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(fr) Monde libertaire # 1431 - 23 au 29 mars 2006

Date Fri, 24 Mar 2006 10:37:45 +0100 (CET)


Le sommaire :

Plus loin, ensemble, par Laurent, page 3
CPE et front syndical, par J.-P. Germain, page 4
L?autruche en a marre des coquilles !, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Les anti--CPE à travers un florilège de photos, par D. Maunoury, page 7
Saint-Ouen et les jardins ouvriers, par Fred, page 9
Les femmes roms de l?Est et la stérilisation forcée, page 10
Chronique de l?obscurantisme, posteriora dei, par R. Schérer, page 11
Vendues, violées, battues, tuées, par F. Roux, page 12
Le baby business, par N. Potkine, page 14
Hôpital et solidarité, qui se moque de qui ?, par J. Langlois, page 15 Ngô
Van, Au pays d?Héloïse, par É. Anclin, page 17
Antoine Gimenez, en Catalogne, par Les Giménologues, page 19
Chroniques de l?obscurantisme, Marcel Duchamp !, page 20
Jean-Ferdinand Stas (1921-2006), par F. Gomez, page 21
Communiqué de Radio libertaire, RL programmes, page 22
L?agenda, page 23

L?éditorial :

Le monde bouge, mais bouge-t-il bien ? La réponse, pour nous anarchistes,
est négative.
De toutes les luttes ouvrières des siècles derniers, de tous les acquis
obtenus par la classe ouvrière, il ne reste que peau de chagrin. Des
révoltes passées, les échos des médias ne retiennent qu?aménagement du
travail, de la vie quotidienne et épanouissement de l?individu.
Mais pour toutes et tous, il y a plusieurs vitesses. C?est ce que l?on
nommait auparavant les happy few, ceux qui étaient quelques-uns à partager
le meilleur. Maintenant, le concept s?est démocratisé, toutes proportions
gardées, on cause de bobos.
Le mouvement ouvrier, la vision d?un autre monde, où l?exploitation de
l?homme par l?homme ne serait plus, passe aux oubliettes, place au profit
individuel.
Dans les médias échauffés par l?idée d?un nouveau Mai 68, les salles de
rédaction cherchent le sensationnel. Ils trouvent que sur la montagne
Sainte-Geneviève, les voitures ne brûlent pas beaucoup et que le «
jardinage » du boulevard Saint-Michel prend du retard.
Pour les jeunes générations il convient de rappeler que ce terme était
employé, avec dédain, par certains trotskistes en 1968, pour qualifier le
dépavage des rues pour constituer des barricades !
Certes nous n?en sommes pas encore là. On pourrait même réaffirmer que
rien ne se déroule comme prévu. Qu?un mouvement social, qu?une révolution
ne se décrètent pas, dans des états-majors politiques, que le monde est en
perpétuel renouveau.
Qui aurait, début 1968, « prédit » les événements de mai ? Qui aurait
annoncé la révolution espagnole, la Commune de Paris...
Le mouvement anti-CPE a-t-il été élaboré pour redorer les habits fripés de
la gauche française ? A-t-il été concocté par la gauche de la gauche ? Ni
l?un ni l?autre, ni par les anarchistes.
Il est venu de circonstances objectives, d?une attaque frontale contre les
conditions de travail de ceux et celles qui ne vivent que par leur chèque
de fin de mois. Les événements ne se décrètent pas, ils sont les fruits
des luttes quotidiennes, du travail militant au jour le jour. Arrive une
étincelle qui enflamme un mouvement, mais tout ceci ne se décrète pas dans
les partis politiques ou à l?Assemblée nationale.

Et un article en prime !

