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(fr) Sixieme declaration de la foret Lacandone (3)

Date Mon, 11 Jul 2005 22:46:29 +0200 (CEST)


ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE. MEXIQUE.

(SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE)

V. CE QUE NOUS VOULONS FAIRE

Bien, alors maintenant nous allons vous dire ce que nous voudrions faire
dans le monde et au Mexique, parce que nous sommes incapables de nous taire,
sans plus, devant tout ce qui se passe sur cette planète, comme s'il n'y
avait que nous qui étions là où nous en sommes.

Alors dans le monde, nous voulons dire à vous tous qui résistez et luttez à
votre façon et dans votre pays que vous n'êtes pas seuls et que nous, les
zapatistes, même si nous sommes tout petits, nous vous soutenons et nous
allons chercher un moyen de vous aider dans vos luttes et de parler avec
vous pour apprendre, parce que s'il y a bien une chose que nous avons
apprise, c'est à apprendre.

Et nous voulons dire aux peuples latino-américains que nous sommes fiers
d'être des leurs, même si nous n'en sommes qu'une petite partie. Et que nous
nous rappelons parfaitement comment ce continent a brillé, il y a des années
de cela, et qu'une lumière s'appelait Che Guevara, comme auparavant elle
s'était appelé Bolivar, parce que parfois les peuples se saisissent d'un nom
pour dire qu'ils se saisissent d'un étendard.

Et nous voulons dire au peuple de Cuba, qui résiste depuis si longtemps sur
son chemin, qu'il n'est pas seul et que nous ne sommes pas d'accord avec le
blocus dont il est victime et que nous allons chercher un moyen de lui
envoyer quelque chose, même si ce n'est que du maïs, pour l'aider à
résister. Et nous voulons dire au peuple nord-américain que nous ne sommes
pas naïfs et que nous savons que leurs mauvais gouvernements sont une chose,
et que les Nord-Américains qui luttent dans leur pays et se solidarisent
avec les luttes d'autres pays sont une chose très différente. Et nous
voulons dire aux frères et aux s˛urs mapuche du Chili que nous
connaissons
leur lutte et que nous apprenons d'elle. Et à ceux et celles du Venezuela
que nous trouvons que c'est bien la manière dont ils défendent leur
souveraineté, autrement dit le droit de leur nation à décider du chemin
qu'elle veut emprunter. Et nous voulons dire aux frères et aux s˛urs
indigènes d'Équateur et de Bolivie qu'ils sont en train de donner une belle
leçon d'histoire, à nous et à l'Amérique latine tout entière, parce que pour
une fois on parvient à stopper la mondialisation néolibérale. Et nous
voulons dire aux piqueteros et aux jeunes d'Argentine, simplement, que nous
les aimons. Et à ceux d'Uruguay qui veulent un meilleur pays que nous les
admirons. Et à ceux qui sont sans terre au Brésil que nous les respectons.
Et à tous les jeunes d'Amérique latine que ce qu'ils font est très bien et
qu'ils nous donnent beaucoup d'espoir.

Et nous voulons dire aux frères et aux s˛urs de l'Europe sociale,
autrement
dit l'Europe digne et rebelle, qu'ils ne sont pas seuls. Que nous nous
réjouissons de leurs grands mouvements contre les guerres néolibérales. Que
nous observons attentivement leurs formes d'organisation et leurs formes de
lutte pour en apprendre éventuellement quelque chose. Que nous cherchons un
moyen de soutenir leurs luttes et que nous n'allons pas leur envoyer des
euros, pour qu'après ils soient dévalués à cause de l'effondrement de
l'Union européenne, mais que nous allons peut-être leur envoyer de
l'artisanat et du café, pour qu'ils les commercialisent et en tirent quelque
chose pour les aider dans leurs luttes. Et que peut-être que nous leur
enverrons du pozole, ça donne des forces pour résister, mais qu'après tout
il est possible que nous ne leur envoyions pas, parce que le pozole c'est
quelque chose bien de chez nous et qu'il ne manquerait plus qu'ils attrapent
mal au ventre et qu'après leurs luttes s'en ressentent et qu'ils soient
vaincus par les néolibéralistes.

