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(fr) Face a la repression : solidarite et resistance !

Date Sat, 15 Dec 2007 11:22:01 +0100 (CET)



Plusieurs mouvements sociaux récents contestent la longue vague de casse des
services publics dont la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) fait
partie. A Tours, les 5 arrestations des membres du mouvement anti-LRU ne sont pas
des évènements isolés mais s'inscrivent dans un contexte de répression nationale. A
Nantes par exemple, un lycéen risque de perdre son oeil parce que sa présence dans
une manifestation « dérangeait » des flics de la B.A.C, qui ont donc tiré au
flashball.
L'usage des « forces de l'ordre » a clairement pour objectif de briser toute
résistance, toute contestation des choix de société... Par la répression, l'État
s'en prend directement à nos droits fondamentaux de réunion, de manifestation, et à
toute critique sociale en général. Ainsi les actions politiques contestatrices sont
criminalisées ; les acteurs des mouvements deviennent des voyous selon la novlangue
sarkozienne.

Nous exigeons dès lors l'arrêt des poursuites de toutes les personnes mises en
examen en raison de leur participation au mouvement anti-LRU, en particulier à
Tours, où 4 personnes devront passer en procès courant 2008. Notre démarche est
avant tout solidaire, et nous répondrons par la mobilisation collective face aux
procès visant à réprimer de manière individualisante certains militants. Nous ne
nous laisserons pas museler et nous continuerons à nous mobiliser quelque soit
l'ampleur de la répression.


Les contestataires de la LRU se heurtent à un mur consensuel des parlementaires de
droite comme de gauche. La gauche caviardisée ne porte essentiellement sa critique
que sur les méthodes d'application et non sur le contenu des nouvelles réformes.
Le projet de loi a été élaboré avec la Conférence des Présidents d'Universités dont
M. Lussault est porte-parole, puis ce projet a été négocié avec l'UNEF, pour
circonscrire l'incendie que le gouvernement pensait probable. Ainsi le pouvoir
politique trouve un soutien de taille dans la collaboration de certains partenaires
sociaux. Le gouvernement a instrumentalisé ces représentants pour mettre en place
une illusion de dialogue et ainsi faire passer les contestataires pour des
extrémistes.
Dès lors tout mouvement politique non institutionnel devient criminel aux yeux du
gouvernement et de l'opinion publique. Nous rappelons que nos actions sont
politiques et symboliques, jamais « criminelles ». C'est pourquoi nous exigeons
l'arrêt des poursuites judiciaires, dont l'arsenal légal est souvent
disproportionné (poursuite pour « outrage à agent avec arme » pour une accusation
d'un lancer de ballon de peinture). La contestation est nécessaire et saine à tout
bon fonctionnement démocratique. Pourtant les médias font obstacle à ce que nos
revendications accèdent à la scène publique.

En effet, les médias dans leur globalité ne relaient que le discours libéral comme
si aucune alternative n'était possible. En réduisant cette grève à un simple
blocage, ils occultent le fond politique de notre mouvement. Il s'agit là soit d'un
manque d'investigation, soit d'un choix délibéré d'être la courroie de transmission
des directives du gouvernement. Le traitement de l'information n'est il pas
influencé par le fait que les médias soient gérés par des grands groupes
industriels (Bouygues, Lagardère et Dassault...), qu'ils sont dépendants de leurs
annonceurs publicitaires, et fréquentent régulièrement les autorités
institutionnelles. Si les médias étaient aussi neutres qu'ils le prétendent, ils
nous informeraient alors plus objectivement de l'activité des luttes sociales et
couvriraient un minimum la répression que subit notre mouvement.

Le recours aux forces de l'ordre fait partie de la stratégie politique du
gouvernement dont l'objectif est de mater toute contestation en cours, et de se
prémunir de tout autre mouvement social, en nous inculquant la peur. Nous avons pu
constater que la police utilise des méthodes particulièrement agressives à
l'encontre de manifestations classiques (gazages lacrymos, matraquages,
interpellations, gardes-à-vue, BACs, Rgs, gardes-mobiles dans certaines
universités, « milices » privées, ...) et n'hésite pas à recourir aussi à de
nouveaux moyens répressifs (flashball, fichages multiples, vidéos, menace du Tazer,
pression policière hors-manifestation, ...). Notons cette nouvelle pratique (pour
Tours) qui consiste à suivre des militants après leurs actions afin de leur
inculquer la peur et parfois procéder à leurs arrestations. Le but de ces
interventions est de casser nos grèves ; les lycéens tourangeaux sont même empêchés
de mettre en place leurs piquets de grève par d'imposantes présences policières aux
abords des lycées et par les menaces d'interpellations.

De la même manière, les administrations universitaires se posent en tant que relais
unilatéral du pouvoir politique et se refusent à laisser remonter les
problématiques soulevées par les étudiants en lutte. En se conformant à la logique
gouvernementale du passage en force des lois, les directions universitaires
deviennent actrices de l'appareil répressif : cela se traduit concrètement par les
interventions des forces de l'ordre (14 cars de CRS à Tours) dans les universités.
Les directions universitaires n'hésitent donc plus à utiliser la force pour nous
empêcher de nous organiser par nous-mêmes et de défendre nos revendications.
Comme nous avons pu l'observer, des personnels administratifs ont collaboré
directement avec la police : accueil des RGs et des BACs dans les locaux
universitaires, dénonciations, humiliations et fichages qui ont contribué à
l'arrestation de certains étudiants, utilisation de vigiles privés et de chiens.


Ces dérives sécuritaires ne sont possibles que parce que l'opinion publique ne
s'indigne pas collectivement contre de telles pratiques ; ces silences individuels
sont transformés par le pouvoir en un consentement général. L'efficacité de cette
répression n'est possible que par un lien étroit entre les pôles politiques,
médiatiques, administratifs et policiers. La peur inculquée tend à isoler les
individus, pour casser notre organisation collective. Le mouvement de réformes
libérales se corrèle d'une précarisation de nos conditions de vie depuis plusieurs
années, ainsi que d'une répression accrue des indociles. Ce climat tend à nous
renvoyer à nos préoccupations quotidiennes individualisées et atomisantes. La
solidarité et la conscientisation de notre pouvoir collectif nous permettraient
pourtant de faire face à ce système répressif, afin de devenir acteurs du
changement social. De même que le libéralisme s'étend dans le monde entier, des
mouvements réfractaires se multiplient. D'ailleurs, des étudiants en lutte dans des
universités étrangères ont exprimé leur soutien international au mouvement anti-LRU
en France (Quebec, Grèce, Allemagne).


Face à la répression qui tente de nous réduire au silence, nous ne pouvons
rester muets !
Face à une répression nécessairement anti-démocratique et à l'augmentation de cette
violence banalisée, et légalisée, il est nécessaire de s'unir et s'organiser !
Prendre conscience des logiques sécuritaires et libérales qui nous sont imposées
internationalement, nous permettra ainsi de construire un rapport de force
suffisant pour en finir avec l'exploitation, la précarisation et l'isolement des
individus.
C'est dans la rue et par les mouvements sociaux que débute notre résistance !


Décidés à faire face à cette répression générale, nous faisons appel à vos
dons,pour soutenir les participants au mouvement anti-LRU sur lesquels pèsent des
poursuites.

L'A.G. du mouvement anti-LRU de Tours.

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