A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
The last 100 posts, according
to language
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe
First few lines of all posts of last 24 hours ||
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 | of 2006 | of 2007
Syndication Of A-Infos - including
RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}
(fr) L'abstentionnisme, un acte politique
Date
Mon, 30 Apr 2007 13:50:37 +0200 (CEST)
Ne pas passer par les urnes, c'est s'inscrire dans une critique radicale de toutes
les formes de pouvoirs.
Peu importe que le président de la République soit de droite ou de gauche. Pour
résister à l'hégémonie néolibérale, l'essentiel n'est pas de voter mais de lutter.
Lutter contre le pouvoir, quel qu'il soit, car il corrompt les mieux intentionnés.
Lutter pour l'émergence d'une société plus juste, plus libre et, pourquoi pas,
égalitaire.
Toutes les expériences socialistes de gouvernement, en France et ailleurs, sont des
échecs au regard du socialisme. Ne parlons pas des dérives du communisme d'Etat.
Quant à la gauche antilibérale, elle a
montré combien les stratégies électoralistes sont destructrices de l'action
collective.
Alors, faut-il rêver de prendre le pouvoir ou agir pour le rendre inutile, plutôt
que de nous trouver en situation d'incapables majeurs pour avoir délégué notre
autonomie de décision à un président, un député, un maire ? Tous incontrôlables et
incontrôlés, utilisons nos intelligences et nos compétences multiples pour
organiser les luttes économiques et sociales. « Agir au lieu d'élire » est un
slogan qui fait son chemin partout dans le monde. Qui ne l'a compris, ici, avec la
révolte contre le CPE menée par une foule certes peu structurée mais autonome et
déterminée, derrière laquelle couraient politiciens et bureaucrates, toujours prêts
à récupérer le mouvement, à négocier en son nom ! Au-delà de l'action au quotidien,
par l'éducation, par la formation, par un fonctionnement et une pratique
antiautoritaires, par une discipline collectivement voulue
et respectée, le mouvement social organisé préparera une société sans exploitation
qui remplacera, par la démocratie directe, la démocratie représentative ou sa
doublure, la démocratie participative.
L'abstention politique n'a donc rien à voir avec la «démocratie impolitique»
décrite par Pierre Rosanvallon. Pour beaucoup d'abstentionnistes, leur prise de
position n'est pas une simple protestation mais s'inscrit, bien au contraire, dans
un projet politique : celui d'une critique radicale de toutes les formes de pouvoir
et de la construction d'un autre futur ne passant pas par les urnes.
Il est rassurant, et de l'ordre de la pensée unique, de mettre l'abstentionniste au
rang de l'incivique, du populiste ou de l'utopiste, alors que, souvent il milite
pour des causes autrement engageantes que de mettre un papier dans une boîte pour
désigner, sur une longue période, un mandataire sans mandat. Est-il incivique de ne
pas se résigner, de penser que l'on peut subvertir la société par sa propre
activité sociale plutôt que se complaire dans la passivité électorale ?
L'irresponsabilité n'est-elle pas, par exemple, de faire croire aux jeunes des
banlieues qu'ils trouveront la solution de leurs problèmes par le vote ? Est-il
populiste de douter du parlementarisme ? Le populisme comme le fascisme se
nourrissent toujours à la mamelle électorale. Est-il utopique de rêver encore de la
Sociale ? Moins que de croire en un dieu, en un sauveur ou une sauveuse suprême ;
pas plus que de se satisfaire d'une fiction de représentation pour vaincre
l'injustice. Refuser d'exercer son droit de vote, c'est
casser la légitimité du pouvoir fondée sur un épisodique lien électoral et affirmer
sa souveraineté individuelle dans un avenir collectif.
Il y aura bientôt cent cinquante ans, la Première Internationale proclamait que
l'émancipation des travailleurs serait l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes. Le mot
d'ordre est toujours actuel, plus vrai encore. A travers la planète, les
travailleurs victimes du capitalisme, comme la composante autogestionnaire du
mouvement
altermondialiste, ne pensent pas autrement quand ils entrent en résistance contre
l'hégémonie néolibérale. Le capitalisme triomphant sera éternel si l'histoire se
fossilise dans l'urne !
Mercredi 7 février 2007
Par Pierre Bance, directeur de la publication de Droit et Société.
[ texte publié dans le quotidien Liberation www.liberation.fr/rebonds/233473.FR.php ]
_______________________________________________
A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center