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(fr) Comptes-rendus des manifestations de solidarité avec Oaxaca - France et Belgique]

Date Thu, 23 Nov 2006 20:47:38 +0100 (CET)


Comptes-rendus des mobilisations de France et de Belgique lors de la
journée internationale de solidarité avec Oaxaca, lundi 20 novembre.

BORDEAUX.

Environ 60 personnes devant le consulat puis en manifestation lors de
cette journée.

DIJON.

À Dijon, on était une petite cinquantaine de personnes à se réunir
devant le consulat du Mexique, à l'appel de l'interlibertaire dijonnaise. Après
un rassemblement plutôt morose (mais accompagné de fumigènes efficaces),
le consulat étant fermé, il nous a été impossible d'envoyer un fax comme
on avait prévu d'en faire la demande, on a fait une petite manif dans
les rues de Dijon derrière une banderole "Mexique : solidarité face à la
répression à Oaxaca", tout en diffusant des tracts pour informer les
gens
de ce qui se passe là-bas. On a fait ça plutôt soft vu que des gens
passent déjà en procès pour l'occupation du même consulat mexicain en
septembre.

LYON.

La multitude lyonnaise avec le soutien du syndicat CNT du département du
Rhône s'est rassemblée ce lundi 20 novembre 2006, journée de grève,
d'actions internationales pour soutenir les peuples d?Oaxaca,
province du Mexique sous l'assaut de la Police fédérale depuis maintenant trois
semaines.

La multitude lyonnaise soutient la rébellion légitime des peuples
d?Oaxaca face aux pouvoirs locaux corrompus, violents et face à celui de l'État
mexicain qui ne connaît que répression militaire et expropriations.

À la sortie de la station de métro Hôtel-de-Ville à 18 heures, une
cinquantaine de sympathisant-e-s se sont rassemblé-e-s face à la
mairie de Lyon : diffusion de tracts, de lettres de protestation à envoyer aux
autorités, d'informations sur la situation des peuples d?Oaxaca
depuis six mois. Feux d'artifices, prises de parole...

Un film sur la violence commise par l'État mexicain à Atenco en mai
2006 a été diffusé dans le local de la CNT après un pot convivial.

Les ami-e-s de Rebellyon.info relayent les informations sur la
situation à Oaxaca ici à Lyon ; face aux medias français muets, nous continuerons à
informer et à combattre toutes les formes d'autorités et de violences
sociales.

MARSEILLE.

Environ 200 personnes se sont rassemblées sur le Vieux-Port, ce soir de
mistral du 20 novembre, à l'appel d?Alternative Libertaire, d?Apatapela,
du Comité Chili Amérique Latine, de la CNT (Marseille), du Collectif
Caracol, du Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal, du Collectif Nawak, du
journal CQFD, du Groupe anarchiste de Marseille (Fédération anarchiste),
de la LCR, de SUD étudiants (Aix-Marseille), du collectif La Rage du
Peuple et d?individus solidaires.

Nous partîmes en déambulation festive sur la rue Breteuil avec moult
jolis flambeaux et slogans rageurs et solidaires ("APPO, APPO, APPOYA LA
APPO", "JUSTICIA, JUSTICIA, FUERA ULISES RUIZ" "EL PUEBLO UNIDO (ou ARMADO)
JAMAS SERA VENCIDO"...

Sous les fenêtres de M6, nous avons dénoncé le silence des médias
dominants sur ce qui se passe à Oaxaca (ça ne les a pas fait plus bouger
pour autant...).

Des clowns-maîtres-d'école nous attendaient en embuscade au coin d'une
rue, pour nous assener des cours délirants z'et rebelles de maths, de
biologie et enfin de gym pour la construction de la barricade lorsque
nous arrivâmes sur la place de l'opéra devant le consulat honoraire du
Mexique.

