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(fr) Perspectives de la Guerre d'Espagne [pt]

Date Sat, 29 Apr 2006 12:52:14 +0200 (CEST)


Perspectives de la Guerre d'Espagne (Rojos et Nacionales dans le contexte
europeen ) [pt]
par Fernando J. Almeida

Lorsque la Guerre Civile (1936-39) a été déclenchée, l'Espagne a entré de
plein pied dans l'Histoire politique européenne du XXe siècle, bien
qu'elle l'ai pas fait une porte pas pacifique du tout.

La guerre d'Espagne a eut, tant en ce qui concerne ses participants comme
ses historiens et érudits postérieurs, des justifications et
interprétations diverses, autant que les multiples idéologies de ceux qui
vécurent et/ou ont étudié ce sanglant conflit Ibérique.


Les "Guerres" d'Espagne

Pour les adeptes des forces qui ont déclenché le conflit, et qui n'étaient
pas homogènes comme en première lecture il est commun de concevoir, la
guerre fut une croisade contre le Communisme.
Dans cette perspective, la guerre aurait été, grosso modo, le vrai prélude
de la guerre froide qui a opposé l'Occident "libre" à l' Est
?socialiste?. L'internationalisation du conflit a été, d'après cette
vision, l'amplification d'un problème local qui a reçu l'aide de divers
gouvernements étrangers, les uns pour appuyer l'implantation du marxisme
en Espagne, les autres pour appuyer ceux qui se sont dressés, les armes à
la main pour frustrer cette possibilité. La politique de non intervention
n'a été qu'une comédie qui n'a pas empêché l'appui à la république
Espagnole.

Pour ceux qui ont appuyé la République, la guerre a été une lutte contre
le fascisme, un champ de bataille qui ne deviendrait pas dangereux pour
la paix mondiale si l'on pouvait limiter le conflit aux frontières de
l'état espagnol. Pour les pro-républicains, la guerre d'Espagne fut un des
antécédents de la IIe Guerre Mondiale, là oú les partisans des deux côtés
en confrontation iraient se trouver face à face de nouveau, de 1939 à
1945. Pour ceux-ci, la non-intervention a été, elle-aussi, une comédie qui
n'a pas évité l'appui éhonté de Hitler, de Salazar et de Mussolini aux
rebelles nationalistes.

Une autre vision du conflit consiste á le situer dans le même contexte que
les événements politiques des années 30, en conséquence du Traité de
Versailles, qui ont mis fin à la Ie. Guerre Mondiale de 14-18. Ces
évènements incluent la conquête de l'Abyssinie par les Italiens (1936), la
militarisation de la Rhénanie par les Allemands, l'annexion de l'Autriche
par le IIe. Reich (1938) et, dans le contexte extra-européen, l'invasion
de la Manchourie par les Japonais(1932). Les démissions et reculs des
puissances démocratiques eurent leur comble à Munich (1938) qui déclencha
la disparition de la Tchécoslovaquie et la formation d'une colonie
allemande en plein milieu de l'espace européen: le Protectorat de
Bohême-Moravie (1939). D'après cette perspective, la non-intervention fût
aussi une comédie qui a été conséquence de l'anxiété britannique à apaiser
les dictateurs nazi-fascistes pour sauvegarder la paix en Europe. Cette
attitude n'a rien arrangé, elle n'0a fait que retarder la confrontation
finale... Malgré toutes les pseudo-neutralités la Guerre Civile d'Espagne
n'a pas diminué d'intensité et la Guerre Mondiale allait éclater le
premier septembre 1939, c'est à dire, cinq mois après la fin du conflit
espagnol.

D'après une autre analyse, le conflit n'a été rien d'autre qu'un coup
d'état provoqué par une situation d'instabilité politique et sociale. Avec
l'échec de la rébellion, le putsch s'est transformé en guerre qui a
dévasté l'Espagne pendant presque trois ans. Tout ce qui arriva en ce pays
fut un typique phénomène espagnol, dans un moment historique donné et une
conjoncture sociale précise. L'intérêt dans le Monde, de cette guerre a
été de l'ordre purement sentimental, envisagé comme déplaisant par les
gouvernements européens, qui ont tenté de la confiner à la Péninsule
Ibérique, dans une tentative d'éviter que leurs effets se fassent sentir
dans leurs respectifs pays.


