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(fr) Courant Alternatif # 155 - janvier 2005

Date Tue, 17 Jan 2006 20:47:14 +0100 (CET)


*** SOMMAIRE
Edito p. 3
ÉMEUTES
Entendez-vous dans nos banlieues mugir ces féroces barbares! p. 4
Tous ensemble, refusons de laisser punir les pauvres p. 7
CORSE
Soutien à Ivan Colonna p. 7
SOCIAL
Où va la CGT ? p.10
La grève du 22 novembre à la SNCF
La véritable scission dans AC!
SOCIÉTÉ
GPS: Gaffe à la police spatiale! p. 16
RUBRIQUE BIG BROTHER p.17
SANS FRONTIÈRE
D'Afghanistan à l'Irak, une guerre robotisée p.18
SOCIÉTÉ
Amiante: un crime social p.21
A LIRE
COURRIER
BRÈVES


***EDITO
La duperie électorale

Il n?est pas un soubresaut dans la société française, aussi minime
soit-il, qui ne soit immédiatement instrumentalisé en vue des prochaines
présidentielles de 2007 et ce, par tous les partis sans exception.
Par les grandes formations bien entendu. Les primaires à l?UMP et les
man?uvres de synthèse au PS (qui enterreront une fois de plus le ? vieux
socialisme ?, pourtant déjà mis en touche depuis des lustres, au profit
d?un ? social libéralisme assumé ?) tentent de remettre en selle des
politiques largement rejetées et méprisées par les électeurs comme par les
abstentionnistes. Les banlieues, le logement, le chômage, la croissance,
la sécurité sont déjà l?occasion de tirer à eux la couverture à propos de
questions vis-à-vis desquelles ils ne se différencient guère, comme on a
pu le constater en pleines émeutes banlieusardes !

Les syndicats ne sont pas en reste : La CFDT poursuit sa politique de
syndicat patronal, la CGT soigne son image de partenaire social plus que
raisonnable (voir p.10),

La proximité des présidentielles laisse aussi son emprunte dans le secteur
dit ? alternatif ? : des scissions internes menacent ou se réalisent à AC
! (voir p. 13), à ATTAC, à SUD comme dans tous les ? petits syndicats ?.
Partout la pression est grande pour soient dictées les orientations
stratégiques des uns et des autres en fonction d?une victoire de la
gauche, et par conséquent d?alliances avec le parti socialiste.
Ces préoccupations électoralistes figent par avance les mobilisations et
mouvements qui voudraient démarrer. Une chape de plomb est retombée sur
les banlieues : le couvercle soulevé durant une douzaine de jours par une
partie de ses habitants s'est refermée sur elles et ses exclu-e-s. Une
campagne d?inscription sur les listes électorales a depuis été lancée dans
certaines municipalités pour aller à la pêche aux voix : Besancenot, Joey
Starr, Djamel Debbouze ou Jean-Pierre Bacri, qui s'activent dans ce cadre,
assènent aux ? émeutiers ? : Hors les élections, no future ! La LCR y
gagnera peut-être quelques militants dans un secteur où elle n?en a guère,
mais le taux d?abstention restera heureusement le même !

Les critiques du style ? Il ne faut pas brûler les voitures ? qu?ont
adressées aux ? émeutiers ? la droite mais aussi la gauche (voir l'article
? Punir les pauvres ? p.7) sous-entendent que les autres luttes seraient,
à l'inverse, dénuées de défaut : contrairement aux autres mouvements
sociaux, l'explosion dans les cités devrait donc être politiquement ?
irréprochable ? pour pouvoir bénéficier d'un soutien ? Pourtant, dans un
contexte d?émeute, les personnes qui entrent en mouvement et celles qui
les soutiennent ne s?arrêtent pas aux dégâts matériels : en Mai 68, qui,
en dehors de leurs adversaires, reprochait aux étudiants de brûler des
bagnoles ?.

Tout débat ou discussion est menacé par les anathèmes de proximité
idéologique avec l?extrême droite (comme pendant la campagne autour du
référendum sur la Constitution européenne?) dont les représentants sont
multiples, de Le Pen (père et fille) à Sarkozy en passant par de Villiers.
Le PS va utiliser cette donne pour se remettre en selle. Toute la
nébuleuse ? bourge de gauche ? a l'habitude de crier ? Sus au facho ? dès
qu?un problème, un doute ou une interrogation, sont exprimés par rapport
au politiquement correct. Cependant, dans le contexte préélectoral,
l'accent va être mis à la fois contre Le Pen, comme d'habitude, mais aussi
contre Sarkozy, dont l'attitude provocatrice est propre à indigner
suffisamment de gens pour les mettre en action contre lui ? au risque, par
cette personnification de l'Ennemi, de faitre l?autruche sur les mesures
sécuritaires déjà en place. Une défaite de Sarkozy aurait essentiellement
une valeur symbolique, une victoire qui servirait les tenants du système
en place? et il y a fort à parier que ses successeurs, de droite ou de
gauche, sèmeront là où il a labouré. Quand l?état d?urgence a été décrété,
le PS n'a pas réagi, et il s?abstient de dénoncer autrement que du bout
des lèvres une évolution politique très autoritaire. Il n'est pas seul :
les milieux ? alternatifs ? ont également été remarquablement absents, ou
du moins aussi faibles sur la mobilisation pendant les dernières nuits
chaudes en banlieue que sur la solidarité à l?instauration de l?état
d?urgence et par rapport aux procès en cours. A présent, la répression est
dure ; les flics, qui ont le vent en poupe, n'hésitent pas à cogner (voir
par exemple la remise en liberté de ceux qui ont été filmés en train de
tabasser un jeune ? ? Big Brother ?, p. 17). La comparution immédiate en
flagrant délit devient la règle, et les peines distribuées s?apparentent à
une justice d?abattage.

La polarisation Sarko-Facho risque fort de servir de programme à tous les
tenants d?une néo-union de la gauche et de d?extrême gauche. Les milieux
libertaires sauront-ils se tenir à l?écart de cette duperie et se
maintenir du côté de la critique globale du système en place sans céder
aux sirènes de la défense de la démocratie et du citoyennisme ?

Face à cela, les conditions d'une large mobilisation ne sont pas réunies
comme en 1995 ou en 2003, où des fractions de salarié-e-s en lutte ? à la
SNCF ou dans l'Education nationale ? ont ouvert des espaces de
contestation et entraîné avec elles de nombreuses personnes prêtes à se
révolter. La tendance est plutôt à rentrer la tête dans les épaules en
espérant que la misère ou la répression tombent sur quelqu'un d'autre,
et/ou à attendre des jours meilleurs. Effectivement tout se passe comme si
des millions de gens qui se sont manifestés lors des mouvements de ces
dernières années, lors du référendum, ou dans des sondages indiquant le
rejet du capitalisme, laissaient passer l?orage, guettant l?occasion de
relever la tête. Ce sont bien ces occasions que les partis et les
syndciats redoutent et tentent de conjurer par les grandes man?uvres
électorales longtemps préparées à l?avance.

OCL Poitou, janvier 2006


OCL c/o CLÉ DES CHAMPS
BP 20912
44009 NANTES Cedex 1
oclibertaire(a)hotmail.com
http://oclibertaire.free.fr

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