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(fr) Travailleurs sociaux : des precaires au service de la precarite

Date Mon, 20 Nov 2006 23:35:54 +0100 (CET)


On connaît l?ambiguïté de la fonction du travailleur social. Chargé de venir en
aide aux plus exploités et aux plus démunis, le travailleur social est aussi un des
instruments de la paix sociale, condition nécessaire au bon fonctionnement de cette
société d?exploitation et de profit. Vivant au quotidien cette situation
schizophrénique, il est sans cesse confronté au cynisme du pouvoir et à la détresse
des populations marginalisées, paupérisées, mises au rebut. Sous l?égide notamment
du pouvoir socialiste, la gestion de la misère fût rationalisée dans les années 80
par la multiplication des associations dites d?aide sociale, d?aide par le travail
ou de réinsertion. L?affaire est rentable ! L?État, la région, le département se
déchargent sur ces associations de la gestion de 1a pauvreté en échange de quelques
subsides leur permettant de faire tourner la boutique. Statut bancal, salaire
minimum, horaires démentiels, le travailleur social est pris au piège. Face à la
misère des personnes, il bosse le plus souvent sans compter, jonglant avec les
démarches administratives, les lois arbitraires, les décrets scélérats, tentant
dans ce dédale de paperasse d?aider ses semblables à rester debout, â sortir de
l?impasse dans laquelle le système les pousse inexorablement.

Mais les années 80 sont bien loin. Le temps de l?aumône paternaliste est passé.
Aujourd?hui, le secteur social est sommé de s?adapter aux lois du marché qui
s?appliquent à la misère comme au reste de la société. Les mots clés ont changé !
Évaluation, contrôle, rentabilité, productivité, voilà les nouvelles valeurs qui
régissent le fonctionnement du secteur social. A quelques exceptions près, les
aides publiques aux associations de réinsertion sont de plus en plus maigres,
tandis que les exigences du pouvoir sont de plus en plus fortes. Sous couvert
d?insertion, le travailleur social devient malgré lui un indic, un contrôleur de la
misère, un auxiliaire de police qui assure la surveillance des personnes "hors
circuit". Et les gens ne. s?y trompent pas. Nombreux sont ceux qui lâchent leur
droit au RMI pour éviter les contrôles sur leur vie, leur façon de survivre dans la
débrouille. Et nombre d?exclus ont encore plus de difficulté à vivre, ne
correspondant pas aux normes administratives nécessaires pour recevoir l?aumône.

On le sent quotidiennement, la misère n?est plus un mal à enrayer, c?est devenu une
tare dangereuse qu?il faut gérer, maîtriser, encadrer. Cette reprise en main
concerne tout le monde : l?exclu comme le travailleur social. Face aux restrictions
des subventions, 1es associations serrent les boulons. Le statut du travailleur
sociai dès lors n?est pas très loin de celui de son "client". CDD à répétition..
CES, vacations, travail à temps partiel, SMIC horaire... sont le plus souvent les
conditions de travail de l?éducateur lambda. Et l?inique de la situation veut qu?il
ne soit pas rare de voir dans le même temps les dirigeants de ces associations se
verser des salaires de plusieurs milliers d?euros par mois.

Des précaires pour gérer la précarité, il fallait y penser. A Montauban, un
travailleur social demanda le mois dernier à un "client" venu pour des démarches
administratives quelle profession il exerçait avant de connaître les affres du
chômage, puis du RMI : "Educateur, répondit celui-ci, mais faute de subvention,
l?association a mis la clé sous la porte".

LA FINALITE DU TRAVAILLEUR SOCIAL : DISPARAITRE !

Créer une organisation sociale de la misère, c?est décréter que cette organisation
s?inscrit dans la durée. que ce n?est pas un événement conjoncturel, mais une
structure qui fait partie intégrante du système capitaliste.

C?est aussi aux travailleurs sociaux de comprendre le rôle qu?on veut leur faire
jouer. Dans une société où régnerait la justice et l?équité, le travailleur social.
aurait comme finalité de disparaître le plus rapidement possible !

[ texte repris du site http://cnt-ait.info ]
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