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(fr) Conditions de travail des sans papiers en Suisse

Date Sun, 26 Jun 2005 08:10:45 +0200 (CEST)


Le numéro 33 de Rebellion vient de paraître à l'occasion de la grosse
manifestation de Berne contre la politique xénophobe:

Conditions de travail

Près de 300?000 sans-papiers vivent en Suisse. Ils/elles sont les
victimes de prédilection de conditions de travail relevant de la plus
grossière exploitation. Ils/elles vivent dans la peur d?être repéréEs et
expulséEs. Leurs possibilités de faire valoir leurs droits sont minimes.
Ils/elles travaillent sur appel, à l?heure, comme femmes de ménage, "aux
pièces" sur les chantiers ou dans l?agriculture et touchent pour cela des
salaires à des lieues de ce que l?on peut considérer comme usuel.
Revendiquer, c?est prendre le risque non seulement de perdre son emploi,
mais également d?être expulséE. Le plus souvent, pas question de
prestations sociales comme la retraite ou l?assurance maladie et
accidents. Un bon exemple de cet esclavage moderne est une coiffeuse
diplômée, en Suisse depuis deux ans. Les lois suisses l?excluent du
marché du travail du fait de sa nationalité. Par peur de l?expulsion,
elle a soigneusement évité tout contact avec les autorités et n?a jamais
cherché à faire légaliser son séjour (Ce qui serait sans espoir). Elle a
travaillé comme femme de ménage dans plusieurs familles. Les six premiers
mois, elle n?a jamais dépassé les 500.- fr. de revenu mensuel. Après des
recherches difficiles (et discrètes pour les raisons exposées ci-dessus),
elle a trouvé d?autres employeurs dans le même secteur de l?économie
domestique. Elle ne peut toujours pas exercer son métier et sur les
quelque 2?000 francs qu?elle gagne maintenant, elle en envoie 4 à 500
dans son pays pour assurer la subsistance de ses enfants. Il lui reste
donc un peu plus de 1000 francs pour (sur)vivre (minimum vital = 3000
CHF!). Et ce alors que son travail est indispensable à ses employeurs
esclavagistes. Cet exemple n?a rien d?unique: Ces situations se répètent
d?innombrables fois dans tout le pays. Sans oublier que, même sur le
marché légal du travail, les différences sont considérables entre
travailleurs suisses et migrantEs "légaux". Pas besoin d?un dessin pour
voir qui profite de ces situations et pourquoi les politicienNEs
refusent aussi bien de changer la politique migratoire restrictive de la
Suisse (qui illégalise les sans-papiers) que de procéder à la
régularisation collective de ceux-ci, comme l?Espagne vient de le faire
récemment en appliquant le principe "un emploi = un permis".
Ces mêmes politiciennEs tirent de plus profit de la surenchère xénophobe
qui détourne les gens des problèmes réels et qui se traduit en parts
supplémentaires de l?électorat.
A l?inverse, touTEs les salariéEs de ce pays ont intérêt à ce que les
travailleurs et travailleuses sans statut légal s?organisent, défendent
leurs droits et leur dignité, stabilisent leurs conditions d?existence et
puissent ainsi se défendre contre l?exploitation dont ils/elles sont
victimes: C?est la seule voie pour priver les patrons de cette armée de
réserve à bon marché et casser ainsi la pression à la baisse des
salaires (1).
Ce qui est malheureux, c?est que même les plus gros syndicats continuent
de miser sur la fermeture nationaliste de la Suisse et sur les contrôles
étatiques, qui ne résoudront jamais le problème, mais qui accroissent la
pression sur les travailleurs et travailleuses illégaliséEs. Seules
l'action directe et l'auto-organisation des salariéEs (qu'ils/elles
soient légaux ou illégaliséEs) peut opposer au dumping salarial la
solidarité ouvrière concrète, qui ouvre par ailleurs des perspectives qui
vont bien au-delà de la simple défense face à la lutte des classes 'par
en haut' que nous vivons actuellement.

Pour plus d?infos et des contacts régionaux, voir sous www.sans-papiers.ch.

Texte tiré de Rebellion # 33,
journal de l'Organisation socialiste libertaire
www.rebellion.ch/

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