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(fr) Brigade d'observation Terre et Territoire dans la Zone Nord du Chiapas

Date Sun, 22 Jul 2007 18:39:51 +0200 (CEST)


Avec une Brigade d'observation Terre et Territoire, dans la Zone Nord du Chiapas du
5 au 12 juillet

Dans le cadre de la "Campagne mondiale pour la défense de la terre et du territoire
autonome indigène et paysan du Chiapas, du Mexique et du monde" lancée par la
Commission Sexta de l'EZLN, le 25 mars 2007, et face à la recrudescence des
hostilités et des menaces à l?encontre des communautés zapatistes du Chiapas, le
Centre d'analyses politiques et de recherches sociales et économiques (CAPISE) a
appelé à la formation de "Brigades d'observation Terre et Territoire" pour
témoigner de la situation des communautés autonomes. C'est avec l'une de ces
brigades que nous nous rendons dans la Zone Nord, au caracol de Roberto Barrios.

Jeudi 5 juillet 2007.

Lors de notre entretien avec la Junta oú nous expliquons notre démarche, les
"compas" nous invitent à repasser un peu plus tard dans la soirée, le temps pour
eux d'étudier les communautés où nous pourrions nous rendre.

C'est vers 20 heures que la Junta nous reçoit de nouveau. C'est en présence de
Juan, responsable communautaire, que les membres de celle-ci nous remettent la
lettre d'autorisation pour visiter trois communautés : Ch'ol de Tumbalá, Municipio
Autónomo El Trabajo, qui se situe à environ deux heures de Palenque ; Nueva
Revolución, Municipio Autónomo Akabalna, près de Tila ; San Patricio, Municipio
Autónomo La Dignidad, près de Sabanilla.

Ch'ol de Tumbalá : près d'un an après le "desalojo".

Vendredi 6 juillet 2007. C'est vers 3 heures du matin (heure zapatiste) que nous
partons, accompagné de Juan, un responsable de la communauté Nueva Revolución, pour
Ch'ol de Tumbalá. Ce village, en août 2006, avait été réduit en cendres après
l'arrivée de la police, venue les déloger. Cette communauté est situé à environ
deux heures de Palenque.

Quand nous arrivons dans cette communauté, c'est une impression de dénuement qui
ressort : pas ou très peu d'arbres, pas de montagnes, pas de rivière, seules les
habitations et les drapeaux mexicains et de l'EZLN
ressortent de ce paysage désertique. Reconstruites en mars 2007, plusieurs maisons
ont encore des "murs" faits de simples bâches de plastique.

En attendant l'assemblée de la communauté, l'après-midi même, nous nous installons
dans le petit campement pour la paix de la communauté. Il a reçu pendant un certain
temps beaucoup de visiteurs du monde entier (même de Chine) venus les soutenir ;
aujourd'hui, les "campamentistas" se font plus rares alors que dans le même temps
la menace d'un nouveau "desalojo" plus violent encore pèse sur cette communauté.

Nous y rencontrons un jeune promoteur d'éducation de dix-sept ans, qui donne des
cours de ch'ol, de "castellano", de géographie et de sciences dans l'"escuelita"
voisine, composée d'une douzaine de petites tables et d'un tableau en ardoise. Ils
sont en tout et pour tout quatre promoteurs pour un total de quarante enfants.
L'école, trop petite, ne pouvant accueillir qu'une douzaine de personnes à la fois,
un système de
roulement a été mis en place pour assurer la classe à tous les enfants.

Ils n'ont pas d'électricité. Quant à l'eau, ils doivent la chercher dans un puits
situé à un quart d'heure de la communauté. Sur le chemin qui mène au puits, nous
croisons trois enfants qui rapportent de l'eau. Chacun
porte ce qu'il peut en fonction de sa taille. Nous nous essayons à puiser l'eau
pour le dîner sous le regard amusé des "compas" présents, sans grand succès.
Heureusement, un enfant nous enseigne la technique toute subtile pour tirer l'eau.

Dans le "campamento", nous sommes toujours entourés de personnes de la communauté.
Selon un "compa", la prochaine récolte de maïs est compromise, faute d'eau. Ils
cultivent beaucoup de fruits (mangues, oranges,
papayes, pamplemousses) et ont également des animaux domestiques (poules, oies).

