A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Hommage à Stéphane Kremer

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Sun, 1 May 2005 16:13:13 +0200 (CEST)


_________________________________________________
A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________

Stéphane Kremer, Steph K., ou encore Stef. Certain-e-s l'auront connu
sous le pseudonyme de "NEM", ou sous l'adresse électronique "nem.diy".
Bien d'autres l'auront rencontré par courrier; par le biais de ses
"Éditions Turbulentes"; à travers sa liste de distribution par
correspondance, "Nun Enlitigas Mi"; pour son engagement auprès des
prisonnier-e-s, au sein de l'ABC.

Tou-te-s garderont le souvenir d'une personne impliquée personnellement,
engagée émotionnellement; dans ses idées, dans ses relations, dans ses
combats. Celles et ceux qui l'ont côtoyé se souviendront de sa chaleur
humaine et de la jovialité des moments échangés; ceux et celles qui ont
partagé son quotidien n'oublieront pas son affection généreuse et sa
tendresse attentionnée; ni ses amitiés entières, ni son caractère, à la
fois doux et déterminé.

En ce mois d'avril 2005, Stéphane est décédé d'une overdose dans son
appartement, à Dijon. Il avait 29 ans. Difficile de commenter une fin si
abrupte, imprévisible, sans se perdre en conjectures malheureuses. Qu'il
ait vécu la drogue comme possibilité de plaisir assumé, ou qu'une
détresse personnelle, politique, l'y ait mené; rien ne peut altérer
l'estime, l'affection, la confiance que beaucoup lui ont porté.

Parce que certain-e-s, empreint-e-s du mépris généralement réservé aux
usager-e-s de drogues, croiront pouvoir balayer son absence avec
facilité; parce que rendre hommage à Stéphane implique de retracer la
personne qu'il a véritablement été; parce que les grandes et petites
choses qu'il a initiées, les projets qu'il a nourris et imprégnés de sa
personnalité, les choix de vie qu'il a défendus et menés donnent sens à
sa personne, à son histoire, à ce dans quoi il s'est engagé tout
entier... il s'agit ici de les rappeler.

Voilà là l'objet de cet hommage. Évoquer Stéphane dans ce qu'il a été,
dans ce pour quoi il a vibré, sans exagération ni complaisance, pour lui
qui, souvent réservé, n'aurait pas souhaité focaliser cette attention,
et, hostile aux éloges trop accentuées, ne se reconnaîtrait pas dans un
tableau excessivement marqué.

x x x

Stéphane a fait ses premiers pas dans les mouvements libertaires il y a
10 ans. D'abord inspiré par la mouvance anarcho-punk "do-it-yourself", il
est resté toute sa vie passionné de musique indépendante et engagée, tout
en se consacrant particulièrement à la diffusion puis à l'édition de
textes politiques subversifs. Sa liste de distribution par
correspondance "Nun Enlitigas Mi" ("maintenant je vais dormir", en
espéranto) a vu passer quelques milliers de brochures, de textes et de
livres consacrés à l'anarchisme, au féminisme radical, à l'antispécisme,
à l'anticarcéral et aux luttes de libération en général; donné-e-s contre
quelques timbres et mots échangés par courrier, distribué-e-s lors de
concerts et autres manifestations; souvent gratuit-e-s, parfois au prix
de la photocopie. À cela sont venues s'ajouter les "Éditions
Turbulentes", en 1999, s'attachant à nourrir des réflexions par la
publication, à valoriser des problématiques méconnues ou dépréciées,
souvent jugées secondaires et escamotées, jusque dans les milieux
radicaux dans lesquels Stéphane était impliqué.

