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(fr) Racisme et lutte de classe

From Collectif La Nuit (NEFAC) <nefacquebec@yahoo.ca>
Date Sat, 29 Jan 2005 12:07:46 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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L’oppression raciale est sans aucun doute l’une des caractéristiques
inhérentes du monde capitaliste moderne. Elle se manifeste de façon plus
visible par des agressions de groupes fascistes contre les immigrant-e-s.
Mais plus encore, les communautés immigrantes sont victimes de la
discrimination systémique de la part des États capitalistes.Discriminations qui se traduisent par des attaques contre les droits des
immigrants, des coupures dans les programmes sociaux, par des attaques
policières et un système de justice raciste.
Comment vaincre le racisme?

Pour répondre à cette question, nous devons accorder une attention
particulière aux forces qui ont produit et qui continuent de reproduire le
racisme. Elle requiert aussi une analyse soignée des forces socialesqui peuvent bénéficier de l’oppression raciale.

Nous entendons par racisme soit une négation de l’égalité de tous les
êtres humains ou une discrimination sociale, économique ou politique
enverscertains groupes raciaux.

Les racines du racisme

Le capitalisme s’est développé comme un système
mondial basé sur l’exploitation des
travailleurs-euses, des esclaves et des paysan-ne-s,
qu’ils soient noir-e-s, brun-e-s, jaunes ou
blancs/blanches. Au 16e et 17e siècles, le système
capitaliste s’est d’abord développé en Europe de
l’Ouest et dans les Amériques. Au 18e et 19e siècle,
l’Afrique et l’Asie furent progressivement intégrés
dans la zone d’influence du capitalisme. En Amérique,
de vastes plantations furent mises sur pied.
S’appuyant sur l’esclavage, il s’agissait
d’entreprises capitalistes qui exportaient des
produits agricoles.

C’est au sein du système esclavagiste que nous
trouvons la genèse du racisme. D’après Éric Williams,
«L’esclavage n’est pas le fruit du ra-cisme : c’est
plutôt le racisme qui fut la conséquence de
l’esclavage». (1)

À leurs tous débuts, les plantations esclavagistes
n’étaient pas organisées sur des bases raciales.
Malgré le fait que les premiers esclaves de possession
espagnole dans les Amériques étaient généralement des
Autochtones, l’esclavage était limité (du moins
officiellement) à celles et ceux qui ne s’étaient pas
convertis au christianisme.

Les Autochtones furent remplacé-e-s par des
Européen-ne-s pauvres. Plusieurs de ces
travailleurs-euses étaient mis en esclavage pour une
période limitée, comme serviteurs asservis*, engagés
par contrat pour une période qui dépassait souvent dix
ans. D’autres étaient des prisonniers, coupables de
crimes mineurs (tel que le vol de vêtements), ou des
prisonniers de guerre capturés suite aux révoltes et à
la colonisation de territoires comme l’Irlande et
l’Écosse. Toutefois, on retrouvait également un nombre
non-négligeable d’esclaves à vie d’origine européenne,
et il y avait même un nombre considérable de
serviteurs asservis qui furent kidnappés et vendus
ensuite comme esclaves. (2)

La traversée par bateau de l’Atlantique pour les
esclaves et les serviteurs asservis étaient, selon
William, si mauvaise qu’elle devait « éliminer toute
idée voulant que les horreurs des négriers étaient
imputables au fait que les victimes étaient des nègres
». (3) Plus de la moitié des immigrants anglais dans
les colonies américaines du 16e siècle étaient des
serviteurs asservis. (4) De plus, jusqu’en 1690, il y
a avait beaucoup plus d’Européens non-libres dans les
plantations d’Amérique du Sud que d’esclaves noir-e-s.
(5)

Les idées racistes se sont développées à travers le
commerce d’esclaves au 17e et 18e siècle. À cette
époque, les peuples d’Afrique sont devenus la
principale source d’esclaves pour les plantations.

Le système de contrôle social encadrant la force de
travail non-libre européenne et américaine fut alors
appliqué aux africain-e-s.

