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(fr) Conférence décentralisée de l'AMP - Lyon aout 2006 (ca , en )

Date Sat, 15 Jul 2006 20:45:27 +0200 (CEST)


SOCIÉTÉS DE CONTRÔLE
Les sociétés de contrôle et les politiques sécuritaires : biométrie,
vidéosurveillance, répressions policières et nouvelles technologies

La question du contrôle social est complexe puisqu'elle touche à
différents niveaux de la société... Le contrôle fonctionne entre autre
grâce aux institutions (éducation nationale, familles, travail, prisons,
police, anpe) pour mieux surveiller, punir, éduquer à de "bonnes
manières", pour assujettir l'individu et pour qu'elle-il devienne un
"citoyen honnête". Ces institutions utilisent tout un tas d'outils de
répression (justice), de stabilisation (médiateur-ices de toutes sortes,
agencement de l'espace), de manipulation (TV), de surveillance
(vidéosurveillance, puces). Elles cherchent à maintenir les individus dans
un rapport au monde de faible intensité. Chaque crise de colère est
réprimée, quand elle est individuelle, la personne est placée en HP ;
quand elle est collective, lors d?un mouvement social par exemple, elle
est réprimée par les forces de l?ordre. Face au contrôle de nos vie
quelles stratégies adopter : imaginer des alternatives possibles à ces
instances de normalisation sociale ou envisager leur destruction ?p

Il nous semble intéressent de discuter en Aôut des tenants et des
aboutissants des différentes politiques sécuritaires pour mieux les cerner
et les comprendre ainsi que de trouver collectivement des moyens de
détourner ses outils, de les rompre.

Car tout ceci est bien plus complexe que ça en a l'air puisqu'il faut
également envisager la multiplicité des rapports de forces qui découlent
du domaine où ils s'exercent et sont constitutifs de leur organisation,
par les jeux qu'ils exercent et les stratégies qu'ils mettent en place. Il
serait donc trop facile de tenir l'état comme seul responsable et créateur
du contrôle de nos vies. Cette approche binaire, cible un système et de
fait l'extériorise de nous alors que nous en faisons partiEs, nous avons
grandiEs à l'intérieur et intégréEs ses normes par nous même. Il nous
semble donc primordial de revenir également sur les questions des normes,
par rapport aux attitudes genrées, sexistes, racistes, par notre rapport
aux corps et pour comprendre comment nous sommes marquéEs par nos appris
sociaux.

Quelques pistes de réflexions pour les prochaines discussions (n'hésitez
pas à en ajouter) :

* Les différentes technologies au service de l?Etat pour mieux
surveiller et contrôler. (Biométrie : Le corps comme possibilité
d?individuation et de control / Normalisation de nos mouvements et de nos
corps).
* Les nouvelles architectures urbaines pour une meilleure gestion
des flux humains (lieux publics de plus en plus aseptisés, où des formes
de vie ne sont plus possibles, sont réduits à des endroits de passages et
aménager dans ce but là).
* La psycho pharmaceutique comme outil de normalisation et de
pacification (les H.P., dernier rapport scientifique de l?INSERM sur les
enfants hyper actifs, ...).
* Les médias et leurs propagandes des discours sécuritaires
(exploiter l?inquiétude et la peur, donner un sentiment d?insécurité, les
différentes lois Sarkozy)
* Les institutions au service de la normalisation (sortir du système
scolaire, détruire les prisons ?)

ANTIPATRIARCAT
Pourquoi un focus féministe-queer ?

La volonté de traiter les questions du genre, de la domination masculine
et de l'hétérosexisme comme thématiques transversales présentes dans tous
les débats des conférences de l'AMP europe a été exprimée plusieurs fois
ces dernières années, depuis la conférence de Leiden en 2002. A Belgrade
en 2004 cette tentative a encore rencontré un grand nombre de résistances,
mais aussi suscité envies et enthousiasmes. C'est pourquoi, à la dernière
réunion des organisateurices de la conférence cette année, il a été décidé
de créer un "focus antipatriarcat-antihéterosexisme" sur un des lieux de
la partie décentralisée de la conférence, à la fois pour ajouter un focus,
et pour être partout présent ailleurs dans la
thématisation transversale.

Nous sommes en tous cas décidéEs à insister pour que ce sujet ait une
place à part entière.