PLUS LOIN, ENSEMBLE

LE CPE, nous expliquait Villepin, vise « ceux qui ont le plus de
difficultés » (comprendre: les cancres, les moins-que-rien, les jeunes de
banlieue, la jeunesse ouvrière et précaire) et « n?a pas vocation à se
substituer aux autres contrats » (comprendre: la jeunesse favorisée n?a
rien à craindre).Villepin se veut rassurant vis-à-vis de la jeunesse
diplômée, celle qui bougerait par « malentendu ». Une tentative de
division, ou plus exactement l?expression d?une crainte de voir entrer
dans la danse contestataire les lycéens et toute cette jeunesse « en
difficulté » qui, si elle n?a pas un avenir à défendre, peut se révéler
déterminée et offensive.

La jonction entre étudiants et lycéens est un danger pour le pouvoir, et
la « gestion de cette crise » peut s?avérer alors compliquée pour lui. Une
division tombe et la rue devient plus forte. Lors des émeutes en
banlieues, une division fut maintenue, dès lors l?émeute était amenée à se
consumer puis à s?éteindre. Il en sera de même du mouvement étudiant s?il
reste isolé. Avec le renfort lycéen le mouvement prend une autre ampleur,
tout en restant un mouvement de jeunesse dont l?arme de la grève, de
l?occupation et de l?agitation n?a que peu de capacité de nuisance sur
l?essentiel: l?économie.

L?autre jonction ? avec les travailleurs ? ouvre une nouvelle dimension
qui inquiète le gouvernement autant que les politiciens de gauche et les
bureaucraties syndicales. Ils jouent avec le feu social, mais en pariant
que bien encadré, contrôlé et manoeuvré ce mouvement est un possible
tremplin électoral pour 2007.

Les anarchistes, là où ils le peuvent, oeuvrent à cette jonction
étudiants-lycéens-travailleurs, qui, si elle se faisait massivement,
poserait de fait la question de l?indispensable affrontement avec l?État,
la bourgeoisie et le patronat. Il serait toujours question du CPE, mais
aussi du CNE, de la sécu, des retraites, du droit au logement, des lois
anti-immigrés.

Si l?on s?en tient à la contestation du seul CPE, nous restons limités par
une absence de perspectives alors que pourtant nous sommes forts. Ce n?est
pas le tout d?être fort, encore faut-il savoir ce que l?on fait de cette
force. Et il faut bien à un moment sortir du cadre, déborder les
syndicats, déborder la revendication unique. Ou alors on se condamne à «
s?éclater » quelques jours en attendant que politicards et bureaucrates
sifflent la fin de la récréation!

« Avec le CPE, je ne veux pas après cinq ans d?études finir caissière. Je
ne suis pas un déchet. »

C?est ainsi que s?exprimait une étudiante lors d?un journal télévisé. Un
mépris de classe, tellement naturel... Et un constat, si la jonction entre
étudiants et notamment les lycéens et la jeunesse des banlieues est
nécessaire, il est évident que nous avons là deux mondes différents.

Quels points communs entre ces jeunes étudiants inquiets pour leur avenir
et ces jeunes de banlieues qui sont persuadés qu?ils ne sont rien, que
leur avenir c?est des boulots de merde... à vie !

Quel ralliement possible entre ceux qui sont intégrés culturellement,
socialement, économiquement et les autres qui sont dépossédés de tout?

Dans la réalité du quotidien, rien n?autorise que ces mondes se
rencontrent, se comprennent vraiment. C?est une réalité de la société de
classes. Dans le moment de la lutte un espace rare de rencontre et de
confrontation existe.

À chacun de questionner, de se questionner sur sa place et son rôle dans
cette société. Aux anarchistes de proposer et de mettre en débat d?autres
futurs, d?autres possibles. À nous de proposer une société sans
bourgeoisie ni prolétariat, une société égalitaire. Et l?on ne manquera
pas de nous dire que là nous allons trop loin.

C?est justement là où nous voulons aller.

Laurent

Groupe libertaire d?Ivry
Contact: faivry(a)no-log.org


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à
l'Internationale des Fédérations Anarchistes

Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

[ expéditeur/expéditrice
<relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org> ]

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