A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) La "nouvelle critique sociale"... perturbee - Grenoble

Date Tue, 16 May 2006 14:05:45 +0200 (CEST)


Une action menée vendredi fait allusion à la politique de la mairie de
Grenoble sur la question du logement en général et des squats en
particulier ; mais ça ne parle pas que de ça... Samedi, une émission de
France-Culture émise en direct de Grenoble a été perturbée. Dimanche, la
"critique sociale" en actes se voyait clairement refusée l'entrée au forum
de la "nouvelle critique sociale"...

>>>>>

http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=2746

Ce vendredi 12 mai était inauguré à la MC2 le forum "La nouvelle critique
sociale", co-organisé par "La République des idées", "L'agence nouvelle
des solidarités actives", la mairie de Grenoble, le conseil régional
Rhône-Alpes, la MC2 et l'Institut d'études Politiques de Grenoble. Oui,
oui, vous avez bien lu.

Une bonne vingtaine de personnes ont distribué un tract (lire ci-dessous)
signé les Insurgé-e-s de la Critique Sociale, avant et pendant
l'inauguration du forum.

Le forum s'est ouvert par une courte intro de Pierre Rosanvallon
("président de la République des idées", ha! ha!). Michel Destot a
poursuivi et s'est directement fait huer et siffler par plusieurs
personnes, mêlées au public. La grande salle de la MC2 était presque
remplie, remplie surtout de bourgeois-es et de détritus de la gauche
caviar, il faut bien le dire...
Après avoir essayé d'empêcher des gens d'assister au forum (sur ordre et
dénonciation de messieurs Martel et Noblecourt, certainement, sur appel au
délit de sale gueule également), des vigiles dans la salle se sont alors
jetés sur différentes personnes qui criaient leur colère de savoir Destot
récupérer le thème de la critique sociale en toute impunité. Des
échauffourées ont alors eu lieu en différents lieux de la salle. Une fille
s'est notamment fait jeter de la salle assez violemment par deux ou trois
vigiles (d'autres personnes se sont également retrouvées hors de la salle,
en soutien aux personnes expulsées).

Destot essayait tant bien que mal de continuer son discours, mais il n'en
menait pas large. Un mec est alors monté sur la scène, a essayé en vain de
lui prendre son micro, puis s'est mis à crier que la critique sociale
n'était pas ici mais dehors, que c'était dehors que ça se passait. Un
cravateux s'est alors jeté sur lui, aidé tout de suite par deux vigiles
pour le virer de la salle. La salle était alors en ébullition, entre
applaudissements et huées, la foule bourgeoise hurlant des "fascistes !"
en direction des agitateur-ice-s. Quant aux vigiles et décideurs en
cravate, ils portaient tous le doux visage de la "démocratie", une
démocratie pleine de fric et de flics.

Peu après, un autre mec est monté sur scène, lançant des "Fermez Minatec",
annonçant explicitement la manif du 1er juin contre l'inauguration de ce
qui sera le plus grand pôle de recherche pour les micro et
nanotechnologies. Lui aussi s'est fait mettre dehors illico presto. Peu à
peu, les acteurs et actrices les plus engagé-e-s de la critique sociale se
retrouvaient dehors, plus ou moins involontairement (puisque c'est ce qui
était souhaité, de toute façon, hé hé!).

Le forum a continué dans une certaine tension. Lorsque les premiers
intervenants sont arrivés sur scène, quelqu'un a entonné un très amusant
"Les militaires sont en costard, je répète: les militaires sont en
costard...".

A la sortie de la MC2, notamment à la fin de la première plénière (sur la
"crise de la société française"), des discussions ont lieu informellement.
La plupart des gens disent "je trouve votre texte très bien, mais
l'action, non !". Autrement dit, alors que le texte dit que "le forum
Nouvelle Critique Sociale est une vaste supercherie", que la mairie de
Grenoble et le conseil régional Rhône-Alpes ont pour objectif de "faire
taire la critique sociale, surtout quand celle-ci s'exprime en actes",
concluant par "rendez-vous partout sauf au sein des moribondes
institutions", comment s'étonner qu'une telle action ait eu lieu ? Cette
intervention suintait pourtant des lignes du texte, soi-disant "très
bien"...
"Très bien" s'il reste dans un tiroir et que la bourgeoisie peut dormir
tranquille.

Mais la colère de classe gronde toujours...
Vivement qu'elle s'éclate à nouveau, comme en octobre-novembre 2005, comme
en mars-avril 2006 !

