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(fr) Pas de justice, pas de paix !

Date Thu, 10 Nov 2005 15:21:25 +0200


Les événements qui agitent les banlieues françaises depuis près de deux
semaines sont bien l'expression d'une révolte dont on ne peut nier
l'aspect politique. On ne peut nier l'existence d'une situation émeutière
contre des représentants ou des symboles d'un ordre social inégalitaire,
raciste et oppressant qui considèrent la jeunesse des quartiers populaires
comme une -racaille- devant être nettoyée au -Kärcher- puis moisir en
prison. Dans ce contexte, mettre le feu à une voiture, à un bâtiment
public ou à des commerces est un acte politique, qui même si nous pouvons
nous interroger sur le bien fondé de ces actions, notamment sur le fait
qu'elles nuisent plus aux classes populaires qu'à a la bourgeoisie et aux
vrais responsables de cette situation sociale, reste le seul moyen
d'expression d'une jeunesse à qui la société n'offre aucune autre
perspective que la galère, la frustration et le flicage. Nier les origines
sociales de cette violence est le premier outil qui permet de mettre en
place des politiques répressives de criminalisation de la misère et des
banlieues.

A force d'ignorer que c'étaient des humains qui vivaient dans ces cités
dortoirs construites à la va-vite hors des villes où furent parqués les
immigrés et les pauvres. Ces cités qui sont un condensé de toutes les
erreurs urbanistiques et donc de toutes les difficultés de vie pour les
individus. Ces cités où il n'y a aucun espace de socialisation pour se
retrouver. Ces cités où le chômage et la misère sont le quotidien des
adultes et le devenir des enfants. Il n'était pas nécessaire d'être
sociologue ou devin pour prévoir ce qui se passe aujourd'hui. Quand on nie
l'individu a ce point il est naturel qu'il se révolte. Quand les
politiques se scandalisent du non respect des jeunes de banlieue pour les
institutions républicaines Ils semblent oublier que la République ne les a
guère pris en considération depuis des décennies.

Mais au fil de déconvenues électorale et de provocations d'un Ministre de
l'intérieur qui a le « sens du dialogue », ces êtres marginalisés, bafoués
et sans cesse montrés du doigt se sont révoltés spontanément. Il n'y a
guère que le Ministre de l'intérieur pour croire à une organisation
structurée. Les responsables ce sont bien ceux qui ont permis la
construction de telles « cités » et ceux qui ont laissé se dégrader les
conditions de vie de ces populations en ne leur apportant pas l'aide et le
soutien dont elles avaient besoin.

Le quadrillage des quartiers par les forces anti-émeutes et par les unités
de choc de la police appuyés par des hélicoptères volant toute la nuit au
ras des habitations ainsi que le rappel de réservistes ne sont qu'une
surenchère militaire du gouvernement qui ne contribuera qu'a attiser le
feu et la colère. Des milliers d'interpellations et de gardes à vue, plus
de 700 mises en examen pour des motifs fréquemment farfelus et des preuves
le plus souvent inexistantes dans des conditions de défense désastreuses
ne régleront en aucune façon le malaise social des banlieues et de la
jeunesse.

L'application de mesures légales exceptionnelles comme le couvre feu
relevant des lois spéciales datant de la guerre d'Algérie est une
véritable provocation à l'adresse de la jeunesse en colère ainsi qu'un
danger fondamental pour les libertés publiques. Le texte de loi prévoit
sur simple ordre des préfets l'instauration de couvres feux, des
perquisitions de jour et de nuit, l'interdiction de séjour ou
l'assignation à résidence pour toute personne menaçant, selon les critères
du gouvernement, l'ordre public, l'interdiction de rassemblement, la
fermeture des cinémas, des théâtres, des cafés, et des lieux de réunion,
mais aussi le contrôle de la presse écrite, télévisuelle et radiophonique
ainsi que le web.

Après la répression systématique des mouvements sociaux et syndicaux
(intervention du GIPN contre les postiers de Bègles, inculpations massives
des anti-OGM, l'assaut héliporté du GIGN et des commandos-marine contre
les mutins du « Pascal Paoli »), l'Etat prépare la guerre sociale contre
les pauvres et contre tous les résistants à cette société de classes. La
fuite en avant du gouvernement dans une dérive fascisante inquiétante doit
mobiliser toutes les composantes du mouvement social et syndical pour
organiser la défense de nos libertés et de nos conquêtes sociales.

Oui il y a des raisons de se révolter, mais brûler des voitures
(appartenant à des personnes parfois aussi pauvres), frapper au hasard ne
fait que du tort et ne fait que renforcer tous les replis identitaires
(qu'ils soient nationalistes ou religieux). Notre révolte doit prendre sa
source contre les véritables responsables de la misère et de la précarité
installée : le capitalisme et l'Etat. Et notre révolte ne prendra de sens
qu'en s'organisant contre le capitalisme et ses effets destructeurs, en
s'organisant dans les quartiers contre les huissiers, contre des logements
trop chers, pour des vrais services publics (égalité d'accès passant par
la gratuité des transports...)…

La Fédération anarchiste exige le retrait des forces répressives, le
retrait et l'abrogation des mesures d'urgence et des lois d'exception,
l'arrêt des poursuites judiciaires contre les jeunes révoltés, la
libération de toutes les personnes emprisonnés ainsi que la lumière sur
les circonstances de la mort de Ziad Benna et Bouna Traoré. La Fédération
anarchiste tient à témoigner son soutien aux habitants, aux familles,
ainsi qu'aux travailleurs des quartiers victimes de la violence sociale de
certains émeutiers comme celle de la police.

Mettre en échec ce gouvernement fascisant, méprisant et arrogant ne pourra
se faire que sur le terrain du rapport de force : la construction d'un
mouvement social débarrassé des parasites politiciens et bureaucrates,
fonctionnant et se coordonnant sur la base du fédéralisme libertaire, de
la gestion et de la démocratie directe dans une perspective de
transformation révolutionnaire de la société constitue la condition
indispensable à la conquête de l'égalité économique et sociale, gage de la
liberté et de la sécurité pour toutes et pour tous !


Qui sème la misère récolte la colère !
Pour une société égalitaire et libertaire
La révolution reste à faire !

Fédération anarchiste
Secrétariat aux relations extérieures
145 rue Amelot 75011 Paris
relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org

(expéditeur/expéditrice <relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org>)
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