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(fr) Le droit d?asile, laboratoire des politiques securitaires

Date Tue, 21 Jun 2005 22:56:27 +0200 (CEST)


Le numéro 33 de Rebellion vient de paraître à l'occasion de la grosse
manifestation à Berne contre la politique xénophobe:

Le droit d?asile, laboratoire des politiques sécuritaires

Au cours des 15 dernières années, on a vu l?Etat de droit évoluer vers
l?Etat de contrainte. Cette évolution s?est notamment fondée sur un
concept idéologique central, la "lutte contre les abus", que l?on a
utilisé d?abord contre les réfugiéEs et les étrangers, pour l?appliquer
ensuite contre les chômeurs, les personnes à l?aide sociale, ou encore
contre les invalides.
Dans les années 1990, les demandeurs d?asile ont par exemple inauguré la
baisse des normes d?aide sociale, puis les coupures d?aide destinées à
sanctionner des comportements rétifs, décisions laissées à la
responsabilité des assistants sociaux.
Un exemple frappant est donné par la Loi sur les mesures de contrainte,
qui a introduit dès 1995 la possibilité de mettre une personne en prison
pour préparer son expulsion, en-dehors de la commission du moindre délit.
Cette loi a encore introduit les interdictions de périmètre, système
récemment étendu par certaines villes et cantons à d?autres catégories de
personnes "gênantes". On en vient à donner à l?Etat des droits contre les
individus, au détriment de leurs libertés et droit fondamentaux.
Dernièrement, par un projet de loi fédérale sur l?usage de la
contrainte, le gouvernement entend autoriser l?utilisation de pistolets à
électrochocs ('tasers') lors de l?expulsion d?étrangers, ainsi que la
possibilité pour les policiers d?agir par surprise à l?encontre des
personnes visées. On veut légitimer le secret de l'action d?Etat!
La lutte en faveur des déboutéEs du droit d?asile en cours dans le canton
de Vaud a montré comment la contrainte s?exerce de manière réelle et
systématique. C?est l?interdiction de travail infligée aux déboutéEs, ou,
pire encore, l?autorisation de continuer à travailler en échange de la
collaboration active de la personne à son expulsion: C?est un
véritable chantage imposé par l?Etat! Une opération policière secrète a
été planifiée pour arrêter des déboutéEs sur leur lieu de travail et les
mettre de force dans un avion, sans même que ces personnes aient reçu au
préalable une date de départ: Heureusement, cette tentative a échoué. Le
recours à la détention administrative a par contre permis d?expulser deux
jeunes hommes en les coupant de la protection que pouvait leur offrir le
mouvement. On a aussi vu des personnes s?étant vu notifier des
interdictions de pénétrer sur le territoire communal lausannois, pour des
motifs très vagues; par la suite, la police des étrangers leur a
cependant délivré des "laissez-passer" pour qu?elles puissent circuler
dans la ville, sur des trajets strictement délimités...
On le voit, l?Etat de contrainte ne peut agir qu?en violant gravement les
droits fondamentaux. De plus, de plus en plus d?agents publics doivent
appliquer ces mesures liberticides, et pas seulement des
policiers, au nom du devoir d?obéissance à la hiérarchie.
Il faut combattre pied à pied, sans relâche, les lois liberticides et
leurs mesures concrètes, comme la logique qui les produit. Mais nous
devons aussi bloquer ces tentatives d?obliger toujours plus de gens à
participer à l?application de cette politique de contrainte généralisée.
Quand l?arbitraire devient la règle, la résistance est un devoir!
Ne nous faisons pas d?illusions: Nous sommes touTEs les déboutéEs, les
chômeurs et chômeuses en fin de droits, les invalides, les sans-papiers,
les bénéficiaires de l?aide sociale, les indésirables de demain! Ne nous
laissons pas diviser en catégories, en groupes, en figures sociales qui
"mériteraient" soi-disant la discrimination dont ils/elles sont
victimes: Nous sommes toutes et tous dans le collimateur de l?Etat de
contrainte.
Les droits fondamentaux sont indivisibles: Soit ils valent pour toutes et
tous, soit ils ne valent pour personne!

Texte tiré de Rebellion # 33,
journal de l'Organisation socialiste libertaire
www.rebellion.ch/

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