Six banderoles ont orné la place. Un "autel pour les morts" déjà
tombés au cours de cette lutte, selon les traditions indigènes du Mexique. Et
notre superbe "barricade" de cartons symbolique et en soutien aux biens plus
périlleuses et réelles barricades d?Oaxaca !

Nous avons remis au consul honoraire (toujours aussi diplomatiquement
courtois), une pétition qu'il nous promit de faxer au "malo gobierno" du
Mexique.

Puis nous mîmes le feu à notre "barricade" juste pour la joie du feu
et du chant et de la parole rebelle.

Le tout fut filmé par le collectif Nawak pour être envoyé en soutien aux
insurgé-es d?Oaxaca.

Nous promîmes de nous revoir pour continuer et amplifier notre soutien à
l'APPO (Assemblée populaire des peuples d?Oaxaca).

PARIS.

C?est sous une pluie battante que se sont réunies sur le parvis
Beaubourg, dans le centre de Paris, ce lundi 20 novembre, journée internationale de
solidarité avec la révolte d?Oaxaca et l?Assemblée populaire des peuples
d?Oaxaca (APPO), près de 500 personnes qui défilèrent ensuite jusqu?au
consulat du Mexique.

Le cortège s?élança aux alentours de 19 heures. Toutes et tous les
manifestantEs y exprimèrent leur rejet de la répression et de la
présence militaire à Oaxaca ainsi que leur solidarité avec le peuple digne
d?Oaxaca qui lutte contre le gouvernement et pour une autre façon de faire de la
politique.

C?est au rythme d?une battucada, d?enregistrements de Radio Universidad,
de corridos et de slogans tels "État mexicain, assassin", "¡Ya cayo! ¡Ya
cayo! ¡Ulises ya cayo!" ou encore "¡El pueblo unido jamás será vencido!"
que les manifestantEs ont défilé durant près de deux heures jusqu?à
rencontrer, dans une rue étroite, un mur de CRS empêchant le cortège
d?atteindre le consulat. Cependant certainEs ont réussi, par des rues
détournées, à y crier leur solidarité avec le peuple d?Oaxaca en lutte.
Après une demi-heure de battucada, des prises de paroles ont permis de
faire un point sur la situation là-bas. Et c?est doucement, sous un ciel
enfin clément, que le cortège s?est dispersé un peu avant 21 heures.

Dehors Ulises !
Dehors la PFP !
Réapparition de toutEs les disparuEs !
Libération de touTEs les prisonnierEs !
Oaxaca n?est pas seul !
Restons mobiliséEs !

TOULOUSE.

Une centaine de personnes environ, convoquées par le "Collectif de
solidarité Chiapas-Mexique" de Toulouse, participèrent à une nouvelle
manifestation de soutien aux peuples d?Oaxaca. Devant le consulat du
Mexique, plusieurs étudiants et citoyens mexicains prirent la parole
pour dénoncer l?indifférence et la calomnie manifestées par le consul
honoraire, monsieur Saint-Martin, et réitérer son appui à la
résistance et à la dignité du peuple d?Oaxaca, et à leurs demandes : sortie
immédiate du gouverneur assassin Uli ses Ruiz, sortie de la PFP, libération de touTEs
les prisonnierEs et disparuEs, ainsi que la justice à l?encontre des
responsables de la répression brutale déchaînée contre le mouvement
populaire oaxaquénien. Il en ressortit également la valeur exemplaire de
ce mouvement, qui démontre que le peuple est capable d?assumer et de
contrôler directement, de manière démocratique et horizontale, les
fonctions et les services essentiels de la vie sociale :
l?approvisionnement et la distribution alimentaire, l?ordre public et la
justice, les transports et la propreté, l?hygiène, etc. C?est-à-dire
qu?il est capable de s?autogouverner.

LIÈGE.