Et nous voulons dire aux frères et s˛urs d'Afrique, d'Asie et
d'Océanie que
nous savons qu'eux aussi luttent et que nous voulons en savoir plus sur
leurs idées et sur leurs pratiques.

Et nous voulons dire au monde que nous voulons le faire plus grand, si grand
que puissent y avoir leur place tous les mondes qui résistent parce que les
néolibéralistes veulent les détruire et qu'ils ne se laissent pas faire mais
luttent pour l'humanité.

Alors, au Mexique, nous voulons arriver à un accord avec des personnes et
des organisations de gauche, uniquement, parce que nous pensons que ce n'est
au sein de la gauche politique que l'on trouve la volonté de résister à la
mondialisation néolibérale et de construire un pays où tout le monde jouisse
de la justice, de la démocratie et de la liberté. Et non comme maintenant où
la justice n'existe que pour les riches, où la liberté n'existe que pour
leurs grands négoces et où la démocratie n'existe que pour couvrir les murs
de propagande électorale. Et aussi parce que nous pensons que c'est
uniquement de la gauche que peut surgir un plan de lutte pour que notre
patrie, c'est-à-dire le Mexique, ne meure pas.

Et alors, ce à quoi nous avons pensé, c'est de dresser avec ces personnes et
organisations de gauche un plan pour aller partout au Mexique où il y a des
gens humbles et simples comme nous.

Et nous n'allons pas aller leur dire ce qu'ils doivent faire, autrement dit
leur donner des ordres.

Nous n'allons pas non plus leur demander de voter pour tel ou tel candidat,
nous savons parfaitement qu'ils sont tous partisans du néolibéralisme.

Nous n'allons pas non plus leur dire qu'ils fassent comme nous ou qu'ils
prennent les armes.

Non, ce que nous allons faire, c'est leur demander comment ils vivent,
comment est leur lutte, ce qu'ils pensent de notre pays et comment faire
ensemble pour ne pas être vaincus.

Ce que nous allons faire, c'est aller chercher la pensée des gens simples et
humbles comme nous et peut-être que nous y trouverons le même amour pour
nous ressentons pour notre pays.

Et peut-être que nous arriverons à un accord entre gens simples et humbles
et qu'ensemble nous nous organiserons dans tout le pays et que nous mettrons
d'accord nos luttes qui restent isolées, loin les unes des autres, et que
nous trouverons une sorte de programme qui réunisse tout ce que tout le
monde veut, et un plan pour savoir comment faire que ce programme, appelé
"programme national de lutte", atteigne ses objectifs.

Et alors, en accord avec la majorité des gens que nous allons écouter, eh
bien, nous pourrions faire une lutte de tout le monde : des indigènes, des
ouvriers, des paysans, des étudiants, des professeurs, des employés, des
femmes, des enfants, des anciens et des hommes et avec toutes les personnes
au c˛ur bon qui auront envie de lutter pour que ne soit pas détruit
et vendu
notre pays, qu'on appelle "le Mexique" et qui va du Rio Bravo au Rio
Suchiate et qui est bordé, d'un côté, par l'océan Pacifique, et de l'autre,
par l'océan Atlantique.


VI. COMMENT NOUS ALLONS LE FAIRE

Alors voilà notre parole simple, qui s'adresse aux gens humbles et simples
du Mexique et du monde et que nous appelons en cette occasion :

Sixième Déclaration de la forêt Lacandone.

Et nous voici venus pour dire, avec notre parole simple, que...

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant le maintien du cessez-le-feu
offensif et elle ne lancera aucune attaque contre les forces
gouvernementales et n'effectuera aucun mouvement de troupes offensif.

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant la poursuite de ses activités
dans le cadre de la lutte politique, avec l'initiative pacifique actuelle.
Par conséquent, l'EZLN maintient sa volonté de n'entretenir aucune sorte de
relation secrète avec des organisations politico-militaires mexicaines ou
d'autres pays.