--
Ci-dessous, le texte distribué à plusieurs centaines d'exemplaires devant
et dans la MC2 (téléchargeable aussi sur
http://nantes.indymedia.org/IMG/pdf/lacritiquesocialesinsurge.pdf):

LA CRITIQUE SOCIALE S'INSURGE

Nouvelle supercherie locale

Nous savons que les dents des récupérateur-ice-s les plus fourbes vont
grincer, que les doux coeurs des idéalistes les plus naïfs/naïves vont en
être tout retournés, mais nous n'irons pas par quatre chemins : le forum
Nouvelle Critique Sociale est une vaste supercherie.
Tandis que l'ensemble des luttes sociales locales se trouvent confrontées
directement à la répression par les pouvoirs publics locaux (les exemples
ne manquent pas... du mouvement squat et autres luttes contre les
expulsions locatives, à la lutte pour la préservation du parc Mistral, en
passant par la contestation de Minatec, de la MC2, etc.), ce "forum" qui
prétend aborder la Nouvelle Critique Sociale est organisé par la Mairie de
Grenoble, le Conseil régional de Rhône-Alpes et l'Institut d'Etudes
Politiques de Grenoble.

Endormir la critique

La direction de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble a été incapable
d'être solidaire de la lutte des étudiant-e-s en février-avril 2006 contre
le CPE et son monde (son président usant de tout un tas de manipulations
et de pressions pour renvoyer au plus vite les étudiant-e-s en cours).
Quant à la Mairie de Grenoble et au Conseil régional, leur rôle pendant
ces mois de lutte contre le CPE et contre le gouvernement aura été le même
que pendant les émeutes des quartiers populaires en octobre-novembre 2005
: quand il ne s'agissait par pour eux de légitimer la répression, il
fallait au minimum appeler au retour de la paix sociale. En définitive :
faire taire la critique sociale, surtout quand celle-ci s'exprime en
actes.

Que ces institutions organisent un forum sur la nouvelle critique sociale
nous donne à la fois envie de rire et de vomir.
Rire, parce que c'est complètement ridicule que ce soit le pouvoir qui
organise un tel événement.
Et vomir, parce que c'est bien la force de ce pouvoir (la force de la
gauche) que de récupérer (ou essayer de récupérer) sans arrêt les élans
subversifs qui naissent ici et là plus ou moins spontanément.

Et tout ceci se passe à la MC2, façade culturelle de la propagande
municipale. La politique de la Mairie de Grenoble ne fait pas exception à
la politique générale menée dans quasiment toutes les villes de France
sous prétexte de légalité et de rentabilité. Alors que ce n'est rien
d'autre qu'un désir d'hégémonie politico-culturelle qui s'impose à coups
d'expulsions et de démolitions (vague d'expulsions de squats en 2005,
"réaménagement" de la friche Bouchayer-Viallet et du quartier St-Bruno
pour plaire aux cadres de Minatec et compagnie, etc.).

Destotalitaire

Dans la plaquette de présentation du forum, Destot n'a pas peur d'être
pris pour un menteur et un hypocrite (ce qu'il est) quand il écrit que
"notre municipalité porte des politiques publiques consacrées en priorité
à l'accès au logement, à la solidarité, à la lutte contre la précarité.
Parce que nous refusons de limiter l'innovation aux sciences dites
"dures", nous sommes heureux d'accueillir ce véritable "festival d'idées"
qui veut concilier expérimentations sociales et pensées audacieuses." En
réalité, quand il s'agit de concilier expérimentations sociales et pensées
audacieuses, Destot envoie des flics et des huissiers régler tout ça
(combien de lieux vraiment autonomes, porteurs de création politique et
d'expérimentation sociale peuvent affirmer à Grenoble n'être pas menacés
d'expulsion ? Ces dernières années, dans l'agglomération, ils sont des
dizaines à avoir été expulsés !). Quand il s'agit de lancer des
perspectives de révolution, Destot n'imagine que "révolution
technologique"[1] avec force Minatec et autres projets de perfectionnement
de l'armement et du contrôle social. Quelle audace !
Mais peut-être que c'est Minatec et la MC2 qui sont à la pointe de la
critique sociale... Finalement, la rue, les lieux non "autorisés" et les
luttes sociales, c'est un peu vieillot... Mais... Destot, Queyranne et
consorts, vous avez du souci à vous faire (et vous le savez) : qu'elle
soit vieille ou nouvelle, la critique sociale est proche de vous
puisqu'elle a entre autres pour objectif d'abolir les postes de pouvoir
que vous occupez?

Mais alors ça se passe où ?

Un autre monde est possible, plusieurs, même : ils subissent répression et
expulsions de la part des pouvoirs en place. Avec le forum Nouvelle
Critique Sociale, comme avec le forum "Sciences et démocratie" en juin
2005 à la MC2, ces possibles subissent tentatives de récupération et
d'anéantissement, en même temps qu'un mépris affiché[2].

