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(fr) Conférence - Actualité d'Emma Goldmann - Lausanne 7/03/05

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Thu, 3 Mar 2005 10:40:12 +0100 (CET)


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DANS LE CADRE DU 8 MARS, JOURNEE INTERNATIONALE DE LUTTE DES FEMMES

La Commune
Soirée du Chat noir
Lundi 7 mars, à 20 h 30
Dans les locaux de l'ADC, rue du Maupas 81 à Lausanne

ACTUALITE D'EMMA GOLDMANN
Kovno-New York, 1869-1940
féministe, anarchiste et révolutionnaire

Présentation de Marianne Enckell
Lectures de quelques textes
Exposition

Emma Goldmann (1869-1940) symbolise aux yeux des contestataires américains
la lutte pour toutes les libertés. Elle croyait que l'amour de l'humanité
n'exlut pas l'amour passionné des hommes, que la fidelité des sentiments
n'exclut pas la diversité des passions, qu'on peut refuser la maternité
sans cesser d'être une femme. Née en Russie, ouvrière à St-Petersbourg,
elle émigre en Amérique à la fin de son adolescence. Discours enflamés à
la tribune, lutte pour la contraception, appels à la grève et agitation
diverse, lui font connaître à elle et à son compagnon la prison. Expulsée
vers la Russie tsariste, elle déchante devant la Révolution bolchévique en
découvrant l'envers du décor...

(voir extrait d'un texte d'Emma Goldmann ci-dessous)

"Si on ne peut pas danser dans votre révolution, je ne viens pas !". Emma
Goldmann


Extrait de Emma Goldman, épopée d 'une anarchiste (Living my life)
Cet épisode se passe aux alentours de 1910...

Après être allée à la conférence néo-malthusienne de Paris, j'avais ajouté
le contrôle des naissances à mes sujets de conférence. Je ne discutais pas
des méthodes contraceptives parce que pour moi la limitation des
naissances n'était qu'un des aspects de la lutte politique, et je ne
voulais pas me faire arrêter pour cela. Comme j'étais d'ailleurs toujours
sur le point de me faire mettre en prison pour mes diverses activités, je
ne voulais pas créer de raisons supplémentaires. En privé, je donnais des
informations sur les méthodes contraceptives si on me le demandait. Mais
les difficultés rencontrées par Margaret Sanger (1) qui venait de publier
La Femme rebelle (The Woman rebel) et l'arrestation de son mari pour avoir
donné ce manifeste à un agent de Comstock me firent comprendre qu 'il
était temps d'assumer les conséquences de cette lutte.
Ni Margaret, ni moi n'étions des pionnières : la voie avait été tracée par
Moses Harman, sa fille Lillian, Ezra Heywood, le docteur Foote. Ida
Craddock, véritable championne de l'émancipation des femmes, avait payé de
sa vie. Pourchassée par Comstock, condamnée à cinq ans de prison, elle
s'était suicidée. Cette génération s'était battue pour le droit à la libre
maternité.
Le président du Sunrise Club m'avait invitée à parler à un de ses dîners.
C'était un des rares forums libertaires de New York. On pouvait s'y
exprimer librement j'avais déjà fait plusieurs conférences dans ce club.
Je décidai alors de choisir la contraception pour thème de ma prochaine
conférence et de parler ouvertement des méthodes. Jamais, dans l'histoire
du club, le public n'avait été si nombreux : plus de six cents personnes,
dont des médecins, des avocats, des artistes, des libéraux...
La plupart d'entre eux étaient venus pour soutenir cette première
discussion publique. On était certain que j'allais être arrêtée et on
avait même commencé à préparer l'argent de la caution. J'avais emporté un
livre au cas où je passerais la nuit en prison. Je fis d'abord un
historique et une analyse de la limitation des naissances, puis je
continuai par un exposé de se différents contraceptifs, sur un ton neutre
et médical.
La discussion fut ouverte et saine. Je ne fus pas arrêtée.
D'ailleurs, la police n'intervint pas pendant toute ma tournée de
conférences. Pourtant, je traitais de la lutte antimilitariste, de la
défense de Caplan et Schmidt (2), de l'amour libre, de la contraception et
du sujet le plus tabou de notre société : l'homosexualité. Cependant la
censure vint de mes propres rangs parce que je traitais de sujets aussi
"peu naturels" que l'homosexualité.
L'anarchisme était suffisamment calomnié, et on accusait déjà les
militants de dépravation : mes camarades pensaient qu'il ne fallait pas
ajouter aux malentendus en défendant la cause des perversions sexuelles...
Moi, je croyais à la liberté d'expression, et la censure dans mon camp
avait sur moi le même effet que la répression policière. Elle me
renforçait dans ma volonté de défendre ceux qui sont victimes d'injustice
sociale comme ceux qui sont victimes de préjugés puritains. Les hommes et
les femmes qui venaient me parler après les conférences sur
l'homosexualité et me confiaient leur solitude et leur désespoir étaient
souvent plus intéressants que ceux qui les rejetaient.
Certains avaient mis des années à accepter leur différence après avoir
lutté pour étouffer ce qu'ils considéraient comme une maladie. Une jeune
femme m'avoua qu'il n'y avait pas eu un seul jour de ses vingt-cinq ans
d'existence où la présence d'un homme, son père ou ses frères, ne l'eût
rendue malade. Plus elle se forçait à accepter les avances sexuelles et
plus cela la répugnait. Elle s'en était voulu, me dit-elle, parce qu'elle
n'arrivait pas à aimer son père ou ses frères comme elle aimait sa mère.
Le remord avait beau la torturer, sa répulsion ne faisait qu'augmenter. A
dix-huit ans, elle avait accepté une proposition de mariage dans l'espoir
que de longues fiançailles l'habitueraient à la présence d'un homme et la
guériraient de sa " maladie ".
Ce fut un cauchemar, elle devint presque folle. L'idée de ce mariage lui
était insupportable, mais elle n'osait rien dire à son fiancé ou à ses
amis. Elle n'avait jamais rencontré personne, me dit-elle, qui soit
affligé de ces problèmes. Elle n'avait jamais trouvé de livre qui en
parle. Jusqu'à ce que ma conférence lui rende l'estime d'elle-même qu'elle
avait perdue. "

