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(fr) Front social, pas de treve estivale !

Date Thu, 21 Jul 2005 12:05:39 +0200 (CEST)


Pas de trêve estivale non plus pour La Rafale : le n°17 du bulletin de la
CNT Interco 69 est sur les murs de Lyon, et comme chaque mois sur
Rebellyon : http://rebellyon.info.

Une fois de plus, les travailleurEs de ce pays auront appris à leurs
dépens que la lutte contre l?exploitation et l?injustice ne se joue pas
dans les urnes, terrain de jeux privilégié de la bourgeoisie mais que la
lutte des classes se pratique dans la rue. Comment pourrait-il en être
autrement avec des gens méprisants et arrogants spécialistes du déni de
démocratie accrochés au pouvoir comme une tique accrochée à son chien.
Alors à peine les résultats du referendum connus, il fallait se rendre à
l?évidence, la politique de casse sociale si chère au MEDEF allait pouvoir
se poursuivre. À peine le temps de poser sa valise à Matignon que De
Villepin, devant un hémicycle de députés ventripotents ne représentant
qu?eux-mêmes (plus de 80% de ces parlementaires auraient voté oui pour le
traité constitutionnel européen), annonçait la couleur dans sa déclaration
de politique générale : à droite toute. Les coupables les chômeurEs qui ne
veulent pas travailler et les salariéEs ces privilégiés qui s?arque
boutent sur leurs acquits sociaux. Les victimes : les patrons, qui les
pauvres voudraient bien embaucher, mais qui ne peuvent pas impuissants
qu?ils sont devant cet obstacle archaïque qu?est le code du travail.
D?ailleurs Laurence Parisot la nouvelle gourou du MEDEF nous l?avait dit «
la liberté s?arrête là où commence le code du travail. »
La précarité institutionnalisée
(JPEG, 155.6 ko)
Mais décortiquons le catalogue de casse sociale de monsieur Galouzeau de
Villepin. Tout d?abord la mesure phare qui concerne les très petites
entreprises, le contrat de nouvelle embauche avec période d?essai de deux
ans, ce qui veut dire pour le salariéE bosse et tais-toi sinon tu prends
la porte et sans indemnités. En cas de rupture de contrat la durée de
préavis sera fonction de l?ancienneté du salariéE dans l?entreprise. Pour
rendre la potion moins amère, le 1er ministre a mis un peu d?eau dans son
vin libéral en prévoyant un complément d?allocation chômage et de nouveaux
moyens de reclassement pour les futurEs remerciéEs. Le tout sera financé
par la part socialisée du salaire des travailleurs. Encore une fois tout
bénef pour les patrons. Il faudrait rappeler à notre premier ministre que
la durée de la période d?essai ne dépends pas de son bon vouloir mais des
conventions collectives. En cas de conflit entre la convention collective
et la loi, doit s?appliquer le texte le plus favorable au salariéE. Sur le
plan juridique aussi cette mesure aurait du mal à passer, « libérer » le
droit de licencier durant cette période revient à affranchir le patron de
l?obligation légale de trouver un « motif légitime et sérieux » au
licenciement. Quand bien même, il changerait la loi le gouvernement ne
pourrait se soustraire aux accords internationaux car la convention 156 de
l?OIT (organisation mondiale du travail) ratifiée par la France stipule
qu?unE travailleurE ne peut être remerciéE sans un motif valable de
licenciement. Restons tout de même sur nos gardes car les sociales
killeurs du MEDEF et leurs hommes de main de l?UMP ne sont pas avares de
coups tordus dès qu?il s?agit de nuire aux salariéEs. Parions qu?ils et
elles ont déjà prévu la parade à ces obstacles et ce ne serait pas la
première fois que la France n?honorerait pas ses engagements. Nous ne
sommes pas candides et savons bien que le salut pour les exploitéEs n?est
jamais venu d?instances ou de lois mais bien du rapport de force contre
les exploiteurs de tout bord. Cette première mesure qui a déjà fait couler
beaucoup d?encre concerne dit-on seulement les très petites entreprises.
Elle risque bien, à terme, de sonner la fin du CDI. Nous avions déjà un
chômage structurel, De villepin en bon disciple du baron Seillière
institutionnalise la précarité de l?emploi.
Le patronat à la fête

Les thénardiers gérant ces très petites entreprises bénéficieront aussi du
chèque emploi service qui aura valeur à la fois de bulletin de salaire et
de contrat de travail ce qui dans les faits se traduit par une remise en
cause des conventions collectives. Autre cadeau aux patrons avec de
nouvelles exonérations de charges sur les smicards , véritable trappe à
bas salaires. Plus de 20 ans que les charges patronales baissent, le
nombre de sans emplois (indemnisés ou pas) lui progresse. On continue dans
l?anti-sociale avec cette fois de la discrimination syndicale. Une
nouvelle mesure prévoit de ne plus compter dans l?établissement des seuils
sociaux les jeunes de moins de 25 ans. Par exemple, dans un secteur comme
l?animation se serait la fin de toutes représentation syndicale. Autre
exemple, la lutte des salariéEs de Mac Do il y a deux ans n?aurait
certainement pas eue la même issue heureuse. Comme à son habitude le
gouvernement tape sur les chômeurEs et prévoit un arsenal répressif contre
tout chômeurEs qui refusera un emploi. De son côté Renaud Dutrueil
ministre des petites et moyennes entreprises, a approuvé, devant le sénat
, un amendement véritable insulte au droit de l?enfance : l?article 221-3
du code du travail est modifié afin d?autoriser le travail des apprentis
de moins de 18 ans le dimanche, quel courage ! Nous assistons à une guerre
de classe, où l?on tente de faire disparaître toutes solidarités
collectives, les services public n?en finissent plus d?être démantelés et
dans le privé on licencie et on délocalise. On réprime aussi, les CRS pour
les lycéenNEs et pour les cheminots, le GIPN carrément pour les postiers
de Bègles. Une guerre de classe qu?on vous dit ! Ah ! oui j?allais oublier
De Villepin en homme épris de justice et de démocratie qu?il est et avec
le courage qui le caractérise compte faire passer ses mesures par
ordonnance, c?est-à-dire sans passer par voie parlementaire, l?été, en
catimini quand les plus chanceux d?entre nous seront en vacances sur les
plages. Les plages justement que les travailleurEs de ce pays pourraient
retrouver plus vite que prévu à la rentrée mais cette fois sous les pavés.
À la CNT, nous comptons bien être le grain de sable qui enrayera la
mécanique de cet effroyable rouleau compresseur ultra- libéral.

Rendons coup pour coup !

Guerre sociale contre le capital !!!

[ texte repris du site http://rebellyon.info - site d'infos alternatives
lyonnaises ]
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