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(fr) Les experts , les medias et Tchernobyl

Date Sun, 16 Apr 2006 22:30:06 +0200 (CEST)


Pendant les quelques jours qui suivirent l'accident, ce fut, en première
page des journaux, l'horreur de la mort par irradiation aiguë pour ces
héros d'un type nouveau qui avaient été envoyés en intervention
rapprochée. Leur ignorance des effets des fortes doses de rayonnement a
beaucoup facilité la tâche de ceux qui eurent à gérer la situation. Il
sera probablement plus difficile de trouver des héros lors des prochains
accidents, et cela nécessitera certaines mesures pour susciter ce genre de
volontariat.

Pour les journaux, il fallait établir le bilan avec précision, comme cela
se fait habituellement après chaque catastrophe. La discussion, pendant
des jours, porta sur 30 ou 32 morts. Ces morts, suite des effets aigus des
très fortes irradiations, étaient atroces, mais le bilan bien rassurant.
Plus faible qu'un accident d'avion. Quelques héros pouvaient suffire à
circonscrire le sinistre. On n'imaginait pas qu'il faudrait par la suite
des centaines de milliers de « liquidateurs » pour nettoyer le site.
Personne ne peut encore prévoir s'il sera possible de terminer cette
liquidation. Le sarcophage devait mettre une fin au réacteur en détresse
en l'emprisonnant pour toujours. Moins de cinq ans après, il donne de
graves soucis. Tout serait à recommencer, mais personne ne voit de
solution définitive. Aucune victime ne fut dénombrée parmi la population
qui, à aucun moment, nous a-t-on dit, ne courut un quelconque danger. Il
fallut, cependant, évacuer rapidement les 135 000 personnes qui vivaient
sur 3 000 kilomètres carrés autour du site nucléaire. La contradiction ne
gêna guère. Les médias, au lieu d'y consacrer un peu d'attention,
préférèrent s'extasier devant l'efficacité des autorités soviétiques. Les
experts louèrent cette bureaucratie toute-puissante qui pouvait mettre en
oeuvre des solutions efficaces, sans être gênée par des comportements «
irrationnels » du pouvoir politique ou des populations. Bien sûr, il
fallait aussi blâmer très fort cette bureaucratie soviétique qui était à
l'origine de la catastrophe par ses multiples négligences. On pouvait
croire qu'il y avait là une attitude contradictoire de la part de nos
experts. En fait, ce n'était qu'une apparence. En France, nous n'avons pas
à craindre des négligences, que ce soit dans la conception, la
construction, ou la gestion. La compétence et le sérieux, chez nous, sont
hors de question, mais nos experts n'ont pas encore ce pouvoir sans
réserve dont jouit la techno-bureaucratie soviétique et qui est si utile
en cas de crise. Par ailleurs, ces techniciens soviétiques, s'ils étaient
mis à l'école de nos experts pour parfaire leur formation, ne poseraient
plus de problèmes car ils disposent chez eux d'une structure
particulièrement efficace. C'était, bien sûr, avant la déliquescence du
pouvoir central et la disparition de ses structures.

Les médias, plus habitués à la réécriture des communiqués officiels qu'aux
analyses originales, ne se soucièrent guère des contradictions. La
population, inquiète du développement de l'énergie nucléaire française, ne
voit pas comment il est possible d'y changer quelque chose compte tenu du
blocage des institutions (politiques, syndicales, juridiques, etc.). Elle
ne pouvait que désirer être rassurée. L'enseignement de Tchernobyl qu'on
voulut lui faire accepter se résumait à quelques idées simples :

1. La technique (science et technologie) n'était pas en cause.
2. Les problèmes résultaient de mauvais choix faits par une bureaucratie
et des instances techniques subalternes insuffisamment compétentes. 3.
Grâce à l'intervention rapide et efficace des dirigeants à haut niveau de
compétence, à qui on assura les pleins pouvoirs, la gestion fut
remarquable.
4. Ce fut l'occasion de montrer combien le génie humain peut être efficace
quand cela est nécessaire.
5. C'est l'accident le plus grave que l'on peut imaginer et son impact
humain se résume à une trentaine de morts.
6. Pour arriver à ce résultat, il faut, bien sûr, que la population soit
docile et se plie sans discussion aux directives des experts.

