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(fr) Nouvelles de Bolivie

Date Sun, 12 Jun 2005 11:36:07 +0200 (CEST)


La police bolivienne a mis en garde sur de possibles attentats et plus de
marches violentes, à l'image de celle des mineurs de mardi.

Le commandant de la Police de Bolivie, David Aramayo, a alerté aujourd'hui
de l'existence de supposés plans de groupes qui appellent aux protestations
pour les radicaliser et attenter contre des installations militaires et du
gouvernement.

Dans des déclarations sur une chaine locale, Aramayo a dit que la Police
sait que des leaders de la Fédération des Assemblées de quartiers (Fejuve)
de El Alto ont commencé des plans pour augmenter les mobilisations dans les
prochaines heures.

"Des groupes de gens qui vont attenter contre les installations militaires
et contre d'autres installations gouvernementales se sont préparés. Ils se
sont distribués dans la nuit une quantité de 'cachorros' (petites
cartouches) de dynamite et cela nous informe qu'ils ne vont pas réaliser de
marches pacifiques", a dit Aramayo.

Lundi et hier, des milliers de manifestants ont occupé le centre de La Paz.
Mardi, les autorités ont saisis 1 300 cartouches de dynamite et ont arrêté
un demi centaine de personnes, accusées de porter des armes et de causer des
désordres et des dégâts aux propriétés.

Le chef de la Police bolivienne a qualifié de "très délicate" la situation
que vit le pays et a reconnu "tout porte à penser que nous sommes à un pas
de la guerre civile", raison pour laquelle il a demandé à l'Eglise
Catholique de mener des discussions pour trouver une sortie à la crise. La
mise en garde du chef de la Police coincide avec celle que fit mardi le
président sortant, Carlos Mesa, dans un dramatique appel au président du
Congrès, Hormando Vaca Díez, pour qu'il renonce à lui succéder et permette
des élections anticipées.

Clarin (Argentine), 8 juin 2005

CHOC ENTRE POLICE ET MINEURS : BATAILLE DE DYNAMITE, GAZ ET PIERRES DANS LE
CENTRE DE LA PAZ

Hier, depuis le matin, cela a été le tour de la protestaion des mineurs
coopérativistes, hommes rudes et frustrés dans un pays qui n'a pas su
respecter leur place. Combatifs a mort, ils ont souffert le procesus de
privatisations comme peu et dans leurs rangs des centaines de milliers
connaissent le chômage. Beaucoup sont descendus avec leurs femmes, beaucoup
aussi avec leurs bébés, enveloppés de couvertures matelassées qui à peine
laissent entrevoir une joue de visage. Tous ont la tête couverte par des
bonnets. Plusieurs portent leur casque sur la tête. y compris de nombreuses
femmes.

Ils soutiennent des drapeaux à quatre ou cinq quand ils chantent "Force,
force, force, / compagnons/, que la lutte est longue mais nous gagnerons".
Ils ont dans les fosses nasales des miettes de papier hygiénique rose, pour
éviter l'effet des gaz que la police tire sans interruptions depuis une
paire d'heures, en réponse aux explosions des cartouches de dynamite qui se
font entendre dans tous les coins des alentours de la Place Murillo (où sont
les édifices du pouvoir) et de la Place des Héros.

C'est une photographie étrangère et intense. Ils traînent les pieds et
chantent avec une cigarette à la main. "Qu'est-ce que nous voulons ?", crie
le leader. "nationalisation!!!", répondent-ils en choeur. "Quand ?"
"Maintenant, maintenant, maintenant". Ils marchent en ordre, certains avec
des cannes. "Que s'en aillent tous les politiques !" "Qu'ils s'en aillent"
est la nouvelle revendication.

Carlos Mesa a renoncé et maintenant la cible des chants les plus sauvages
est Hormando Vaca Díez, le président du Sénat, un vieux politique du MIR à
qui ils attribuent une longue tradition de corruption. "Mesa à sa maison,
Vaca à l'abattoir" (vaca signifit vache en espagnol), ils rient. Tous les
commerces sont fermés, quelques uns, timidement, s'animent à ouvrir quand
les marches se terminent. Personne ne porte de cravate, parce que c'est le
symbole de la trahison de la grève et celui qui la porte passe un mauvais
moment.

