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(fr) Quand le squat Le toboggan s'invite aux 10e rencontres de la democratie locale - Dijon

Date Wed, 25 Oct 2006 14:45:14 +0200 (CEST)


### Note de dernière minute ###
La cour d'appel vient de décider d'annuler les
deux mois de délais accordés en première instance. Le toboggan est donc
expulsable depuis aujourd'hui. Il est encore trop tôt pour savoir si la
Mairie de Dijon va finir par reculer et renoncer à expulser avant le
1ier novembre. Il est donc fort important de continuer à lui montrer des
signes clairs de désaccords. Plein de petits gestes individuels ou
collectifs sont possibles même à distance. Le PS est partout n'est-ve
pas ?. Nous rappelons d'ailleurs quelques contacts utiles sur dijon.

Mairie de Dijon ? à l'attention de M. le Maire François Rebsamen ? Place
de la libération ? 21000 Dijon Standard 033 3 80 74 51 51 / mail :
francois-rebsamen@ville-dijon.fr

------------------------------------

Vendredi 20 octobre, une trentaine de personnes se sont invitées aux
« 10e rencontre de la démocratie locale à Dijon » qui réunissaient un
milliers de personnes venues de toute la France pour parler
d' »initiatives solidaires », de démocratie participative et de
« citoyenneté ». Ces personnes entendaient pointer le paradoxe criant
entre la volonté affichée à cette occasion par la ville de soutenir les
initiatives de quartier et lien social, et la répression orchestrée
depuis deux mois à l'encontre du Toboggan, espace d'habitation et
d'activité mis en place dans une maison vide de la rue Charles Dumont.
Une banderole de 15 mètres, « Nous créons de la vie de quartier,
pourquoi nous expulser ? », a été posée sur le parvis du Palais des
sports. Des «stewards » assuraient l'acceuil des participant-e-s et
distribuaient des tracts de sensibilisation contre l'expulsion du
toboggan autour d'un pupitre annonçant « la Mairie vous parle » et
depuis lequel étaient diffusés des extraits sonores du dernier Conseil
Municipal où le Maire de Dijon se vantait notamment d'avoir « expulsé 7
squats en 5 jours » et de toujours appliquer la loi, pour les squats
comme pour « les sans-papier en situations irrégulières signalés au
procureur de la République ».

Un panneau reprocopiait en grand format l'appel à délation envoyé par la
Mairie au voisinage du toboggan. Cette petite intervention malicieuse
fut semble-t-il assez appréciée et eut pour effet de plonger quelques
proches et représentants présents de la Mairie dans des états
semble-t-il fort malaisés. Le lendemain, Mr Rebsamen lui-même s'est vu
interpellé, après son dicours-apéro, par diverses personnes. Il aurait
déclarer à cette occasion être prêt à négocier. Il se pourrait donc que
la Mairie finisse, sous la pression, par changer son fusil d'épaule.
Mais la méfiance reste de mise.

Le texte ci-joint, distribué lors de cette action conte l'histoire du
toboggan, explicite la démarche et le contexte de cette action et met en
lien l'histoire du toboggan avec une critique plus large des politiques
de la Mairie, que ce soit sur les questions de sécurité et d'urbanisme
en général où plus spécifiquement vis à vis des sans-papiers, des
Tanneries ou encore du cinéma indépendant eldorado.


###?Démocratie locale? à Dijon rime aussi avec répression, appel à délation
et expulsions...###

Soutenons le Toboggan !


