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(fr) Non a l?EPR, non a la societe nucleaire !

Date Sat, 15 Apr 2006 02:20:11 +0200 (CEST)


Fédération anarchiste
Mobilisation antinucléaire
des 15 et 16 avril 2006 à Cherbourg

L'EPR, réacteur européen à eau sous pression, est le résultat d'une
alliance franco-allemande. L'objectif est de remplacer le parc
électro-nucléaire français, et d'exporter le réacteur au moment où la
crise énergétique affole les opinions publiques.

Entériné au cours du pseudo-débat sur l'énergie (2003) et de la loi
d'orientation sur l'énergie votée le 1er juin 2004 à l'Assemblée, Villepin
annonce en octobre 2005 "qu'au vu des conclusions du débat public en
cours, EDF construira le premier réacteur EPR à Flamanville (Manche)".
Pourtant, EDF avait déjà lancé des appels d'offre et le "débat public sur
l'EPR" débutait le... 3 novembre 2005 !

L'EPR soulève de nombreuses critiques. Avec son rendement faible (33%), un
rendement au kilowatt-heure supérieur de 10% à peine par rapport à ses
aînés, il reste émetteur de chaleur (effet de serre) et gros consommateur
d'eau, et surtout, il génère des déchets radioactifs dont on ne sait
toujours que faire, dangereux pour des milliers d'années. Ajoutons à cela
que son caractère indestructible est douteux depuis l'attentat des "Twin
towers", et que ce projet n'a jamais été soumis à une contre expertise
technique et financière. Il coûterait 3 milliards d'euros, et viendrait
conforter la surproduction électronucléaire française alors qu'aucune
tranche supplémentaire n'est nécessaire avant quinze ans. Alors pourquoi
ce passage en force ?
L'EPR, au service de qui ?

Les vraies raisons de l'adhésion des politiques et des industriels à
l'EPR sont ailleurs. En réalité, selon un rapport d'EDF, ce projet EPR est
rendu nécessaire pour assurer le maintien industriel et intellectuel des
filières industrielle et scientifique liées au nucléaire. Le secteur
industriel est mis à mal par l'absence de nouvelle construction,
l'entretien des installations ne lui suffisant pas. EPR viendrait à point
nommé (s'il ne tarde pas trop ! ) pour relancer aussi la recherche,
assurer l'entretien du niveau des connaissances acquises et surtout le
recrutement de chercheurs qui emprunteraient une filière qui se tarit
(départs en retraite), et qui ne jouit pas d'une bonne image dans
l'opinion publique, car considérée sans avenir et dangereuse. Enfin, les
exploitants allemands se voyant interdire toute construction de tranche
nucléaire dans leur pays, resteraient présents sur ce marché, mais en
France, en attendant que l'Etat allemand change d'opinion.


Une politique globale de destruction

A y bien regarder, donc, l'EPR nous est imposé pour des raisons qui sont
propres aux maîtres d'oeuvre de cette industrie dangereuse, et qui n'a
rien à voir avec des besoins réels, ou une aspiration librement exprimée
et partagée. A ce titre, il convient de mettre en perspective cet épisode
EPR avec le sort des populations et le respect des ressources naturelles
dans le développement incontrôlable de l'organisation capitaliste. En
prédateur forcené, le système basé sur la recherche de profits croissants
fait main basse sur des ressources qui appartiennent pourtant à tous et
toutes, pour les piller, puis les rejeter lorsque la courbe des bénéfices
devient descendante, sans autre planification que celle des comptes en
banque des actionnaires privés ou d'Etat. La gabegie, l'incitation à la
consommation outrancière et déresponsabilisante, la pollution, le
mensonge, la collusion avec les pouvoirs politiques, les mauvais
traitements infligés aux salarié-es et aux populations gênantes et à leur
cadre de vie... sont monnaies courantes dans le secteur du nucléaire,
comme des énergies en général. Et l'on pourrait évoquer aussi le sujet des
OGM, de l'amiante, de la déforestation des pays du Sud,
l'industrialisation sauvage...

Puisque l'Etat, encore au service des intérêts privés, cherche à nous
imposer EPR, comme il nous a imposé la filière nucléaire, civile et
militaire, il nous revient d'exprimer un refus indépendant des politiciens
verts(1) et autres courants voisins- qui sont "au service de" et soumis à
la logique de cet état.



S'opposer au nucléaire, pourquoi ?

Le nucléaire a ses soutiens? et ses opposantEs. Pour les premiers, c?est
une énergie « propre » car sans effet de serre, seule à même de garantir
le confort d?une société développée moderne et l?indépendance nationale.
Pour les autres, dont nous sommes, un regard critique est nécessaire sur
de tels enjeux de société.

