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(fr) Retour sur la maison departementale du Mindin

Date Mon, 18 Jul 2005 09:21:30 +0200 (CEST)


Nous diffusons ce texte à propos de notre compagne CT qui travaille a la
maison départementale du Mindin, et qui après un long combat, une
persécution suivie d?une résistance que nous avions suivie entrainant
quelques années d?accalmies et même une certaine reconnaissance de son
travail et de la justesse de ses remarques.

Pour de récentes prises de position elle vient à nouveau d?être persécutée.

La CNT-AIT toujours vigilante quant à l?évolution de la situation de sa
compagne et de son lieu de travail tient à nouveau à se manifester en
rappelant brièvement l?histoire de son combat, ce qui en avait découlé, et
comment un revirement s?est opéré récemment à son encontre.

Nous tenons à dénoncer les persécutions contre notre compagne soutenir
certaines positions institutionnelles qu?il conviendrait d?amorcer autour
d?un travail si difficile, si l?on veut réellement changer la vie dans ces
lieux.

La maison départementale du Mindin (MDM), en Loire Atlantique sur la
commune de saint Brévin est un établissement médico social départemental
de la fonction publique territoriale qui héberge à vie des personnes très
lourdement et mentalement handicapées, dites démunies.

Nous avions déjà diffusé deux écrits (1999 et 2001) à propos de ce qui s?y
passait et surtout à propos du combat qu?avait mené quasiment seule Madame
CT, membre de la CNT-AIT, travaillant depuis 1992 comme aide
médico-psychologique dans cet établissement. Elle avait du faire face, au
mur du silence. Témoin de mauvais traitements subis par des pensionnaires
de ce lieu de relégation. Durant toutes ces années elle n'avait pu se
résoudre à se taire, pour dénoncer ce qui lui paraissait anormal et
injuste tout en indiquant des pistes sur le travail qu'il conviendrait de
réaliser si l'on voulait rendre la vie quotidienne plus agréable à ces
personnes handicapées très dépendantes et en permanence d?une aide
humaine. Envers et contre tous, elle avait persisté à travailler selon son
éthique, comme si en matière de soins et d'assistance, le fait d'effectuer
correctement son travail avait été un acte de désobéissance contre ceux
pour qui le seul fait de "garder? ces handicapé-e-s suffisait. Bien
qu?elle ait alerté du monde, il n?y avait pas eu de suites
institutionnelles, montrant là le peu de considération que son action
recevait.

Des collègues, syndicalistes "maison" (FO), avaient cependant dénoncé chez
elle le "manque de solidarité de classe" parce qu'elle dénonçait les
conditions indignes dont elle avait été témoin.

C?est pourtant en voulant faire de sa tâche une activité au service du
bien être de ces personnes handicapé-e-s que madame CT faisait preuve de
"solidarité de classe", comme s'employer à critiquer et orienter
l'activité humaine dans un sens utile, répondant aux besoins et ne nuisant
pas.

Et donc, à ce moment là, quitter le seul corporatisme revendicatif pour
devenir révolutionnaire, c'est à dire sur le chemin de la réappropriation
de l'outil et du sens du travail par le travailleur.

Il y a six ans la CNT-AIT, avait diffusé largement un 4 pages racontant
toute cette histoire, dans le but d?ensemencer une réflexion critique sur
ce qu?il se passait ici comme dans d?autres établissements. ce tract avait
eu un certain impact local et régional y compris à travers certains
organes de presse. Une réunion publique il y a 5 ans à Paris avait
rassemblé nombre de travailleurs du secteur santé-social-éducation.
Madame CT épuisée, sans avoir été prise au sérieux, s?était tout de même
retrouvé en longue maladie. Cela pouvait arranger du monde,
?l?emmerdeuse?, celle qui pose problème, se retrouvant stigmatisée
semblait donner raison à ceux et celles qui avaient voulu la voir comme
une ?folle?.

