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(fr) Police partout, justice nulle part. Quelques clés pour un état de siège préventif

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Wed, 9 Mar 2005 22:10:19 +0100 (CET)


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Police partout, justice nulle part
Quelques clés pour un état de siège préventif

Le durcissement de la répression policière, la généralisation des
politiques sécuritaires, l’extension du contrôle et de l’encadrement,
l’augmentation des fichages, tout ceci n’est pas à un simple retour aux
fiches, mais bien l’ouverture d’une période nouvelle.
La bourgeoisie se fait barbare, l’Etat de classe s’affirme sans fard,
l’enrichissement permanent et illimité, avec son imaginaire d’ordre et
ses stratégies sécuritaires s’affirme comme une valeur centrale. Dans le
même temps, sont détruits les éléments classiques de l’Etat bourgeois de
l’époque antérieure, présenté comme garant et serviteur d’un "intérêt
social général".
Une guerre sociale généralisée caractérise l’époque nouvelle. L’appareil
étatique la conduit de manière de plus en plus dure, intégrant chaque
jour davantage de violence et de contrainte. Il y a un enchevêtrement
croissant des structures étatiques et des appareils de commandement
capitaliste.
Le contrôle social, l’encadrement et la sanction des plus précaires,
usagers/gères de l’aide sociale, chômeurs/meuses, pauvres en général,
annonce la généralisation de ces procédures à toutEs les salariEés, y
compris les mieux "garantiEs" aujourd’hui. Une politique générale
d’asservissement des groupes sociaux subalternes se met en place. Elle
exige le déploiement préalable d’un pouvoir discrétionnaire sur certains
individus ou collectivités placés par l’Etat hors du droit commun et
ordinaire, voire privés de tout droit.
C’est le cas de travailleurs/euses clandestinEs, des requérantEs, des
déboutéEs de tous ordres. La politique actuelle en matière de contrôle
des flux de population prépare une politique d’exception généralisée,
contre toutes les classes populaires.
Car ce qui caractérise cette période nouvelle c’est bien la
multiplication des situations et des droits d’exception.

Pleins pouvoirs à la police?

L’action de police précède la construction juridique et institutionnelle
qui la "légalise" et la légitime a posteriori. Les restes du vieil Etat
de droit, avec ses constructions légales, idéologiques et
institutionnelles, sont liquidés ou démantelés au profit de la
construction systématique d’états de siège, directement commandés par
les exécutifs et les forces de sécurité. Les instances parlementaires et
les pouvoirs judiciaires perdent jusqu’au semblant de leur autonomie
relative et abandonnent leurs fonctions de contrôle. Les formations
politiques actrices de la gouvernabilité du système, y compris la
plupart des forces écologistes et social-libérales, collaborent à cette
entreprise.
Au cours des dernières années, la pratique répressive contre certaines
manifestations a démontré comment les forces de police et les exécutifs
(y compris socialistes et verts) procédaient ponctuellement à la
destruction radicale des libertés démocratiques, y compris celle
d’expression, approfondissant à chaque échéance la construction
coordonnée des états d’exception. Le fait de détenir un tract ou une
publication légale mais "subversive" aux yeux de la police valait
arrestation, détention, enfermement dans des cages, menottes aux
poignets des heures durant, au cours de la manifestation et des actions
anti-WEF à Berne, le 22 janvier dernier.
Les mesures de fichage, de détention et de contrôle massif, touchant des
centaines voire des milliers de personnes, impliquant des villes et des
régions entières, font la démonstration de la capacité de brutalité de
l’Etat, inscrivent une contrainte croissante autant dans la loi que dans
les procédures et les pratiques. La pensée unique accompagne et couvre
la banalisation de cette agression permanente contre les libertés. Le
projet légal d’utiliser les "tasers" contre les étrangers/gères qui
résistent à l’expulsion, comme les mesures de contrainte désormais
banalisées, disent bien ce qui est appliqué aux sans-droits aujourd’hui,
mais annoncent tout autant ce qui pourrait nous frapper touTEs demain.
Car la répression se durcit et s’étend à des sujets sans cesse nouveaux.
Elle sanctionne sans cesse d’autres pratiques. De propos délibéré, le
pouvoir a expérimenté sa stratégie répressive sur des groupes définis
par la pensée unique comme "minoritaires". Le voilà qui s’attaque à de
nouveaux secteurs de la société, à de nouvelles collectivités. Piquets
de grève, syndicalistes, personnes solidaires sont à leur tour misES en
cause, répriméEs, jugéEs, condamnéEs.
La dynamique répressive appelle des stigmatisations nouvelles. De
l’accusation de "terrorisme" (difficile à rendre crédible contre les
acteurs/trices des luttes sociales et de la critique du capitalisme), on
passe à la construction d’une sorte de palier intermédiaire, censé
camoufler et assurer le passage vers le "terrorisme": celui de l’
"extrémisme".
En fait, touTEs ceux/celles qui n’acceptent pas l’ordre institué, la
dictature de l’économie, le cadre et les objectifs de la gouvernabilité
(en somme les individus et les collectivités qui, révolutionnaires ou
réformistes, refusent de faire allégeance au capitalisme néo-libéral
comme forme unique d’organisation de la société et plus largement de la
vie) sont considéréEs comme des ennemiEs ou au moins des suspectEs, à
qui l’on peut refuser le droit commun.
La ligne de résistance passe donc bien par un double travail. La
construction stratégique de la résistance populaire contre
l’asservissement et le déploiement aussi rapide que possible d’un front
de défense des libertés publiques, des droits et des espaces
démocratiques fédérant toutes celles et tous ceux pour qui les libertés
fondamentales constituent des outils et des valeurs incontournables.

Texte tiré de Rebellion # 32,
journal de l'Organisation socialiste libertaire
www.rebellion.ch/

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