On insista beaucoup sur les erreurs fantastiques que les opérateurs
commirent et qui, plus que les erreurs de conception, expliqueraient
l'origine de l'accident. À cette occasion, on put s'apercevoir de
l'évolution qui venait d'avoir lieu en URSS. À aucun moment le sabotage ne
fut invoqué. L'erreur humaine fut mise en avant. L'erreur humaine est pour
nos sociétés libérales ce que le sabotage fut pour les sociétés
totalitaires ! Mais l'héroïsme, le dévouement, l'esprit d'initiative des
premiers liquidateurs, encadrés, bien sûr, par des chefs compétents, ont
permis de limiter considérablement les conséquences possibles des erreurs
humaines. Ces thèmes ont été largement utilisés par les autorités
scientifiques, du moins au début. On les trouve bien développés dans le
film "Les Deux Couleurs du temps", monté par la télévision de Kiev à
partir des images prises pendant l'accident : en somme, un hymne au
travail et l'occasion pour des hommes véritables de se réaliser, version
pérestroïkiste du vieil hymne au travail de la période stalinienne !

Un mois après l'accident, la presse française faisait le bilan de
l'accident. Le Monde du 31 mai 1986 le résumait ainsi : « Plus de trente
morts, environ 7 000 irradiés, plus de 150 000 personnes évacuées. [...]
Le bilan de Tchernobyl ne s'oubliera pas de sitôt. » En somme, un bilan
relativement modeste pour un événement inoubliable. Évidemment on ne
signalait ni ce qui attendait les 7 000 irradiés, ni que les évacués ne
reviendraient plus chez eux. Avec un tel bilan, le terme de catastrophe ne
semblait pas des plus appropriés.

Après l'été 1986, les commentaires s'espacèrent. Le point final concluant
les enseignements de Tchernobyl peut se trouver dans Le Monde du 28 août
1986 citant M. Rosen, le directeur de la sûreté nucléaire de l'AIEA
(Agence internationale de l'énergie atomique), qui déclare à la conférence
de Vienne d'août 1986 : « Même s'il y avait un accident de ce type tous
les ans, je considérerais le nucléaire comme une source d'énergie
intéressante. » Signalons que l'AIEA est une agence issue de
l'Organisation des Nations Unies, après la guerre (donc dans les
perspectives ouvertes par Hiroshima), pour promouvoir l'énergie nucléaire
dans le monde. Il ne faut donc pas oublier que chaque fois que cette
Agence intervient dans les questions nucléaires, c'est à un promoteur
qu'on a affaire !

Un bref rappel historique : le 31 mars 1979, quelques jours après le début
de l'accident de Three Mile Island aux États-Unis
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tmi_25.html au moment où les
techniciens se demandaient comment la situation du réacteur en détresse
allait évoluer, si la bulle d'hydrogène qu'ils avaient détectée allait
exploser, au moment où le gouverneur de l'État de Pennsylvanie
s'interrogeait pour savoir s'il devait faire évacuer la population, Le
Monde titrait son éditorial « Le pépin ». Dans un raccourci saisissant,
l'éditorialiste du Monde plaçait cet accident nucléaire dans la lignée des
accidents occasionnés par les sources d'énergie : « Les moulins à vent ont
bien dû emporter quelques têtes... » Mais : « Avec le nucléaire, il s'agit
d'autre chose. Née avec la guerre dans le creuset affreux d'Hiroshima, la
force atomique continue d'être entourée du halo psychologique le plus
inquiétant. » On a vu comment Le Monde du 8 août 1945
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/lemonde_8aout.html traita
sans guère d'inquiétude Hiroshima. Quant à Three Mile Island, la
liquidation du réacteur, plus de dix ans après l'accident, est loin d'être
terminée et les experts ont bien du mal à trouver un endroit pour y
déposer ce qu'il en reste. On apprit, plusieurs années après, que
l'accident de Three Mile Island fut un « mishap », comme disent les
Américains, un raté. À moins d'une heure près, la fusion du coeur aurait
pu être totale. Tchernobyl n'aurait alors été qu'un remake !

Revenons à Tchernobyl. Pendant longtemps les journalistes focalisèrent
leur attention sur le site interdit, sur le sarcophage
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sarcophage2.html symbole de
l'efficacité gestionnaire de la bureaucratie nucléaire. Pour les
Soviétiques, c'était dédramatisant. Si des étrangers se déplaçaient dans
la « zone interdite », le danger ne devait pas être extraordinaire. Pour
les journalistes, c'était le reportage dangereux. Et puis on a eu des
photos de délégations étrangères dégustant des concombres produits (en
serre) sur une terre très fortement contaminée, suivant des techniques
sophistiquées dont les Soviétiques avaient le secret. On aurait pu se
croire revenu au temps des prouesses lyssenkistes et des tomates dans le
grand Nord ! Mais, sur les visiteurs, cela semblait marcher. Il aurait dû
être évident que, dans une zone vidée de ses habitants, les problèmes
sanitaires devaient être relativement mineurs ! Ils se posaient pour ceux
qui travaillaient à « nettoyer » le site, les « liquidateurs », mais leurs
conditions de travail n'excitaient guère la curiosité des visiteurs. Aucun
journaliste ne s'intéressa à leur sort : seraient-ils suivis médicalement,
comment seraient-ils éventuellement pris en charge, quelles doses de
rayonnement recevaient-ils, quels critères étaient retenus pour la
radioprotection, était-il tenu compte correctement de la contamination
interne qu'ils devaient subir, etc. ?
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/liquid_tcher.html