Cependant après toutes ces années, les deux ans de discussion et de
diffusion, continue et par nos soins, d?informations, n?avaient commencé
à porter leurs fruits: En 2002 un mouvement de mécontentement du personnel
de la MDM se faisait jour, soutenu par l?association des familles des
résidents des établissement de Mindin. Condamnant la qualité de prise en
charge minimale et le mal être des résidents, une situation qui engendre
des dysfonctionnements et des actes de violence dont les résidents sont
les victimes, le mouvement dénonçait le manque criant de personnel et
tirait la sonnette d?alarme sur des conditions de travail se dégradant,
provoquant l?usure des agents et une augmentation significative de
l?absentéisme, les repos - légitimes - jamais compensés en termes
d?emploi.C?était avant la loi sur les RTT et il manquait déjà 44 postes
dont 18 rendus nécessaires par l?observation des repos compensateurs. Des
mouvements similaires avaient lieu dans d?autres établissements. Les
manifestations de personnels et familles de résidents, se succédant,
devant la MDM, sur le pont de Saint Nazaire, devant la préfecture de
Nantes où ils furent reçu par le directeur du cabinet du préfet qui
précisait que le directeur de la DDASS, monsieur M, devrait être reçu au
ministère à ce sujet. Vigilants quand aux promesses, la conscience était
très vive qu?une réflexion de fond sur la structure et le fonctionnement
de La MDM, ne pouvait être esquivée.

C?était dans les faits une reconnaissance de la justesse du combat que
C.T avait mené pendant plusieurs années. La CNT-AIT, savait pour
l?occasion rediffusé un texte, rappelant son rôle dans le réveil des
consciences et appuyant le mouvement en cours en appelant à la méfiance
les salariés et familles de résidents vis à vis de structures syndicales
qui non seulement n?avaient rien fait depuis des années mais avaient à
l?époque enfoncé madame CT. Nous avions parmi d?autres revendications
demandé à l?époque que les injustices dont elle avait été victime soit
réparées et qu?elle obtienne la reconnaissance qui lui est due, après que
sa parole ait été pendant si longtemps mise en doute. Ce qui fut fait, en
ce qui la concerne !

Et lorsque elle repris son travail en 2002, le ton avait changé, elle
n?était plus ?la folle?, on lui dressait un accueil chaleureux. Est-ce
pour autant qu?un changement concret dans l?organisation institutionnelle
des prises en charges était à l?oeuvre et au delà de la mise en avant de
quelques unités modèles utilisées comme vitrine de l?établissement ? En
fait non. Le cours des choses repris. Toujours est-t-il que les notations
d?années et années s?avérèrent très favorable au travail de CT. De la
direction: ?Madame, je vous félicité d?avoir su vous réintégrer dans la
structure du FMN. Tout le monde devrait pouvoir apprécier vos qualités de
réflexion et votre engagement à satisfaire les besoins des résidents?.
Ceci n?endormit pas la vigilance de CT, en ce qui la concerne puisque elle
tenta sans succès (entre Octobre 2004 et Janvier 2005) d?obtenir son
dossier personnel et bien qu?elle en ait le droit, toutes ses tentatives
échouèrent. CT ne fut non moins vigilante sur la protection des résidents.
Et inquiétée par le fait que de trop nombreux arrosage aient lieu sur les
lieu de travail et puisse nuire à la qualité des prises en charges elle
contacta, pour conseil, la présidente d?une association d?anciens
alcooliques (La croix d?Or). Cette dernière était une ancienne salariée de
Mindin, qui transmis le courrier à la chef de service de CT. Le 4/2/05, CT
fut donc convoquée à une ?réunion?, en urgence qui se révéla être un
véritable tribunal où 25 personnes l?accablèrent verbalement de reproches,
lui mirent la pression. ?Si elle ne supportait pas la convivialité de
l?alcool, elle ne correspondait pas au projet du foyer?, ?Que le fait
qu?elle fasse des remplacements dans les différentes unités de Mindin
était du voyeurisme?, ?Qu?elle parlait à un membre du personnel qui lui
aussi était sur la touche?...

Très choquée psychologiquement, CT s?est retrouvée quelques temps en en
arrêt maladie.
Bien sur ces pressions n?ont été que verbales, aucun n?écrit ne pouvant
venir contredire les bonnes notations qu?elle venait de recevoir.

