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(fr) Invitation a une rencontre autour de nos luttes - Paris 6 et 7 mai 2006

Date Wed, 26 Apr 2006 12:17:48 +0200 (CEST)


EN ÉCHO À LA VIe DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE DE L?EZLN
INVITATION À UNE RENCONTRE AUTOUR DE NOS LUTTES

"Nous ne sommes pas une somme d'êtres dispersés de par le monde, mais un
ensemble de désirs et de passion qui se créent, s'accroissent et se
fécondent mutuellement" Orateur purépecha au 3e Congrès national indien,
Nurio, Michoacán, mars 2001.

En juin 2005, les zapatistes du Chiapas nous envoient la Sixième
Déclaration de la forêt Lacandone. Loin, au Mexique, des hommes et des
femmes qui luttent contre l'oppression depuis douze ans proclament une
nouvelle phase de leur rébellion. Ils nous y parlent d'autonomie, de la
nécessaire solidarité de tous ceux qui, "en bas et à gauche", luttent
contre le monde capitaliste. Ils proposent des rencontres à travers tout
le pays, mais aussi nous appellent tous à travers le monde à des échanges,
nous invitent à nous raconter, à nous voir, à faire le point de nos
résistances, à tisser ensemble nos rébellions. Au niveau national, le
lancement de "l'Autre Campagne" qui a été précédé d'un large processus de
consultation de multiples organisations mexicaines, s'oppose au marketing
électoral des politiciens et propose un débat politique. À travers
"l'Autre Campagne" s'établit un dialogue grâce auquel, depuis la base,
peuvent s'élaborer de nouvelles pratiques politiques.

Mais l'initiative des zapatistes ne s'arrête pas là puisque, au niveau
international, ils lancent l'idée d'une nouvelle rencontre
intercontinentale des luttes face à la globalisation néolibérale. Et
surtout ils demandent à ce que chacun (collectifs, organisations,
individus) apporte sa contribution pour "la conception, l'organisation, la
réalisation, y compris le lieu et les dates" de la rencontre.

Face à la brutalité toujours plus forte de ceux qui prétendent diriger nos
vies, il nous semble nécessaire de faire écho ici à l'appel des
zapatistes. Déjà nous rencontrer, apprendre à nous connaître, à écouter la
parole de chacun dans le respect de sa différence avec pour première
ambition de voir quelle solidarité nous pouvons construire entre nos
luttes contre la logique répressive et destructrice du système
capitaliste.

"Ici, tout va bien !" hurlent les corbeaux de la croâssance.
L'impossible économie tourne à plein et personne ne trouve de boulot. Les
catastrophes sont une affaire, l'insécurité un business, la peur un bon
créneau. Il nous faut surveiller, enfermer les autres, et nous enfermer
nous aussi pour éviter les contagions. "La planète chauffe", c?est le
slogan de Gaz de France, et "Égoïste" le nom d?un parfum. Invitation au
cynisme, "communiquez à haut débit" scande Bouygues sur les murs de la
station de métro Châtelet, à Paris, insulte à l'humanité interdite de
tags.

De quelque côté que se portent les regards, un autre possible, un autre
futur est à imaginer, penser, créer. La liste est longue. Voici seulement
quelques éléments pour amorcer le dialogue avec vous, entre nous. Sous
forme de questions, car c'est tous ensemble que nous aurons à essayer d'y
apporter une réponse.

Banlieues, les nouvelles classes dangereuses ?

En novembre 2005, les révoltes se propagent comme une traînée de poudre.
Révoltes muettes... la parole silencieuse des ghettos, de ceux que l'on
tente de faire passer pour les nouvelles classes dangereuses. Cette
parole, c'est un refus en bloc ! Il n'y a pas de liste de
revendications ; est-ce bien : le feu sans la parole... ou le feu est-il
une des paroles ?
Et y sommes-nous sommes sourds ?

Immigration et exploitation des pays du Sud
Été 2005, les habitats précaires des immigrants brûlent ; pour y
remédier, on les jette dehors, femmes et enfants, le jour de la rentrée.
D'autres, à Melilla, s'écrasent contre les grilles de l?Europe. Sans
papiers, sans rien, alors que le colonialisme prédateur continue son ?uvre
de pillage dans les pays du Sud.
À l'heure de la mondialisation et des échanges effrénés de
marchandises, il n'y a donc que les hommes qui ne peuvent plus franchir
les frontières sans contrainte ?

Vies précaires

Après avoir cassé les acquis des luttes sociales, amputé les services
publics, criminalisé les grévistes, on chasse les chômeurs ; on brandit la
précarité et on culpabilise "l'assisté" pour briser toute velléité
contestataire.
Fin 2005, le RMI est passé à 408 euros par mois...ce n'est pas le prix
d'une chambre à Paris, il est où l'abus ?...
Parallèlement, les conditions d'accès aux prestations sont devenues plus
strictes, les contrôles et la traque des "tire-au-flanc" plus durs...
Jusqu'où prétend-on chasser les précaires ? À quand le contrôle judiciaire
pour les chômeurs, le bracelet électronique pour les RMIstes ?

