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(fr) Classes en lutte... - edition du 13 mars 2006

Date Tue, 14 Mar 2006 19:27:37 +0100 (CET)


CLASSES EN LUTTE..., le bulletin internet de la fédération CNT des
travailleurs et travailleuses de l'éducation passe à une formule « quasi »
quotidienne pour répondre aux enjeux du mouvement social actuel.

ÉDITO - Il nous a semblé que notre rôle en tant que syndicat était
d'offrir un outil supplémentaire pour développer et renforcer la
mobilisation.
Avec cette diffusion au jour le jour, nous entendons proposer un espace
d'information indépendant, tant la manipulation gouvernementale,
relayée par des médias complaisants et/ou ignorants est flagrante.
Mais notre ambition ne s'arrête pas là : cette lutte contre la loi sur
l'égalité des chances a également besoin d'une tribune de réflexion,
d'échanges et de propositions.
Cette initiative entend répondre à cette exigence, dans la limite de
nos moyens et avec un esprit d'ouverture et de détermination.
Le comité de rédaction


CLASSES EN LUTTE... édition du 13 mars 2006

FACE À LA RÉPRESSION... JOUR APRÈS JOUR, NE CÉDONS PAS, ÉLARGISSONS !

SOMMAIRE :
Votons la grève !
Combattons Pour l'Égalité
Unité vers la grève générale
Grève du 16 mars
Union de la Matraque et du Patronat
Des nouvelles de la mobilisation
mieux le Comprendre Pour mieux l'éliminer
Canailles, Pourris et autres Exploiteurs...
Prochain rendez-vous




VOTONS LA GRÈVE ! - La FTE CNT appelle les travailleurs de l'Education à
rejoindre massivement le mouvement entamé le 07/02, en participant à
toutes les initiatives de lutte prévues, notamment les journées d'action
des 16 et 18 mars. Notre fédération a déposé en ce sens des préavis de
grève couvrant toute la semaine.
Il s'agit de mettre un coup d'arrêt à la politique de casse du droit du
travail et de précarisation du salariat avec le retrait pur et simple des
CNE et CPE. Les fonctionnaires ne resteront pas protégés très
longtemps face à cette remise en cause globale des garanties
collectives ! Nous sommes tous concernés !
Il s'agit d'obtenir également le retrait de la loi sur « l'égalité des
chances » qui instaure l'apprentissage à 14 ans et le flicage des
classes populaires avec les « contrats de responsabilité parentale ». Nous
ne voulons pas de cette école à 2 vitesses qui se précise à chaque
nouvelle initiative de ce gouvernement de casse sociale !
Il s'agit aussi de mettre en avant les revendications propres à notre
secteur. Les occupations d'établissements scolaires qui se multiplient ces
derniers jours, de Lille à Marseille en passant par le 93 nous en
démontrent encore plus la nécessité. Contre l'asphyxie budgétaire et les
suppressions de postes, contre le licenciement des personnels
précaires, contre les attaques sur les statuts des personnels
(TOS,certifiés...), contre la dérive réactionnaire... On se mobilise ! Le
gouvernement est sur la défensive, profitons-en !
La FTE CNT est entièrement solidaire du mouvement qui touche
actuellement plus de la moitié des universités. Ses sections syndicales du
supérieur, regroupant salariés et étudiants, y participent
activement. La grève (dont des personnels en grève reconductible comme à
Paris III) et l'occupation des campus sont justifiées par
l'intransigeance gouvernementale et nous dénonçons la répression qui va
grandissante à l'image de l'évacuation de la Sorbonne vendredi dernier. Le
gouvernement n'a que les mots « dialogue social » à la bouche mais la
matraque à la main !
Nous ne laisserons pas la jeunesse seule dans la lutte ! En
conséquence, nous appelons l'ensemble des collègues à la grève le jeudi 16
mars et à rejoindre les manifestations étudiantes-lycéennes. Nous appelons
aussi à participer massivement aux manifestations unitaires du samedi 18
mars.
Même s'il ne faut négliger aucun moyen de pression sur le gouvernement,
nous déplorons que le succès de la journée du 07/03 n'ait pas débouché
rapidement sur une nouvelle journée de grève interprofessionnelle. Il est
illusoire d'attendre quoi que ce soit de directions syndicales frileuses
et immobilistes, organisons-nous dans des organes de luttes (collectifs,
comités de grève...) combatifs et démocratiques. Dans l'épreuve de force
engagée, il est maintenant nécessaire de durcir le ton et de recourir à la
grève jusqu'à satisfaction !


