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(fr) L'UDC et la question sociale

Date Mon, 17 Oct 2005 17:54:24 +0200 (CEST)


L?UDC est certes un parti xénophobe, réactionnaire sur le plan social et
culturel, patriarcal, partisan des stratégies sécuritaires et policières
les plus dures. Mais c?est surtout un parti furieusement bourgeois,
porteur d?un authentique projet de dictature de l?économie.
A l?occasion du vote sur les bilatérales II du 25 septembre dernier, de
nombreuses voix des milieux populaires mettent en avant la "question
sociale", exprimant les peurs, les angoisses, voire les revendications
d?une frange significative de monde du travail. Et ce en "dissidence"
avec le message dominant des élites, y compris la bureaucratie
social-libérale, qu?elle soit partidaire ou syndicale.
La presse bourgeoise a beaucoup insisté sur les contradictions internes
de l?UDC opposant l?aile des entrepreneurs, exprimant à travers l?appel
au "oui" leurs intérêts de classe les plus immédiats, et celles de
milieux davantage liés à l?appareil du parti et à son activité plus
généralement politique et idéologique. Ces milieux gèrent un capital
électoral dont un des éléments centraux est une vision de la société et
des problèmes politiques dominée par une conception xénophobe qui permet
de se rapporter au monde, de s?y situer et de le comprendre.
Sacrifier cette conception globale à l?expression des intérêts immédiats
des patrons de l?UDC revenait pour l?appareil du parti à risquer, voir à
sacrifier, une partie de son capital politique.
Dans ce contexte, on entendu quelques personnalités du parti "défendre"
les intérêts des "travailleurs suisses" (et parfois même des immigrés
européens et établis) et critiquer les milliardaires de l?UDC.
De telles positions ont-elles une dimension stratégique et idéologique
propres? En d?autres termes, peut-il y avoir dans l?UDC des
contradictions suffisamment fortes pour que se dégage une fraction plus
radicalement populiste, plus proche de certains éléments de fascisme
classique?
Cela ne semble pas le cas à court terme. En effet, aussitôt les
résultats du 25 septembre connus, l?UDC parle pour l?essentiel d?une
seule voix: A savoir, accélérer et approfondir l?offensive capitaliste
néo-libérale et gérer au mieux des intérêts patronaux les nouvelles
forces de travail qui arriveront sur le marché. Les "défenseurs du
travail suisse" n?ont rien à proposer, se taisent et rentrent dans le
rang. Tout le parti est à nouveau réuni pour tirer parti des nouvelles
occasions qui permettront d?exploiter le filon xénophobe.
Car le problème est bel et bien là. L?engagement de secteurs des classes
populaires comme militantEs ou électorat de l?UDC se fait sur la base non
seulement d?une conception xénophobe du monde, mais très souvent aussi
sur la base de conceptions autoritaires et droitières.
La référence xénophobe stérilise la "question sociale". Elle interdit en
fait de la poser sous une forme autre que le ressentiment ou le
vote-sanction et de revanche contre l? "établissement", y compris contre
les élites social-libérales. Mais ce type de vote n?a pas d?envergure. Il
ramène à l?allégeance et à la communauté ?nationale? incarnée par le
parti et donc à la soumission à ses élites bourgeoises.
La conception xénophobe du monde et de la société est inséparable
d?autres significations "droitières" profondément ancrées dans une partie
du mouvement populaire de ce pays: Haine du service public et de ses
prestations, pensées sous le signe des "abus", autoritarisme, sexisme,
haine de l?impôt, hostilité face à tout ce qui est porteur d?une
dynamique de socialisation, d?égalité, mise en commun, mais adhésion à ce
qui hiérarchise, soumet ou exclut. C?est pourquoi la dissidence contre
les "gros" est ponctuelle, faible, anecdotique. Elle rompt cette
communauté de références et de symboles par laquelle une partie des
classes populaires se rapporte au monde dans la dépossession et le
ressentiment.

Texte extrait de Rebellion # 34

Feuille d'agitation de l'Organisation socialiste libertaire (Suisse)
www.rebellion.ch

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