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant la défense, le soutien et
l'obéissance aux communautés indigènes zapatistes qui la constituent ainsi
qu'à leur commandement suprême, et, sans interférer avec leurs méthodes
démocratiques internes et dans la mesure de ses possibilités, elle
contribuera au renforcement de leur autonomie, de leur bon gouvernement et à
l'amélioration de leurs conditions de vie. Autrement dit, ce que nous allons
faire au Mexique et dans le monde, nous le ferons sans armes, dans le cadre
d'un mouvement civil et pacifique, et sans négliger ni cesser de soutenir
nos communautés.

Par conséquent... Dans le monde...

1. Nous établirons plus de relations respectueuses et de soutiens mutuels
avec des personnes et des organisations qui résistent et luttent contre le
néolibéralisme et pour l'humanité.

2. Dans la mesure de nos possibilités, nous fournirons des aides
matérielles, des aliments et de l'artisanat aux frères et s˛urs qui
luttent
dans le monde entier.

Pour commencer, nous allons demander au Conseil de bon gouvernement de La
Realidad de nous prêter le camion baptisé "Chompiras", d'une capacité
d'environ 8 tonnes, et nous allons le remplir de maïs et si possible de deux
bidons de 200 litres chacun rempli d'essence ou de pétrole, selon les
besoins, que nous allons livrer à l'ambassade de Cuba à Mexico, pour qu'elle
le fasse parvenir au peuple cubain en tant que soutien des zapatistes à sa
résistance au blocus nord-américain. Mais s'il y avait un endroit plus près
où livrer, ce ne serait pas plus mal, parce qu'il faut toujours aller
jusqu'à Mexico qui est bien loin et il n'est pas impossible que "Chompiras"
rende l'âme et alors on n'en mènerait pas large. Et de toute façon, ce ne
serait pas avant la récolte et si on ne nous attaque pas, parce que tout est
encore vert dans la milpa et que si nous l'envoyons maintenant, ce sera de
l'élote qui n'arriverait pas en bonnes conditions, même sous forme de
tamales. Ce serait mieux en novembre ou en octobre, au choix.

Et nous allons aussi nous mettre d'accord avec des coopératives d'artisanat
de femmes pour pouvoir envoyer une bonne cargaison de vêtements brodés aux
Europes, qui ne seront peut-être plus une Union, et puis peut-être aussi du
café écologique des coopératives zapatistes, pour qu'elles puissent le
vendre et avoir un peu de sous pour leur lutte. Et s'il ne se vend pas,
elles pourront toujours se faire un petit café et causer de la lutte
antinéolibérale, et s'il fait froid, elles pourront se couvrir avec les
tissus brodés zapatistes, qui résistent parfaitement au lavage à la main et
à la pierre et qui ne déteignent pas, en plus.

Et nous allons aussi envoyer aux frères et s˛urs indigènes de Bolivie et
d'Équateur un peu de maïs non transgénique. Il y a juste que nous ne savons
pas où le livrer pour qu'il arrive en de bonnes mains, mais nous aimerions
vraiment fournir cette petite aide.

3. Et nous disons à tous ceux et à toutes celles qui résistent dans le monde
entier qu'il faut organiser d'autres rencontres intercontinentales, même si
ce n'est qu'une seule de plus. En décembre ou en janvier prochain,
peut-être, il faudrait y penser. Nous ne voulons pas fixer de date, parce
qu'il s'agit de faire les choses en se mettant tous d'accord sur où, comment
et qui. Mais il ne faudrait pas que ce soit ce genre de rencontre avec
estrades où il n'y en a que quelques-uns qui parlent pendant que les autres
écoutent, mais une rencontre sans formalités, tout le monde sur le même plan
et tout le monde parle. Avec un peu d'ordre quand même, parce que, sinon,
c'est rien que du bruit et on ne comprend rien à ce qui est dit, alors
qu'avec un peu d'organisation tout le monde écoute et peut prendre note des
paroles de résistance des autres pour pouvoir les rapporter à leurs
compañeros et compañeras dans leur propre monde. Et nous avons pensé que ça
pourrait se faire dans un endroit où il y a une grande prison, pour le cas
où il y aurait de la répression et qu'on nous emprisonne et, comme ça, nous
ne serions pas entassés les uns sur les autres. En prison, soit, mais bien
organisés, et nous pourrions continuer en prison la rencontre
intercontinentale pour l'humanité et contre le néolibéralisme. Alors, plus
loin nous allons vous dire comment faire pour nous mettre d'accord sur la
manière de se mettre d'accord. Enfin, en tout cas, c'est comme ça que nous
pensons faire ce que nous voulons faire dans le monde. Mais d'abord...