Pour nous, le groupe de préparation du focus, ce n'est pas un sujet à
part, à traiter par des spécialistes. Au contraire, nous pensons que ça
concerne chacune et chacun qui veut un monde radicalement différent.

Prendre au sérieux les critiques féministes et queer change profondément
la définition de ce qu'est la politique : le champ du politique en est
fortement élargi. On sort des définitions classiques, patriarcales qui
dépolitisaient et dé-historisaient auparavant des sujets comme le corps,
le relationnel, l'émotionnel, le travail ménager, la sexualité...

En fait nous pensons qu'aucune pratique véritablement anticapitaliste et
antiétatique n'est possible ou pertinente sans une critique radicale des
relations de genre et de sexualité.

À la partie de la conférence qui aura lieu à Lyon, nous voulons créer un
espace pour penser le croisement entre les genres, les sexualités et les
racismes, la xénophobie, l'antisémitisme, le capitalisme, l'Etat, la
nation.....
Quels (pro)féminismes ?

Nous voulons mettre en avant des approches qui prennent en compte la
critique féministe et queer des identités. Des approches qui soulignent
que le problème n'est pas juste que tout le monde est enfermé dans des
stéréotypes et des rôles genrées, mais aussi que des groupes précis
dominent d'autres groupes, selon des mécanismes tout aussi précis. Des
approches qui ne tombent pas dans le piège de parler des oppriméEs, de
traiter les victimes d'une domination d'une façon qui contribue à leur
oppression, de les représenter comme des victimes passives impuissantes et
négliger leurs autonomies relatives. Nous voulons organiser des espaces
dont les personnes concernées puissent s'emparer. Nous voulons organiser
la possibilité de mettre en cause notre propre position sociale souvent
dominante aussi de militantEs et notre embrouillement dans une
multiplicité de relations de dominations contradictoires. De prendre en
compte d'où nous venons, d'examiner nos projections (positives et
négatives) sur les autres que nous ne connaissons pas...

Divers ateliers et discussions concretes ont déjà été proposées et
évoquées, avec divers moyens.

* Féminisme et rapport à ce qui est désigné comme "la société industrielle"

o "Les nouvelles technologies - outils d'émancipation ou moyens
d'oppression et de contrôle ?" Les approches féministes ont été souvent
critiquées ces dernières années en fonction de la critique
anti-industrielle, soit comme des approches secondaires, soit même
carrément comme néfastes dès lors qu'elles remettaient en cause un ordre
vu comme "naturel" et donc salvateur par rapport à un "désastre" en cours.
Il serait bon quand même de mener des réflexions sur le pourquoi de
l'engouement fréquent pour ce néo-antiféminisme, sans négliger pour autant
celles sur les dimension "émancipatrices" ou non que des gentes peuvent
trouver dans des technologies, ainsi qu'un regard critique sur ce qu'elles
peuvent représenter et sur la société qui les produit. envie d'apporter
aussi les différentes approches 'culturelles' des différents pays. Il a
été également proposé de rassembler de la documentation sur ce sujet.

* Féminisme et racisme

o Projection du film "un racisme à peine voilé" Il serait bon en fait de
rassembler à cette occasion des groupes de femmes et transgenres issues
d'autres cultures qu'occidentales, qui existent et on joué des rôles
importants à diverses reprises depuis des années. Des propositions
précises ont été faites à ce sujet. Depuis quelques années, des fractures
sont apparues sur ces sujets dans le mouvement féministe même, et il
serait bon de travailler là-dessus, et pas qu'entre
militantes de culture occidentale.

o Travailler sur croisement des différents thématiques. p.ex. : l'
instrumentalisation de la misogynie et de l'homophobie des "autres" en vue
de conforter un discours raciste.

* Groupe d'hommes ou de personnes se définissant hommes
proféministes "comment dans les milieux autoproclamés " radicaux " ils
peuvent se responsabiliser, et s'engager contre le patriarcat et
l'hétérosexisme".

* Ateliers d'autodéfense pour membres de groupes souvent en butte
aux agressions et pressions (femmes, lesbiennes, transgenres.)

* Ateliers contact-improvisation: une pratique corporelle alternative ? *
Espaces de parole autour de la mononormativité, de l'hétéronormativité, de
la normativité des genres...