C?est pourquoi la CNT-AIT demande que cessent les persécutions dont CT est
l?objet, elle exige que CT puisse obtenir son dossier personnel comme elle
en a le droit.

Sur le fond de la dernière affaire: La CNT-AIT ne remet pas en question
le fait que les personnels se détendent et célèbrent entre eux différents
événement conviviaux, tant qu?il n?y a pas de retentissement négatifs
sur les résidents. Mieux encore, il est possible et thérapeutique pour
les personnels d?organiser des événements festifs et conviviaux avec les
résidents, comme des repas collectifs. Dans l?unité ou en dehors de
l?unité. Là où cela se pratique, c?est à la fois profitable aux résidents
et au moral des équipes et cela participe du développement d?une ambiance
bénéfique dont les retombées sont évolutives et préventives en matière de
violence. Cela met de la vie dans des lieux toujours menacés de sclérose
morbide.

Si la convivialité permet par ailleurs d?associer dans des festivités
institutionnelles, les résidents, cela ne peut que contribuer à leur
épanouissement et à mettre de la vie dans des lieux dont le risque
permanent est la sclérose et la relégation. Les rares endroits où un
travail d?ambiance et de convivialité soignants/soigné se fait, les
retombées sur la qualité de vie des résidents (ou des patients) et sur le
moral des équipes profite à tout le monde, surtout lorsqu?il s?agit de
personnes très dépendantes. Par contre lorsque les équipes se
replient sur elle même, trop souvent, pour échapper aux résidents
exprimant leurs désaccords par des troubles du comportement, le risque est
d?accroître un climat préjudiciable pour tous. Un engrenage involutif..

Effectivement, les conditions d?hébergement, de soin, de vie des personnes
démunies concernant l?outil de travail doivent intéresser au premier plan
le syndicalisme. Et que cette question intéresse la nécessaire réflexion
de fond sur ce type d?établissement. Des personnels formés, motivés,
conscients de leur tâche, en nombre suffisant (créations de postes), mais
aussi respectés dans leurs droits et leur dignité.. Il est nécessaire de
désenclaver et d?ouvrir au monde extérieur et au mouvement de la vie ce
type de lieu de vie, afin qu?ils ne s?enferment pas dans une logique de
relégation. Chaque résident est un individu à part entière ayant droit à
être considéré dans la dignité et non un anonyme se confondant dans une
masse informelle et démunie gardée à l?écart du monde. La société dans son
ensemble est concernée, tant il est vrai, que ce type de lieu de vie reste
la conséquence du fait qu?il n?est pas possible pour les proches de ces
personnes handicapées de vivre avec elles au quotidien. Ce ne sont ni les
proches, ni les personnels qui ont choisi de s?occuper de ces personnes,
qu?il faut questionner, mais l?ensemble de la société sur son
fonctionnement et la place qu?elle assigne à certains de ses membres
lorsqu?ils ne s?inscrivent pas ou plus dans le système de la
productivité/consommation ordinaire.

Il ne s?agit pas d?accabler les personnels: s?occuper de personnes
complètement dépendantes (toilette, habillage, alimentation, hygiène
intime) au quotidien pendant des années sans autres perspectives que de
les maintenir dans un état de tranquillité et de satisfaction, en dehors
d?épouvantables souffrances, est
extrêmement difficile. C?est avant tout une question de thérapie
institutionnelle. Nous connaissons l?engrenage institutionnel de la
violence. Un nombre de personnel insuffisant, une situation de lieu fermé,
une absence d?ouverture des lieux vers des activités des sorties, une
absence de travail de réflexion collective
institutionnelle (psychologues, médecins) font que ce travail quotidien
peut progressivement virer au cauchemar. Pour les équipes et donc pour les
résidents... Il s?agit de personnes complètement dépendantes, mais tout à
fait existantes, et la charge de travail est énorme. Alors que de
véritables relations et enjeux humains se jouent et se nouent comme
partout. Lorsque les travailleurs n?en peuvent plus qu?ils n?arrivent plus
à créer une ambiance conviviale dans ces lieux de vies Cela devient
déroutant, déprimant, un sentiment d?échec, une envie de se replier entre
salariés et c?est
l?engrenage les personnes handicapées utilisent ce dont elles disposent
pour se faire entendre rajoutant de la pénibilité au travail. Le
pensionnaire devient alors sans l?avoir voulu le persécuteur des
travailleurs, ce qui facile les passage à l?acte sadique à leur encontre
par les plus à bout, les plus fragile...
Comment briser ce cercle vicieux est la vraie question ? Comment avancer
en ce sens, se mettre sur la voie puisqu?il y a beaucoup à faire ? C?est
justement cela reprendre en main l?outil de travail. Bien que ce soit une
tache ardue, elle n?est pas insurmontable avec temps et ténacité, travail
collectif, temps de réflexions et d?échanges, temps de parole, visites et
échanges avec d?autres institutions...