Végétarien, il refusait de cautionner la mise à mort et la souffrance de
milliers d'êtres sensibles, niés dans leurs intérêts les plus
élémentaires pour les seuls plaisirs du palet des humains. Antispéciste,
il voulait combattre l'oppression basée sur l'appartenance à une espèce,
celle-là même qui justifie l'exploitation animale au quotidien.
Solidaire des luttes féministes, dont il souhaitait respecter
l'autonomie, il était partie prenante de réflexions sur la domination
masculine, le sexisme intériorisé, la construction genrée, défendant
l'idée que "le personnel est politique". Antiautoritaire et
anticapitaliste, il rejetait l'esclavage du travail salarié, pour
s'investir dans des activités désirées plutôt que de "perdre sa vie à la
gagner". Il n'était pas un "militant" pour autant, souhaitant vivre ses
idées, sans les considérer comme une activité séparée. Libertaire, il
tenait en horreur les prisons, et rêvait de leur destruction. Enfin,
parmi les révoltes qui l'ont animé, faut-il citer la lutte contre la
"grossophobie" - dictature des normes de beauté, stigmatisation et rejet
des gros-se-s -, à laquelle il a consacré de nombreuses lectures &
discussions, plusieurs brochures et beaucoup de passion.

Partie prenante du mouvement squat & anarchiste dijonnais, Stéphane aura
notamment participé à la vie de l'Espace autogéré des Tanneries; dessiné
et traversé, avec 6 autres personnes, l'expérience du "Pamplemousse",
squat politique d'habitation ouvert en octobre 2000 et expulsé un matin
de juin 2002; soutenu et fréquenté bien d'autres de ces lieux
particuliers, contribué à leurs prises de tête, pris part à leurs
déchirements comme à leurs meilleurs temps. Il aura participé au réseau
ABC ("Anarchist Black Cross") de soutien aux prisonnier-e-s, entre autres
collectifs, entre autres complicités; formel-le-s ou non,
constitué-e-s au gré des actions, des concerts, de ces fêtes qu'il
aimait, et des divers moments d'une certaine nébuleuse libertaire.

La mort de Stéphane est d'abord la disparition d'un être cher; mais
aussi, ensuite, d'un morceau de cette histoire, de ces années, de ces
espoirs. À nous de faire en sorte de conserver sa mémoire, et de nourrir
ce à quoi lui, nous et d'autres nous sommes si ardemment consacré-e-s.

darkveggy, 2005/04/28

Note: cette évocation, forcément partielle, rend peu compte des deux
années passées, lors desquelles j'ai moins connu Stéphane; d'autres se
chargeront peut-être d'en témoigner.

x x x

Conformément à ses souhaits, le corps de Stéphane sera incinéré.

Une "cérémonie" lui ressemblant, regroupant ses proches et ami-e-s se
tiendra alors à Metz. Pour plus de renseignements, écrire à
nem@brassicanigra.org.

Un site d'hommage, sur lequel seront progressivement mis-es en ligne
textes et brochures paru-e-s aux Éditions Turbulentes, est accessible à
l'adresse suivante: http://nem.brassicanigra.org/.



Je suis le papa de Stephane. Vous lui rendez un hommage sur votre site,
ce dont je vous remercie. Vous serait-il possible de pr ciser que le
courrier quem'a envoy le procureur de la republique le 6 octobre 2005
precise : " Apres Stephane KREMER, et notament des expertises
toxicologiques et etude du dossier complet sur les recherches des
causes de la mort de anatomo-patholigique, il ressort qu'aucune cause
suspecte n'a pu etre revelee. En consequence, le dossier est classe
sans suite ce jour ".

Il n'a donc ete trouve aucune trace de drogue, son deces ne serait
donc pas du a une overdose. Malgre ma demande nous ne saurons jamais la
cause de son deces.
Merci de bien vouloir le preciser.
Cordialement.
Jean-Marie KREMER



*******
*******
****** Agence de Presse A-Infos ******
Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

INFO: http://ainfos.ca/org http://ainfos.ca/org/faq-fr.html
AIDE: a-infos-org@ainfos.ca
ABONNEMENT: envoyer un email à lists@ainfos.ca avec la commande suivante
dans le corps du message "subscribe (ou unsubscribe) nomdelaliste votre@email".

Les options pour toutes les listes se trouvent à http://www.ainfos.ca/options.html


A-Infos Information Center