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(fr) Premier mai : le combat est dans la rue, pas dans les urnes !

Date Wed, 2 May 2007 22:58:20 +0200 (CEST)


On a assisté depuis plusieurs semaines à des joutes verbales médiatisées, souvent
plus centrées sur les questions de forme que sur les questions de fond : histoire
de faire oublier qu�aucun des tribuns ne compte réellement changer quelque chose au
désordre capitaliste en place. Devant la mascarade électorale, chacun fera ce qui
lui semble bon, juste ou nécessaire. Quelques-uns hésiteront.

On a assisté depuis plusieurs semaines à des joutes verbales médiatisées, souvent
plus centrées sur les questions de forme que sur les questions de fond : histoire
de faire oublier qu�aucun des tribuns ne compte réellement changer quelque chose au
désordre capitaliste en place. Devant la mascarade électorale, chacun fera ce qui
lui semble bon, juste ou nécessaire. Quelques-uns hésiteront.

Comment ne pas être émerveillé par le discours plein de bon sens de tous ceux qui
ne « font de la politique » que toutes les plombes en allant bourrer les urnes et
qui nous répèteront « Va voter si tu ne veux pas qu�on décide à ta place » ; alors
que cÂ?est dans la rue, dans les associations, par la lutte, que nous pouvons gagner
des avancées sociales, pas par les urnes. Quel que soient les candidats élus, quel
que soit le résultat du scrutin, il nous faudra lutter pied à pied, ne serait-ce
que pour conserver les acquis que nos prédécesseurs ont obtenus par leur combat, à
travers leurs organisations de classe. Ce nÂ?est pas parce que la gauche, fut-elle
populaire, arrive au pouvoir, que les réalités économiques du monde où nous
évoluons changeront. Le gouvernement (de gauche ou de droite) voudrait-il s�opposer
aux licenciements quÂ?il ne le pourrait pas : la perte de 1400 emplois chez
Opel-Anvers vient cruellement rappeler l�impuissance des élus. Le capitalisme n�est
pas soluble dans les urnes� La déclinaison nationale des élections n�est d�ailleurs
qu�une vision étriquée de la réalité capitaliste des délocalisations, des
transferts de capitaux, des licenciements, du chômage et de la précarité. C�est
évident, nos frontières ne sont pas celles des patrons� Il est urgent de renforcer
concrètement l�entente internationale des travailleurs.

En tant que les libertaires, nous refusons le principe même de la délégation de
pouvoir : chacun doit avoir la possibilité de participer à la gestion de ce qui le
concerne. Quand, dans nos organisations, nous mandatons quelquÂ?un, nous ne lui
déléguons pas notre pouvoir, mais au contraire nous lui donnons mandat impératif de
porter la volonté et les idées dont nous avons débattu ensemble. Nos mandatés sont
révocables à tout moment, contrairement aux élus du pays. Ce que nous proposons,
c�est le libre fédéralisme. Ensemble, et sans avant-garde « éclairée », nous avons
la capacité de prendre nos affaires en main, d�abolir le capitalisme et toutes les
formes dÂ?oppression.

Ce que nous proposons, c�est l�égalité économique et sociale, que le monde change
de base, et que lÂ?individu, qui aujourdÂ?hui nÂ?est rien, devienne tout. Nous
travaillons dans nos boulots et dans nos associations à la mise en �uvre d�une
autre société qui émergera en son heure par la lutte et par la grève générale
autogestionnaire.

Les libertaires préfèrent la gestion directe de leurs affaires, de leur lutte et
mènent un combat pour un autre futur, une autre société, fédéraliste, collectiviste
et libertaire. Ils défendent vigoureusement les valeurs de liberté, d�égalité et de
fraternité et n�en font pas qu�un apparat de fronton. Et ils �uvrent à l�intérêt
commun contre celui d�un seul ou de quelques-uns, fidèles à l�adage humaniste : «
Réfléchis et travaille : rapporte tout à l�utilité de tes frères, c�est travailler
pour toi-même. »

En écho aux écrits d�Isaac Puente, qui ont servi de fil rouge à la transformation
sociale dans l�Espagne libertaire de 1936, nous disons qu�« à l�action politique,
manipulatrice et trompeuse, nous opposons lÂ?action directe, qui nÂ?est rien dÂ?autre
que la réalisation immédiate de l�idéal imaginé, en l�ayant rendu tangible et réel,
et non une fiction écrite et insaisissable ou une promesse lointaine. C�est la mise
en pratique d�une décision collective par la collectivité elle-même, sans la
laisser entre les mains d�un messie ni la confier à aucun intermédiaire. » Le
programme libertaire, celui de lÂ?autogestion, ce nÂ?est pas plus une promesse
électorale que le ciel promis pour un avenir indéterminé. C�est une piste pour
lÂ?action, ici et maintenant. Avec ou sans bulletin, le futur nous appartient !