En 1990, pour le quatrième anniversaire, la presse française découvrit que
les problèmes les plus graves n'étaient pas sur le site, mais à des
distances allant jusqu'à des centaines de kilomètres du réacteur
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/vesily_nesterenko.html et
concernaient des centaines de milliers de personnes. Pourtant, cela
faisait longtemps que la presse soviétique avait révélé une situation
alarmante en Ukraine et en Biélorussie. Dans le monde de la modernité, les
informations circulent vite lorsqu'elles ne sont pas verrouillées. Le
verrouillage s'impose naturellement lorsque les informations sont
importantes. Lorsqu'elles sont vides de contenu informatif, elles
bénéficient des techniques modernes de la communication. Si, dans le cas
de la catastrophe de Tchernobyl, il y a eu manifestement rétention
d'information (pour ne pas dire désinformation), ce fut bien plus le fait
de la censure exercée par le monde occidental que d'une volonté délibérée
des Soviétiques d'escamoter les problèmes. Malgré le pouvoir central, les
journalistes soviétiques ont publié des informations, en particulier les
"Nouvelles de Moscou" (voir par exemple
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/nouvel_tcherno_1989.html et
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/mensonge_tcherno.html ),
informations qui n'ont pas été reprises ou commentées par leurs collègues
français. Progressivement, les nouvelles finirent par se propager et les
visites se multiplièrent, d'abord en Ukraine puis en Biélorussie. Mais les
territoires contaminés de la République fédérative de Russie n'ont guère
attiré l'attention des professionnels de l'information.

Le témoignage de Michel Chevalet*, chef du service scientifique à TF 1,
est intéressant à signaler. Il explique comment l'événement Tchernobyl a
pris les journalistes au dépourvu, incapables qu'ils étaient de « traiter
» les informations qu'ils recevaient. « Dans ce cas-là toutes les lignes
téléphoniques sont saturées et les responsables sont pratiquement
impossibles à joindre. Heureusement en l'occurrence, l'un d'entre eux a eu
l'excellent réflexe de prendre les devants et de m'appeler lui-même, c'est
François Cogné, le directeur de l'IPSN. Nous avons travaillé ensemble afin
d'essayer d'échafauder notre information. Et, pendant plusieurs jours, à
propos de Tchernobyl, notre collaboration a été permanente. » L'IPSN
(Institut de protection et de sûreté nucléaire) faisait partie du
Commissariat à l'énergie atomique. Ainsi ce chef du service scientifique
d'une chaîne de télévision nous apprend que toutes les informations que
cette chaîne diffusa pendant la crise de Tchernobyl furent en fait
élaborées, contrôlées par les autorités. Une situation analogue s'est
retrouvée quelques années plus tard, pendant la guerre du Golfe. Toutes
les informations diffusées sur la guerre provenaient des services de
l'armée, les journalistes se bornant à réécrire les communiqués suivant le
style des organes qui les employaient. Devant les conséquences
désastreuses pour la crédibilité de leur activité, certains journalistes
finirent par protester. Pour Tchernobyl, c'est volontairement et
spontanément que la plupart des journalistes se sont tournés vers les
autorités officielles.

Certains responsables qui avaient en charge la promotion de l'énergie
nucléaire en France avaient déjà réfléchi à cette question de
l'information. Ainsi, on trouve, dans une intervention d'André Giraud,
ministre de l'Industrie (il avait été auparavant administrateur général du
CEA, il fut ensuite ministre des Armées), à l'Académie des sciences, le
lundi 15 octobre 1979, « A propos de l'Information Nucléaire, une
préoccupation constante : l'information », quelques indications précises.
Ce qu'il appelle « la bonne méthode », c'est qu'« il faut que ce soient
les responsables eux-mêmes qui, le moment voulu, donnent les informations
nécessaires ». Pour « l'information accessible au grand public, l'objectif
c'est dans ce cas que le grand public non spécialiste soit à même de se
faire une opinion à partir d'informations relativement digérées et
élaborées [souligné par nous] ». Il fait remarquer que « le problème est
difficile, et compliqué encore par le climat passionnel et les frayeurs
irrationnelles qui entourent la question nucléaire ». On voit qu'à
l'occasion d'un problème grave posé par l'énergie nucléaire le «
responsable » et le « journaliste » ont trouvé spontanément « la bonne
méthode ». Pour ceux qui doivent participer à la gestion des crises
nucléaires, il est clair qu'un accident majeur se définit non pas par ses
conséquences objectives (sur lesquelles il y a peu de prise), mais par ses
conséquences médiatiques. Ainsi, gérer un accident majeur, c'est
essentiellement gérer ses conséquences médiatiques. Beaucoup d'efforts
sont consacrés à ces problèmes, ce qui ouvre des débouchés intéressants
pour des chercheurs en sciences sociales, en communication, en psychologie
des masses, etc.

