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(fr) Maintenant ! A propos de la lutte armee et de la liberation des gens d'AD

Date Sat, 8 Oct 2005 10:22:44 +0200 (CEST)


En quoi la libération des militant(e)s d?Action directe est une pressante
nécessité

La chambre d?application des peines de Douai a refusé, le 14 septembre
2005, pour la énième fois, la libération conditionnelle de Nathalie
Ménigon.

On sait que l?état de santé de cette militante, qui a subi deux accidents
vasculaires cérébraux, est très précaire, notamment du fait de sa
détention. On sait que la prison détruit et qu?elle ne soigne pas celles
et ceux dont elle a détruit la santé. De ce point de vue, la prison est un
mensonge obscène sur la possibilité d?un « châtiment » qui se
« limiterait » à la privation de liberté.

Ceci rappelé, disons que le présent texte ne se fixe pas pour tâche de
ressasser les motifs d?ordre humanitaire ou idéologiques qui
justifieraient la libération des ancien(ne)s militant(e)s d?Action
directe. Ces motifs sont bien connus et d?ailleurs reconnus par un nombre
croissant de personnes qui ne partagent aucun des objectifs d?Action
directe ou qui partagent certains d?entre eux (« révolution », «
communisme ») en désapprouvant l?assassinat politique comme moyen
d?action, soit pour des raisons philosophiques, soit pour des raisons
tactiques, soit les deux à la fois.

Au-delà d?une élémentaire opposition au traitement que l?on inflige à ces
détenu(e)s « au nom de la société », le présent texte veut attirer
l?attention sur le fait que leur libération ne présenterait que des
avantages, y compris ? à rebours des « inquiétudes »
gouvernementales ?celui de prévenir les réactions désespérées que ne
manquerait pas de susciter le décès en prison de l?un(e) d?entre eux.

Lors des diverses procédures de ces dernières années, et encore en
septembre dernier, il a été notamment reproché à Nathalie Ménigon son «
manque de repentir ». On lui a également opposé le fait que la région
Provence-Alpes-Côte d?Azur ou réside son futur employeur est une terre
d?accueil pour des militants basques d?ETA ! Gageons qu?on objectera à
Jean-Marc Rouillan, embauché par les éditions Agone, sises à Marseille,
que la cité phocéenne est infestée d?indépendantistes corses? Ces
niaiseries montrent que le gouvernement, n?a trouvé, pour refuser
l?élargissement des gens d?AD, ni argument juridique ni objection
technique. Elles indiquent assez que seule la peur fantasmatique d?une
reprise de l?action armée explique leur maintien en détention.

J.-M. Rouillan a accordé un entretien à {La Dépêche du Midi} (26 juillet
2005) dont j?extrais les passages suivants, éclairants à plus d?un titre
(même si l?on doit toujours suspecter des distorsions entre propos tenus
et propos rapportés) :

« Après notre amnistie en 1981, on nous a dit que nous avions recommencé.
Mais nous avions juste repris notre place dans le combat. Aujourd'hui, les
tribunaux disent qu'Action directe existe toujours. C'est de la pure
folie. Ça n'existe plus depuis au moins seize ans. Ils confondent le
mouvement de soutien révolutionnaire actuel avec l'organisation telle
qu'elle a existé. {Même l'histoire a changé. Nous avons lutté à l'époque
du bloc communiste}. Il n'y a plus d'organisation armée
aujourd'hui. Il faudrait une vraie volonté pour refaire quoi que ce soit
dans ce sens. »

Passons sur une maladresse d?expression qui tient au fait que le langage
en usage dans l?appareil d?État et celui d?un militant se réclamant d?un
courant communiste sont sémantiquement inconciliables. « Nous n?avons pas
?recommencé?, dit en substance Rouillan, nous avons repris notre place
dans le combat. » C?est évidemment la même chose au regard du code pénal.

Plus intéressante est la dénonciation du fantasme de la permanence
d?Action directe comme organisation de lutte armée, prête à « reprendre sa
place dans le combat ». Ici, Rouillan a raison : Action directe, c?est
fini. S?ils étaient de bonne foi, ses contempteurs moralistes relèveraient
ce qu?il y a dans ce constat d?autocritique de fait et de lucidité.

