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(fr) Courant alternatif # 152 - octobre 2005

Date Tue, 18 Oct 2005 17:58:51 +0200 (CEST)


*** SOMMAIRE
Edito p. 3
PRÉCARITÉ
Campagne unitaire libertaire contre la précarité p. 4
IMMIGRATION
Chronique de l?été 2005 p. 5
La Suisse à l?avant-garde contre le droit d?asile p. 7
Livres p. 9
ECOLOGIE CRITIQUE
Contre la culture du risque p. 10
Bagdad-on-Missisipi p. 11
NUCLÉAIRE
Offensive d?EDF sur tous les fronts p. 13
Le capital privé arrive aux portes des centrales p. 14
La CGT et l?énergie p. 15
Mourir à Moronvilliers p. 16
Déchets nucléaires : une manif qui a servi à quoi ? p. 16
Hiroshima : un anniversaire toujours sans condamnations p. 17
INTERNATIONAL
Islande : Quel prix pour la prospérité économique p. 19
Palestine : Gaza après le retrait p. 21
Les truculences de Big Brother p. 24

*** EDITO
En période de tensions sociales, la technique de la diversion fait ses
preuves. L?acharnement contre les étrangers, utilisés comme bouc
émissaire, est même parfaitement proportionnel à l?ampleur des saloperies
antisociales qu?un gouvernement souhaite faire passer contre la
population. Le gouvernement a porté un coup sans précédent depuis
plusieurs décennies contre le droit du travail en introduisant, entre
autre, par ordonnance (et donc par la force), le contrat de nouvelle
embauche. Il fallait donc une man?uvre de diversion à la hauteur de cette
attaque. Car la meilleure attaque, c'est d'atomiser la société, de
fragmenter le tissu social.

C'est le ministre de l'intérieur qui se charge des basses ?uvres, en
fixant aux préfets des objectifs : rafles, évacuation de squats ou
d'immeubles insalubres (après des incendies spectaculaires), reconduites à
la frontière de familles (il faut faire du chiffre) avec des charters
communs à plusieurs pays européens (il faut frapper les esprits), ? Les
immigrés payent le prix cher de cette politique spectacle. Les dernières
mesures prises à leur encontre ne visent pas tant à l'expulsion qu'au
maintien des étrangers dans leur statut de clandestinité. Le but du jeu,
pour la France, n'est donc pas tant de vider le pays des clandestins que
de contrôler la circulation des migrants. Et surtout de réduire un peu
plus chaque jour leurs droits. Corvéables à merci, expulsables après
usages : tel est l'objectif visé.
Mais il arrive que des grains de sable viennent enrayer la machine. Et ces
grains de sable sont de plus en plus nombreux. Lors de luttes
individuelles et locales contre les expulsions, nombre de personnes
découvre que les sans papiers sont aussi des voisins, des élèves, des
copains de classe, et non les obscurs clandestins diabolisés par les
médias. De plus en plus de monde est révolté par les méthodes policières
appliquées dans la chasse aux sans papiers.

Et sur le terrain social, lorsque la tension est à son comble et que la
"ligne jaune" est franchie par des salariés en lutte, on fait intervenir
l'armée (par exemple le GIGN contre les syndicalistes qui s'étaient
emparés du paquebot "Pascal Paoli" dans le conflit contre la privatisation
de la SNCM). On parle alors d'actions terroristes. Alors que c'est le
capitalisme qui terrorise chaque jour celles et ceux qui lui permettent,
par leur force de travail, de perdurer : licenciements, délocalisations,
remise en causes des acquis sociaux, précarisation de plus en plus accrue
des salariés. Espérons que la journée d'action du 4 octobre ne soit pas
qu'un coup d'épée dans l'eau, car les causes de mécontentement sont
nombreuses : le contrat nouvelle embauche qui permet à un employeur de
moins de 20 salariés de licencier sans motif pendant deux ans, sans que le
salarié n?ait un quelconque recours ; l'amputation de 20, 50 puis 100 %
des indemnités des chômeurs qui refuseraient un emploi "valable" ; le
remplacement de courte durée dans l'éducation nationale ; les suppressions
massives d'emplois tant dans le privé que dans le public (on a pu
apparaître à la rentrée scolaire dans certains établissements des "kits de
nettoyage" remis aux élèves internes pour effectuer le ménage que le
personnel, en sous-effectif, ne peut plus assurer quotidiennement) ; de
nouvelles attaques contre la sécurité sociale, ...

Tsunami, cyclones, inondations? Il y a de plus en plus de catastrophes
"naturelles". Mais qui ne sont pas plus "naturelles" que les maladies
professionnelles, le cancer de l?amiante ou le stress de la vie de bureau
! Elles sont politiques et économiques. Elles mettent en cause le système
actuel dans son ensemble, le productivisme forcené, l?extraction sans
limite des ressources de la planète. Mais l?État ne reste pas sans bouger
! Il prend en compte ces "risques". C?est la "culture du risque", avec
deux axes principaux : préparer les services de l?Etat et leurs larbins
humanitaires à intervenir là où il y a un problème ; préparer les
populations à l?éventualité des catastrophes. Car la culture du risque a
surtout pour but de conditionner les populations à des catastrophes
inouïes. Et quand, comme à la Nouvelle Orléans, les secours arrivent, ce
n'est pas sous la forme de l?humanitaire (qui vient souvent prêcher
l?attente et la soumission sur les terrains où la révolte est en train de
germer), mais sous la forme du militaire. Tout cela avec un relent de
racisme social et ethnique, les rescapés blancs "comme il faut" étant
secourus et évacués avant les noirs, avant les pauvres?
L'Islande, avec la création de 5 barrages et du lac artificiel le plus
grand d'Europe, ceci à fin de fournir de l'électricité pour le géant
américain de l'aluminium, ALCOA, qui devrait y produire 322 000 tonnes
d?aluminium par an, sera-t-elle, comme la France avec son énergie
nucléaire, une "victime" prochaine de catastrophe naturelle ? Espérons que
les manifestations et le mécontentement général de la population freinent
sérieusement les ambitions les plus délirantes des capitalistes.
Enfin, que dire du retrait israélien de Gaza, sinon qu'il ne règle rien :
la colonisation continue en Cisjordanie, le mur se construit. Des milliers
d?hectares de terres agricoles ont été détruits par les forces
d?occupation au cours des 5 dernières années. 60 % de la population de
Gaza vit en dessous du seuil de pauvreté, le taux de chômage est estimé à
40 %. La population palestinienne s?est repliée sur le plus petit et le
plus rétrograde dénominateur commun, à savoir la famille, le clan. Les
groupes religieux radicaux ont pu bénéficier de ce terrain favorable pour
ramener leurs discours obscurantistes. Alors, comme suite logique, une
guerre civile ?

OCL Reims, le 30 septembre 2005


OCL c/o clé des champs,
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