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(fr) Quelques enjeux a propos de la privatisation de la SNCM

Date Fri, 14 Oct 2005 10:29:44 +0200 (CEST)


Comment ne pas être agréablement surpris par la lutte des marins de
SNCM ! Que de sourires n'avons-nous pas échangés quand on appris que
quelques uns d'entre eux avaient repris une partie de leur outil de
travail ! Quelle rage n'avons- nous pas ressentie lorsque le GIGN et des
commandos de marine ont repris ce bateau devenu un symbole ! Comment ne
pas se sentir enthousiasmés par le soutien qu'apportent à cette lutte les
insulaires et les dockers de Marseille ! Ces formes d'actions directes
pour dire non à la privatisation d'une entreprise de transport nous
montrent bien qu'il est de plus en plus difficile de faire entendre raison
à un gouvernement qui n'a que faire de la démocratie.

Mais pourquoi Villepin s'acharne-t-il autant ? Pourquoi prend-il le
risque de faire déraper un contexte social et économique, qui pourrait se
fragiliser encore plus, alors que la légitimité des décideurs
économiques et politiques est de plus en plus mise à mal ?

On peut émettre au moins deux hypothèses, l'une conjoncturelle,
l'autre structurelle. Une nouvelle fois, la lutte des marins de la SNCM
montre qu'une partie significative de la population se mobilise contre la
casse des services publics, contre leur privatisation. Or, Villepin est
bien obligé de se préparer au futur conflit qui l'attend
prochainement et qui concernera la privatisation d'EDF. Les camps
s'arc-boutent sur leurs positions respectives ; les pro mondialisation
d'un côté (on doit y inclure le PS, par exemple dans la mesure où Jospin a
signé avec Chirac, en 2002 à Barcelone, le texte prévoyant cette
privatisation) et de l'autre les antilibéraux et anticapitalistes, luttant
pour le maintient des services publics, quitte à redéfinir leurs fonctions
et la nature desdits services. Ainsi, si Villepin accepte de maintenir
l'État en position majoritaire au sein du capital de la SNCM, il offrira
une opportunité supplémentaire à ses adversaires du moment, ce qu'il ne
peut se permettre, tant la privatisation d'EDF est un enjeu important.

La deuxième hypothèse nous renvoie à la faiblesse du mouvement
antimondialisation. Bien qu'il existe une majorité contre la
construction européenne et la mondialisation (référendum du 29/05/05), ce
mouvement n'est pas dans la capacité de, sinon proposer des
alternatives, du moins de faire en sorte qu'il en émerge permettant
d'envisager une rupture d'avec le capitalisme. (D'ailleurs la veut-il
vraiment ?). Il ne se situe qu'en réaction à la mondialisation. A tel
point, que les réformistes sont devenus ceux qui mettent en ouvre les
politiques néolibérales. Ainsi on a réussi un véritable tour de force :
alors qu'auparavant les réformes étaient synonymes de progrès social,
maintenant les « réformistes » sont les tenants du libéralisme. Ce tour
de passe-passe montre bien que les mouvements sociaux sont en panne ;
qu'ils manquent de perspectives ; qu'ils s'accrochent au mythe des trente
glorieuses. Ceci explique en partie pourquoi les différents gouvernements
sont en position de force lorsqu'ils imposent leur politique, malgré les
fortes mobilisations comme en 2003 par rapport aux retraites. Pour
revenir au mouvement actuel, le gouvernement, pour conserver cet atout,
doit continuer à passer en force ses « réformes ».

Si nous voulons être à la hauteur des enjeux que nous pose
l'évolution de la société, il nous faut réfléchir à ce que signifie le
maintien des services publics. Des services pour quoi faire ? Est-ce que
la rentabilité doit être l'une des modalités prépondérantes ? Pour en
revenir aux transports cela ne passe-t-il pas par la revendication de
leur gratuité ? De même pour l'énergie, l'électricité doit-elle être
gratuite ? Doit on maintenir l'arsenal nucléaire ? C'est à un véritable
choix de société auquel il faut s'atteler. N'ayons pas peur d'utopier. Il
y a quelques années on revendiquait « l'imagination au pouvoir ! »

JC





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