30 août 2006, Dijon. Le 62, rue Charles Dumont, semble en proie à une
inhabituelle animation: plusieurs dizaines de personnes ont installé une
table avec jus de fruits & café, discutent avec les passant-e-s et
annonçent la création d'un nouvel espace dans le quartier: le Toboggan.
Les voisin-e-s se succèdent, et ne cachent pas leur enthousiasme à voir
revivre cette maison, abandonnée depuis longtemps et sur laquelle la
Mairie n'a de ses propres aveux aucun projet à court terme. (1)

Trouvant choquant que des espaces demeurent à l'abandon, quand eux-même,
comme tant de gens, peinaient à accéder à un logement, un groupe de gens
l'a occupée. Ils et elles ont décidé de l'habiter, pour y vivre
ensemble, y développer une vie collective & solidaire, et proposer un
espace d'activité indépendant dans le quartier, ouvert aux voisin-e-s et
autres personnes intéressées. Depuis lors, les projets & activités se
multiplient: des cours de peinture et repas publics ont commmencé, des
répétitions de comédie musicale, ateliers couture, cuisine & confiture
ainsi que des après-midi jeux s'organisent...

D'aucuns auraient pu croire d'une mairie qui se targue de mener une
politique "sociale", en faveur du logement, en promotion de la
"culture", de la "démocratie locale" et de la vie de quartier, qu'elle
aurait, sinon aceuilli favorablement l'initiative des occupant-e-s, du
moins reconnu la pertinence de leur démarche, celle-ci apportant une
réponse pratique aux préoccupations affichées par la municipalité. Que
neni! Car pour toute réponse, trois jours à peine après
l'investissement des lieux, la mairie assigne les occupant-e-s au
tribunal, en procédure d'urgence, pour obtenir l'expulsion immédiate des
habitant-e-s, qui n'ont alors que quatre jours pour préparer leur
défense. Un délai de deux mois leur est accordé (délai minimal en cas
d'expulsion), ce qui ne semble pas contenter la municipalité, prête à
tout pour mettre à la rue les occupant-e-s! Elle décide donc de faire
appel de la décision.

Le 11 septembre au matin, les habitant-e-s de la rue Charles Dumont
découvrent avec surprise dans leur boîte aux lettres un courrier du
maire lui-même, qui leur apprend que des "troubles" seraient occasionnés
par le squat, dont les riverain-e-s seraient victimes. Mr. Rebsamen y
déplore que la décision de justice ne l'autorise pas à pratiquer une
expulsion manu-militari, et en appelle à la délation, invitant les
habitant-e-s du quartier à envoyer des plaintes, dans l'espoir
d'éradiquer le lieu.

Choc pour bien des lecteurs, qui, incrédules, ont du mal à faire le
rapport entre le lieu acceuillant qu'ils viennent de découvrir, et le
foyer d'insécurité que décrit la mairie. Celle-ci n'a pas froid aux
yeux, en faisant appel à des stratégies dignes du Front National:
instrumentalisation des peurs, usage des pires préjugés et clichés, pour
créer de toutes pièces une illusion d'insécurité, et ainsi manipuler
pour parvenir à ses fins.

Car à défaut de nuisances & arguments bien réels, la mairie en est
réduite à implorer les riverain-e-s d'accréditer ses thèses farfelues
("À ce jour, il est nécessaire de démontrer que ces nuisances
persistent, et que votre voisinage en est troublé"). Malheureusement
pour elle, il semble que la mairie ait bien sous-estimé la capacité de
jugement des dijonnais-es, comme en témoignent les nombreux messages de
soutien que les occupant-e-s ont reçu des riverains, et les divers
projets que ces derniers ont proposés.