La principale raison derrière ce changement de cap est
d’ordre économique: ces esclaves étaient obtenus à
moindre coût et en plus grand nombre, répondant ainsi
aux besoins grandissants des plantations capitalistes.
(6) La classe dirigeante africaine joua un rôle
central dans le commerce lucratif des esclaves : « le
commerce fut (...) un commerce africain jusqu’à ce
qu’il atteigne la côte. Il était très rare que les
Européens soient directement impliqués dans
l’acquisition d’esclaves, et quand ce fut le cas, cela
se limitait à l’Angola. » (7)

C’est au 17e siècle que l’idéologie raciste a commencé
à se développer, la première fois par «les planteurs
de canne à sucre anglais et leurs idéologues résidant
toujours en Angleterre.» Ces derniers se référaient
aux différences physiques pour développer le mythe que
les noir-e-s étaient des sous-hommes méritant d’être
mis en esclavage : « voici donc une idéologie : un
système de fausses idées servant des intérêts de
classe. » (8)

Le racisme fut utilisé pour justifier la capture et la
mise en esclavage de millions de personnes pour les
fins propres au capitalisme. La mise en esclavage des
Autochtones a été justifiée par leurs croyances
païennes; l’esclavage des Européen-ne-s a été justifié
par le fait que c’était le sort des classes
inférieures; l’esclavage des Noir-e-s a été justifié
par le racisme.

Une fois développées, les idées racistes furent
utilisées plus largement pour justifier l’oppression.
Les Juifs, par exemple, ont commencé à être opprimés
en tant que minorité raciale, et non comme groupe
religieux.

Les bénéficiaires de l’esclavage ne furent pas les
Européen-ne-s au sens large, mais bien la classe
dirigeante capitaliste d’Europe de l’Ouest et la
classe dirigeante africaine qui en retira également
des bénéfices non-négligeables. En effet, chez les
Européen-ne-s, il y avait des marins travaillant dans
la traite des esclaves, pour qui les conditions de
vies étaient, selon Williams, à peine différentes de
celles des esclaves. Il y avait aussi un nombre
considérable de « blancs pauvres », des ouvrier-e-s
agricoles qui furent écrasé-e-s économiquement par la
compétition des grandes plantations esclavagistes (9).
Enfin, la grande majorité des Européen-ne-s n’a jamais
possédé d’esclaves : seulement 6% des blancs
possédaient des esclaves dans le sud des États-Unis en
1860 (10). En outre, il y avait des propriétaires
d’esclaves Autochtones et Afro-américains.

Races et Empire

Le racisme est donc le fruit de l’esclavage et du
capitalisme. Une fois le racisme créé, des
développements ultérieurs du capitalisme vont
maintenir et entretenir cette créature des classes
dominantes.

L’expansion du pouvoir capitaliste en Afrique et en
Asie s’est développée au début du 17e siècle sous la
forme de l’impérialisme (11). Au début, les conquêtes
impériales furent entreprises par de grandes
compagnies privées tel la British East India Company
en Inde, ou la Dutch East India Company qui opérait
notamment en Afrique du Sud. Plus tard, les
gouvernements capitalistes intervinrent directement
dans ces pays, notamment par la conquête de la majeure
partie de l’Afrique dans les années 1880.

À cette époque, l’impérialisme était poussé par la
recherche du profit. Au début, c’était le profit
généré par le contrôle du commerce. Ce fut ensuite le
profit réalisé grâce à l’exploitation des ressources
naturelles et d’une main-d’œuvre peu dispendieuse par
les grandes compagnies privées et leur besoin de
trouver de nouveaux marchés pour leurs biens
manufacturés.

Les idées racistes furent alors utilisées pour
justifier le processus de conquête et la domination
impérialiste. On justifia la domination impérialiste
par de faux prétextes, soi-disant parce que les
Africain-e-s et les Asiatiques (et par extension tous
les autres peuples colonisés, tels que les
Irlandais-es) étaient incapables de se gouverner
eux-mêmes, et avaient donc besoin d’être dirigés par
une force étrangère : la classe dirigeante d’Europe de
l’Ouest et du Japon (12). Les droits et libertés
universels n’avaient aucune emprise dans cette
perception du monde.

Ni les travailleurs et les travailleuses des colonies,
ni celles et ceux des pays impérialistes ne
bénéficiaient des conquêtes impériales. Les profits de
l’empire étaient source d’enrichissement pour la
classe possédante (13), alors que les méthodes
brutales de la répression coloniale furent déployées
contre les travailleurs et les travailleuses des pays
impérialistes (ex: usage de troupes coloniales pour
écraser la révolution espagnole). Bien des vies et des
ressources furent gaspillées dans de périlleuses
aventures impérialistes. Aujourd’hui encore, les
compagnies multinationales licencient leurs
employé-e-s et coupent dans les salaires en
déménageant dans des pays du Tiers-Monde qui
n’hésitent pas à utiliser la répression contre les
travailleurs et les travailleuses.

(Texte extrait de Ruptures # 4)

Lire la suite: http://nefac.net/node/1425

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