Par expérience de certaines institutions, encore trop rares, qui ont pu
le mettre en oeuvre et le maintenir. Cela marche !

Or Mindin n?a pas le personnel en nombre pour, ni assez de psychologues
cliniciens rompus aux techniques de thérapies institutionnelle, ni
suffisamment de médecins habitués des patients très dépendants ... Mindin
ne fonctionne pas habituellement comme cela, il faut donc qu?une réflexion
collective à l?initiative de membres du personnel (hors hiérarchie, car il
est difficile de s?exprimer librement en présence de ceux qui notent même
lorsqu?ils vous assurent de leur bienveillance, et il faut savoir ?cadrer
le cadre?), puisse se mener par des rencontres entre personnels de mêmes
unités et d?unités différentes pour échanger ensemble sur les difficultés,
de les besoins, de les désirs. En sachant que les résident sont une
population de personnes complètement existantes souvent
intelligente, dont le développement psychosocial a été bloqué, envahi,
souvent à la suite de graves traumatismes de le toute petite enfance, mais
dont le principal problème se situe autour de la capacité à communiquer et
dans son rapport à l?autre. Souvent sans paroles, à la structure du
langage délabrée ou mal construite, sans être muets, ils n?en sont pas
moins des êtres sensibles qui ont en fonction de leurs possibilités leurs
propre stratégies. La plus grandes difficulté pour le personnel, en dehors
d?un strict gardiennage qui mène, lorsqu?il se limite à cela, de toute
façon à des situations pénibles pour tout le monde, est de chercher à
donner un sens avec le langage à des signes infraverbaux adressés par le
résident. Tenter de les comprendre c?est créer de la ?prothèse
institutionnelle?, et lorsque cela marche cela permet de remédier à des
problèmes le plus souvent, et après coup d?une simplicité déconcertante
... Et d?améliorer la vie quotidienne des résidents comme des personnels.
Discutter de tous ces sujets est un préalable incontournable qui pourrait
se faire à l?initiative des salariés, même s?ils ne sont que quelques uns
au début..

Il faut aussi dans les moyens alloués à l?institution, demander médecins
et psychologues... Demander que deux lieux pour les sorties et pour
l?habitat soient possibles pour chacune de ces personnes car elles ont
besoin , comme tout le monde, d?évoluer dans plusieurs lieux, même si une
certaine ritualisation des activités a un effet rassurant et répond avec
adéquation à leurs
problématiques profondes. Des prises en charges individualisées et ?sur
mesure? doivent pouvoir se réaliser pour leur épanouissement individuel.
Même dans les limites de handicaps lourds liés à des dégâts structuraux
irréversibles mais fixés, il y a toujours deux possibles en évolution: la
souffrance de l?angoisse envahissante et de la relégation ou bien le
bonheur de la tranquillité et de la plénitude de sois, qui contient
parfois ses surprises évolutives... Il est temps de choisir!

La CNT-AIT, dans une démarche intercorporative, interprofessionnelle et
interrégionale, reste vigilante quant aux suites données à ces différentes
revendications.

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Tract réalisé par des militants des syndicats:
CNT-AIT Bourse du Travail, place Aliende 44600 St Nazaire
et du Syndicat des Travailleurs, Chômeurs, Précaires de Paris,
BP 352 75526 Paris cedex 11.


CNT * AIT
Confédération Nationale du Travail

Association Internationale des Travailleurs
Secteur santé-social

CNT-AIT
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