"Nationalisation, nous en avons besoin", dit une vendeuse de piles et de
caramels. La phrase dédaigneuse d'un entrepreneur de Santa Cruz, le
département riche en gaz qui se bat pour son autonomie, résonne alors en
off. "Ils veulent avoir un banquet et ne savent pas même s'asseoir à la
table" (table en espagnol s'écrit Mesa).

Pendu à plusieurs fenêtres d'un haut édifice, une affiche du MAS avec le
visage classique du Che en noir sur fonds rouge invite "jusqu'à la victoire
toujours" (hasta la victoria siempre).

Clarin, 8 juin 2005
Traduction : Fab
<santelmo(a)no-log.org>

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Le nouveau président de la Bolivie est Eduardo Rodríguez. Il devra convoquer
des élections dans les six prochains mois. Il a été désigné après une
violente journée qui a fait un mort et après les renoncement des président
du Sénat et des Députés.

Un mineur mort, une journée épuisante de versions et de tensions, et
d'accusations croisées avec des marches dans tout le pays, a été hier le
miroir de la convulsion en Bolivie, un pays qui -quand la majorité
désespérait- a finalement fini par trouver une sortie transitoire au chaos.
Après les annonces de renoncement des successeurs constitutionnels au
président Carlos Mesa ?un geste largement réclamé par des grandes
majorités?, finalement a assumé au poste de président par intérim le
président de la Cour Suprême de Justice, Eduardo Rodríguez Veltzé. Ce qui
devrait continuer par la convocation à des élections générales anticipées.

"Je veux accomplir un mandat bref avec l'aide du Congrès", a dit aujourd'hui
le nouveau président après avoir assumé la charge devant le Parlement,
réuni à Sucre. Rodríguez, un avocat sorti de l'Université de Harvard, est
obligé, par une disposition constitutionnelle, à convoquer aux élections
dans les 6 mois.

Hier fut une journée terrible, avec des images contradictoires qui
présageaient une spirale de violence et de chaos de portée incertaine.
Finalement, quand la Bolivie semblait aller dormir avec le cauchemar du
premier mort de "nouvelle guerre du gaz", la journée a prit fin en ayant,
outre cette image du premier mort, celle d'un nouveau président. Rien ne
semblait l'annoncer. Le sénateur Vaca Díez est finalement tombé dans son
propre piège. Après avoir décidé de sessioner à Sucre, parce que La Paz ne
donnait pas assez de garanties, il a converti la capitale historique
bolivienne dans un scénario de multiples protestations et en une prison
virtuelle pour les 157 législateurs qui devaient traiter la démission du
président Carlos Mesa et la succession présidentielle.

Les milliers de personnes qui se sont approchées de la Maison de la Liberté
convoqués pour éviter que Vaca Díez soit désigné président, se sont
convertis en enthousiastes surveillants de prison, après avoir empêché les
députés et les sénateurs de se déplacer librement et de mettre en marche la
séance.

Depuis le matin, la télévison locale montraient les visages de plusieurs
parlementaires et personne ne pouvait deviner en eux l'orgueil de la
fonction publique mais bien un sentiment de honte, si non de panique. Après
avoir à plusieurs reprises remis son ouverture, la séance parlementaire a
été suspendue au moment où arrivait la nouvelle de la mort de Carlos Coro
Mayta, de 52 ans, le président d'une coopérative minière de Potosí et
victime d'une blessure par balle lors d'un fait aussi confus que la
situation générale.

En plus de la mort de Coro, il y a eu quatre blessés à Yotala, à quelques
kilomètres de Sucre. Les militaires qui ont assisté la police dans cette
zone assurent qu'ils n'ont pas utilisé d'armes à feu, de telle manière
qu'ils ne se responsabilisent pas de cette mort. Les syndicalistes mineurs
assuent que la mort a eu lieu après une provocation des forces de sécurité
quand les manifestants étaient à l'intérieur d'un autobus qui se dirigeait à
Sucre.

