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(fr) Histoire de la CNT française

Date Sat, 28 Oct 2006 22:39:56 +0200 (CEST)


*** En résumé

A travers ces cinquante ans d?anarcho-syndicalisme, la C.N.T. constitue un courant
bien spécifique pour l?histoire du syndicalisme et de l?anarchisme. Cette
spécificité s?exprime par l?organisation de l?anarcho-syndicalisme au sein d?une
centrale qui se réclame de ce courant. Elle concerne le syndicalisme dans la mesure
où étant un des plus vieux courants du syndicalisme, son action se déroule dans le
champ syndical, et dans le même temps elle propose aux anarchistes un mode
d?organisation pour arriver à leur objectif commun, le communisme libertaire.
Continuité de la C.G.T.S.R. ou importation du modèle espagnol, la C.N.T. est la
représentante en France de ce courant déterminé en 1922 avec la création à Berlin
de l?A.I.T., qui n?est autre qu?une internationale anarcho-syndicaliste.

La singularité de la C.N.T. se traduit par un rejet strict de toutes les autres
formes d?organisation politique. Par sa critique systématique à l?égard des grandes
centrales syndicales et de leurs modes d?action, par son refus du jeu
institutionnel visant selon elle à intégrer les syndicats par l?association
capital-travail, elle fut rapidement marginalisée du champ syndical et n?y joue
plus aucun rôle dès 1950. Par ses reproches adressés aux anarchistes qui préfèrent
adhérer aux grandes centrales, elle se voit isolée au sein du mouvement libertaire.
Esseulée, sur le déclin et par conséquent de plus en plus sectaire, elle doit son
salut à la C.N.T. espagnole en exil. Sans cette dernière, la C.N.T. aurait pu dans
les années soixante se dissoudre et disparaître définitivement. Mais sa s?ur
espagnole lui permet de garder une structure à travers deux journaux, le Combat
syndicaliste et Espoir. Si ce "sauvetage" ne se traduit pas par un renouveau des
activités syndicales, il assure néanmoins son existence et ce jusqu?en 1968. A
partir de mai 68, l?arrivée d?une nouvelle génération, trop turbulente pour les
"anciens", marque une rupture entre les deux générations. La lassitude pour
certains de ces vieux militants se conclut par leur départ, alors que dans le
même temps, les jeunes "soixante-huitards" délaissent une organisation devenue
anéantie et quasi-inexistante. Les lendemains de mai 68
marquent ainsi la fin d?une première C.N.T. née en 1946 et morte en 1973. Seule une
poignée de militants s?obstine à faire revivre leur organisation. Il s?agit pour la
plupart de jeunes, sans expériences syndicales et de quelques survivants de la
première C.N.T. tels que Joseph Vincent, Antoine Turmo et Emile Travé. Cette
reconstruction se fait sur une vingtaine d?années. Le bilan de ce renouveau est
assez positif si l?on s?en tient aux chiffres : un peu moins d?une cinquantaine
d?adhérents en 1973 contre un peu plus de cinq-cent en 1993. Malgré un état qui
reste groupusculaire, il s?agit d?une progression non négligeable. Pour connaître
cette croissance, la C.N.T. a su profiter de la crise du syndicalisme et de sa
recomposition qui débute dès la fin des années quatre-vingts. Elle a en effet
bénéficié de l?arrivée de syndicalistes issus pour la plupart de la C.F.D.T. : il
s?agit d?adhésions souvent idéologiques, mais aussi de l?adhésion de travailleurs
qui rejettent tout
simplement le syndicalisme tel qu?ils peuvent le connaître sur leur lieu de
travail. La C.N.T. s?implante alors dans quelques secteurs du public, les P.T.T. et
l?éducation, et créé également de solides syndicats dans le privé, à la
C.O.M.A.T.E.C., à la S.P.E.S. et à la Fnac. Cependant ces nouveaux syndicats
induisent de nouvelles
pratiques qui sont plus syndicalistes qu?anarcho-syndicalistes, dans le sens où la
dimension idéologique, à savoir l?identité anarchiste de la C.N.T., est très
souvent écartée. Or l?idéologie et la pratique doivent être intimement liées. Il
n?existe pas de mouvement social sans idéologie. Ceux qui veulent désidéologiser le
mouvement social ont tout de même une idéologie qui se rattache à une famille
politique, et cette tentative de dissimuler l?idéologie cacherait en réalité un jeu
de politiciens. Ainsi l?affiliation de la C.N.T. à l?anarchisme doit être
clairement affirmée tout en préservant sa spécificité syndicaliste. Deux courants
émergent alors à la C.N.T., un qui a pour priorité le développement de noyaux de
militants conscients, c?est à dire anarcho-syndicalistes, et un autre qui
privilégie la construction d?une organisation syndicale en excluant la dimension
anarchiste. Ces deux courants scissionnent en 1993 et donnent naissance à deux
C.N.T.

Cette scission fera l?objet d?une brochure dans laquelle nous expliciterons plus en
détail les oppositions et conceptions des deux C.N.T.

*** Sommaire

LA CNT : UNE HISTOIRE À ÉCRIRE
I. UNE COURTE APOGÉE (1945 - ANNÉES 1950)
II. L?ISOLEMENT DE LA C.N.T. (ANNÉES 1950-1973)
III. UNE LONGUE RECONSTRUCTION (1973-DÉBUT DES ANNÉES 90)


[ L'ensemble du texte est à lire sur
http://cnt-ait.info/rubrique.php?id_rubrique=144 ]

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