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(fr) Entrée d'un centre commercial obstruée par la publicité - Dijon

Date Fri, 16 Jun 2006 23:50:32 +0200 (CEST)


Samedi 10 juin à dijon ont eu lieu des actions anti-pub. Il s'agissait en
l'occurence de mettre à profit la journée nationale de déversement de
prospectus publicitaire, proposée par Résistance à l'Agression
Publicitaire et relayée par d'autres actions dans plusieurs villes.

En voici un récit succint :

Durant toute la semaine précédente, il semble que les panneaux de réclame
dijonnais soient malmenés plus qu'à l'habitude. Beaucoup sont d'un blanc
livide, certaines affiches détournées annoncent la manifestation, d'autres
encore sont transformé-s en échanges de bulles sur l'art du détournement
publicitaire.

Des bidons et autres dépôts de prospectus publicitaires ont été installé
en divers lieux complices et permette à tout un chacun de se débarrasser
de tas de papiers encombrants en allant boire un coup ou en allant voir un
film.

Le jour venu, une soixantaine de personnes se retrouvent dans une des rues
les plus étroites et les plus emruntées du centre ville dijonnais,
carrefour du samedi-shopping, entre la FNAC et le centre commercial.
Quelques mètres cubes de dépliants sont étalés petit à petit par divers
arrivants qui vident leur sac, leur brouette, leurs poches et leur camion.

Des affiches chapardées dans des sucettes puis détournées sont accrochées
sur des vitres de magasin. Le directeur de la fnac sort, tente de protéger
ses propres murs et déclare "hé bien non j'aime pas l'art et alors..."

Au milieu de ce joyeux chaos, il y a des gâteaux, des brochures contre la
publicité, des gens qui s'affairent à détourner de nouvelles affiches
publicitaires étalées sur le sol. Il y a un monstropub sorti d'un
cauchemar bioman-iaque qui force les gens qui l'entourent à déclamer des
slogans et se roule en bavant dans les tas de prospectus, tandis qu'un
être saboteur en slip et casque de moto prépare une contre-attaque en
s'affairant avec des ciseaux, des marqueurs et de la colle...

Puis vient l'heure de la messe, un prêcheur libéral subjugue la foule avec
une incantation au grand capital qui arrive à susciter un désir insatiable
de "positiver", de "s'en foutre" (de l'environnement, de l'aliénation et
de la bêtise du quotidien, des pauvres, de la faim dans le monde...) et
d'aller consommer aussi vite que possible (voir discours complet
ci-joint). C'est ensuite que dans une crise de démence collective, les
personnes présentes commencent à prendre les prospectus par tas et à les
jeter de plus en plus ardemment sur le monstropub ravis et planté sur les
marches du centre commercial. Des dépliants volent des toits. Le
monstropub enseveli a été sanctifié.. Tout est recouvert d'un cascade de
pub qui rend quelque peu difficile l'entrée au centre commercial. Mais
quand on aime, on ne compte pas...

S'ensuit un petit tour en ville derrière une banderole totalement blanche
au son de slogans aussi consuméristes qu'insouciants. Tout va pour le
mieux dans le meilleur des mondes. Sur le chemin, des autocollants "pas de
pubs svp" sont collés sur les boîtes au lettres des immeubles et les
sucettes et panneaux de pubs aux arrêts de bus sont ouverts et les
affiches remplacées par des publicités fraîchement détournées. C'est
l'occasion de donner quelques petits cours pratiques, de tenter le coup,
d'échanger des outils, de travailler en équipe comme nous l'a appris
tonton ford (paix à son âme)...

Sur la Place wilson, deux sexagénaires attendent tranquillement leur bus.
Au final, comprenant ce qui est en train de se passer, l'un deux décide de
s'y mettre aussi, emprunte un tube, ouvre le panneau et met la nouvelle
affiche. Comme quoi, c'est contagieux !

Il s'ensuit un discussion sur le fameux kiosque de la place wilson. Tout
le monde a l'air enthousiaste d'avoir volé un peu l'espace public au
consumérisme. On revient sur le rôle de la pub et les moyens pratiques de
la faire disparaître de nos vies. La facilité et la ludicité du
détournement publicitaire sont soulignées. Malgré des différences sur des
choix de mode d'actions, plus ou moins conflictuels ou informatifs, il
semble que beaucoup aient envie de continuer à dévorer la publicité et son
monde quotidiennement ou lors d'action ponctuelles, seules ou en groupe,
clandestinement ou ouvertement, de jour comme de nuit...

A suivre dans la rue. Mais avant tout...faites le vous même, sans vous
faire prendre.

Vous trouverez ci-joint le prêche déclamé en ce samedi 10 juin, ainsi que
le texte de réclame pour cette manifestation.