Les historiens ? et les jeunes militants d?aujourd?hui seraient bien
inspirés d?en faire autant ? noteront la référence (soulignée par moi dans
les propos de Rouillan) au « bloc communiste », expression commune aux
journalistes et aux staliniens. On mesure ici à la fois l?importance
positive qu?avait prise les dictatures staliniennes pour les militants
d?Action directe, liés à la Fraction armée rouge allemande (RAF) à partir
de 1985 (elle-même soutenue par l?Allemagne de l?Est), et
l?espèce d?effarement dont on imagine comment il a pu saisir d?autant plus
violemment des militants détenus, mis à l?écart du monde, et
recevant dans une bulle d?isolement hostile la nouvelle de
l?effondrement du mur de Berlin : « Même l?histoire a changé ! »

Rouillan semble, dans cette déclaration, lier la lutte armée à
l?existence des régimes staliniens, en l?absence desquels « il faudrait
une vraie volonté pour refaire quoi que ce soit dans ce sens ». Manière de
dire que c?est inenvisageable, sauf à verser dans un volontarisme
délirant, appelé à se fracasser la tête sur le mur de l?histoire, qui ?
même elle ? a changé.

Du fait du choix que ses militant(e)s ont fait de pratiquer des
exécutions, et des longues peines auxquelles ils/elles ont été
condamné(e)s, Action directe peut incarner et épuiser aux yeux des jeunes
d?aujourd?hui la définition de la « lutte armée » en France. Or, non
seulement il n?en est rien, mais Action directe a regroupé au
contraire autour de ce choix politico-tactique (les exécutions) une
poignée de militant(e)s, tandis que de nombreux groupes et individus
autonomes ont pratiqué, après 1968, des actions violentes, illégales et
souvent « explosives », détruisant ou dégradant des biens, des moyens de
communication ou de transport de l?énergie, et des cibles symboliques.

Pour aller vite, et l?on se reportera avec profit à la brochure {Retour
sur les années de braise. Les groupes autonomes et l?organisation Action
directe} (28 p., Toulon, mars 2005) [[Éditions du CRAS, BP 51026, 31010
Toulouse cedex 6 (prix libre ; y inclure les frais de port) ou
<http://cettesemaine.free.fr/textes.html>.]], la majorité des militants,
libertaires, autonomes ou ex-maoïstes dont certains se retrouvent par
exemple en 1977 dans la coordination CARLOS (Coordination autonome des
révoltés en lutte ouvertes contre la société), sont hostiles à la
création d?une organisation permanente (ils préfèrent user de sigles
différents suivant les actions menées), et surtout aux assassinats
(exception : l?exécution de Tramoni, vigile de Renault qui avait abattu
Pierre Overney, militant de la Gauche prolétarienne).

En octobre 1977, les militants des NAPAP (Noyaux armés pour l?autonomie
prolétarienne) écrivent : « Nous avons tiré le bilan des pratiques
politico-militaires étrangères qui mènent des combattants ?spécialistes? à
une lutte solitaire et suicidaire face à l?appareil d?État moderne. » Des
organisations à forme de coordinations tel le MIL (Mouvement
ibérique de libération), groupe franco-espagnol, antifranquiste et
anticapitaliste, ou les GARI (Groupes d?action révolutionnaire
internationaliste) s?autodissolvent, respectivement en 1973 et 1974, avec
le souci ? au-delà des difficultés de la lutte, de la répression, et des
querelles intestines ? d?éviter la spécialisation « qui devient hiérarchie
de fait », comme l?écrivent des militants des GARI.

La coordination CARLOS, qui commet en 1977 une « nuit bleue
antinucléaire » (série d?attentats coordonnés) se sépare au bout d?un an,
à la fin de l?été 1978, sur le constat d?un désaccord politique de fond.
Les quelques militant(e)s qui jugent nécessaires de passer aux exécutions
(pratiquées en RFA, en Italie et en Espagne) vont créer Action directe,
qui apparaît publiquement par le mitraillage de la façade du siège du CNPF
(le MEDEF de l?époque), le 1 er mai 1979. Les meurtres du général Audran,
spécialiste des ventes d?armes (1985) et Georges Besse, PDG de Renault
(1986), ainsi que la répression qui s?ensuit, contribueront à isoler les
militant(e)s d?Action directe de leurs « milieux politiques d?origine »
(milieu libertaire, par ex.).

Il ne s?agit pas ici de glorifier la « bonne lutte armée », libertaire et
méfiante à l?égard des avant-gardes, dont l?efficacité doit être
discutée comme celle de toute autre stratégie. Il s?agit de souligner le
caractère minoritaire du choix qui fut à l?origine de la création de
l?organisation Action directe, choix qui entraînait nécessairement ses
membres dans une logique de face-à-face avec l?État.

Les militant(e)s qui ont aujourd?hui entre 20 et 30 ans n?ont rien connu
de l?époque d?activité du groupe Action directe. Ils ne retiennent à son
propos que des abstractions tenant du fait divers et de l?idéologie : «
meurtre d?un général marchand d?armes », « meurtre d?un patron ». Rendus
quasi abstraits par le temps, ces meurtres sont plus facilement légitimés.
Certes inutiles ? personne n?en disconvient, et pour cause ! ? ces actes
sont en partie « sauvés » par leur légitimité supposée. Donnée une fois
pour toutes (par l?idéologie), celle-ci serait hors d?atteinte de la
critique. Elle est encore renforcée par la dignité de militant(e)s qui ne
se sont pas reniés en prison. Sans doute, une telle force de caractère
aurait-elle trouvé meilleur emploi dans les aventures d?une vie libre,
mais n?importe : elle force le respect. Il est vain, même de la part
d?adversaires politiques, de la leur reprocher.