Depuis plusieurs mois, un mouvement social sans précédents se développe
dans l'État d'Oaxaca. Parti d'une revendication salariale de
professeurs, le mouvement s'est étendu à l'ensemble des associations et mouvements de
l'État. L?autorité a du quitter la ville qui est contrôlée et gérée par
l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO) depuis le mois de
juin.
Le gouverneur de l'État, envoie des paramilitaires pour réprimer le
mouvement : assassinats, enlèvements, et agressions contre la
population.
Quant au pouvoir fédéral mexicain, il déplace plusieurs milliers de
policiers pour "rétablir l'ordre" fin octobre. C?est ce qu?on appelle la
militarisation d?Oaxaca. C?est bizarre ça me fait penser à un autre
État,
?

Hier soir quelques personnes (moins d?une vingtaine selon les
organisateurs, plus de cinquante selon les renseignements généraux) se
sont rassemblées devant l'ambassade mexicaine pour exprimer leur
solidarité avec les peuples d'Oaxaca et exiger de l'État mexicain
l?arrêt de la répression et les tortures contre la population d'Oaxaca, la
libération tous les prisonniers politiques et des "disparus", la fin de
l'impunité des criminels.

Une banderole, quelques bougies attirent l?attention Avenue Franklin
Roosevelt, et quelques tracts sont distribués aux rares passants.
Bien que l'ambassadrice ait été absente, quatre personnes ont été reçues par le
chargé des affaires politiques et sociales. Une fois à l'intérieur de
l'édifice, nous (deux indyiens et deux mexicaines résidant à Bruxelles)
sommes conduits dans une salle de réception au premier étage. Quel luxe
les ambassades, je ne m?y habitue pas ! Notre interlocuteur nous propose
d'exprimer nos revendications pour pouvoir les transmettre à Mexico.
Il a l'air de connaître son dossier. Hier, les ambassades mexicaines avaient
été prévenues un peu partout sur la planète : certaines d?entre elles
auraient de la visite ce 20 novembre.

Nous demandons quelle est la position officielle de l'État mexicain
en ce qui concerne les meurtres, les arrestations arbitraires et les
disparu/es à Oaxaca. On compare les chiffres de l?APPO et ceux du gouvernement (qui
reconnaît 7 morts et trois disparus?). La compañera rapporte le
contenu de ses communications téléphoniques avec des parents et amis qui vivent à
Oaxaca, insistant sur les très nombreuses et très inquiétantes
disparitions, indigne d?un État de droit. Notre hôte note
consciencieusement et nous assure qu?il transmettra nos demandes au
gouvernement mexicain.

Nous exigeons le respect des droits de l'Homme quoi qu'il arrive et
expliquons aussi en quoi la militarisation de l'État d?Oaxaca est un
très mauvais signe? il sait aussi bien que nous que, d?un côté, l?État est
richissime en ressources naturelles et très bien classé au top
mondial de la biodiversité alors que d?un autre côté, la majorité de la population
est très pauvre.

Poli, le diplomate ne conteste pas les événements auxquels nous nous
référons. Il tente simplement de les expliquer autrement. Selon lui, la
société mexicaine est divisée en deux. En ce qui concerne l'État
d?Oaxaca, certes une partie de la population (33 municipalités sur plus 300,
affirme-t-il) exige la démission du gouverneur. Mais il ne faut pas
oublier qu'une autre partie exige le retour à l'ordre, dit-il.

Je n'ai pas voulu lui demander si cette autre partie dont il parlait, ce
ne serait pas simplement les propriétaires et ceux qui travaillent pour
eux, proches du PRI, le Parti révolutionnaire institutionnel qui a
gouverné le pays pendant presque un siècle, et qui veut continuer de
gouverner l'État d?Oaxaca, malgré tout et avec la bénédiction du PAN ...
Cela commençait à tirer en longueur et les autres nous attendaient
dehors sous la pluie avec pour seule distraction les bouchons de fin de journée
et notre agent secret qui, lui aussi, après quelques questions, donne
l?impression de bien connaître son dossier.

Sur ce on lève le camp et on se disperse dans la jungle urbaine.

http://cspcl.ouvaton.org/article.php?id_article=394




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