La plupart des médias ont relayé l?idée que le nucléaire était une énergie
sans dangers. Bon exemple, l?an passé, l?emballement suscité dans toute la
presse devant le projet pharaonique ITER, gouffre financier aux risques
énormes (dont la prolifération de Tritium, composant clé des bombes
atomiques). Ceci est révélateur de l?absence d?expression critique dans
les médias, verrouillés par leurs liens financier avec le lobby nucléaire
ou leur idéologie scientiste.


Le nucléaire et la liberté

Produire de l?électricité nucléaire implique un pouvoir centralisé et un
contrôle policier, voire militaire (contre les risques terroristes entre
autres). Avec les attentats du 11 septembre 2001, nous avons pu apprendre
que l?éventualité d?un crash de gros avions sur une centrale n?avait pas
été envisagée. Qui peut se vanter de tout prévoir ? Aucun système n?est
infaillible. Dans cette logique, la concentration d?une source
énergétique dangereuse et sa haute technicité éloignent toute possibilité
de contrôle direct par la population, rendent dépendantes et fragiles des
régions entières qui restent sous le joug de l?Etat central.

Plus grave, trop mis en sourdine, le risque de catastrophe en cas
d?accident est bien réel et de plus en plus accentué avec le
vieillissement des centrales.. Un accident nucléaire grave, c?est une
région inhabitable pendant des milliers d?années et d?innombrables
victimes. Il n?y a actuellement pas de remèdes? C?est pourquoi les
Autorités travaillent? sur la gestion des turbulences sociales
potentielles qui pourraient en résulter, c?est-à-dire la colère et la
panique des habitants !

De plus, la dissémination de pollution (rejets liquides, gazeux,
transports, pollutions accidentelles, déchets ferreux refondus et mis en
circulation..). ne peut pas ne pas avoir d'effets sur la santé et
l'environnement. La question des déchets est toujours sans solution. Ainsi
si le nucléaire produit peu de gaz à effet de serre directement, il
contamine la terre et produit des déchets pour des milliers d?années.


Logiques de pouvoir et de guerres

Nucléaire civil et militaire sont intimement liés. Le nucléaire civil
permet en effet de créer les matières nécessaires à la production des
bombes atomiques. C?est d?ailleurs pour cette raison que les choix
énergétiques français n?ont fait l?objet d?aucun débat réel dans la
population. Qui dit militaire, dit culture du secret ! L?armée étant le
bras armé de l?État, le personnel politique n?a guère eu de remords à
toutes et tous nous engager dans cette production à risques? Le classement
« secret défense » des informations relatives au nucléaire, promulgué en
2003 n?est donc pas étonnant mais cohérent avec la politique de l?Etat,
quelle que ce soit la couleur du gouvernement à ses manettes. Le Président
de la République, Jacques Chirac, après avoir brillé en 1995 en autorisant
la reprise des essais nucléaires au mépris des populations de Moruroa, a
déclaré lors de son voyage en janvier 2006 à l?Ile Longue près de Brest,
que la force de frappe nucléaire pouvait être utilisée contre des villes
ou des régions abritant des groupes pratiquant le terrorisme. Le Parti
Socialiste a acquiescé. En extrapolant et en
appliquant cette logique : en 1985, après l?attentat du Rainbow Warrior,
aurait-il fallu que le gouvernement Néo Zélandais détruise la France ?


Le nucléaire prépare l'avenir?

Après les crises pétrolières des années 70, les défenseurs du nucléaire
ont avancé l?indépendance nationale comme critère de choix en faveur de
cette énergie. Tordons le cou à ce mythe : les principales mines d?uranium
ne sont pas en France ! La « culture du risque », chère aux idéologues
libéraux, les travailleurs des mines d?uranium au Niger, exposés à la
radioactivité et aux conditions de travail pénibles, connaissent? De plus,
le secteur du transport, principal responsable de l'effet de serre et
pilier de l'activité économique dépend toujours du pétrole.


Nucléaire et corruption

Les stratégies des nucléocrates face à l?opposition au nucléaire
s?affinent. Tirant le bilan de l?opposition frontale rencontrée parfois en
imposant des décisions qui engagent pour des années, l?Etat et les
industriels du nucléaire organisent désormais des consultations? qui
donnent l?illusion de participer à un processus démocratique. Or, un-e
opposant-e au nucléaire conséquent-e ne saurait intégrer ces pseudos
concertations car ces combines, même si elles peuvent séduire?!? en
donnant l?impression qu'un avis ou vote peut avoir de l?importance, ne
restent qu'une façade légaliste de plus aux magouilles. Il est évident que
l'échelle des investissements et de la logistique industrielle du
nucléaire -qui implique des plans à 50 ans voire plus- ne sauraient être
modifiés en fonction de consultations. Dans ce domaine comme dans bien
d'autres, les décisions sont déja prises avant d'être passées en 'débat'.