* L'infokiosk féministe

* Écoute des émissions radio de DégenréE - l'émission pour déranger!

Tout cela n'est qu'une petite partie des contenus que nous pourrions
aborder lors de cette rencontre. Voici une liste de thématiques proposées,
non-exhaustive bien sûr.

* Genre, précarité et migration
* Racisme, orientalisme, sexisme
* Mouvements et histoires féministes
* Apprendre des féminismes "noir" et "du tiers monde"
* Solidarités concrètes au delà des frontières
* Travail, échange, exploitation: économique / emotionnel / sexuel *
Le genre et l'amour, le sexe, les relations affectives...
* Politiques transgenre
* La construction des identités, reflexions queers
* Antisémitisme et genre
* Féminismes et modes de vie
* Critiques de l'idée de la nature
* Les normes du corps et les politiques du corps
* Initiatives/groupes d'hommes proféministes

Cette rencontre se construira avec les propositions et apports de
chacunE, alors n'hésitez pas à l'alimenter.

Groupe de préparation : stamp-feminisms at pgaconference.org


NÉO-COLONIALISME
Politiques migratoires, racisme et néo-colonialisme

Les quatre thèmes qui suivent nous semblent liés mais aussi distincts,
dans ce qu'ils touchent concrètement. Ils sont très vastes mais
s'entremêlent : si l'on en aborde un, on en vient souvent à en aborder
d'autres. Ces thèmes sont compliqués car ils touchent à des situations
individuelles ou collectives sensibles. Nous nous questionnons beaucoup
sur ces questions sans forcément avoir toutes et tous approfondi ces
problématiques dans nos vies et nos luttes, mais nous souhaitons les
aborder sérieusement lors de ces rencontres car elles nous semblent
cruciales.

Nous aimerions faire un bilan des politiques migratoires en Europe et
autour de l'Europe, de comment elles se renforcent, de comment elles sont
un danger pour de nombreuses personnes, de quels modes de réactions et de
résistances existent déjà. Tout cela dans le but de renforcer les
résistances, réactions et solidarités.

Le racisme (ou les racismes ?) persiste dans nos sociétés, au niveau
institutionnel mais aussi interindividuel, comment l'appréhender ? Comment
résister ? Comment réagir ?

En France, l'idée de persistance ou résurgence de formes de relations et
d'attitudes coloniales est utilisée par certain-e-s pour expliquer la
situation de certains individus et groupes sociaux, à l'intérieur même du
pays, vis-à-vis de l'Etat comme vis à vis du reste de la société... Que
faire de ces analyses et comment lutter ? Comment cette attitude coloniale
est-elle aussi imprimée dans les rapports entre pays, au niveau national
mais aussi probablement entre "nous", dans "nos" réseaux ?

Enfin, les émeutes et autres actes de révolte qui ont eu lieu, en majorité
dans les banlieues et quartiers populaires, en France, en novembre 2005,
comme les mobilisations et révoltes qui s'y produisent de manière plus
régulière depuis longtemps, nous questionnent. Elles sont, entre autres,
reliées aux trois thèmes cités précédemment : politiques migratoires,
racisme, politiques et attitudes néo-coloniales (mais aussi comportements
de la police, discriminations socio-économiques, urbanisme...). Si la
révolte en a enthousiasmé beaucoup parmi nous, l'impression qu'il y a un
fossé en France, entre la plupart des anarchistes, libertaires,
anti-capitalistes, révolté-e-s en tous genres, et les personnes révoltées
des banlieues et quartiers populaires devrait être aussi l'occasion de
questionner ces mouvements... Comment utiliser ces rencontres pour nous
rencontrer, renforcer les liens, solidarités et projets entre un maximum
de révoltés, mais aussi réfléchir à tout ce que ces révoltes devraient
nous poser comme questions ? Qu'est-ce qu?elles nous ont apporté, en terme
de rencontres, d'enthousiasmes, mais aussi de remises en cause ? Comment
réduire ce fossé, être solidaires, pas que dans les mots ? Et vous qui ne
vivez pas en France, il paraît que beaucoup d'entre vous sont très
intéressé-e-s... Comment avez-vous vu et vécu ces révoltes, comment vous
ont-elles inspirées ou questionnés ?


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