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(fr) Rebellion # 38 - Pour une egalite radicale : a tout travail, salaire egal !

Date Fri, 6 Oct 2006 10:38:40 +0200 (CEST)


Le numéro 38 de Rebellion est paru et a été distribué à la manif
syndicale de Berne le 23.9.2006 (25'000 participantEs!). Ici un article sur le
différentiel entre les salaires femmes et les salaires hommes qui reste très
marquant en Suisse.

Pour une égalité radicale:
à tout travail, salaire égal!

Nous avons déjà parlé dans Rebellion des illusions de l'égalité dans les rapports
entre hommes et femmes. La question de l'égalité salariale en est un excellent
exemple. Le principe d'égalité salariale est ancré dans la Constitution fédérale,
puis traduit dans des lois. Des actions juridiques ont permis quelques victoires
devant les tribunaux: Des patrons ont été contraints d'adapter le salaire
d'ouvrières qui
effectuaient les mêmes tâches que leurs collègues pour un salaire inférieur; après
17 ans de procédure, le Tribunal fédéral a donné raison à deux fonctionnaires
valaisannes qui étaient ouvertement désavantagées sur le plan salarial; on a même
élaboré une méthode permettant de constater une discrimination salariale sans
comparaison directe.
Personne ne prétend aujourd'hui qu'il serait justifié de moins rémunérer les
femmes en raison de leur sexe.

Pourtant, les chiffres sont têtus. L'Office fédéral de la statistique a publié en
2005 une brochure: A temps de travail égal, les femmes gagnent aujourd'hui en
moyenne 28% de moins que les hommes. Il y a certes un progrès par rapport aux
années 1960, où les disparités se montaient à 32%. Un tout petit progrès en
vérité: à ce rythme, l'égalité salariale pourrait être atteinte en 2047!

Redevenons sérieux. La probabilité pour une femme d'appartenir à la catégorie des
bas salaires est quatre fois plus élevée que pour un homme, la rémunération à
l'heure deux fois plus fréquente. On voit quatre fois moins de cadres supérieurEs
chez les femmes que dans la population masculine, en particulier dans le secteur
public. Toute chose égale par ailleurs, les hommes mariés ont un salaire supérieur
aux célibataires, tandis que les femmes mariées sont au contraire les plus
pénalisées de l'ensemble des salariéEs.

Tous ces constats sont bien connus. Des études ont été faites, plus personne ne
vient nier la réalité de la discrimination salariale des femmes. Pourtant, sur le
plan formel, celle-ci ne devrait plus être tolérée. Pourtant, personne ne
revendique cette discrimination.
Pourtant, cela fait des dizaines d'années que des luttes sont menées pour
l'égalité salariale. Comment se fait-il alors qu'un principe constitutionnel,
concrétisé dans une loi, qui est défendu unanimement, pour lequel des luttes
sociales et syndicales sont menées, soit aussi difficile à traduire dans les
faits?

Si la réponse reste si difficile, c'est que la question est mal posée. Tout le
débat repose sur le slogan "à travail égal, salaire égal". A notre sens, c'est là
que réside le centre du problème. Qu'est-ce qu'un "travail égal"? Comment les
femmes pourraient-elles effectuer un tel "travail égal", alors qu'elles se forment
davantage dans des filières où elles sont majoritaires et qu'elles occupent des
emplois majoritairement réservés aux femmes? Ne s'épuise-t-on pas en vain à
rechercher cette égalité salariale, alors que la répartition des tâches et des
emplois entre hommes et femmes se fait de manière foncièrement inégalitaire?

Mais il faut prendre du recul et généraliser la réflexion. Depuis quand le
capitalisme promeut-il l'égalité? Quant aux entreprises, privées ou publiques, ne
sont-elles pas marquées par l'inégalité et la hiérarchie? Les syndicats dénoncent
à bon droit les scandaleux salaires des dirigeants exploiteurs comme Ospel ou
Vasella. Mais ce n'est pas qu'une question d'individus: Les dirigeants ont un
revenu professionnel annuel qui représente 175% du revenu médian suisse, alors que
le revenu des travailleurs non qualifiés atteint près de 60% du revenu médian.

En réalité, tant qu'on admettra la hiérarchie dans les rapports de travail, on
affrontera des inégalités. Dans notre société capitaliste et patriarcale, les
femmes pauvres sont logiquement destinées à être discriminées doublement, en tant
que pauvres et en tant que femmes. Voire triplement, si elles ont le malheur
d'être encore immigrées ou sans-papiers.

Pour sortir de cette impasse, il faut absolument se battre pour imposer une vision
radicale de l'égalité. Nos luttes doivent viser à attaquer toute hiérarchie où
qu'elle se trouve. Notre slogan doit devenir "à tout travail, salaire égal".


[ Rebellion, Feuille d'agitation de l'Organisation socialiste libertaire (Suisse) -
www.rebellion.ch ]

[ expéditeur/expéditrice <info(a)rebellion.ch> ]

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