Origines et actualité du 1er Mai

Dans de nombreux pays, le 1er Mai donne lieu à une célébration de la « fête du
travail » : fêtes populaires, randonnées cyclistes et surconsommation alcoolique
complètent le tableau. Peu de gens prennent part aux rituelles manifestations des
syndicats domestiqués. Et bien moins encore connaissent l�origine combative du 1er
Mai, journée de lutte du mouvement ouvrier à l�échelle internationale. Un regard
historique suffit pourtant à remettre en lumière les objectifs et les espoirs -
hélas oubliés - des travailleurs, bien au-delà des actuelles revendications
salariales.


19e siècle : la situation des travailleurs aux Etats-Unis

Malgré son inscription dans la loi dès la seconde moitié du 19e siècle, la journée
de 8 heures n�était pas respectée par les patrons. La tendance était plutôt aux
journées d�au-moins 12 heures et le chômage massif n�empêchait en rien le travail
des enfants. Les travailleurs n�avaient en réalité aucun droit et leurs logements
consistaient en des baraquements surpeuplés et autres casernes locatives aux
conditions d�hygiène déplorables.


Revendications et actions

L�exigence de journées de travail limitées à 8 heures donna lieu à des grèves très
déterminées, auxquelles on opposa, comme toujours, la police, l�armée et des
milices patronales.

A Chicago, dans ce mouvement, se trouvaient notamment des groupes anarchistes très
actifs, dont revendications et objectifs incluaient la destruction du capitalisme.
L�action directe et la « propagande par le fait » étaient leurs moyens de lutte.
Ils créèrent leurs propres journaux et fondèrent des organisations ouvrières
armées. Les anarchistes constituaient une force réellement active du mouvement
ouvrier, solidement implantée dans les syndicats. Au printemps de 1886, l�exigence
du respect effectif de la journée de 8 heures atteignit son apogée et les
travailleurs fixèrent au 1er mai la date-limite de sa concrétisation.


1er mai 1886 : quatre jours de lutte à Chicago

Rien qu�à Chicago, le 1er mai 1886, plus de 40 000 ouvriers se trouvaient en grève
et ce furent plus de 80 000 personnes qui sortirent dans la rue pour exiger le
respect de la journée de 8 heures.

Aussi déterminé que puissant, le mouvement ne cessa pas et, le 3 mai, devant
l�usine de machines agricoles McCormick, grévistes et briseurs de grève
s�affrontèrent. L�assaut de la police tua plusieurs ouvriers et en blessa de
nombreux autres. En réponse à cette répression, les anarchistes appelèrent à une
manifestation de protestation, le lendemain soir au « Haymarket ». 2000 personnes
s�y rassemblèrent pacifiquement. Peu avant la dissolution de la manifestation, les
300 derniers participants subirent, sans raison apparente, lÂ?assaut de 200
policiers. Au cours de lÂ?affrontement qui sÂ?ensuivit, une bombe explosa soudain
dans les rangs policiers. Un policier décéda sur le champ ; six autres succombèrent
à leurs blessures au cours des semaines suivantes. Il n�a jamais été clairement
établi s�ils avaient été victimes de l�explosion ou si, comme l�affirmaient
différents témoins, ils avaient été victimes des balles de collègues tirant
sauvagement dans la foule.


La vague de répression

Le lendemain, aux premières heures, la police mit en �uvre une répression de grande
envergure, procédant à d�innombrables perquisitions, à des centaines d�arrestations
et de gardes à vue. Le procureur donna sa bénédiction à un irrespect total des
droits élémentaires : « Les rafles d�abord. La loi plus tard ! ». La police ne se
fit pas prier et n�hésita pas, par exemple, à « découvrir » des caches d�armes
déposées par leurs soins et à s�en servir, plus tard, comme « preuves » d�un
prétendu complot anarchiste. La presse bourgeoise de Chicago se chargea d�appuyer
et parachever ces manipulations.