COMBATTONS POUR L'ÉGALITÉ
. Un emploi stable pour tous, retrait de tous les contrats précaires .
Retrait de la Loi sur « l'Égalité des Chances », dont le CPE fait partie
(apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans...)
. Le retrait du CNE
. Le réengagement financier de l'État dans le Service Public pour une
Université publique
. Un plan pluriannuel de créations de postes à la hauteur des besoins dans
l'Éducation nationale
. Le retrait de la loi Fillon
. La reconnaissance de nos diplômes
. L'arrêt du traitement répressif des mouvements sociaux, amnistie des
lycéens qui ont participé au mouvement contre la loi Fillon, des personnes
poursuivies suite à la révolte des quartiers populaires en novembre 2005,
des étudiants et des lycéens qui ont participé au mouvement contre le CPE.


UNITÉ VERS LA GRÈVE GÉNÉRALE - Le 7 mars, des centaines de milliers de
manifestants en France, peut-être plus d'un million, ont défilé contre le
CPE.
Étudiants, lycéens, salariés du public comme du privé, rejettent,
au-delà du CPE, les régressions sociales, la précarité et l'avenir
sécuritaire. Le mouvement étudiant se coordonne : grèves,
manifestations, blocages... La Sorbonne à Paris, lieu emblématique, a été
évacué de nuit, après quatre jours d'occupation.
La CNT appelle les sans-papiers, les étudiants, les lycéens, les
salariés du public et du privé et les chômeurs à amplifier la grève et à
rejoindre l'appel des étudiants pour le jeudi 16 mars.
Elle appelle aussi à manifester le samedi 18 mars et à s'organiser au
sein des Ag de salariés, d'étudiants et de lycéens pour reconduire la grève.
Paris, le 11 mars 2006
Confédération Nationale du Travail - Bureau Confédéral


GRÈVE DU 16 MARS - La fédération des travailleurs de l'éducation (CNT) a
déposé un préavis national de grève reconductible pour permettre à tous
les personnels de rejoindre la mobilisation et de débattre des suites à
donner au mouvement..


UNION DE LA MATRAQUE ET DU PATRONAT - Mardi 7 mars, les jeunes - et parmi
eux les étudiants, salariés et précaires de Lille - ont massivement
exprimé leur rejet du CPE. De son côté, le monde salarié a massivement
exprimé son rejet du CNE. Mardi 7 mars, la rue a massivement exprimé son
opposition à toutes les formes d'une précarité croissante, à toutes les
atteintes aux droits des travailleurs, chômeurs, précaires et sans-emploi.
Mais au cri de la rue, le pouvoir a répondu par la matraque et le gaz.
À l'issue de la manifestation organisée à Lille, l'ordre UMP a tenté
d'imposer silence à la jeunesse et une vingtaine d'arrestations
arbitraires ont été menées dans une violence gratuite et
disproportionnée (plusieurs blessés dont un militant syndicaliste
conduit au CHR).
Ces événements ont débuté non loin du siège lillois de l'UMP (devant
lequel il est interdit de manifester depuis quelques années), près du lieu
de dissolution et après l'interpellation de quelques manifestants par des
policiers en civils dans une rue adjacente. La police et les gendarmes
mobiles se sont soudainement mis à charger les quelques
centaines de manifestants (dont des syndicalistes de la CNT venus en
soutien) qui leur faisaient face pour dénoncer l'Etat UMP et demander la
libération des manifestants interpellés.
Une deuxième agression policière, tout aussi violente et gratuite, a eu
lieu devant le commissariat central devant lequel plusieurs dizaines de
jeunes s'étaient assis pacifiquement pour réclamer la libération de leurs
camarades.
L'union locale des syndicats CNT de Lille et environs rappelle son
soutien à l'Ag des étudiants, salariés et précaires de Lille 3 ainsi qu'à
tout le mouvement contre le CPE, le CNE et la précarité. Elle proteste
contre la violence injustifiée exercée par les forces dites de l'ordre.
Elle exige la libération immédiate de tous les manifestants interpellés et
qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.
(source CNT 59)