Il y a en outre à interroger le syndicalisme quand il sort de la défense
des intérêts matériels des travailleurs. S?il est important que les
employés d?EDF aient un bon statut, que dire du soutien voire de
l?adhésion des directions syndicales au développement nucléaire ? La
caution syndicale verrouille le lien qui devrait être tracé entre
mouvements écologistes et mouvement social. Pourtant la jonction est
possible autour de la défense d?un service public des énergies :
mutualisation des coûts, absence de recherche de profits, accès pour tous?


L?électricité nucléaire est en réalité très chère quand on prend en compte
l?ensemble de ses coûts : recherche publique, construction et
démantèlement des centrales, gestion des déchets? Raison pour laquelle du
personnel intérimaire, peu formé, est de plus en plus utilisé comme main
d??uvre. De plus, l?énergie nucléaire accapare la majorité du budget
recherche, limitant d?autant le développement potentiel des énergies
renouvelables.


Le nucléaire et la sécurité

Le nucléaire ce n'est grave que si l'on a peur de mourir. Faut il en
déduire qu'il ne faut pas confier le nucléaire à des militaires? A des
élites politiques disposant de bunkers en cas d'attaque?

En tous cas, si l'on considère l'état du monde aujourd'hui, les
prévisibles conflits à venir autour de la gestion des pénuries
énergétiques, en eau potable voire alimentaires, on ne peut rêver pire
cauchemar pour le futur que l'extension des connaissances dans le domaine
nucléaire à l'ensemble des états de la planète.

Or il est évident que si la France crée l'EPR c'est pour le vendre.
Considérons le peu d'intelligence dont l'Etat français a fait preuve pour
le moment dans ce domaine (usines ou réacteurs en Israël, en Inde, Afrique
du sud, Irak...) , l'action antinucléaire ne saurait se borner à réclamer
plus de transparence ou un nucléaire sous contrôle citoyen. Ce qui nous a
en partie protégés pour le moment c'est que la conception des armes et
centrales nucléaires nécessite un rapport un minimum rationnel et athée à
l'environnement. Elle nécessite un minimum de libertés publiques pour que
les « cerveaux » puissent imaginer, se soutenir, créer des choses
nouvelles hors d'une société de répétition, de traditions, de religion et
de dogmes.

Si il s'est toujours trouvé des fous dans les pays nucléaires (comme le
général Mac Arthur lors de la guerre USA/Corée, ou Jacques Chirac
dernièrement!) pour vouloir employer les bombes atomiques à une échelle
tactique, les conditions sociales et politiques nécessaires pour créer les
technologies nucléaires ont heureusement pour le moment contenu l'usage
catastrophique que l'on peut imaginer de ces armes.

Cependant, si la France continue d'exporter ses technologies
d'enrichissement et de retraitement d'uranium celles ci vont à l'avenir
passer dans les mains de sociétés dont le champ politique se limite à un
dialogue avec dieu, à la pérennité de systèmes féodaux et racistes
millénaires, à l'extension d'empires et qui ne gèreront ces technologies
que comme un outil de plus pour poursuivre leurs traditions de guerre ou
pour verrouiller leurs populations...

Dans ce cadre, nous le savons, les traités de non prolifération nucléaire
des années 70 ne sont pas suffisants. Les pays sur le point d'acquérir la
bombe -tout comme l'état français d'ailleurs- ne les ont jamais signés
malgré les alternances politiques, la fin de la guerre froide et autres
prétextes... Et pour cause! L'imbrication entre les lobbys
militaro-nucléaires et l'état Français est totale, lutter contre le
nucléaire c'est lutter contre l'état.


Lutter contre le nucléaire, comment?

Dans le domaine uniquement nucléaire, il est évident que continuer sur
les formes de luttes antinucléaires légalistes et passant par les
élections n'est absolument pas à la hauteur de tels enjeux. Relevons que
l'ex-ministre de l'environnement du gouvernement Jospin, la Verte D.
Voynet, a elle même tiré un bilan très mitigé de son action sur le dossier
du nucléaire. Notons que les seules régions Françaises sans réacteurs
comme la Bretagne sont celles où historiquement l'action directe
antinucléaire a été pratiquée régulièrement, violement,
massivement et à grande échelle par la population (même si cette
population est loin d'être composée uniquement d'anarchistes).

