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(fr) Monde libertaire # 1435 - 20 au 26 avril 2006

Date Fri, 21 Apr 2006 22:37:33 +0200 (CEST)


Le sommaire :
le vrai visage de la CFDT, par Delgranaos, page 3
La décroissance, ça marche !, page 5
L?autruche leur sonne les cloches, par F. Ladrisse, page 5
Brèves de combat, page 6
Considérations d?après CPE, par Laurent, page 7
Appel de Raspail, par A. Sulfide, page 8
L?Europe pour la peine de mort, page 9
De la vie politique italienne, par Emma, page 10
Incontrôlables origines, par M. Rajsfus, page 11
La lutte des déclassés, par J.-P. Garnier, page 12
Chewing-gum et émeutes..., par N. Potkine, page 15
Éric Hazan et la propagande du quotidien, par Caroline, page 17
Une intouchable et son histoire, par Alex, page 19
16° festival du documentaire, par L. Kahane, page 20
Libertaire production vous informe, page 22
Radio libertaire, page 22
L?agenda, page 23


Éditorial :

Le CPE est mort, mais le CNE bouge encore, ainsi que d?autres régressions
contenues dans la si mal nommée loi pour l?égalité des chances. La lutte,
donc, se poursuit, sous d?autres formes. Car on ne saurait se satisfaire
d?une aussi maigre reculade, et il ne faut pas oublier celles et ceux qui
ont subi les foudres de la répression. Plus de 2 000 interpellations ont
eu lieu durant le mouvement, 547 gardes à vue. Pour l?heure, 68 peines de
prison ferme ont été prononcées, et ce n?est qu?un début.

Ainsi est-il urgent d?exiger l?amnistie de tous, sans distinction aucune
entre les condamnés, et de se mobiliser lors des procès à venir.

Simple question de cohérence, dont le mouvement ne saurait se priver. À ce
sujet on aimerait entendre davantage les grandes centrales syndicales, qui
pour l?heure semblent se soucier comme d?une guigne des militants
embastillés, concentrées qu?elles sont sur le souci de tirer la couverture
à eux et de faire leur décompte des nouveaux adhérents, qui se
compteraient « par milliers ». À ceux-là on ne saurait trop conseiller,
comme certains anarchistes des années vingt s?adressant aux futurs
adhérents du tout jeune Parti communiste, de garder leur argent pour
acheter des fusils (symboliques, s?entend). On regrettera cependant que la
chasse ne soit pas ouverte aux fausses vérités ainsi qu?aux appropriations
auxquelles se livrent, sans honte aucune, les directions syndicales. Ainsi
Chérèque se félicitant d?avoir su éviter l?appel à la grève générale,
mérite sa volée de plomb (symbolique, s?entend...).

Quittons un peu le cloaque réformard hexagonal, pour aller respirer l?air
international. Aussi curieux que ça puisse paraître, tandis que nous nous
faisions gazer, le monde continuait de tourner. Mal, comme à l?accoutumée.

Tandis que les États-Unis menacent, de manière de plus en plus pressante,
l?Iran d?une guerre à outrance (dans le cas de celleci le prétexte est
tout trouvé, la menace nucléaire, réelle, se substituant avec avantage à
celles des toujours introuvables armes de destruction massive), la
Palestine crève sous nos yeux, soumise à la pression conjointe des
États-Unis et de l?Europe. La suspension de l?aide financière, qui jusqu?à
présent permettait de maintenir sous perfusion l?Autorité palestienne, est
en train de créer dans la bande de Gaza les conditions d?un soulèvement
qui, de l?avis même des ONG, serait sans précédent. Si affamer le peuple
pour déstabiliser les dirigeants en place est une stratégie datant de
l?Antiquité, on sait que ses résultats sont, la plupart du temps,
parfaitement aléatoires.

Mais pour les fous qui nous dirigent, peu importe. Ici comme là-bas, ils
ne sont plus à une improvisation près.



Et en prime un article :

Le CPE est mort... Ouf!
La Frrraance continue

LE CPE EST MORT, les volailles sont déconfinées, Sarkozy et Royal sont
toujours en tête dans les sondages... Ouf! La France continue.

Ils avaient la mine réjouie des bons jours, nos journalistes, ce lundi 10
avril, pour annoncer enfin que c?en était fini de la « crise ». Je les
écoutais tous ces professionnels de la parlote. Et je te cause de « la »
jeunesse et de ces « deux mois qui ont changé la France ». Et je t?invite
tous les habitués des plateaux télé. À gauche, on crie à la victoire
historique, les économistes de service saluent l?éviction du CPE,
soulignent une « mauvaise communication » mais persistent et signent: la
flexibilité est nécessaire (« Ordures! »).

Débats passionnés, invectives, on se croirait en pleine campagne
électorale alors que le sujet est un mouvement social... À moins que pour
eux ce ne soit le contraire! Je les écoutais ces politiciens, responsables
syndicaux, économistes, philosophes, patrons qui se chamaillaient.

Et plus ils se chamaillaient, plus je me rendais compte qu?au-dessus de
leurs egos, de leurs convictions, de leurs petites haines, ils
s?appréciaient et se comprenaient.

Ils partageaient le même désir du pouvoir, la même certitude d?être dans
le camp des leaders, des décideurs, des meneurs. La même aisance, la même
maîtrise de soi, la même pédagogie (démagogie) pour s?adresser à ceux qui
n?ont jamais la parole.

Car, faut-il le rappeler, il n?y a jamais d?ouvriers dans les débats
télévisés, ni dans aucun média. Le CPE et le CNE, comme l?ensemble de la
loi sur l?égalité des chances, touchent en premier lieu les prolos et
leurs enfants qui peuplent les lycées professionnels et sont les futurs
clients des ANPE avant de rejoindre cette « classe fantôme » de 15
millions de salariés d?exécution: les ouvriers et les employés. Mais eux,
les prolos, sont privés de parole. On donne volontiers la parole à un
syndicaliste étudiant mais pas à un lycéen du technique, futur ouvrier. La
parole aussi aux dirigeants syndicaux mais pas aux syndicalistes de la
base, ceux qui ont la rage.

À ce moment-là, je les ressentais précisément comme ils aiment d?ailleurs
à se définir: des partenaires sociaux. Et ils sont bien là pour nous faire
adhérer au discours « responsable », ce discours qui nie la réalité de la
société de classe. Il veulent nous faire gober ce baratin citoyenniste et
économiste : nous sommes une grande équipe (la France) et pour relever le
défi de la mondialisation il faut flexibiliser. Selon que l?on soit
patron, syndicaliste de gestion, de gauche ou de droite, on flexibilise de
toute façon: un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, avec ou sans
contreparties.
Mais attention il faudra dorénavant mieux communiquer à ce pays arc-bouté
sur « ses mythes » et « ses réflexes conservateurs ». Il faut dire qu?il y
avait 3 millions de malentendants dans la rue !

Novembre-décembre 1995, le mouvement des chômeurs, la lutte des
sans-papiers; l?été 2000 et ses entreprises occupées avec menaces de tout
faire sauter ; 2003, les émeutes de banlieue et, depuis deux mois, ce
mouvement... La question sociale est bel et bien là! Et avec elle un gros
mot chargé de passéisme, d?archaïsme... la lutte des classes.

Laurent
groupe libertaire d?Ivry
Contact: faivry(a)no-log.org


Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à
l'Internationale des Fédérations Anarchistes

Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros

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