Il est curieux de constater que la catastrophe de Tchernobyl a permis à
l'Occident de découvrir que la pollution chimique avait atteint un niveau
invraisemblable en Union soviétique et dans les pays de l'Est. Cela
relativise les conséquences de Tchernobyl. Les images et les descriptions
dramatiques de la situation écologique sont beaucoup plus spectaculaires.
La pollution radioactive ne peut pas produire de belles images et un
cancer radio-induit qui ne s'exprimera que dans 10 à 30 ans sur une
personne non identifiable n'a rien de spectaculaire. Comment se fait-il
qu'une situation écologique aussi lamentable, aussi variée, aussi étendue
n'ait attiré l'attention d'aucun maître de l'information avant avril 1986
? Pourtant de nombreux journalistes occidentaux voyageaient bien en URSS
et dans les pays de l'Est. Il est certain que la situation écologique est
particulièrement lamentable en de nombreuses régions. Y remédier demande
d'énormes moyens qui n'existent pas. Ceux qui ont à gérer les Républiques
doivent en tenir compte et ces pollutions chimiques ont des effets
immédiatement visibles. Elles risquent d'occulter la pollution
radioactive, beaucoup plus perverse avec ses effets essentiels à long
terme. Là encore il y a une forte résonance entre des intérêts politiques
locaux ou centraux en URSS et les intérêts des Occidentaux heureux de
montrer que la mauvaise gestion de l'industrie nucléaire soviétique n'est
pas un hasard, mais procède d'une indifférence de la bureaucratie à
l'égard de l'environnement. Depuis Tchernobyl, les médias occidentaux nous
dressent un inventaire complet des désastres écologiques en URSS,
désastres qui bien souvent ont leur origine dans un passé lointain.

Ce n'est que récemment que nos médias ont découvert la catastrophe de
Kychtym http://www.chez.com/atomicsarchives/kychtym.html (rebaptisé
Tchéliabinsk) survenue dans l'Oural en 1957. Pourtant c'est en 1979 que le
biologiste dissident soviétique Jaurès Medvedev fait paraître en
Angleterre Nuclear Disaster in the Urals (Ed. Angus et Robertson). Il y
analyse en détail tous les documents scientifiques disponibles mettant en
évidence ce désastre et son livre est traduit partout dès sa parution,
sauf en France. La traduction française a été publiée en 1988
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/kychtym.html (Editions
Isoète, Cherbourg). Lorsque dans la presse française le désastre de
Kychtym est évoqué il n'est jamais fait référence à cet ouvrage et aucune
interview de Jaurès Medvedev n'a été faite. Il a fallu que les autorités
russes reconnaissent officiellement que l'événement avait eu lieu pour que
celui-ci existe pour la presse malgré les preuves disponibles depuis
longtemps. En somme la réalité n'existe que lorsqu'elle a été reconnue
officiellement comme telle !

Nos responsables sont à l'école de Tchernobyl. Ce qui se passe dans les
régions contaminées est bien plus instructif que toutes les simulations
effectuées sur ordinateur. Nos dirigeants doivent suivre avec intérêt le
résultat des tentatives qui sont faites pour calmer la population. Cela
doit pouvoir les aider à déterminer leur stratégie de gestion des crises
auxquelles ils peuvent avoir à faire face dans le futur. Les experts
soviétiques, en faisant ouvertement appel à l'aide occidentale en matière
de sûreté, ont beaucoup facilité la tâche des experts occidentaux. Il
s'agissait là d'une assistance mutuelle. Reconnaître comme référence la
sûreté occidentale, c'était reconnaître que l'industrie nucléaire
occidentale ne présentait pas de danger et que la compétence des experts
occidentaux pouvait rendre l'industrie soviétique sans danger, en espérant
ainsi mettre le nucléaire soviétique à l'abri des critiques populaires.

* « Les difficultés de l'information à chaud », in Revue Générale
Nucléaire, n° 3, mai-juin, 1986.

Extrait de Tchernobyl une catastrophe
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tcherno_une_catastrophe.html
Bella et Roger Belbéoch,
Edition Allia, 1993.

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Suite page spéciale: 20 ans après Tchernobyl, la catastrophe continue...
sur: http://www.dissident-media.org/infonucleaire/special_tcherno.html

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