Se passer du nucléaire, civil et militaire, réellement et en totalité
implique de remettre en cause le Pouvoir. Des pays pourtant capitalistes,
par définition énergivores et de gaspillage, ont une faible part de
nucléaire comme source énergétique. La consommation de masse moderne n?est
donc pas le critère majeur du maintien du nucléaire. C?est la recherche de
puissance qui motive cette fuite en avant.

Les minorités gestionnaires, qu?elles soient politiques, économiques ou
technocratiques, n?ont pas l?intention de se laisser dépouiller de leurs
privilèges. Ils/elles ne pourraient plus décider pour nous !

Passer aujourd'hui par les partis politiques pour espérer contenir le
nucléaire continue d'être risible tant les moyens de l'état et
particulièrement de l'armée ont traditionnellement été odieux sur ces
sujets. Tant il est évident qu'on ne peut sortir du nucléaire en France
sans bouleverser intégralement et irréversiblement le fonctionnement de
l'économie. La seule attitude morale et durable que nous pouvons concevoir
est de changer globalement de logique et de priorités dans le domaine
économique. C'est une logique révolutionnaire qui ne saurait se borner à
influer sur quelques points isolés de l'organisation sociale actuelle.

Alors quoi? promettre de détruire des pans entiers de l'économie en
stoppant la filière nucléaire mais néanmoins oublier de faire des projets
pour vivre autrement qu'avec de la croissance et des enjeux militaires à
tous les étages. Qui peut considérer sérieusement les courants politiques
qui agitent de tels objectifs ?


Nucléaire et avenir énergétique

La question de l?énergie nucléaire, une nécessité absolue selon l?Etat,
ne peut se poser que dans une société capitaliste où prime la
consommation et les profits sur le bien-être de la population. Le débat
des « mérites versus dangers » du nucléaire est faux car ancré dans un
système qui refuse de remettre en cause notre relation avec les
ressources de la planète.

Sans surprise, le gouvernement nous présente son projet nucléaire de façon
trompeuse, sans aller au fond du problème sociétal qui fonde nos besoins
énergétiques. La croissance énergétique aujourd?hui n?est plus justifiée
par le bien être de l?individu, mais par le profit et le pouvoir : une
société de production qui pousse à toujours plus de consommation. Nous
n?avons pas besoin du nucléaire ; nous avons besoin de repenser nos
relations à l?énergie. Notre planète arrivera au bout de ses capacités et
nous devons impérativement nous pencher sur une décroissance énergétique
qui envisage non pas une énergie nucléaire malhonnêtement dite « propre »,
mais plutôt une réorientation vers les énergies renouvelables, réellement
propres et des économies.

Les alternatives énergétiques

Des alternatives concrètes existent, sont largement exploitables, et
permettent d?équilibrer sur le long terme nos besoins en énergie avec les
ressources de la planète. Aujourd?hui les énergies renouvelables ne
couvrent que 20% de la consommation mondiale d?énergie, mais le potentiel
de ces énergies est énorme car ce sont des ressources inépuisables telles
la chaleur de la terre, le soleil, le vent, l?eau, les marées, et la
croissance des végétaux ; celles-ci n?engendrant pas ou peu de déchets et
d?émissions polluantes. Il n?y a pas mystère lorsque nous comparons ces
énergies de « flux » aux énergies « stocks » avec leurs gisements limités
de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz, uranium) et les
nombreuses guerres économiques et physiques qui ont été menées en leur nom
! Il n?y a pas mystère que derrière ces énergies stocks l?état et les
multinationales ont trop investi pour pouvoir lâcher ces énergies
polluantes et gaspilleuses en faveur d?énergies saines et renouvelables.

Concrètement, il faut envisager une décroissance énergétique et une
adoption des énergies renouvelables d?un côté et de l?autre la fermeture
des centrales nucléaires et l?abandon des centrales thermiques
fonctionnant aux fioul et charbon. S?ajoutent à ceci un maintien du grand
hydraulique (eau) à son niveau actuel et une augmentation modérée de la
micro-hydraulique, envisageant un doublement de production par 2050. Le
potentiel éolien (vent) pourrait augmenter par dix d?ici 2050 et dans
cette même période la biomasse (végétaux, biocombustibles, déchets
organiques) pourrait être multipliée par cinq. Le potentiel photovoltaïque
(soleil) ne cesse d?augmenter avec la mise au point de technologies
toujours plus efficaces de stockage, d?injection, ou d?utilisation
directe. Tandis que l?énergie géothermique (terre) peut déjà être adoptée
comme moyen de chauffage d'habitation, climatisation, et électricité
injectée dans le réseau, son potentiel estimé est de 100 TWh par an.