(1) Pionnière du contrôle des naissances aux Etats-Unis. Elle s'appuyait
sur les femmes de la bourgeoisie pour obtenir des réformes légales.
(2) David Caplan et Matthew Schmidt : ces syndicalistes avaient été
inculpés avec les frères McNamara pour avoir placé une bombe dans les
locaux du Los Angeles Times en 1910.


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La commune est un espace de discussion ouvert à toutes celles et tous ceux
qui ne se satisfont pas du monde tel qu'il est et cherchent à penser et
pratiquer des alternatives. L'élaboration de voies pour dépasser le cadre
du capitalisme, du patriarcat et de la domination sous ses multiples
formes (de genre, étatique, économique, de "race", d‚orientation sexuelle,
etc.) ne se fera pas sans rencontres, sans discussions, sans transmissions
d'idées et d'activités de résistance.

Elle se fera dans la pratique du commun et dans l'invention politique. Le
capitalisme, dans sa forme actuelle de mondialisation néo-libérale,
détruit le commun, privatise le monde et porte chaque jour davantage
atteinte à sa dimension collective.

Reconstruire le commun, développer l'autonomie, c'est résister à la
privatisation du monde, à la généralisation de la délégation et à la
résignation solitaire!

Participent au projet de la commune les collectifs suivants: Association
de défense des chômeuses et chômeurs (ADC), Librairie Basta!, Centre
International de recherche sur l‚anarchisme (CIRA), Cafétéria Autogérée
Permanente (CAP), Coordination anti-OMC, Espace autogéré, Flagrant délit,
Groupe des SEL lausannois, Organisation socialiste libertaire (OSL), Soma,
Ya Basta!

Pour tous renseignements, écrire à : lacommune(a)no-log.org

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