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(fr) Monde libertaire # 1430

Date Sun, 19 Mar 2006 11:43:11 +0100 (CET)


L'éditorial :

Il y a peu, dans ces pages, nous regrettions la mollesse des étudiants
parisiens, l'opposant à la franche - détermination de leurs homologues de
province. Depuis, la Sorbonne s'est transformée en lieu symbole du
mouvement anti-CPE. D'occupations en barricades, de journées d'actions en
coups d'éclat, les sorbonnards ont su ridiculiser la police, passant par
la fenêtre quand elle gardait la porte, obligeant Sarkozy à rentrer
précipitamment des Antilles. À Poitiers, Rennes, Caen, Nantes, Tours,
Toulouse, Lille, Marseille... les mêmes scénarios se sont répétés, les AG
font salle pleine et partout la jeunesse demeure mobilisée, partout elle
crie son refus de la précarité. Elle le crie si fort et si bien qu'elle
est en train de réussir là où, en 2003, ses aînés ont échoué : grâce à
elle, le pouvoir commence à perdre son sang-froid. Quand on envoie des CRS
plutôt que des négociateurs, quand on tente de coller aux étudiants qui
occupent pacifiquement les facs l'étiquette d'activistes violents, c'est
qu'on commence à prendre peur. Si les dirigeants ont la trouille, c'est
aussi parce qu'ils constatent un rapprochement de fait entre des
mouvements jusque-là plutôt isolés. Intermittents du spectacle,
sans-papiers et chômeurs se joignent aux cortèges étudiants, participent
aux occupations et blocages dans les facs, et font évoluer les mots
d'ordre, lesquels ne se cantonnent plus à la seule volonté de voir abroger
le CPE. Pourtant, si progressivement les luttes tendent à se fédérer,
manque un absent de taille : la banlieue. Pour peu qu'elle « se réveille
», comme disent les médias officiels qui la pensent, à tort, endormie, les
conditions seraient réunies pour un véritable mouvement de l'ensemble de
la jeunesse, alliée bien sûr aux travailleurs: Dans cette perspective, les
classes dirigeantes auraient cette fois réellement de quoi se faire du
mouron. Les anarchistes souhaitent vivement non seulement la réussite du
mouvement anti-CPE qu'ils soutiennent activement, où qu'ils se trouvent,
depuis le début, mais aussi son élargissement. Le CPE n'est, en somme,
qu'une mesure parmi d'autres dans la guerre menée contre le peuple par les
tenants du capitalisme. Pour l'heure, les propositions faites dimanche par
un de Villepin aux abois sont bien sûr irrecevables. Nous irons jusqu'au
bout, le printemps sera brûlant. Et le printemps, c'est lundi.

Le sommaire :

Mobilisation à Rennes, par Pierre et Philippe, page 4
L'autruche en veut plus!, par F. Ladrisse, page 5
La Sorbonne en avance sur le printemps, par D. Pinos, page 6
Une nuit à la Sorbonne, par M. I. Lagrocekich, page 6
Députés et CPE, par Thierry, page 7
Brèves de combat, page 8
CPE d'abord, le reste ensuite, par J.-P. Germain, page 9
Anarchistes contre la guerre, par la FA italienne, page 10
On pisse sur le service, par J.J. de Félice, page 11
De la dinde à Pâques ?, par Le Furet, page 12
Amours et Vatican, par Hertje, page 12
Chroniques de l'obscurantisme, par P. Schindler, page 14
Caracas, Forum social alternatif, par l'Équipe média, page 15
Raison d'État et colonialisme au cinéma, par R. Hamm, page 17
La chevauchée anonyme de Louis Mercier Vega, par F. Roux, page 19
le colloque sur le Congrès d'Amiens, par M. Chueca, page 21
Radio libertaire, demandez le programme, page 22
Agenda, page 23

et un article ...

Jours de grève à la Sorbonne nouvelle

LES ÉTUDIANTS et le personnel de l'université Sorbonne nouvelle - Paris
III sont , en grève depuis maintenant deux semaines pour les étudiants,
treize jours pour le personnel enseignants et IATOSS. Ils ont fait le
choix de l'action contre le CPE et le CNE et contre la destruction des
droits des salariés. Cette grève est accompagnée d'un blocage de
l'université. En tête durant la manifestation du 7 mars, Censier
constituait le plus gros cortège sur Paris avec 2 000 étudiants,
enseignants et IATOSS. Ce qui nous a valu de faire la une du journal
britannique Times et le titre de fac « leader » du mouvement à Paris.