DES NOUVELLES DE LA MOBILISATION
Toulouse II-Le Mirail, des chaises et des tables entravaient samedi les
entrées de l'université, occupée par quelques dizaines d'étudiants qui
dorment dans la Maison de l'Etudiant située sur le site.
Le président de cette université Rémy Pech a condamné samedi les
"violences policières" à la Sorbonne et a dit sa solidarité avec
François Resche, président de l'université de Nantes qui a demandé
vendredi au Premier ministre de suspendre le CPE.
À Caen, les bâtiments lettres et scolarité sont occupés jusqu'à lundi,
tout comme Rennes I et II, ainsi que l'IUT de Lannion (Côte d'Armor), le
site des Tanneurs de l'université de Tours et l'IUT, la fac de
Brest, les facs de lettres, droit, sciences économiques de Nantes,
l'université du Havre et celui, partiel, de Rouen. Les amphis de la fac de
Clermont-Ferrand ont en revanche été abandonnés par les étudiants dès
vendredi après-midi mais les deux universités de Grenoble II et III
étaient toujours bloquées, tout comme certains accès de Grenoble I. À
Dijon également, le blocus se poursuit.
À La Rochelle, une dizaine d'étudiants ont passé la nuit de vendredi à
samedi à la présidence de l'Université qui avait refusé de prendre
position sur le CPE, à l'image de François Resche.
(source AC!-Forum, 11 mars 2006)


MIEUX LE COMPRENDRE POUR MIEUX L'ÉLIMINER
On parle aujourd'hui surtout du CPE, mais on omet de dire que cette
mesure n'est qu'un amendement déposé par le gouvernement le 24 janvier
2006 au projet de loi dit « pour l'égalité des chances », lui même
présenté le 16 du même mois. Et l'amendement en question ne dépare
absolument pas cette loi concoctée par ce très cher J-L Borloo.
L'exposé des motifs de ce texte évoque explicitement les « émeutes dans
les banlieues » comme cause première de cette nouvelle offensive de
l'appareil de flicage social et d'asservissement des travailleurs.
La première partie consiste en la présentation de l'« apprentissage
junior » dès 14 ans annoncée en décembre dernier. L'objectif y est fixé :
atteindre les 500 000 apprentis. La première phase de ce cursus, appelée «
parcours d'initiation aux métiers » a entre autres pour but d'inculquer le
fameux « socle commun de connaissances », le SMIC
éducatif qu'avaient déjà dénoncé les lycéens en lutte contre la « loi
d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école » de F. Fillon au
printemps 2005. Cette phase - durant laquelle la future victime de
l'aliénation salariale peut déjà bénéficier de stages en entreprise -
aboutit à la possibilité d'un contrat d'appentissage dès l'âge de 15 ans.
L'employeur bénéficie dans ce cas d'un crédit d'impôt de 2 200 EUR auquels
on peut ajouter 100 EUR par semaine d'accueil en stage durant la formation
initiale (avant le contrat d'appentissage).
La loi comporte également un certain nombre d'autres cadeaux au
patronnat : élargissement du SEJE (Soutien à l'Emploi des Jeunes en
Entreprise, qui est un autre allègement de charges sociales), création de
nouvelles Zones Franches Urbaines (défiscalisées... mais pas pour les
salariés !).
Tout comme le CPE, le ton est donné : le gouvernement considère que
c'est en donnant plus aux possédants sans allèger la charge des
travailleurs, et donc en creusant les inégaltés sociales, qu'on arrive
à... heu... générer de l'égalité !
On peut pousser l'analyse plus loin : les sommes dont fait cadeau
l'État à la bourgeoisie n'iront plus dans ses propres poches (quel sens du
renoncement...). Or on sait que de nos jours le bien public est sensé être
entre les mains de l'État et de ses institutions
déconcentrées (que cela nous plaise ou non). C'est donc un transfert de la
gestion du social du public au privé.
Concrètement, les fonds de pension à la place des retraites, les
mutuelles à la place de la sécu, et enfin la gestion de l'accès à un
revenu (en bref : l'emploi) au seul bon vouloir des entreprises.
Et ce n'est pas tout : on découvre aussi le « contrat de responsabilité
parentale » qui prétend lutter contre l'absenteisme scolaire et « les
troubles portés au fonctionnement des établissements scolaires » par le
fichage des familles en difficulté, et le cas échéant par la
suppression et la mise sous tutelle de leurs allocations. Instaurer la
délation au sein de la communauté éducative et enfoncer les plus
démunis... nos gouvernants doivent avoir l'habitude d'éteindre leurs
barbecues avec de l'huile !
Enfin, le texte finit en jouant sur l'éternel refrain de la « lutte
contre les incivilités », ou comment renforcer les pouvoirs des polices
municipales et impliquer les maires dans le processus judiciaire en jouant
avec la peur.
On l'aura compris, se limiter à la seule lutte contre le CPE dans un
esprit jeuniste et corporatiste étudiant est une démarche bancale, sans
perspective. Si les attaques du gouvernement du capital ont une telle
ampleur, c'est sur tous les fronts qu'il faut se défendre et riposter. En
ce sens l'ensemble des travailleurs doivent se mobiliser dans un mouvement
intercorporatiste effectif, c'est à dire concrètement
s'organiser dans des Assemblées Générales où se côtoient salariés,
précaires et étudiants, actifs, retraités et chômeurs prenant des
décisions conjointes. Il faut occuper nos lieux de travail et de vie, nous
les réapproprier. Non seulement nous devons faire barrage aux agressions,
mais aussi envisager de gagner des droits, reprendre ce qui nous
appartient. Cessons de nous plaindre et de manifester :
construisons la grève générale !
(Extrait du 4 pages de la CNT-FAU sur le CPE / CNE)