"Mes frères... Mes soeurs... Mon austère apparence ne saurait vous
tromper. Car, si depuis les United States of America, je suis venu à
Dijon, en first class, grâce au service export de Conso Church Inc.
(capital de 30M d'euros), c'est bien pour vous enseigner les bienfaits de
la consommation et du luxe effrené. Et je suis bien placé pour vous faire
ce prêche : nous Américains consommons quatre fois plus que vous Français.
Nous sommes dix fois plus endettés, et nous rejettons cinquante fois plus
de carbone. A nous tous seuls, on fout tout en l'air. Vous avez donc
quelques efforts à faire, quelques séditieux à faire taire, convenez-en.
Mais tout de m^me : les Béninois, les Argentins, les Indiens, d'autres
encore, font beaucoup moins. Et je dois donc vous féliciter. A votre
sujet, je positive. Je positive.

Mes frères... Mes soeurs... Parmi vous rôde le mal, qui vous tente de ses
sirènes, belles et séduisantes comme un néon, je l'avoue. Femmes lascives
en pattes d'eph', démons masculins abreuvés de drogues diverses, vous
chantent : Man, la terre se meurt, la forêt recule, l'humanité pollue, il
faudrait se déplacer en vélo, il faudrait jeter ton portable, il faudrait
oh ! moins travailler, ce serait ça positiver... Mais quelle horreur !
Comment pouvez vous le supporter ! Comment pouvez-vous prêter l'oreille à
de telles insanités ! Ce n'est pas ça positiver ! Avec moi, faites comme
la compagnie créole, dites : on s'en fout ! L'environnement ? On s'en fout
! La pollution ? On s'en fout ! La faim ? On s'en fout ! Les pauvres ? On
s'en fout ! La démocratie ? On s'en fout !!! On veut du fric et de la
marque, des anxiolytiques et de la chatte ! Avec ça on positive, pas avec
des bougies et des ballades en vélo ! La réalité ? On s'en fout ! Yeah !
Avec vous et Carrefour, ça positive.

Vous m'avez compris : la conso et le boulot, c'est la clé du paradis,
c'est à dire de la croissance. Suivez mes conseils : d'abord, travaillez
comme des dingues. Vissez des boulons, remplissez des moules à tartes,
creusez et rebouchez des trous, à la chaîne, soixante heures par semaine.
Vous le pouvez ! Il y a un siècle, on le faisait bien, au lieu de courir
les cinémas en robe de chambre. Et le MEDEF, votre gouvernement, ne dit-il
pas : le travail, c'est la santé ? Dans un second temps, empochez votre
paye. Elle est petite ? On s'en fout ! Le Crédit Lyonnais vous fait
crédit. Prenez votre voiture, la plus chère et la plus grosse possible :
par exemple, un quatre-quatre. Prenez votre femme ou votre mari et
ensemble, ou mieux encore, séparés, rendez-vous au centre commercial.
C'est là que ça se passe ! Faites vous plaisir allez-y c'est samedi.
Positivez ! Achetez des biscuits, des bonbons, des surgelés, des fringues,
des crèmes, des parfums, des brosses à dents électriques, de l'alcool, des
voyages, de l'essence, des médicaments... Tout est bon surtout si vous en
avez trop. Pas assez de liquide ? Faites un prêt et continuez à positiver.
Des allergies, des quintes de toux entre deux parkings ? Achetez un
masque à gaz et positivez. Positivez tout le temps, et profitez des promos
; positivez, et demandez des sacs plastiques, positivez lisez les
publicités, positivez, rester là-bas toute la journée, positivez invitez
votre amie au Flunch pour manger, positivez et allez ensemble à l'hôtel
Ibis positiver. Positivez ! Po-si-ti-vez ! Positivons. Je positive."


la pub c'est...

une agression quotidienne -------------------------
Elle nous est imposée tous les jours, partout (télévision, radio, boîtes
aux lettres, téléphone, journaux, cinéma, web) grâce à l'emploi de
techniques nuisibles et agressives comme le matraquage (chaque individu
est confonté en France, chaque jour à plus de 7.000 messages publicitaires
par jour).

une ideologie consumériste et normalisante
------------------------------------------
Son message est clair : battez vous pour consommer et rendez gloire au
dieu argent. Elle est le relais d'une société où exister se résume de
manière croissante à posséder des biens matériels et à paraître.
L'idéologie publicitaire exclut les pauvres, les « moches », « les gros »,
les « vieux eilles », tout-es ceux/celles qui refusent les stéréotypes
qu'elle diffuse (femme-objet, corps parfait, grosse bagnole, habits de
marque, compétition, hétérosexualité...).

la pollution ------------
Forêts débitées en monceaux de prospectus ; pollutions à tous les étages :
encres, chlore, adjuvants, etc. ; production de montagnes de papier glacé
qui finissent le plus souvent à la décharge ou à l'incinérateur. Plus
généralement, dans un monde où les matières premières nécessaires à la vie
sont anéanties un peu plus chaque jour, la publicité continue à pousser à
la consommation sans se soucier des catastrophes environnementales qu'elle
génère.




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