Une Vision Globale

Une thèse, que nous pouvons considérer comme globale, consiste à envisager
la Guerre Civile d'Espagne comme un conflit purement interne, avec des
motivations exclusivement espagnoles, où les résultats ont affecté de
façon préférentielle les Espagnols, mais...
Cependant, le conflit a évolué pour deviner un conflit intrinsèquement
européen des années 30 du XXe. Siècle, que l'on doit aditioner á toute une
série d'évènements, qui furent caractéristiques de toute une époque. D'un
côté, l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie ont "teinté" de fascisme un
conflit purement interne; d'un autre côté, l'appui donné aux deux camps a
permis que les rivaux locaux se transforment en adversaires
internationaux.

Les motivations, les batailles, les révolutions et les conséquences de la
guerre ont été, à un degré nettement supérieur aux affaires purement
espagnoles; mais le degré de danger de la situation a mis en évidence les
tensions continentales, et certains acteurs, en particulier la Grande
Bretagne, ont essayé d'isoler le conflit pour que celui-ci ne dégénère en
Guerre Mondiale. La politique de non-intervention n'a eût pour effet que
la Guerre Civile ne devienne cause directe du déclenchement de la guerre
totale et n'a retardé le conflit mondial juste de cinq mois, qui se sont
écoulés entre le 1er. avril et le 1er. septembre 1939.
En juillet 1936, lorsque la Guerre Civile éclata, pour le citoyen européen
moyen, pour beaucoup d'observateurs et politiciens, le conflit espagnol a
constitué une authentique lutte de la Démocratie contre le Nazi-Fascisme.
La prise de pouvoir d'une droite totalitaire en Italie, au Portugal et en
Allemagne préoccupait les gouvernement d'Europe, des états Unis et l'URSS:
c'était des tournants à droite, envisagés comme des sérieuses menaces à la
Paix, que beaucoup voulaient sauvegarder. Une Paix qui se fondait sur un
équilibre de pouvoir fragile des démocraties occidentales et de l'URSS
face à la menace d'une Allemagne revancharde et militariste.

L'Espagne et l'Europe

Quant on replace la Guerre Civile d'Espagne dans son contexte européen, on
peut avancer un certain nombre de théories.
La première de ces théories est de la Croisade contre le Communisme. Dans
la perspective de la clique qui a déclenché l' alzamiento du 18 juillet
1936, communistes ou ?rojos? (rouges) c'était tous les partis du Front
populaire, qui a gagné les élections de 1936, auxquelles s'ajoutaient les
anarchistes qui, en Espagne, jouaient le même rôle que les communistes
dans d'autres pays européens.
Les ?nacionales? luttaient contre le marxisme et l'anarcho-syndicalisme,
de la même qu'ils l'on fait contre le sens même de l'existence de la
République et de ses éléments constitutifs: Les partis politiques, le
système parlementaire, la démocratie bourgeoise, la propagande de la
révolution et surtout contre un gouvernement démocratique et pluraliste,
du type de celui qui fût instauré en 1931.
La croisade anti-communiste n'était qu'un masque, puisque la majorité des
groupes favorables à la République n'était pas communiste. D'ailleurs,
Staline, malgré tout l'appui qu'il a donné, ne s'est jamais trop engagé.
En 1936, l?URSS était une puissance de second rang, sans force pour rendre
l'Espagne un état satellite et la politique du PCE a été absolument
conservatrice, appuyant les secteurs les plus modérés de la République
contre les anarchistes, les communistes dissidents et les tendances les
plus radicales du socialisme.

