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(fr) Mais que font les organisations anarchistes et le mouvement libertaire ?

Date Sun, 9 Apr 2006 21:44:44 +0200 (CEST)


[ texte repris du site de l'En dehors. Réactions et poursuite du débat sur
http://endehors.org/news/10126.shtml ]

Si Sarkozy a bien compris le danger que représentent les anarchistes pour
le pouvoir, il semble bien que les organisations qui relèvent de ce
courant n'ont pas encore pris la mesure des enjeux de la situation
actuelle. En effet que constate-t-on ? Ces organisations continuent a
fonctionner comme si la situation sociale n'avait pas changée : elles font
des communiqués, séparément, avec une petite phrase en plus, avec un petit
truc qui va les distinguer des autres, elles sortent des tracts et c'est à
peu près tout.

Alors que les organisations réformistes du Parti radical de gauche à la
LCR ont compris qu'il fallait s'unir pour tenter de donner une réponse
politique à la crise sociale, les anars et libertaires continuent leur
train-train habituel. Or le mouvement social a besoin de réponse
politiques, d'une alternative : ce ne sont pas les réformistes qui peuvent
leur donner car à part "voter pour nous, on rasera gratis" ils n'ont rien
à dire.

Mais les anarchistes et libertaires que disent-ils ? Rien qui corresponde
à la situation réelle. Ils se contentent de ressortir la sempiternelle
"grève générale" et c'est tout. En fait il n'y a pas besoin de se creuser
beaucoup car le mot d'ordre de "la grève générale" sert à toutes les
occasions à tel point qu'il n'est plus l'apanage des anarchistes mais
également de FO qui en fait un mot d'ordre incantatoire.

Or à quoi sert de crier "grève générale" quand l'écrasante majorité des
salariés est encore incapable de faire une journée de grève? Car il ne
faut pas se leurrer sur l'état de conscientisation de la masse, si elle ne
suit pas masivment les mots d'odre de grève interprofesionnelle ce n'est
pas parce que les syndicats ne proposent pas le grève générale mais
uniquement parce qu'ils ne veulent pas perdre une journée de salaire.

Nous anarchistes ne nous faisons pas d'illusion sur l'état de conscience
de la masse des salariés : leur cerveau est lobotmisé par la télé, ils
vivent dans un état de passivité crasse qui fait qu'ils n'ont même pas
idée qu'ils pourraient être les acteurs de leur vie. Au mieux la masse
délègue la lutte à ceux qui font grève et manifestent et soutient le
mouvement à travers les sondages : c'est la lutte par procuration mais
concrêtement ils ne font rien. La grève générale est aujourd'hui inadaptée
à la situation actuelle. Ce qui ne veut pas dire bien qu'elle le sera dans
8 jours ou dans un mois, nous n'en savons rien mais les anarchistes
doivent être pragmatiques pour comprendre le monde réel et ne pas lancer
des formules incantatoires ou magiques, comme si le fait de les dire
allait modifier le réel.

Le mouvement étudiant comprend bien d'ailleurs la situation du monde réel
et ne se leurre pas sur les capacités des salariés à lancer une grève
générale. La discussion chez les étudiants et lycéens est à l'heure
actuelle : comment bloquer la machine économique en trouvant d'autres
formes d'actions. Car compter sur un mouvement spontané de grève générale
comme le font la plupart des anarchistes est un leurre qui risque de tuer
le mouvement.

Les réformistes s'organisent pour conduire le mouvement anti CPE dans une
impasse, les anars et libertaires organisés ne proposent rien de concrêt,
sinon les habituelles incantations. Alors que du mouvement étudiant
commence à émerger une réponse et une direction politique ( voir les
appels émanant de Rennes, l'appel de Raspail ) qui pourrait tout à fait
constituer une amorce d'alternative anarchiste, les organsations
anarchistes restent chacune dans leur coin et ressassent leur vielles
idées sans prises sur le réel ( ce qui ne veut pas dire que les militants
anarchistes ne s'investissent pas dans le mouvement qu'ils soient
organisés ou non ).

Plusieurs questions se posent donc avec urgence :

* A quand des réunions unitaires des anarchistes et libertaires pour
proposer des réponses politiques face aux réformistes ?
* Quand les médias dont diposent ces organisations vont-elles se
mettre au service du mouvement social et donner des
contre-informations aux médias dominants : Pourquoi Radio libertaire
ne devient-elle pas une libre antenne et de débat du mouvement social,
y consacrant l'essentiel de ces programmes ? Quand les sites internet
régionaux des différentes organisations vont-ils donner des
informations plus rapidement qu'une fois par mois ou par an ?
* Quand des rencontres vont-elles avoir lieu avec les étudiants les
plus radicalisés pour définir des perspectives d'action ?

Une chose que les organisations n'ont pas encore compris, c'est que
lorsque qu'une crise sociale se présente, le temps n'est plus le même et
que si l'on est pas capable de réagir avec cette accélération du temps, on
se condamne à l'impuissance. Bien sur on pourra toujours dire, c'est la
faute des réformistes. C'est la solution de facilité que l'on emploit
souvent.

Espérons un réveil salutaire.

Libertad


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