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(fr) Une ecole a abattre

Date Thu, 28 Dec 2006 09:11:46 +0100 (CET)


Bien qu?on nous rebatte les oreilles avec le discours sur la fameuse "égalité des
chances", l?école fait toujours du tri sélectif. Les fils d?ouvriers
seront-ouvriers ou employés subalternes, les fils de cadres deviendront cadres,
etc., etc.

Des objectifs inavoués, des discours savamment orchestrés

Malgré les lyrisme des divers syndicats enseignants qui fondent leur légitimité
morale sur ce discours, les résultats sont à l?évidence toujours les mêmes. La
seule revendication qu?ils avancent, celle de "toujours plus de moyens" ne peut
pas, à elle seule, contrecarrer l?objectif essentiel de l?institution scolaire,
bien souvent inavoué, mais toujours présent : effectuer le tri social en fonction
des besoins de l?économie capitaliste (même si ce tri est souvent en retard sur les
desiderata des patrons). L?économie est toujours la machine motrice, l?école le
wagonnet qui suit ses besoins. Wagonnet dans lequel on doit apprendre tout un panel
de connaissances mais surtout apprendre d?abord à accepter "l?échec" ou "la
réussite" c?est-à-dire la hiérarchisation précoce des individus, apprendre à
accepter l?idée que l?on sera dorénavant évalué de façon quasi-permanente et ce dès
l?école maternelle ! C?est accepter que ces évaluations ne concernent pas
uniquement les connaissances mais aussi et surtout les comportements, les attitudes
des élèves.

Aujourd?hui, plus que jamais, l?école applique des pratiques ultra-autoritaires,
ultra-sélectives, ultra-normatives. Les discours des différentes structures
syndicales et politiques présentent cette institution comme un lieu où "l?égalité
des chances" est toujours possible, si "l?on s?en donne les moyens". "On", c?est
l?élève. Comme s?il y pouvait quelque chose, comme si la machine à sélectionner et
à écraser lui laissait un choix réel. Ces discours ne tiennent pas la route (il
suffit d?observer ce qui se passe sur le terrain scolaire pour s?en rendre compte)
mais ils contribuent à faciliter l?application sans faille des textes qui ont
foisonné ces temps derniers (par exemple, l?invention d?une "note de vie scolaire"
permettant de fliquer encore plus les élèves). Bref, derrière les beaux discours,
c?est tolérance zéro, sélection 100 %


L?intégration des handicapés, un exemple parmi d?autres

L?intégration graduelle et programmée de tous les enfants handicapés dans le
système scolaire "normal" est présenté, une fois encore, comme une bataille pour
l?égalité. Certes, ce n?est pas nous qui défendrions la mise à l?écart des
handicapés. Mais, ici aussi, derrière le discours lénifiant, ce qui se cache, ce
sont essentiellement des mesures financières. Loin d?être mus par un bel élan de
solidarité, les pouvoirs publics le sont surtout par les économies qu?ils peuvent
réaliser en fermant les institutions spécialisées qui, avec des personnels très
compétents coûtent beaucoup plus cher qu?un simple instituteur, qui a déjà 25 à 30
élèves auxquels on ajoute maintenant un ou deux enfants handicapés, tout cela avec
des mesures d?accompagnement ridicules, quand elles ne sont pas carrément absentes.
Le discours sur "ces enfants qui sont comme les autres" est négateur de la
différence, des spécificités individuelles. Tant pis si l?enfant se retrouve en
souffrance physique ou morale. L?hypothèse n?a même pas été envisagée ! Au lieu de
le soutenir comme il le faudrait, faute de temps spécifique, l?enseignant doit se
contenter de ... le noter. Au mieux il pourra s?appuyer pendant quelques heures sur
la présence d?un AVS (auxiliaire de vie scolaire). Quant aux conséquences du
handicap sur les capacités d?apprentissage elles passent à la trappe [1].


Que faire ?

Alors, que faire dans ce contexte déplorable, dans lequel les écoles sont classées
par l?administration selon de critère aussi barbare que ridicule de "école en zone
violence" et "école non en zone violence" -alors que les écoles ghettoisées dans
leur quartier ne sont que le reflet de choix politico-économiques faits en haut
lieu, alors que les principaux syndicats "dénoncent" médiatiquement mais appliquent
scrupuleusement des pratiques négationnistes de l?enfance.

Que reste-t-il aux enseignants de bonne volonté comme moyen d?action ? Que
reste-t-il à ceux qui ne veulent pas courber l?échine ? Il reste de nombreuses
pistes à explorer individuellement et collectivement. Et à titre d?exemples :
refuser l?inspection-notation des enseignants (car nous nous moquons des promotions
individuelles), ne pas appliquer les textes de normalisation, de répression, de
contrôle social, refuser les évaluations étatiques, ne pas pratiquer la
hiérarchisation des élèves dans les classes, défendre l?individualité de chaque
élève (handicapé ou pas) face à la machine à laminer, dialoguer avec les parents,
les collègues, avec tous ceux qui désirent agir directement sur le terrain, sans
intermédiaire, s?associer et pourquoi pas, se syndiquer dans une structure, la
CNT-AIT, qui s?inscrit dans l?action directe et la résistance à l?oppression.


Pour une école anti-autoritaire et anti-sélective. Des enseignants en lutte.

Notes
[1] Un exemple parmi mille autres : des handicaps sensoriels ou moteurs peuvent
entraîner des distorsions dans la perception de l?espace et, de ce fait, ils ont
des répercussions sur l?apprentissage de la géométrie. Là où il avait autrefois un
psychopédagogue pour l?aider à franchir cette difficulté, l?enfant handicapé se
contentera maintenant d?un AVS, généralement une mère de famille du voisinage, qui
n?a absolument aucune compétence dans ces domaines.

Mercredi 13 décembre 2006
Tiré du Combat Syndicaliste numéro 97 de la CNT-AIT de Midi- Pyrénées.
http://cnt-ait-toulouse.ehia.org/secteur.php?id_rubrique=1&lang=fr


[ texte repris du site Actualité de l'Anarcho-syndicalisme - http://cnt-ait.info ]



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