Ce qui est sûr, c'est que Grenoble est bel et bien "un territoire
d'application concrète"[3] de la critique sociale. Les raisons de
critiquer l'organisation sociale de la ville ne manquent pas ! Celles de
construire d'autres rapports sociaux non plus !

Rendez-vous partout sauf au sein des moribondes institutions...[4]

Ics (Les Insurgé-e-s de la Critique Sociale) Grenoble, le 12 mai 2005

Notes :
[1] Dans la même plaquette de présentation du forum, Destot affirme avec
fierté que Grenoble "est aujourd'hui aux avant-postes de la révolution
technologique".

[2] Dans le texte de présentation du forum, il est écrit : "La société
française va mal. L'urgence des problèmes qu'elle rencontre en matière de
chômage, d'insécurité sociale, d'exclusion ou de ségrégation urbaine, se
heurte à la faiblesse des analyses et à la pauvreté du langage pour la
décrire et la remettre en mouvement. De fait, elle peine à se comprendre
elle-même et vit sous l'empire des clichés et des slogans." Ce serait donc
parce qu'on nous prend pour des abruti-e-s que l'on pense pouvoir
anénantir nos désirs de profonds bouleversements sociaux par le biais
d'une récupération institutionnelle grossière ?

[3] Autre extrait de la déclaration du maire de Grenoble sur la plaquette
de présentation : "après avoir été les hôtes de ces réflexions, nous
entendons bien en être un territoire d'application concrète".

[4] Quelques liens pour vraiment mettre les pieds dans la critique sociale
: http://infokiosques.net/ (brochures subversives à imprimer, photocpier
et diffuser)
http://grenoble.indymedia.org/ (infos sur les luttes sociales locales)
http://ogn.ouvaton.org/ (l'opposition grenobloise aux nécrotechnologies)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/ (site de bricolage pour la
construction d'un esprit critique)
http://www.les-renseignements-genereux.org/ (production de brochures
pédagogiques)
http://squat.net/fr (infos sur les squats à travers le monde)
http://www.leplanb.org/ (journal de critique des médias et d'enquêtes
sociales, successeur de PLPL, qui avait décerné il y a quelques temps déjà
la laisse d'or à deux invités du forum "Nouvelle critique sociale". Voir
http://www.homme-moderne.org/plpl/n20/p1-1I.html sur Pascal Lamy et
http://www.homme-moderne.org/plpl/n25/p1-1I.html sur Toni Negri)

>>>>>

http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=2748
(lire aussi les commentaires - l'émission s'écoute sur
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/science_frictions/)

En direct de la MC2 dans le cadre du forum sur la "nouvelle critique
sociale", France Culture fait la promo de Grenoble, du laboratoire, des
techno-sciences et de leur monde.
L'émission Sciences-friction de ce samedi qui invitait le CEA à nous
vendre Minatec et les nanos a été perturbée par des gens du public, et
interrompue par de la musique, selon la menace formulée au préalable par
l'animateur Alberganti.
Celui-ci s'est plaint du "refus de débattre" des opposants. Débattre de
quoi, avec les pontes du CEA qui ont fait Minatec sans nous consulter ? De
la couleur des salles blanches ? Les tartuffes qui pérorent tout le week
end sur la "nouvelle critique sociale" ont montré leur vrai visage : la
critique sociale, c'est bon pour l'image des socialos grenoblois, mais ça
ne se pratique pas en direct.

Le 1er juin à Grenoble, les opposants à ce monde totalitaire prendront au
mot Destot, le CEA et France Culture : venez participer à leur atelier
pratique de "nouvelle critique sociale" !
Rendez-vous le 1er juin à 12h, place Félix Poulat, contre Minatec et son
monde.

>>>>>

Enfin, message anonyme:

Ce dimanche 14 mai, jour de clôture du forum, d'autres tracts "La critique
sociale s'insurge" ont été distribués. C'était très drôle parce que des
vigiles à l'entrée ne cessaient pas de refuser l'entrée à des jeunes
(délit de faciès très clair) dont la grosse majorité venaient pour
"participer" et sûrement pas pour "perturber". Un mini-scandale a donc eu
lieu à l'entrée de la MC2... "Mais qu'est-ce que c'est que ce forum
consacré à la critique sociale qui ne refuse l'entrée à des jeunes qui
sont en plein dans la critique sociale ?!".


--
L'actualité francophone des squats à travers le monde, c'est sur
http://squat.net/fr/news/index.html

[ info reprise de la mailing liste [Sans-titre-diffusion] ]




_______________________________________________
A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr


A-Infos Information Center