Seule leur libération mettrait réellement ces militant(e)s en situation
psychologique, culturelle et politique d?évaluer les modalités passées de
leur engagement. Que les réflexions et les nouveaux engagements qui en
procéderont ne puissent satisfaire des juges ou des ministres est très
probable, et tout à fait hors sujet.

Pour l?heure, je m?inscris en faux contre l?idée que la digne obstination
de ces militants éclaire positivement à postériori les meurtres qui leur
sont reprochés. En effet, on peut accepter comme légitime un geste de
révolte {individuelle}, même s?il est inutile, voire contre-productif
(l?incendie du Reichstag, par exemple). Pour une organisation politique,
le caractère inutile et contre-productif d?une action la rend
illégitime. De plus, on ne réduit pas la portée d?un crime inutile en le
qualifiant d?erreur stratégique (évaluation qui ressort assez clairement
des déclarations de Joëlle Aubron depuis sa libération). Parti ou
organisation ne sont pas « un camarade qui se trompe ».

Si son analyse, ses alliances et ses moyens d?action sont erronés, alors
l?existence même de l?organisation est une erreur que ne « compense » ni
la « bonne foi » des individus ni le recours à une rhétorique
politiquement correcte (l?odieux marchand d?armes, le méchant patron).

J?ai milité contre la peine de mort lorsqu?elle existait (avant 1981).
J?ai récusé toutes les exceptions proposées par ses partisans :
assassins d?enfants, assassins de flics? Je ne considère pas que la peine
de mort soit plus acceptable si décidée sans instruction, sans défense,
sans avocat et sans garantie d?aucune sorte par une
demi-douzaine de zozos qui n?imaginent pas d?autres moyens de s?adresser
au peuple pour le « réveiller ». Certes, le meurtre ciblé (il n?est pas
question ici de terrorisme) peut être un des seuls moyens d?action
envisageables dans certaines situations historiques (occupation,
dictature), ce qui ne signifie d?ailleurs pas qu?il soit efficace.
Lorsqu?il exprime l?impasse d?un groupe de militants et non la situation
d?un peuple ou d?une classe, lesquels n?ont pas de « représentants », même
chargés de se sacrifier, je le juge inacceptable dans son principe.

Le bilan d?Action directe est accablant : deux morts, des orphelins, des
vies gâchées (la leur, celles de leurs proches, celles des proches des
victimes). Je peux comprendre la réserve de certain(e)s qui préfèrent
atténuer ce bilan ou le passer sous silence à l?heure où au moins deux
militantes d?Action directe sont en danger de mort (J. Aubron en liberté
et N. Ménigon en détention), mais je la désapprouve. N?ayant jamais
considéré les militant(e)s d?Action directe comme des camarades dont je
partage le combat, même si des liens d?amitié anciens m?unissaient à
Hellyette Bess (Cf. mon texte d?époque « Contre AD et contre l?État »,
dans la même rubrique), je ne me sens tenu à aucune réserve, et
notamment pour des raisons sur lesquelles je vais insister dans la suite
de ce texte.

{{{Pathos et revival}}}

Sans que cette conséquence ait été voulue par ses animateurs, la campagne
pour la libération des militant(e)s d?AD leur a ? presque
mécaniquement ? redonné une espèce de légitimité, légitimité d?ailleurs
supérieure à celle qu?ils avaient acquise au moment où ils agissaient
librement, dans l?isolement politique évoqué plus haut. Certes, c?est leur
force de caractère qui attire la sympathie davantage que leurs actions
passées. Par ailleurs, la nécessité de rédiger des communiqués, des
pétitions, des appels, amène tout naturellement ? la tendance
militante au pathos aidant ? à ripoliner le bilan d?AD. Ses militant(e)s
se voient qualifié(e)s publiquement à plusieurs reprises, notamment par
des militants anarcho-syndicalistes, de « prisonniers de la lutte des
classes ». Un meeting parisien donne l?occasion, devant une assistance
qu?AD n?aurait pas réunie il y a vingt ans, à quelques militant(e)s
français et étrangers de justifier, certes rétrospectivement et à mots (à
peine) couverts, les meurtres politiques, poliment applaudi(e)s par une
salle remplie pour l?essentiel de militants libertaires et
anarcho-syndicalistes pas du tout favorables par ailleurs au maniement du
revolver ou du plastic.