Au Mexique...

1. Nous allons continuer à lutter pour les peuples indiens du Mexique, et
plus seulement pour eux ni rien qu'avec eux, mais aussi pour tous les
exploités et les dépossédés du Mexique, avec eux tous et dans l'ensemble du
pays. Et quand nous parlons de tous les exploités du Mexique, nous parlons
aussi des frères et s˛urs qui ont dû partir aux Etats-Unis chercher du
travail pour pouvoir survivre.

2. Nous allons aller écouter et parler directement, sans intermédiaires ni
médiations, avec les gens simples et humbles du peuple mexicain et, en
fonction de ce que nous entendrons et apprendrons, nous élaborerons, avec
ces gens qui sont, comme nous, humbles et simples, un programme national de
lutte. Mais un programme qui soit clairement de gauche, autrement dit
anticapitaliste et antinéolibéral, autrement dit pour la justice, la
démocratie et la liberté pour le peuple mexicain.

3. Nous allons essayer de construire ou de reconstruire une autre façon de
faire de la politique, une façon qui renoue avec l'esprit de servir les
autres, sans intérêts matériels et avec sacrifice, en consacrant son temps
et avec honnêteté, en respectant la parole donnée et avec pour seule paye la
satisfaction du devoir accompli. Autrement dit, comme le faisaient
auparavant les militants de gauche que rien n'arrêtait, ni les coups, ni la
prison, ni la mort, et encore moins des dollars.

4. Nous allons aussi essayer de faire démarrer une lutte pour exiger une
nouvelle Constitution, autrement dit des nouvelles lois qui prennent en
compte les exigences du peuple mexicain, à savoir : logement, terre,
travail, alimentation, santé, éducation, information, culture, indépendance,
démocratie, justice, liberté et paix. Une nouvelle Constitution qui
reconnaisse les droits et libertés du peuple et qui défende le faible contre
le puissant.

DANS CE BUT...

L'EZLN enverra une délégation de sa direction pour accomplir cette tâche sur
l'ensemble du territoire mexicain et pour une durée indéterminée. Cette
délégation zapatiste se rendra aux endroits où elle sera expressément
invitée, en compagnie des organisations et des personnes de gauche qui
auront souscrit à cette Sixième Déclaration de la forêt Lacandone.

Nous informons à l'avance que l'EZLN mènera une politique d'alliances avec
des organisations et des mouvements non électoralistes qui se définissent,
en théorie et en pratique, comme des mouvements et organisations de gauche,
aux conditions suivantes :

Non à des accords conclus en haut pour imposer en bas, mais oui à conclure
des accords pour aller ensemble écouter et organiser l'indignation ; non à
créer des mouvements qui soient ensuite négociés dans le dos de ceux qui y
participent, mais oui à toujours tenir compte de l'opinion des participants
; non à la recherche de récompenses, de promotion, d'avantages, de postes
publics, du pouvoir ou de qui aspire au pouvoir, mais oui à outrepasser les
calendriers des élections ; non à essayer de résoudre d'en haut les
problèmes de notre pays, mais oui à la construction PAR LE BAS ET POUR EN
BAS d'une alternative à la destruction néolibérale, une alternative de
gauche pour le Mexique.

Oui au respect réciproque de l'autonomie et de l'indépendance
d'organisations, à leurs formes de lutte, à leur façon de s'organiser, à
leurs méthodes internes de prises de décision, à leurs représentations
légitimes, à leurs aspirations et à leurs exigences ; et oui à un engagement
clair et net de défense conjointe et coordonnée de notre souveraineté
nationale, par conséquent avec une opposition sans concessions aux
tentatives de privatisation de l'énergie électrique, du pétrole, de l'eau et
des ressources naturelles.