Parmi les nombreuses personnes arrêtées et inculpées, on accusa finalement de
meurtre huit anarchistes, tous connus et actifs : August Spiess, Samuel Fielden,
Michael Schwab, Georg Engel, Adolf Fischer, Oskar Neebe, Louis Lingg. Albert R.
Parsons par solidarité, se présentera de lui-même aux autorités, dès le début du
procès.


Le procès

« La loi accuse l�anarchie ! Ces hommes ont été présentés devant le tribunal à la
place de milliers dÂ?autres, non parce quÂ?ils sont plus coupables, mais parce quÂ?ils
étaient les leaders. Gentlemen ! Faites-en un exemple, faites-les pendre ! C�est le
seul moyen de sauver nos institutions et l�ordre social ! » Cette citation du
procureur de Chicago en dit assez sur la manière dont se déroula le procès. Des
jurés convaincus d�avance, des témoins torturés et corrompus, le manque de preuves
ainsi qu�une véritable chasse aux sorcières dans la presse ont transformé le procès
en une véritable parodie. Le jugement souhaité a vite été rendu : sept accusés sont
condamnés à mort, et un à une longue peine de prison.

Lingg, qui avait alors 23 ans, s�est suicidé en prison, devançant ainsi ses
bourreaux. Le 11 novembre 1887, Parson, Fischer, SpieÃ? et Engel sont pendus.
Fielden et Schwab ont vu leur peine commuée en une longue peine de prison.


Les conséquences

Déjà lors du procès, il y avait eu un large mouvement de solidarité internationale
du mouvement ouvrier avec les prisonniers. En 1889, en lien avec le débat sur la
grève générale mené à Paris, le 1er mai a été décrété journée internationale de
lutte des travailleurs. En 1893, le procès fut officiellement reconnu comme «
meurtre d�Etat » et Neebe, Schwab et Fielden ont été libérés de prison.

« L�anarchisme ne signifie pas la violence sanguinaire, ni le pillage, ni
l�incendie, etc. Ces horreurs sont plutôt les traits caractéristiques du
capitalisme. L�anarchisme et le socialisme signifient la paix et la tranquillité
pour tous. » [August Spie�, dans « Les accusés accusent »]


Le capitalisme aujourdÂ?hui et le projet anarchiste

La situation des travailleurs, du moins dans les pays riches du Nord, nÂ?a rien de
comparable avec les conditions de la fin du dix-neuvième siècle. Le droit de grève,
la journée de huit heures, la sécurité sociale...ont été arrachés par la lutte.
Depuis des années, ces conquêtes des travailleurs sont remises en question et sans
cesse attaquées par le capitalisme. Indépendamment d�une amélioration qui ne repose
que sur des apparences, l�exploitation proprement dite est restée la même. Cette
situation nÂ?est plus remise en question depuis que le mouvement ouvrier radical est
devenu marginal. Aujourd�hui, les combats sociaux se résument quasiment à des
discussions sur le fait dÂ?augmenter ou de baisser les salaires de 2 %. Les
syndicats au fonctionnement hiérarchique ne proposent aucune solution à
l�exploitation. Ils sont eux-mêmes devenus un rouage de la logique capitaliste.

En fin de compte on ne s�intéresse qu�aux symptômes. Une critique de fond portant
sur l�origine des problèmes et un projet radical de dépassement du capitalisme sont
absents du débat public. Mais sans cela et sans la réalisation de l�anarchie, nous
ne pourrons tendre vers un monde débarrassé de l�exploitation et de l�oppression.
La lutte pour une société égalitaire, c�est-à-dire aussi sans chefs, ne peut se
faire avec des leaders mêmes révolutionnaires ; les chats ne font pas des chiens.
C�est sur chacun d�entre nous que nous devons compter pour combattre les inégalités
et l�oppression. Vivons et proposons des exemples d�organisations où chacun est sur
un pied d�égalité. Utilisons ces exemples pour remettre en question le capitalisme.
C�est ainsi que notre résistance deviendra une alternative concrète au système
actuel.

Pour cela, il est important de faire converger nos luttes. QuÂ?il sÂ?agisse des
luttes sociales, de l�antifascisme, des mouvements étudiants ou de l�écologie, la
lutte doit être globale. Nous appelons chacun à prendre sa vie en main plutôt que
d�abandonner ses responsabilités et son destin à des fonctionnaires ou à des
politiciens par le biais des élections.

Pour la liberté !
Pour lÂ?anarchie !

LÂ?anarchie cÂ?est lÂ?ordre moins le pouvoir

[ texte repris du site http://www.avoixautre.be ]
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