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(fr) Bolivie : un regard anarchiste sur la Constituante

Date Thu, 28 Sep 2006 12:13:50 +0200 (CEST)


Les anarchistes n'avons rien à dire en ce moment ? Mensonge. L'histoire ne nous
passe pas par les narines comme si de rien n'était. Par contre oui, l'Histoire avec
une majuscule ne nous intéresse pas, cela fait un moment que nous l'avons démontée
comme menteuse. De la même manière que la Politique avec une majuscule ne nous
intéresse pas non plus. A la différence de nos frères d'autres confins, les
boliviens qui croyons en l'idéal anarchiste, nous avons une source historique une
source historique inépuisable assise dans la force indigène : les
idées de Zárate Willka, l'École "Indigéniste" de Warisata, etc.

L'Assemblée Constituante nous intéresse pour deux raisons. La première, en raison
de son origine, parce qu'elle est née de la politique, petite, invisible de la
vaillante marche des indigènes de l'Orient vers La Paz en 1990, s'assoit en Octobre
de 2003, c'est à dire dans la vie de valliants habitants de la ville de El Alto,
jusqu'alors la petite, l'invisible, la rien-du-tout. Deuxièmement parce que,
précisément en raison de son origine, l'Assemblée Constituante est née depuis
l'intime nécessité indigène d'autonomie. C'est-à-dire qu'elle est née avec la
consigne de détruire les bases de l'État pour donner lieu aux autonomies
indigènes.

La loi de convocation à l'Assemblée Constituante a relégué à la marge ce désir, a
fait la sourde oreille à son origine et l'a marquée avec le signe de l'Histoire et
de la Politique avec des majuscules. Nous pourrions dire que jamais nous ne
comprendrons le pourquoi du fait que le MAS, dans son moment de plus grand soutien
populaire, a tant cédé à l'oligarchie (avec le référendum sur les autonomies) et au
vieux système de représentation partisane. Mais il n'y a pas à beaucoup
s'interroger : en premier lieu c'est plus un parti, une organisation
intentionnée avec la démocratie représentative, totalement contraire à l'autonomie
et à l'autodétermination. Mais, par cette action qui sent la trahison, la lutte
indigène pour l'autonomie a pris du retard.

Si quelque chose de la Constituante convenait aux anarchistes, c'était, précisément
le programme indigène de la destruction de l'Etat et de l'exercice de l'autonomie.

L'Histoire, avec un grand H, démontre que ce n'est pas la même chose une
Constituante avec des partis que celle qui aurait résulté d'une représentation
directe ; les actuelles luttes contre l'oligarchie (assise dans le Comité Civique
de Santa Cruz et d'autres de la dite "demie-lune") auraient clairement montré les
forces du futur contre les rétrogrades puisque qu'elles ne seraient pas cachées
derrière la fonction partisane. Tant est le poids de la démocratie libérale que, au
milieu d'un quasi désespoir, monsieur Evo Morales, demande au Comité Civique
cruceño de se constituer en parti ; c'est-à-dire, il leur demande de revêtir
des vêtements appropriés pour la bataille. De la même façon, ce ne serait pas la
même cours que prend la nationalisation des hydrocarbures si les peuples indigènes
et les organisations sociales des villes auraient été reconnues au travers d'une
loi de convocation à la constituante qui suivrait le ton de son origine.

Autre aurait été le chant parce que maintenant nous serions dans la gestion
collective des ressources naturelles, non dans -encore une fois- la délégation de
cette fonction à l'Etat.
Des fonctionnaires du gouvernement réclament la mobilisation populaire comme
soutien contre les intérêts anti-assemblée constituante de l'oligarchie. C'est à
dire, ils habilitent les partis pour la re-création de l'Etat, et ensuite, quand
ceux-ci ne supportent pas la crise, ils font appel aux mouvements : pourquoi ? Pour
qu'ils règlent le chemin aux partis ? S'il vous plaît, cela est plus qu'une
schizophrénie historique !

Malgré tout, les mouvements indigènes en particulier et populaires en général
semblent être disposés à s'attaquer à l'oligarchie pour que l'assemblée accomplisse
sa fonction. Pourquoi ? Pour régler le chemin aux partis ? Non, dans ce cas la
réponse est plus claire -et indépendante d'une certaine prébende qui s'est
installée dans la relation des mouvements avec le MAS- et c'est qu'une certaine
sagesse populaire indique qu'il faut défendre le conquis bien que la longue mémoire
indique que la lutte suivra jusqu'à obtenir l'autonomie souhaitée.
Et nous, personnes urbaines qui n'appartenons à aucune organisation indigène mais
qui savons dans quel monde et dans quel pays nous nous trouvons, nous continuerons
sur ces traces.

Note : En Bolivie il n'existe pas encore un MOUVEMENT ANARCHISTE ORGANISÉ,
cependant il y a des groupes qui commencent à créer des Réseaux pour Avancer...

"Nous avons besoin de construire un POUVOIR POPULAIRE depuis en-bas, avec des bases
autogestionnaires et être cohérent entre le discours et la pratique..." (Document
Politique de l'Organisation Libertaire : O.P.L. de Bolivie)

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