Autrement dit, nous invitons comme qui dirait les organisations politiques
et sociales de gauche qui ne sont pas officiellement déclarées et les
personnes qui se revendiquent de gauche sans appartenir aux partis
politiques officiels à nous réunir, au moment, à l'endroit et de la manière
que nous leur proposerons en son temps, afin d'organiser une campagne
nationale, en parcourant tous les lieux même les plus reculés de notre
patrie, pour écouter et organiser la parole de notre peuple. Alors, c'est
comme une campagne, mais bien différente parce qu'elle n'est pas électorale.


Frères et s˛urs,

Voici notre parole. Nous disons :

Dans le monde, nous allons nous jumeler plus qu'auparavant avec les luttes
de résistance contre le néolibéralisme et pour l'humanité.

Et nous allons soutenir, même si ce n'est qu'un petit peu, ces luttes.

Et nous allons échanger dans un respect mutuel expériences, histoires, idées
et rêves.

Au Mexique, nous allons parcourir l'ensemble du pays, au milieu des
décombres qu'a semés la guerre néolibérale et parmi les résistances,
retranchées, qui y fleurissent.

Nous allons chercher, et trouver, des gens qui aiment ces terres et ces
cieux au moins autant que nous.

Nous allons chercher, de La Realidad à Tijuana, des gens qui veulent
organiser et lutter et construire qui sait le dernier espoir que cette
nation, qui existe au moins depuis le jour où un aigle s'est posé sur un
nopal pour y dévorer un serpent, ne meure pas.

Nous invitons les indigènes, les ouvriers, les paysans, les professeurs, les
étudiants, les ménagères, les habitants des colonias, les petits
propriétaires, les petits commerçants, les micro-chefs d'entreprise, les
retraités, les handicapés, les prêtres et les bonnes s˛urs, les
chercheurs,
les artistes, les intellectuels, les jeunes, les femmes, les vieillards, les
homosexuels, les lesbiennes et les enfants, garçons et filles, à participer
directement, de manière individuelle ou collective, à la construction d'une
autre façon de faire de la politique et d'un programme de lutte national et
de gauche, et à lutter pour une nouvelle Constitution.

Voilà quelle est notre parole pour dire ce que nous allons faire et comment
nous allons le faire. Elle est à votre disposition, si cela vous intéresse.

Et nous voulons dire aux hommes et aux femmes à la pensée bonne dans leur
c˛ur qui seraient d'accord avec cette parole que nous donnons de ne pas
avoir peur ou, s'ils ont peur, de se dominer et de dire publiquement s'ils
sont d'accord avec cette idée que nous lançons. Comme ça, on verra enfin une
fois pour toutes avec qui, où, quand et comment va être franchi ce nouveau
pas dans la lutte.

Pendant que vous y réfléchissez, sachez que, en ce sixième mois de l'an
2005, nous, les hommes, les femmes, les enfants et les anciens de l'Armée
zapatiste de libération nationale nous avons déjà pris notre décision et que
nous souscrivons à cette Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, et
qu'elle a été contresignée par ceux qui savaient signer et que ceux qui ne
savaient pas ont mis leurs empreintes, bien qu'il y ait moins de personnes
maintenant qui ne savent pas, parce qu'une éducation a pu être donnée ici,
dans ce territoire en rébellion pour l'humanité et contre le néolibéralisme,
autrement dit sous les cieux et sur les terres zapatistes.

Voilà quelle a été notre parole simple s'adressant aux c˛urs nobles
des gens
simples et humbles qui résistent et se rebellent contre l'injustice dans le
monde entier.

DÉMOCRATIE !
LIBERTÉ !
JUSTICE !

Des montagnes du Sud-Est mexicain.

Comité clandestin révolutionnaire indigène
Commandement général de l?Armée zapatiste de libération nationale.
Mexique, en ce sixième mois, autrement dit en juin, de l?an 2005.


--
Traduit par Angel Caido, compañero que nous remercions chaleureusement,
diffisé par le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
(CSPCL, Paris) - 33, rue des Vignoles - 75020 Paris - France
réunion (ouverte) le mercredi à partir de 20 h 30
http://cspcl.ouvaton.org
cspcl(a)altern.org



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