Les assemblées générales des étudiants regroupent chaque jour de 500 à
1000 étudiants dans un amphi plein à craquer. Depuis deux semaines elles
reconduisent chaque jour le blocus. Jusqu'à aujourd'hui les étudiants ont
eu une organisation extrêmement efficace. Sept commissions fonctionnent en
permanence, pour aménager le temps restant entre deux AG et entre deux
commissions, des buffets offrant cafés, thés ou toasts, des concerts, des
animations et du cinéma militant sont proposés aux grévistes. La « grève
en fête » de Censier fait flotter dans l'air un parfum de mai 68. C'est
toute une génération qui s'ouvre à la politique. Cette grève est
exemplaire de par la grande capacité d'organisation et d'action dont font
preuve les étudiants et la qualité du débat qui s'est instauré dans les AG
et dans les commissions. L'UNEF se voit aujourd'hui débordée par les
étudiants non syndiqués qui se sont lancés dans le mouvement. L'expulsion
par les CRS des étudiants occupant la Sorbonne n'aura provoqué que la
radicalisation du mouvement. Les violences répressives, les tabassages au
quartier latin, les véritables courses-poursuites dignes des ratonnades de
sinistre mémoire des années soixante, les nombreuses arrestations
marqueront à jamais une nouvelle génération militante. Ce ne sont ni leurs
troupes, ni leur arsenal de répression, ni leurs coups de tonfa, de
matraque, de tazer, de flash-ball, ou de gaz lacrymogènes qui nous
impressionneront et nous feront reculer, bien au contraire.

Au niveau du personnel, la grève est reconduite par une AG quotidienne,
des commissions « information-communication », « action (piquets de grève)
» , « défense du personnel gréviste contre toute sanction » ont été
créées. Dans notre université, nous avons à subir tous les jours les
conséquences de la politique gouvernementale qui, sous couvert de lutter
contre le chômage, entérine l'oeuvre de destruction des droits et des
acquis sociaux des salariés et des jeunes. Nous avons à subir tous les
jours les conséquences de cette politique, relayée fébrilement par nos
conseils universitaires et notre président: CAE (Contrat d'accompagnement
à l'emploi), CA (Contrat d'avenir), CDD renouvelables, Pactes seniors et
juniors, sont autant de mesures sans perspectives de déboucher sur une
titularisation. À cela s'ajoutent: le travail à temps incomplet imposé aux
salariés les plus précaires, le souseffectif, la pression croissante sur
les agents, la progression .de carrière de plus en plus difficile, la
baisse des conditions de travail et de la qualité du service public. De
nombreux travailleurs précaires, jeunes pour la plupart, se sont joints au
mouvement.

Pour la CNT la particularité à Paris III est que nous n'avions pas au
début du mouvement d'adhérents chez les étudiants et les enseignants. Par
contre chez les IATOSS la section était bien présente. Nous sommes à
l'origine de la première AG organisée le 28 février et du démarrage de la
grève chez le personnel, malgré des syndicats « maison » plus préoccupés
par les prochaines élections aux conseils de l'université que de lutter
contre le CPE et la précarité. Aujourd'hui les militants de la CNT
interviennent dans les trois commissions représentant le personnel. Un
large courant de sympathie entoure nos interventions chez les étudiants et
chez les enseignants. Des demandes d'adhésion récentes devraient nous
permettre d'asseoir notre implantation sur les différents sites de Paris
III: Censier, la Sorbonne, la Bibliothèque Sainte-Geneviève et la
Bibliothèque des langues orientales, où nos militants sont très actifs.

Cela fait maintenant plus de trois semaines que les étudiants mobilisés
appellent l'ensemble des salariés à les rejoindre. La mobilisation
étudiante, loin de faiblir, se renforce.

Le travail jetable dès le plus jeune âge jusqu'à la tombe, c'est ce que le
capitalisme nous promet. Le patronat n'en aura jamais fini avec la misère,
l'injustice et l'exploitation. Opposons-lui la grève générale!

Daniel Pinos

Section CNT-FAU de la Sorbonne nouvelle - Paris III


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à
l'Internationale des Fédérations Anarchistes

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