La décroissance économique

Pour éviter d?aller droit dans le mur, nous devons exiger une
décroissance énergétique, qui peut bien sûr commencer par nous, mais qui
doit surtout aller au-delà du consommateur particulier et viser les
entreprises et les états qui nous imposent leur capital au détriment de
notre bien être physique et sociétal. Seule une stratégie de rupture avec
le profit et la concentration capitalistes peut ouvrir des perspectives.



La destruction du capitalisme

La consommation mondiale d?énergie peut être réduite de moitié simplement
en faisant des économies d?énergie, en changeant nos habitudes de
transport, de construction... Hors comment changer ces habitudes en
conservant l'organisation de la concurence guerrière propre au système
capitaliste?

La peur du chômage, les carrières basées sur l'argent, le système de
formation/spécialisation professionnelle et le manque de temps libre
conduisent à la multiplication des déplacements polluants. Comment réduire
les transports quotidiens de personnes sans changer l'organisation
actuelle du travail? Comment réduire les transports internationaux tant
que la logique de spécialisation des productions de l'économie est à
l'oeuvre? Comment sortir l'architecture contemporaine des bâtiments
publics de ses délires de verre et d'aluminium climatisés? Comment réduire
les transports de marchandises tant que la production est guidée par une
logique de profit: Produits non durables, changés souvent, vendus 'pas
chers', souvent dans le cadre de besoins crées par la pub pour soutenir la
croissance? Nous en venons aujourd'hui à considérer qu'il est normal
d'avoir chaud l'hiver et froid l'été... comment sortir de ces logiques
sans casser une certaine idée du productivisme et l'idéologie scientiste
de toute puissance sur l'environnement que l'ensemble des médias véhicule?
Comment changer nos modes de construction de logements tant que les
populations qui ont le plus besoin de se loger sont celles qui ont le
moins d'argent? Tant que l'accès coûteux et dangereux au crédit privilégie
de fait les économies à la construction sur les économies à l'usage?
Comment responsabiliser à l'environnement tant que les différences de
capital financier autorisent à une "élite" une mobilité mondiale en cas de
problème environnemental?

Le débat ne porte pas sur les modalités de la technique, mais sur les
conditions sociopolitiques, c'est-à-dire sur la maturité des populations,
leur capacité à définir leurs propres besoins et à mettre en ?uvre une
organisation sociale apte à satisfaire?sans compromettre ceux des
générations futures.

Le combat antinucléaire est un combat politique, jamais facile mais bien
nécessaire, pour un projet de société opposé au productivisme et au
capitalisme. La réappropriation de ce qui serait aux capitalistes et aux
cliques d'Etat est la seule à même de nous permettre un développement
technologique en lien réel avec nos besoins, notre cadre de vie, nos
libertés. Au Nord comme au Sud de l'hémisphère, cette réappropriation
passe entre autre par des actions concertées et coordonnées contre EPR et
le nucléaire civil et militaire, tout en visant l'autonomie,
l'autogestion, le fédéralisme, vers un projet social et écologique
égalitaire, donc libertaire.

Militons pour l?abolition des armées, gouffres énormes en matières
d?énergie et de matières premières, dont les dépenses mondiales
dépassaient les 1000 milliards de dollars en 2004.

Sortons du centralisme qui éloigne la production énergétique de ses
consommateurs et au lieu produisons le plus localement possible des
énergies renouvelables.

Il est temps de participer toutes et tous aux choix énergétiques qui nous
concernent, de devenir gestionnaires de nos ressources et des décisions
qui nous affectent ! Il est temps de rompre avec la passivité : reprenons
nos vies des mains des entreprises et de l?état qui nous exploitent.

Décroissance énergétique et autogestion avant qu?il ne soit trop tard !



Fédération anarchiste

145 rue Amelot 75011 Paris

http://www.federation-anarchiste.org


Notes :

(1) D. Voynet a récemment déclaré que la fibre antinucléaire n'était pas
dans sa culture écologiste. Les élus régionaux Verts de Basse Normandie se
sont abstenus lors de la décision d'implanter EPR dans la Manche. Enfin,
Verts, Alternatifs et LCR s'associent aux très nucléocrates PC et PS sans
y voir d'incompatibilité des moyens de faire de la politique...

[ expéditeur/expéditrice
<relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org> ]



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