Sous la pression de la ferveur populaire, dans une séquence que les médias
ont amplifiée jusqu'à l'exagération, les législateurs ont dû abandonner la
Maison de la Liberté et à durant des heures, personne ne savait où était
Vaca Diez. Le président du Congrès avait dû se cacher dans le 2è Régiment
d'Infanterie où, comme s'en souviennent quelques uns, s'était réfugié
parfois l'ex-dictateur Luis García Meza, actuellemenbt condamné et
prisonnier pour narcotrafic dans une prison de La Paz.

Alors que tout semblait indiquer une nouvelle nuit d'incertitude, et tandis
que pas un coin du pays n'était sans grèves de la faim en protestation pour
le désir de Vaca Díez d'arriver au Palais Quemado (palais présidentiel), le
président du Sénat a parlé au pays et, en même temps, au président
démissionaire Carlos Mesa. Vaca a accusé Mesa et Evo Morales, dul MAS,
d'être "les véritables coupables de la situation que vit aujourd'hui le
pays" et de faire partis d'une sorte de société qui participe d'"un projet
politique non démocratique".

Dans son discours de renoncement à la possibilité d'assumer la présidence,
dans une colère accompagnée de frustration, Vaca Díez a essayé de rendre
les gentillesses à Mesa, qui le mardi l'avait intimé à faire un pas de côté
-il avait faite la même demande au président des Députés- pour permettre que
le président de la Cour Suprême prenne en charge le gouvernement, dans
l'objectif de convoquer immédiatement de nouvelles élections générales.

Vaca a dénoncé que le gouvernement ait habilité l'entrée de manifestants à
Sucre avec le seul but de nuire au Congrès et a responsabilisé de la mort du
mineur le président Mesa et Evo Morales, à qui il a demandé qu'ils fassent
tout le nécessaire pour rendre la tranquillité générale au pays qui, selon
lui, ils ont aidé à rompre. Vaca Díez a dénoncé de plus que les gens qui
étaient arrivés à Sucre avaient recu de l'argent pour le faire.

Le président des Députés, Mario Cossío, a parlé quelques minutes après Vaca
et a continué le même chemin de dénonciation. Cossío a accusé Mesa d'attiser
les régionalistes et a dit qu'il renoncait pour ne pas se transformer en
"fossoyeur de l'unité nationale".

Durant toute la journée, et de tous les départements, ont surgi des voix et
des gestes de refus à la possibilité que Vaca Diez prenne la présidence de
la république. Le matin, le Haut Commandement de l'Armée a donné une
conférence de presse dans laquelle ils ont annoncé qu'ils respecteraient la
parole du parlement mais où ils suggéraient d' "écouter la voix du peuple".
Comme si plus de grèves faisaient défaut, hier les travailleurs des
aéroports ont commencé une grève en exigeant la nationalisation des
hydrocarbures et aussi la re-nationalisation des trois aéroports
actuellement sous concessions. L'extension de la mesure affecte 37 aéroports
et pistes d'attérissage.

Grèves de la faim de plusieurs mairies, manifestations populaires dans les
rues et expression de plusieurs mouvements sociaux, ainsi que plusieurs
déclarations du MAS de Evo Morales, qui a commencé la journée en dénoncant
un plan de l'ambassade des Etats-Unis d'imposer Vaca Díez comme suiveur des
politiques néolibérales de l'ex-président Gonzalo Sánchez de Lozada. Le
leader du socialisme a aussi dénoncé la supposée existence d'un complot des
Forces Armées et de Vaca lui-même pour l'assassiner, lui, et d'autres
dirigeants.

Tout indique que se dessine une trève dans le délicat panorama politique de
l'altiplano. Un petit groupe a soufflé de l'air qui peut-être permettra à
une population qui souffre de faim et de conflits de respirer un peu. Les
revendications de nationalisation des hydracarbures, de convocation à une
Assemblée Constituante et de référendum sur les autonomies sont, néanmoins,
toujours d'actualité.

Hinde Pomeraniec Clarin (argentine),
10 juin 2005

Traduction : Fab
<santelmo(a)no-log.org>

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