C'est au son d'une cloche que nous sommes informés du début de l'assemblée. Réunis
dans l'"escuelita", à côté du "campamento", au cours de l'assemblée du village, les
"compas" nous relatent l'histoire de leur
communauté.

Le 1er septembre 2004, alors qu'il était en train de déjeuner dans un "comedor" de
Palenque, un responsable de la communauté, Gregorio, fut arrêté sous le prétexte de
vol et de séquestration. Il est actuellement
détenu au Cereso de Playas de Catazajá sans avoir encore été jugé. Environ deux à
cinq mois avant le "desalojo", un juge, le même qui validera plus tard ce dernier,
lui propose un marché : sa liberté en échange du départ de la communauté des terres
qu'elle occupe. Ces terres, avant d'être récupérées par les zapatistes, il y a un
peu plus de huit ans, appartenaient à la Finca 5 de Mayo, dont le propriétaire,
plus ou moins
mêlé au narcotrafic vivrait actuellement dans l'État du Veracruz.

En mai 2006, une camionnette du Ministère public passe dans la communauté faire des
photos des maisons et évaluer le nombre d'animaux domestiques. Dans la nuit, une
camionnette de la police sectorielle passe dans la communauté puis retourne à
Palenque. Le même fait se déroule un mois plus tard, puis le mois suivant, sauf
qu'en plus de prendre des photos, les policiers demandent aux compas qui sont les
autorités, comment elles se nomment, qui organisent la communauté...

Le "desalojo" : 3 août 2006.

Alors que les hommes de la communauté travaillent dans leur "milpa", la police
arrive dans la communauté vers 11 heures du matin avec douze camionnettes des
"sectoriales", deux autres de la police de Palenque.
Ils vont l'arme au poing. De plus ils sont accompagnés par un juge et son
secrétaire ainsi que de deux camions.

C'est avec deux tronçonneuses et trois tracteurs qu'ils commencent la destruction
de la communauté. Trois compañeros venant leur parler furent détenus, puis relâchés
en fin d'après-midi. À leur retour, toutes les
maisons, les animaux domestiques, vaisselles, vêtements étaient brûlés. Ils
partirent dans la nuit à la recherche d'un lieu où dormir. C'est ainsi, avec le peu
qui leur restait, qu'ils trouvèrent refuge à l'ejido
Chuipá.

Le 4 août, l'"encargado" revint avec les "sectoriales" pour entourer les terres de
la communauté de fil barbelé électrifié. Le lendemain, ce dernier fit paître son
bétail sur les cultures des compas pour détruire ce qui en restait.

Ce même jour, la Junta, informée des événements, envoya une camionnette pour amener
la soixantaine d'habitants à l'ejido La Aurora. C'est dans des conditions précaires
que, avec l'aide des compas de la Zone Nord, vécurent les seize familles de Ch'ol
de Tumbalá jusqu'à leur retour dans leur communauté, accompagnées par 300
zapatistes et une quinzaine de camionnettes, le 1er octobre de la même année.

À leur retour, les 533 hectares de la communautés étaient vides : ni culture ni
bétail. Peu à peu, ils reconstruisirent leurs maisons et ce malgré le harcèlement
constant des autorités. Le 3 octobre, tout
comme en décembre 2006 et le 28 avril 2007, un hélicoptère des "sectoriales"
survola la zone en prenant des photos. De plus le 28 mai, un incendie dans une
rancheria voisine déborda sur les champs de la communauté
réduisant en cendres 400 hectares.

Les menaces de "desalojo" se font chaque jour plus fortes et menaçantes. Cependant,
dans son immense mansuétude, l'"encargado" a informé les compas qu'il leur
laisserait trois jours avant le "desalojo" pour prendre leurs affaires et quitter
les terres récupérées...

Témoignage d'un compañero du CSPCL,
San Cristóbal de Las Casas,
14 juillet 2007.


--
Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL, Paris)
33, rue des Vignoles - 75020 Paris - France
assemblée (hebdomadaire et ouverte) le mercredi à partir de 20 h 30
http://cspcl.ouvaton.org
cspcl(a)altern.org
liste d'information : http://listes.samizdat.net/sympa/info/cspcl_l






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