Résistance au désastre programmé

Les multinationales tentent de franchir une nouvelle frontière en
confisquant ce qui appartient à tous : l'eau, la capacité à produire son
alimentation (OGM, contrôle des semences...). Et pourquoi pas demain
l'air, puisqu'il faut lutter contre l'effet de serre ?
Que faire : respirer moins, filtrer l'eau, manger bio ? Sera-ce suffisant
? La réponse n'est-elle pas plutôt collective ? Ne faut-il pas plutôt se
réapproprier les moyens de production et de distribution ?

Minorités, cultures, identités

Femmes, enfants, vieux, homosexuels, handicapés, fous, noirs, jaunes,
rouges, lesbiennes, transsexuels, basanés, frisés, barbus (ou moustachus),
prisonniers, gauchers, délinquants, malades, fumeurs, drogués, clochards,
SDF... Les discours officiels cherchent à nous acheter ou à nous rejeter.
Au nom de la paix sociale, on nous insère, on nous étiquette, on nous classe.
Comment exister, comment faire vivre, créer nos cultures en dehors des
cadres établis ? Comment esquisser un monde où chacun puisse dessiner
lui-même sa place ? Où puissent résider toutes les identités, tous les
mondes ?

Contrôle policier de la société

Novembre 2005, la loi prévoit de faire passer la garde à vue de quatre à
six jours.
Biométrie, carte à puce, caméras, digicodes, écoutes, surveillances,
dénonciations : notre environnement quotidien est peu à peu colonisé par
des techniques de contrôle et de fichage plus insidieuses. Surveiller et
punir ? Comment combattre ces mécanismes de suspicion généralisée ?

Printemps 2006 : le mouvement anti-CPE s?amplifie et se généralise

Occupations, manifs, blocages, rassemblements spontanés... Les jeunes et
les travailleurs s'unissent contre les bas salaires, le temps partiel
subi, le chômage, la précarité... Mais cette révolte ne dépasse-t-elle pas
l'abrogation du CPE ? L'objectif n'est-il pas plutôt de faire reculer
l'offensive capitaliste et de créer, malgré la répression et la
tentative de criminalisation de la jeunesse, une alternative dans la lutte ?

Ces questions, nous nous les posons, nous sommes nombreux à nous les
poser, dispersés aux quatre coins de l?Hexagone.

Nous pensons qu'il est urgent de nous voir, de nous regarder, de nous
entendre, de réfléchir collectivement. La Sixième Déclaration, "l?Autre
Campagne", c'est aussi l'occasion de créer ces échos, ces dialogues, ces
échanges cette mise en parallèle des luttes des Indiens de tous les
continents. C'est pourquoi nous vous invitons à une première rencontre
ouverte, les 6 et 7 mai 2006, au CICP. Nous proposons que cette première
rencontre soit déjà l'occasion de nous connaître, de raconter où nous en
sommes chacun, comment nous essayons de construire nos luttes et,
également, notre vision de la Sixième Déclaration, ce qu'elle apporte et
ce que nous pouvons en retirer ici. Nous n'avons pas d'idées préconçues et
encore moins de solutions préparées sur le comment construire un espace où
se rencontrent les différentes résistances au capitalisme. Nous pensons
que c'est à nous tous, ensemble, de l'imaginer, dans un esprit de
solidarité et de respect des différences de l'autre, en cherchant à voir
plutôt ce qui nous rapproche que ce qui nous sépare. Tous ensemble
peut-être arriverons-nous à construire un autre futur. Il est certain que
ce ne sera pas le cas en restant isolé.

Nous proposons une première rencontre les 6 et 7 mai 2006
au CICP, 21 ter, rue Voltaire, Paris XIe
M° Rue-des-Boulets.

Samedi 6 mai

13 heures - 20 heures : réunion plénière, où chacun est invité à faire
partager les luttes qu'il mène dans une atmosphère d'attention et d'écoute
collective.

20 heures : auberge espagnole, vous êtes tous conviés à apporter ce que
vous aimeriez partager.

Dimanche 7 mai

14 heures : nous proposons à ceux qui le souhaitent de poursuivre la
rencontre autour de tables de discussion plus petites, rassemblant ceux
qui veulent mettre en commun leurs résistances sur des thèmes de travail
dégagés la veille.

Nous vous y invitons, ainsi que celles et ceux autour de vous qui, "en bas
et à gauche", résistent et luttent contre le néolibéralisme et pour
l'humanité.


Voici nos contacts :

Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL)
33, rue des Vignoles - 75020 Paris - France
Réunion (ouverte) le mercredi à partir de 20 h 30
http://cspcl.ouvaton.org
cspcl(a)altern.org

[ info transmise par le CSPCL - http://cspcl.ouvaton.org ]


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