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(fr) Appel de Rennes 2

Date Sun, 16 Apr 2006 22:28:20 +0200 (CEST)


Vendredi 14 avril 2006

La cristallisation des médias et des centrales syndicales sur le C.P.E.
annonçait la perspective d'une victoire en demi-teinte. Un recul sur ce
seul point rendait prévisible l'effondrement de la dynamique actuelle
qui, seule, rend possible la continuation de la lutte. Le constat qui
apparaît ici nous oblige donc à admettre que même plusieurs « victoires »
de ce type ne sauront faire vaciller l'équilibre de la gouvernementalité
qui nous incombe. Si le remplacement du C.P.E. fut, certes, un coup
d'arrêt pour elle, le véritable recul ne peut être signifié que par
l'abrogation du C.N.E. et de la loi « égalité des chances » (qui se
fondent d'ailleurs sur les mêmes modalités que celle du C.P.E.). En ce
sens, obtenir le retrait intégral de ces réformes représente l'enjeu
essentiel d'une stratégie de lutte telle que l'exige la situation. C'est,
de même, en fonction d'un tel constat que se conçoit l'importance et le
succès certain des arrêts de travail et des blocages économiques (ceux
des flux tels que les gares, les routes, les centres de tri postaux, les
centres commerciaux, ou comme les occupations et déménagements des
A.N.P.E., boîtes d'intérim?).

C'est cela même qui a alimenté la réussite de la mobilisation et a
indiqué dans quelles perspectives pourrait s'élaborer une grève générale
reconductible au sein de laquelle doivent enfin se retrouver étudiants,
lycéens, salariés et précaires. Cet appel à la généralisation de la grève,
tel est précisément ce que sous-entend le refus d'un « retour à la
normale », tel est ce qui nous permettra d'opérer la mutation d'un
mouvement social (avec son début et son attente de la fin) vers une lutte
dont la temporalité longue ne laissera pas de place au statu-quo. Cette
continuité marque alors l'évidence qu'il n'y a rien à attendre des
confédérations syndicales que l'on doit juste mettre face à l'inévitable
suivisme qui leur permet d'être encore écoutés. On ne connaît que trop
bien la rengaine paternaliste qui raisonnablement nous prévient qu'en
continuant « l'on se met tout le monde à dos », ce discours qui, sous le
couvert d'un conseil à « la jeunesse » dénie la réalité de notre
existence de précaire et de salarié.

Ce n'est pas la jeunesse qui se révolte, ce n'est pas la jeunesse qui a
porté le désir de destruction des émeutiers de novembre auquel le C.P.E.
fut la méprisante réponse, ce qui se révolte c'est l'expression du refus
de la triste quotidienneté d'une vie apolitique, confiée aux
gestionnaires. Comment chacun, dans cette société, se rapporte à cette
tristesse détermine deux façons irréconciliables d'être au monde : celle
de qui se résigne à toujours mieux s'adapter et celle qui se reconnaît la
puissance d'imposer une inflexion au cours des choses. C'est bien cette
seconde manière d'être qui conforte et fait consister notre résistance
encore vivace aux déferlements d'anti-bloqueurs qui, pour restaurer la
sécurité de leurs perspectives individuelles, ne cessent de creuser
l'hostilité que nous nous devons d'assumer. Il ne s'agit pas de croire
que l'on peut changer le monde avec un blocage d'université, ni de gérer
avec les institutions un espace où «
l'égalité des chances » se doit d'être programmée juridiquement.

Cet appel se veut, au contraire, l'expression du changement que le
mouvement à imprimé à nos vies, expression non de la « chance », mais de
la joie que nous avons pu éprouver de nous être reconnus égaux. Il n'y a,
il est vrai, d'appel que là où se fait sentir un isolement. Nous ne
pouvons reporter plus longtemps la fin de la trêve et, dans le rejet de
tout comportement victimaire, le choix plus que de notre refus, de notre
combat contre la précarité et la répression policière. Nous ne pouvons
désormais éviter de faire consister plus encore l'organisation d'une
communauté de lutte dont la perspective est de pousser salariés et
syndicats à nous suivre dans un printemps insurrectionnel. Pour qui
désire réellement que ce qui a lieu ne soit pas condamné à être oublié,
notre victoire passera nécessairement par l'amnistie des émeutiers de
novembre et de la lutte de ces deux derniers mois contre le C.N.E. et la
loi « égalité des chances ».

R.D.V. à Rennes 2, mardi 18 avril à 7h du matin pour le maintien du
blocage et toute la semaine jusqu'au week-end pour s'organiser (amenez
vos tentes)

[ texte repris du site Indymedia Paris
http://paris.indymedia.org/article.php?id_article=58768 ]



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