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(fr) Le Chat Noir # 7

Date Mon, 17 Oct 2005 18:00:11 +0200 (CEST)


Au sommaire :
- Mourir à Moronvilliers
- CRS et dangerosité des trains de déchets nucléaires
- Manif anti-déchets nucléaires à Bar le Duc
- Adeva et contrat du "pays Vitryat"
- Social
- Panique à la centrale de Nogent
- "La cour des miracles" du Faubourg de Laon
- La CGT est plus pronucléaire que jamais
- Edito de CA n° 152

MOURIR à MORONVILLIERS

Le samedi 10 septembre dans la matinée, nous nous sommes rendus à une
bonne vingtaine de personnes à Pontfaverger. Rappelons que cette commune
abrite la base militaire de Moronvilliers où le C.E.A. pratique des essais
dits froids en utilisant des répliques d'un modèle de bombe nucléaire où
est remplacée la matière nucléaire comme le plutonium par de l'uranium
appauvri et parfois quelques grammes de plutonium pour analyser comment
réagissent les explosifs chimiques qui sont dans la bombe.
Il s'agissait avant tout de coller l'affiche de la coordination «
Nucléaire : La voie criminelle » et de tenter de rencontrer la population
qui bien souvent travaille sur ce site, en lui distribuant un tract
d'informations connues (1) dans le but que les langues se délient. Ce
tract dénonçait les conditions de travail des salariés embauchés par des
entreprises
sous-traitantes du C.E.A, considérés comme de véritables « trimardeurs »
du nucléaire militaire.
Le tract se terminait par une dénonciation de la course à l'extension et à
la sophistication de l'arsenal nucléaire. Pour nous, « lutter contre les
futures catastrophes... passe aujourd'hui par l'exigence de la fermeture
de ce site de Moronvilliers ».
Ce n'était pas la première fois que des antinucléaires se rendaient dans
cette commune ; voici quelques années les portes se refermaient et les
rues se vidaient. Là, nous sommes, dès notre arrivée, tombé sur la sortie
de l'école communale. Même après avoir lu notre texte nous n'avons pas
ressenti d'agressivité à une notable exception près « Vous voulez que ce
canton meure !? » de ? l'antiquaire du coin. Les langues ont commencé à se
délier lorsqu'un habitant est sorti de sa maison pour nous dire qu'il
avait travaillé sur le site (avec la personne de 35 ans qui vient de
mourir d'un cancer), en bleu de travail mais avec des chaussures de
sécurité dans le démontage d'une aire bétonnée contaminée par des
expériences à l'air libre. Nous apprendrons que d'autres personnes
viennent de décéder et que d'autres sont bien malades.
Au cours de ces rencontres avec les parents d'élèves, un boulanger nous
confia avoir employé la personne qui venait de disparaître, et il mis en
doute aussitôt l'origine possible de cette disparition en lien avec son
activité dans le camp atomique du CEA. Il invoqua alors sa contamination
par l'amiante au cours d'emplois antérieurs. Son voisin renchérira sur
cette hypothèse, mais nous apprîmes dans les minutes qui suivirent que
celui-ci faisait partie du contingent de gendarmes du canton affecté au
camp. Nous rétorquions à cette habile façon de noyer le poisson si l'on
peut dire (stratégie probable de défense du CEA) qu'il existait dans le
domaine de l'amiante un protocole très rigoureux d'intervention sur les
sites depuis la contamination de centaines de milliers de personnes (2),
ce qui sans doute ne devait pas exister au sein du camp et encore moins
pour les trimardeurs précaires du nucléaire, qu'il soit civil ou
militaire.
Cette pratique comme cette situation d'une grande opacité, nous amène à
penser qu'il réside à cet endroit autant de sécurité qu'il en résidait sur
les sites des essais nucléaires du Pacifique à Moruroa pour les
populations locales comme pour les travailleurs et les militaires. On
parle désormais de 150 000 personnes contaminées victimes de près ou de
loin dans l'océan Pacifique et dans le Sud de l'Algérie à la suite des
tirs de bombes atomiques. Là encore la stratégie du secret défense et du
mensonge d'Etat fini bien par éclater au grand jour grâce à l'opiniâtreté
des populations polynésiennes et la mobilisation bien tardive des
candides militaires. C'est tout le sens que nous voulons donner à notre
action afin que ce centre militaire atomique soit fermé et que toute la
lumière soit faite sur la VOIE CRIMINELLE DU NUCLEAIRE.

Nous ne pouvions pas quitter ce village sans subir un contrôle de la
gendarmerie. C'est un « site sensible » surveillé en permanence par 21
gendarmes sur les 24 que compte cette brigade ! Alors que 4 d'entre nous
n'avaient pas leurs papiers sur eux dont 2 mineurs, nous avons été surpris
de la réaction des forces de répression qui ne nous ont pas ennuyés, se
fiant aux déclarations orales des contrôlé/e/s. Du jamais vu ! Comme quoi,
le moral des troupes n'y est plus?
A suivre.

(1) La porte de la cuve des essais dits froids a sauté en novembre 2004,
plusieurs travailleurs de ce site viennent de mourir d'un cancer, d'autres
ont bien des soucis de santé?. Voir Chat Noir 4 et 6.
(2) L'extrême nocivité de l'amiante est connue depuis... 1906 ! Il a fallu
attendre près d'un siècle pour que l'Etat français prenne des mesures. A
noter que le désamiantage est loin d'être terminé et que l'amiante, par
exemple, est encore utilisé dans la fabrication de plaquettes de frein en
Europe de l'Est, plaquettes que l'on retrouve en France chez certains
revendeurs...

http://journal-lechatnoir.site.voila.fr





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