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(fr) [Suisse] Rebellion 36: CPE [de]

Date Mon, 29 May 2006 13:24:14 +0200 (CEST)


CPE: Victoire amère, mais victoire quand même
Le gouvernement français a dû reculer face à l?action directe de masse.
Le CPE (contrat de première embauche) est dans les faits retiré. Les
grèves, les occupations, les manifestations et les blocages ont eu raison
de ce dispositif qui prétendait instaurer la précarité la plus dure et le
pouvoir patronal le plus absolu contre les jeunes salariéEs. Ce succès est
important. Pour la première fois, depuis très longtemps en Europe, un
mouvement social a fait plier le genou au pouvoir. Durant plus de deux
mois, une lutte tenace, inventive et largement
auto-organisée s?est emparée de la scène sociale française. Une pratique
large de l?action directe et de la démocratie de base a marqué non
seulement la jeune génération, mais, bien au-delà d?elle, des centaines
de milliers, voire des millions, de travailleuses et de travailleurs, de
précaires, de chômeuses et de chômeurs.


Moments du mouvement

Cependant, la victoire est partielle. Elle laisse, comme tous les grands
mouvements sociaux, un certain goût d?amertume et d?inachevé. Tout
d?abord, une répression très dure a frappé et frappe encore les gens qui
se sont révoltés. Les condamnations à la prison ferme sont la règle. La
volonté de briser, de faire peur et de mettre au pas, est évidente du
côté du pouvoir. Ajoutons à cela le véritable "état de siège médiatique"
qui ment, déforme et calomnie la lutte pour enterrer sous le mensonge la
politique de libération qui a marqué la donne française durant ces
dernières semaines.

Il y a enfin que cette lutte se poursuit. Dans cette deuxième quinzaine
d?avril, des occupations demeurent, des blocages continuent.. Certes, ces
luttes sont minoritaires au regard des mobilisations massives des deux
derniers mois, mais elles témoignent d?une volonté de poursuivre et
d?approfondir le combat anticapitaliste.

En effet, la suppression du CPE n?implique pas la disparition d?un
ensemble des dispositifs de précarisation adoptés dans la dernière
période par Chirac et Villepin. Notamment, l?infâme LEC (loi sur
l?égalité des chances) demeure.


La lutte suspend son vol

Cependant, le mouvement social, attaqué de tous côtés, lâché par la
gauche institutionnelle, politique et syndicale, reflue fortement après
son grand succès. La situation est complexe. Il y a la joie d?avoir battu
le gouvernement et le patronat, d?avoir fait reculer les
puissantEs sur un point essentiel, symboliquement déterminant,
effectivement décisif. Mais, de l?autre, il y a une conscience, souvent
diffuse, que, face à la coalition effective des dominantEs avec la gauche
institutionnelle, que face au lâchage des grands syndicats
"représentatifs", un mouvement essentiellement porté par des étudiantEs
et des scolariséEs n?arrivera pas à avancer davantage.

Pour dire vrai, même au sein du mouvement étudiant, le rapport des forces
entre positions réformistes et positions plus radicales paraît
défavorable pour celles et ceux qui entendent poursuivre la lutte. Dans
le mouvement ouvrier, l?action gréviste a été limitée, même si les arrêts
de travail ont permis de remettre en mouve-ment des secteurs qui, comme
l?enseignement, avaient subi en 2003 un sérieux échec dans la lutte sur
le régime des retraites.

Fondamentalement, ce que nous dit le mouvement contre le CPE, ce sont
deux choses. Tout d?abord, la disponibilité de larges secteurs des
dominéEs à développer l?action directe, l?auto-organisation et la pensée
critique. De l?autre, le grand mouvement social que nous avons connu nous
indique le besoin urgent d?instruments d?organisation, d?intervention,
d?élaboration théorique, politique et stratégique pour pouvoir
"chevaucher" les hauts et les bas des grands cycles de lutte, forcément
irréguliers et fragiles.

L?essentiel n?est pas de déplorer le recul prévisible et prévu de la
gauche institutionnelle. Ni de dénoncer l?intérêt monomaniaque de larges
secteurs de l?extrême gauche, lorgnant avec concupiscence vers les
prochaines élections, pour les échéances institutionnelles. Il faut
construire une force autour de laquelle les résistances puissent
stratégiquement et symboliquement s?agréger, pour qu?elles constituent un
mouve-ment d?auto-émancipation. Cela passe par le développement d?un
réseau des syndicalismes révolutionnaires et des associations de lutte
sociale, en totale indépendance des jeux de la politique institutionnelle.
Cela passe aussi par une amélioration des conditions de l?action commune
entre les diverses organisations du mouvement libertaire liées aux luttes
sociales.

Cela passe par la capacité de maintenir l?unité la plus large pour
combattre, sans abandonner le terrain des objectifs réalistes à la gauche
et à l?extrême-gauche institutionnelles, tout en développant une tension
permanente, riche d?une proposition révolutionnaire. La gauche libertaire
doit accroître sa capacité d?affirmer en un langage
accessible à toutes et à tous, ce qu?elle veut: Une politique de
libération contre le capitalisme, la domination et le pouvoir séparé. Une
proposition qui se décline, en termes d?interventions et
d?objectifs, dans chaque lutte.

La résistance contre le CPE s?ar-rête peut-être. Ce n?est qu?un moment du
combat. La marche est à l?affût, prête à reprendre.


Par: "infoladen.biel" <infoladen.biel -A- freesurf.ch>

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