Si les mesures criminalisantes & répressives que la mairie déploie à
l'encontre du Toboggan ont de quoi sonner l'alerte quant au sens de la
politique municipale, ces appels aux délires sécuritaires & méthodes
populistes ne font que confirmer une tendance déjà engagée. Rappelons
qu'il aura fallu près de 4 ans de lutte à l'Espace autogéré des
Tanneries (2) pour mettre un terme aux menaces d'expulsion que les
municipalités successives ont fait peser sur le lieu, et que la Mairie
actuelle menace de nouveau de l'expulser dès qu'elle aura pu imaginer un
projet sur le terrain. Pour l'anecdote, la Mairie, qui n'est décidemment
pas à un mensonge prêt, a refusé à la dernière minute que la revue
"Territoires", dont les Tanneries font la couverture, soit inclues dans
la mallette officielle des participant-e-s des rencontres sur la
démocratie locale, en racontant entre autre que cet espace d'activité
serait en proie à la drogue. Une grossière instrumentalisation des
clichés les plus éculés sur les ?squats?, surtout en ce qui concerne
l'un des rares lieux publics dijonnais où se tiennent des tables de
prévention ?sexualités, drogues...? lors de soirées. C'est plus
vraisemblablement le relais dans la revue ?Territoires? des rencontres
internationales autogestionnaires et anticapitalistes s'étant tenues aux
Tanneries cet été qui perturbe la municipalité. Censure du traffic...des
idées ?

En mai 2005, la mairie prêtait les locaux des anciens abbatoirs aux...
CRS, afin que ceux-ci s'y entraînent à la répression des manifestations,
à l'expulsion de lieux occupés, entre autres joyeusetés. Un an plus
tard, elle cédait partie de ces locaux aux ERIS (Équipes Régionales
d'Inter-vention pour la Sécurité), groupes armés & cagoulés intervenant
en milieu pénitenciaire. Depuis leur création, leur action a été
synonyme de déchaînements de violence, humiliations et bavures à
l'encontre de détenu-e-s, ce qui leur a valu d'être dénoncés par de
nombreuses associations des Droits de l'Homme.

N'oublions pas non plus que la mairie a systématiquement fait suivre à
la justice les demandes de mariages "mixtes", alors que la loi ne l'y
oblige aucunement. Ce zèle entraîne une discrimination claire, et
participe directement de la répression & de l'expulsion des étranger-e-s
en situation irrégulière.

La mairie n'a décidemment pas peur du ridicule, quand elle décerne un
prix récompensant l'action en faveur du logement lors du rendez-vous
annuel des associations, le "grand dej' 2006", alors même qu'elle se
félicitait, lors du dernier conseil municipal, de battre des records
d'expulsions (?7 squats en 5 jours?).

Enfin, côté culture, la ville se passe bien d'agir pour soutenir un
cinéma d'art & essai comme l'Eldorado, qui se bat pour préserver cinéma
indépendant et débats de société, hors des sentiers battus de la culture
de consommation.

De nos jours, il semble que le sécuritaire vende plus que la culture &
la solidarité. Il y a de la place pour loger CRS & ERIS, comme pour
laisser construire des multiplexes; plus, à coup sûr, que pour les
sans-papiers, les espaces de vie indépendants, et la culture
non-marchande.

Si la mairie réprime ce qui échappe à ses institutions, il ne tient qu'à
nous, à vous, de l'en empêcher! Contre l'expulsion du Toboggan,
communiquez à la mairie vos sentiments (3)! La cour d'appel rendra son
jugement le mardi 24 octobre. Si les deux mois de délais sont annulés,
la mairie semble vouloir passer outre les délais légaux de procédure et
se précipiter d'expulser avant le début de la trêve d'hiver. Le
Toboggan, ainsi que les individus et associations qui le soutiennent
entendent ne pas se laisser faire.

vendredi 20 octobre 2006 Collectif de soutien au Toboggan

(1) le directeur de cabinet du maire, Mr Thierry Courcin, a déclaré hier
encore, tout en intimant paradoxalement aux occupants de quitter les
lieux, qu'il n'y aurait pas de projet sur le site avant deux ans.

(2) Depuis 8 ans, Les Tanneries pratiquent l'autogestion d'un espace
d'activités et d'un habitat collectif, sans hiérarchie, profit, ni
subvention.

(3) Téléphone: 03-80-74-51-51 (standard) Email: francois-rebsamen@ville-dijon.fr

[ expéditeur/expéditrice <toboggan(a)squat.net> ]
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