Le communiqué, en 2004, d?un Collectif alsacien de soutien au militantes
et militants d'Action directe illustre la manière dont la combinaison d?un
certain nombre de thèmes, assez anodins chez les révolutionnaires, conduit
à donner aux militant(e)s d?AD une place qu?ils/elles n?ont jamais eu en
liberté[[On y ajoutera pour l?anecdote l?empressement de personnalités
gauchistes (Arlette Laguiller, Alain Krivine?) à saluer publiquement et
chaleureusement Joëlle Aubron, croisée au hasard d?un défilé.]] :

« Nous sommes aujourd'hui ici pour réclamer la libération des militantes
et militants d'Action Directe, parce que le combat révolutionnaire et
anticapitaliste vit toujours. La preuve nous sommes ici. Parce que l'État
peut toujours nous enfermer, il ne fera jamais taire les colères que la
misère provoque. Certes, nous avons eu des divergences avec la forme
politique qu'a prise Action Directe en son temps. Mais malgré les années
de détention, d'isolement, d'humiliation et de grèves de la faim, ils et
elles n'ont jamais renié ni leurs idéaux ni leurs
camarades. Ils et elles restent comme nous, des militantes et des
militants anticapitalistes qui se battent pour un monde meilleur. [?] Ce
que nous avons à réaffirmer ici, c'est que l'histoire c'est
l'histoire de la lutte des classes, et que les militantes et militants
d'Action Directe sont les compagnes et compagnons d'un combat commun, et
que notre arme aujourd'hui, c'est la solidarité. »

Autre exemple d?une nouvelle production de discours : en l?espèce le fait
d?anciens militants maoïstes militant à la CNT, dont chacun peut
reconnaître le style particulier dans un communiqué de l?union locale CNT
de Béthune du samedi 19 février 2005 indiquant que les militants d?Action
directe croupissent en détention « pour avoir porté très haut leurs idéaux
anticapitalistes et anti-impérialistes ({sic}) ». D?autant plus haut
qu?ils ont du sang sur les mains ? Je crois sans peine que les rédacteurs
de ce texte ne pensent rien de semblable. Ils sont entraînés par leur
propre rhétorique. Autre note d?ambiance : le {revival}
inattendu, dans le même milieu, du folklore néo-résistancialiste des «
maos » favorables à la lutte armée dans les années 70. « Nous sommes les
nouveaux partisans, francs-tireurs de la guerre de classe », chante
Dominique Grange devant des parterres d?anarchistes ravis.

Certes, il n?y a nul « complot terroriste » sous ces effets de manche et
ces enfantillages ; il serait même absurde d?y voir l?indice d?un retour
en grâce de l?« action directe » au sens étroit que cette expression a pu
prendre en France à la fin du XIX e siècle, période dite « des
attentats anarchistes ». Cependant, la conjonction de ces facteurs[[Tous
de notoriété publique, je le souligne.]] constitutifs d?une
relégitimation même involontaire des assassinats politiques, combinée à la
très légitime exaspération de nouvelles générations militantes contre un
système qui ne prône la non-violence que lorsqu?elle préserve ses
propriétés, risque de (re)former un terrain idéologique sur lequel la
nouvelle du décès en détention d?une militante d?Action directe pourrait
avoir des conséquences dramatiques. On rappellera aux sceptiques
oublieux la triste odyssée de Florence Rey et Audry Maupin. Même un flic
ou un ministre devraient pouvoir comprendre que c?est précisément et
paradoxalement {à proportion de leur éloignement dans le temps d?avec
Action directe} et de la naïve ignorance qui l?accompagne que de jeunes
militant(e)s seraient susceptibles de réactions violentes et
irréfléchies.

Plus le temps passe et plus le risque s?accroît de voir Action directe,
groupuscule minoritaire d?il y a vingt ans, s?inscrire dans l?histoire par
une martyre, susciter une légitime compassion, une non moins
légitime colère, et peut-être de maladroites émules. La libération de
Joëlle Aubron, atteinte d?un cancer au cerveau, était un premier pas qu?il
serait absurde de contredire par pusillanimité politicienne.

Il ne s?agit pas d?« humanité » ou de « justice », mais d?éviter le pire.

C?est {maintenant} qu?il faut libérer, sans exception, tous les militants
et militantes d?Action directe et clore ? par un geste que rendent
possible la loi et la conjoncture politique ? ce chapitre de l?histoire de
l?extrême gauche française. En s?y refusant à nouveau, les autorités
n?encourraient pas seulement le reproche de sacrifier la vie de N.
Ménigon, elle feraient naître le soupçon d?une « stratégie de la tension »
pariant sur les réactions violentes à son décès, qui permettraient de
justifier et d?étendre encore des mesures dites « anti-terroristes ».


Claude Guillon

Paris, le 26 septembre 2005

<www.claudeguillon.internetdown.org>

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