoire. Selon les indicateurs économiques, il entre de
l'argent et l'économie croît, mais cet argent n'est pas distribué. C'est-à-dire que
les riches sont de plus en plus riches, engendrant une distribution inégale de la
richesse, peut-être, encore plus grande que durant d'autres gouvernements. Le
gouvernement de Kirchner a l'ample soutien des secteurs qui tirent des bénéfices de
politique économique (qui conserve son caractère
libérale malgré la rhétorique du gouvernement).

Malgré le fait que pour la presse, les entrepreneurs et le gouvernement cela
signifie une réactivation économique, pour nous cela signifie une plus grande
précarité dans les emplois, privatisation de l'éducation et de la santé, ne pas
arriver à la fin du mois parce que tout est plus cher et ne pas pouvoir couvrir les
besoins de base pour vivre dignement.

En ce qui concerne les mesures prises par le gouvernement pour faciliter la
réouverture des procès contre les militaires coupables de génocide lors de la
dernière dictature, et qui lui valent un certain soutien, il s'agit d'une stratégie
de récupération des luttes des organisations sociales (si pendant plus de 20 ans
celles-ci
n'avaient pas lutté pour l'annulationdes lois d'impunité elles seraient toujours en
place).

Nous voyons cependant comment sont quotidiennement piétinés nos droits au logement,
à l'éducation, au travail, etc... Comment le gouvernement lèvent des consignes et
des revendications en faveur des droits Humains violés durant la dernière dictature
militaire, alors que de nos jours il y a 3.000 militants sociaux inculpés, des
hommes de main du ministre de l'Intérieur qui interviennent dans un hôpital pour
briser une grève, dans la banlieue de Buenos Aires il y a une personne assassinée
par les forces répressives de l'Etat toutes les 25 heures.

C'est-à-dire que dans la Police et les Forces Armées les répresseurs d'hier sont
toujours là. Un exemple de ceci est la disparition de Julio Lopez (4) depuis plus
de 6 mois. Pour concrétiser son accumulation de pouvoir, le gouvernement a obtenu
le soutien envers sa gestion au moyen de la cooptation de certains secteurs :
Mouvements sociaux, intendants, gouverneurs provinciaux, syndicats, journalistes et
médias. Cela facilite l'isolement des secteurs en lutte.

En ce moment, les organisations qui s'alignent avec le gouvernement reçoivent la
majorité des ressources (aliments, allocations, subventions...) tandis que celles
qui n'entrent pas dans ses plans politiques sont constamment sous la pression.

L'Argentine continue d'être un pays sans industries et agro-exportateur, les
politiques sociales se réduissent à assister minimalement les situations
d'exclusion structurelle. Et si à cela nous ajoutons le fait que les ressources
octroyées par le gouvernement sont des allocations de misère, il est tout à fait
clair que les politiques sociales sont plus qu'insuffisantes.


L'actuelle situation des travailleurs a peu variée

Il est important comme travailleurs que nous sommes, de savoir que personne ne nous
a rien offert, ni maintenant ni dans le passé. Tous nos droits ont été conquis par
les générations qui nous ont précédés,
qui se sont organisées et ont lutté. L'actuelle situation est critique, les
travailleurs avons perdu de manière totale ou partielle beaucoup d'acquis sociaux.
De nos jours beaucoup sont les compagnons qui travaillent plus de huit heures par
jour, qui n'ont pas accès à la sécurité sociale, ni aux congés payés. Dans
beaucoup de cas les patrons nous empêchent de nous organiser syndicalement (par ex.
Mac Donalds, les Supermarchés). Les jours de repos comme le dimanche et le samedi
peu à peu sont remplacés par un jour dans la semaine qui en
général est choisi par le patron.

Derniers les dernières semaines nous avons aussi vu la sauvage répression s'abattre
sur les enseignants, autant dans la province de Salta que dans celle de Neuquen,
cette dernière soldée par le lâche meurtre dans le dos du compagnon Carlos
Fuentealba (5). De la même manière est militarisée la province du président, Santa
Cruz, où le peuple résiste héroïquement.

Un autre facteur clef est le chômage. La peur de perdre son travail, est souvent
plus forte que la peur à l'exploitation ou au mauvais traitement, , par conséquent
un fort taux de chômage est utile; cela fait que l'on supporte les conditions de
travail qui autrement seraient insoutenables. La logique du capitalisme qui conduit
à la destruction de la planète consiste en ce qu'une minorité accumule pouvoir,
biens et richesses aux dépens de l'immense majorité des peuples du monde. Cette
logique implique que plus ils nous exploitent comme travailleurs, plus grand seront
leurs profits.

Dans le cas de l'Argentine, les poulpes capitalistes ont beaucoup avancé sur nos
droits à partir de 1976, quand ils ont imposé une dictature militaire qui a
assassiné et a fait disparaître des milliers de personnes qui s'opposaient à la
logique capitaliste que nous avons mentionné auparavant. À partir de ce moment, le
néolibéralisme a avancé comme jamais auparavant, ses politiques, qui ont été aussi
appliquées en démocratie, ont engendré une situation d'inégalité sans précédents
dans notre histoire (il n'y a jamais eu autant de pauvres et si peu de riches,
avec des fortunes de plus en plus grandes). Les bureaucraties syndicales ont
négocié avec les pouvoirs en place, permettant que ceux ci asservissent nos droits.
Nous savons ce qu'ils ont obtenu en échange, des personnages comme Daer, Moyano,
Cavalieri, Zanola ou Barrionuevo, (pour nommer
seulement quelques uns des bureaucrates syndicaux de la CGT) se sont enrichis de
manière extraordinaire. Aucun ne peut justifier son patrimoine.

Nous voyons ainsi que les pattes du système sont très variées : Des syndicalistes
qui trahissent. Des députés et des sénateurs corrompus qui approuvent des lois de
flexibilité du travail. Des entrepreneurs corrupteurs et exploiteurs. Les
présidents qui gouvernent pour le pouvoir économique. Des militaires qui répriment
ceux qui résistent. Des milliers de compagnons sans possibilités d'obtenir un
travail. Et la télé, cet appareil qui te dit que tout est bien, qui t'assome et
t'assoie chez toi.


Notes
1- La Fédération d'Organisations de Base (FOB) est une organisation formellement
née en 2006, autonome de tendance libertaire. Elle regroupe des Mouvements de
chômeurs et des collectifs politico-culturels et de contre-information. Voir la
présentation des différents groupes,
http://amerikenlutte.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=44&Itemid=39

2- Coordinadora Anibal Veron et Frente Popular Dario Santillan (NdT)

3- Lire la Une: http://argentina.indymedia.org/uploads/2007/05/tapa_boletin.pdf

4- http://amerikenlutte.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=52&Itemid=40

5- http://amerikenlutte.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=51


Album de photos de la FOB :
http://picasaweb.google.es/prensafob/1DeMayo2007/photo?authkey=dYlXwDbtVbQ#s5060472939319369442

Traduction: Fab, <santelmo(a)no-log.org>



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