La théorie opposée á la Croisade est celle de la Guerre Civile comme une
lutte contre le fascisme. La lutte des classes qui a caractérisé la
Révolution Espagnole a évolué versa une lutte anti-fasciste, lorsque
l'Allemagne et l'Italie sont intervenues directement dans le conflit. On
ne peut oublier que les ?nacionales? n'étaient pas, à proprement parler,
une force fasciste, mais plutôt des militaires espagnols typiques:
Monarchistes, appuyant la vieille aristocratie incapable d'adopter un
esprit européen, des professionnels historiques des «alzamientos,
levantamientos e pronunciamientos». Parmi les partisans de Francisco
Franco il y avait les Catholiques de la CEDA (Confédération espagnole des
Droites Autonomes), des Monarchistes appuyant Alphonse (Renovación
Española) et des Carlistes (Comunión Tradicionalista), des Républicains
(Liberaux-Democrates de Melqíades Alvarez, Radicaux de Alejandro Lerroux,
des militaires comme Ramón Franco ou Queipo de Llano), des régionalistes
catalans et valentins, des Lligas respectives. Authentiquement fasciste il
n'y avait que la phalange de José António Primo de Rivera, un parti qui a
été hyper valorisé en devenant le parti unique du régime en 1937.
Ce qui motivait les militaires c'était la réaction contre une République
instable, un gouvernement faible, la sensation d'insécurité,
l'insatisfaction d'une partie de la population qui ne s'identifiait pas la
victoire du Front populaire. La majorité des étrangers qui ont combattu en
sol espagnol dans les Brigades internationales, ne l'ont pas fait pour
défendre le triomphe du marxisme, mais plutôt pour la défense de la
liberté, de la démocratie, des droits humains et pour éviter que le
nazi-fascisme ne conquière un autre pays démocratique.

Ceux qui ont vu le conflit comme un antécédent direct de la IIe. Guerre
Mondiale, se sont basés sur le fait que les antagonistes étaient les mêmes
dans les deux guerres. Cependant, il y avait des différences: la Grande
Bretagne n'a pas été mêlée à la Guerre Civile et son gouvernement
conservateur a essayé de l'isoler, persuadé que, en Espagne il y avait un
réel danger de subversion communiste, asseyant également de favoriser les
«nacionales» pour obtenir les bonnes grâces d'Hitler et de Mussolini.
D'ailleurs, déjà en 1933, Churchill avait déclaré: ?le génie romain,
personnifié par Mussolini, le plus grand législateur qui existe, a
démontré à beaucoup de nations que l'on peut résister à la pression du
socialisme?.
D'autre part, la guerre avait pour théâtre un pays périphérique et
marginal, peu important pour l'Europe, devenant une question plus
sentimentale que politique.

Pour ceux qui envisagèrent le conflit comme purement espagnol, la guerre
ne s'est développée que grâce à l'appui externe: sans armes et sans hommes
étrangers, le coup d'état militaire aurait terminé, qu'il soit victorieux
ou pas, au bout de peu de semaines. Pour ceux qui adoptent ce point de
vue, la Guerre Civile n'a été qu'un incident de la politique européenne,
un incident qui a coûté environ un million de morts, un incident
inopportun qui a clairement identifié, un des deux camps engagés dans la
IIe. Guerre Mondiale, démontrant que du côté nazi-fasciste il n'y avait
pas de fissures, au contraire du camp opposé où les fissures existaient et
assez graves.

La République et la Dictature

La République espagnole avait dans ses rangs, en lutte contre l'agression
militariste, un amalgame de forces politiques pas du tout unies, au point
d'être rivales et même ennemies entre elles.
Dans le camp anti-franquiste se trouvèrent des républicains de toutes les
couleurs, des socialistes de toutes tendances, des communistes staliniens
et anti-staliniens; des libertaires de la CNT-FAI e du Parti syndicaliste
de Pestaña; de nationalistes catalans, basques et de Galicie. On y
trouvait même, les catholiques conservateurs du Parti nationaliste basque
et les ultranacionalistes de Estat Catalá. Tout cet éventail idéologique,
qui était divisé contre lui-même, ira succomber face au monolithisme
militaire et réactionnaire.
L'Espagne qui a survécu à la terrible Guerre qui l'a endeuillée, a connu
une réalité tragique: doux millions de prisonniers, 183 villes dévastées,
un million de morts, 500 mil exilés. Un panorama dominé par une religion
d'État (le catholicisme), une armée de 600.000 hommes, un parti unique de
tendance cléricale-fasciste(la FET et les JONS), par la répression des
aspirations autonomistes des catalans, des basques et de galiciens, par
l'imposition d'une langue officielle et obligatoire (le castillan). Au
sommet de la pyramide, un chef totalitaire: le Caudillo Francisco Franco.
Dans le passé, la République démocratique et pluraliste; l'émmancipation
politique, sociale, culturrelle et economique des travailleurs; l'espoir
de la réalisation d'une société révolutionnaire. Tout ceci écrasé para la
botte pesante du militarisme conservateur et réactionnaire.

[repris du journal A Batalha # 216 et traduit en français pour A-Infos]

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