CANAILLES, POURRIS ET AUTRES EXPLOITEURS... Voici un exemple des méthodes
utilisées au lycée Valin, La Rochelle. Ce lycée est bloqué depuis vendredi
3 mars, et on remarquera que le courrier est daté du 6 mars, veille de la
manifestation nationale.

La Rochelle, le 6 Mars 2006

À Mesdames et Messieurs les Parents d'Élèves du Lycée Valin

Madame, Monsieur,
Que des décisions politiques engendrent des réactions, des oppositions,
voire des manifestations... Cela peut être signe de bonne santé
sociale. Que quelques étudiants de l'Université de La Rochelle et un
groupe de lycéens (120, 150 ?) décident de bloquer un lycée et privent
ainsi les 1350 élèves de cours... C'est une autre affaire !
Que de très nombreux élèves mineurs utilisent le contexte pour se
transformer en « activistes acharnés »... Je ne suis pas sûr que
l'accord parental ait été requis.
Que de jeunes mineurs et adultes interdisent le déroulement d'un bac
blanc ; et aillent jusqu'à manier l'insulte envers des personnels
enseignants et non enseignants dont le seul tort est de vouloir
travailler ... Où est le respect d'autrui ?
Que de nombreuses familles, qui n'ont pas nécessairement les moyens de
financer les leçons particulières, voient le baccalauréat se rapprocher et
regrettent les cours manqués... Comment ne pas partager cette
inquiétude ?
Pourquoi les élèves de Valin sont-ils privés de cours du fait d'un
groupe ? Pourquoi des voix ne s'élèvent-elles pas pour rompre le
silence ? Pourquoi ne peut-il y avoir de consensus pour que ceux qui
veulent travailler puissent le faire ?
En ce qui me concerne, je ne puis admettre le blocus du lycée ; pas
plus que je ne saurais accepter les débordements qui l'accompagnent. La
loi prévoit pour chaque lycéen un parent responsable ou à défaut un
responsable légal...
Alors parents... ??? Le Proviseur

N.B. : L'autorité du chef d'établissement s'exerce à l'intérieur du Lycée,
la voie publique relève d'une autre autorité. (source Émancipation)


PROCHAIN RENDEZ-VOUS - Texte issu de l'assemblée générale région
parisienne du 7 mars
Une assemblée générale s'est réunie à la fin de la manifestation du 7
mars à la Bourse du Travail de Paris. Elle considère qu'il faut
répondre, y compris à partir des revendications spécifiques de nos
secteurs, à l'appel de la Coordination nationale étudiante et retrouver
les jeunes dans la grève et dans la rue le 16 mars.
Elle demande aux organisations syndicales d'appeler les personnels à la
grève le jeudi 16 mars. Il n'est pas possible que la journée du 7 mars, si
massive, reste sans lendemain. Les manifestants d'aujourd'hui ne le
comprendraient pas.
Une assemblée générale région parisienne aura lieu après la
manifestation à Jussieu (18 heures).


CLASSES EN LUTTE... comme l'ensemble des publications de la CNT, est
rédigé et maquetté par des syndiqué(e)s, après leur journée de travail.
Notre syndicalisme, refusant toute bureaucratisation, fonctionne sans
permanent et sur la base de la rotation des tâches afin que chacun/chacune
s'implique concrètement dans le fonctionnement du syndicat.


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