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(fr) Ukraine : la vraie fausse revolution orange

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Fri, 21 Jan 2005 17:56:19 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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Si la plupart des medias occidentaux ont présenté la "révolution orange"
comme un mouvement spontané pour la démocratie, en y regardant de plus près
on s'aperçoit que la spontanéité doit plus à la CIA qu'aux Ukrainiens
eux-mêmes et que la présence importante d'éléments fascistes dans ce
mouvement tempère singulièrement l'esprit démocratique !

La situation en Ukraine avant les evenements

C'est finalement le candidat soutenu par l'Union européenne et les
Etats-Unis qui est sorti vainqueur du " troisième " tour ukrainien. Il ne
pouvait en être autrement tant l'Occident a mis de forces et de dollars dans
le jeu pour s'assurer que le pays basculerait bien dans le camp
euro-atlantique. Pourtant la persistance d'un score important (43 %) pour le
candidat considéré comme " prorusse " montre bien que rien n'est réglé sur
le plan intérieur. Cette intervention directe des forces occidentales
soutenant la " bonne Ukraine " contre la " mauvaise Ukraine " pourrait bien
envenimer les relations entre les parties du pays au point de créer les
conditions d'une guerre civile, comme ce fut le cas dans l'ex-Yougoslavie.
Nous n'en sommes certes pas là, mais cette " possibilité" n'effraie
nullement les Occidentaux dans la mesure où cela peut permettre de cacher
les enjeux réels de ce conflit : la bataille autour des privatisations et
son appropriation entre différentes fractions du capital.
Quant à la grande masse des Ukrainiens elle n'a connu aucune amélioration
économique et sociale depuis l'indépendance intervenue en 1991. Une
indépendance d'ailleurs toute relative du fait de l'étroitesse des relations
économiques avec la Russie (1), due surtout aux besoins énergétiques de
l'Ukraine, et aux liens culturels séculaires qui les unissent. Même si
l'Ukraine n'a plus la même importance qu'aux Xe et XIe siècles lorsqu'elle
était le plus grand et le plus puissant pays d'Europe, elle n'en reste pas
moins une entité non négligeable, par sa taille (plus grande que la France
avec 48 millions d'habitants) et par sa situation stratégique aux marches de
l'Europe et de l'Asie, vissée au cœur de l'influence russe.
Ces années de dépression économique, de baisse du niveau de vie, de
corruption généralisée ont eu raison de l'espoir suscité par la fin du "
communisme réel ", et c'est un pays excédé par le régime plus qu'autoritaire
de Leonid Kuchma, président depuis 1994, qui caractérise l'état d'esprit
majoritaire de la population ukrainienne. Un président Kuchma qui fut, il
faut insister là-dessus, activement soutenu par les Etats-Unis lors des
élections précédentes, qu'il emporta avec 58 % des voix contre 39 % à
Symonenko — le candidat du parti communiste d'Ukraine qui reste à ce jour la
deuxième force parlementaire du pays et certainement la première en nombre
de militants. Mais Kuchma, qui a sans doute cru qu'il suffisait d'envoyer en
Irak de la chair à canon ukrainienne pour rester dans les petits papiers de
l'oncle Sam, est maintenant lâché par ce dernier.
Qui sont les deux adversaires d'aujourd'hui ? Viktor Yanukowicz, soutenu
ouvertement par Poutine, est Premier ministre depuis novembre 2002 et membre
de " Régions d'Ukraine ", qui a obtenu 12 % des voix aux dernières élections
parlementaires. Il tire sa légitimité surtout des régions industrielles de
l'Est et du Sud, davantage peuplées de Russes.
Viktor Iouchtchenko, son challenger, mieux implanté dans l'Ouest, fief du
radicalisme nationaliste ukrainien, est membre de la coalition " Notre
Ukraine " (24 % des voix et 102 sièges au Parlement) ; il a remplacé Kuchma
dans le " cœur " américain, qui n'a pas d'amis mais seulement des intérêts.
Si Iouchtchenko est sans doute moins impliqué personnellement que son
adversaire dans le système de corruption qui régit le pays depuis
l'indépendance, une partie de son entourage a été touchée — en particulier
Ioula Timochenko, opposée à tout compromis avec le régime en place, appelée
" la Pasionaria " par la presse occidentale ", mais que les Ukrainiens, plus
réalistes et sans doute moins friands de clichés que les journalistes,
nomment tout simplement la " princesse du gaz " pour avoir été impliquée
dans des affaires de pots-de-vin lorsqu'elle dirigeait un consortium
ukrainien. Iouchtchenko n'est pas l'homme neuf qu'on veut bien nous décrire
: plus encore que Yanukowicz, c'est un pilier de l'establishment politique
qui fut Premier ministre, président de la Banque nationale, et qui, avec
d'autres anciens Premiers ministres et députés en fonction, occupait des
positions de pouvoir dans le régime qu'il critique maintenant.

Après la révolution des roses en Géorgie, la révolution des marronniers en
Ukraine

Lorsque s'est déclenché le mouvement " orange ", nouvelle " révolution de
velours ", les médias occidentaux ont, comme en Géorgie et en Serbie
auparavant, parlé de mouvement spontané, de lame de fond, de grand mouvement
démocratique et d'émergence de la société civile sur la scène politique.
Qu'en fut-il réellement ?
Ce qu'on a pu voir à travers les images de la télévision pendant plus d'une
semaine donne une image très partielle de la réalité ukrainienne. La plupart
de ces images étaient tournées à Kiev sur la seule place de l'Indépendance,
et on y voyait des gens bien habillés, tels qu'on aurait pu les rencontrer
dans n'importe quel centre ville européen de l'Ouest. Mais il faut savoir
que depuis la fin du " communisme " les prix des logements, libérés, ont
grimpé dans le centre de Kiev comme dans d'autres métropoles et que les plus
pauvres en ont été de fait chassés. De plus, c'est dans ce centre de Kiev
que sont concentrées toutes les firmes étrangères et les institutions
bancaires d'Ukraine. Les salaires moyens y sont par conséquent trois fois
plus élevés que dans le reste du pays. Cette " foule " urbaine, très "
classe moyenne " est donc en fait peu représentative de l'Ukraine paysanne
et ouvrière du reste du pays (dans lequel plus de 30 % de la population est
considérée, selon les normes capitalistes, en dessous du seuil de pauvreté).
Ainsi, le discours officiel entendu un peu partout parlant de " lame de fond
de la société civile " est pour le moins abusif (2).
En quelques jours s'est édifiée une véritable cité de toile en plein cœur de
Kiev, avec des blocs électrogènes et des cuisines de campagne fonctionnant
24 heures sur 24 pour assurer la logistique du meeting permanent. Des
avions, trains et cars acheminaient des manifestants de l'ouest du pays vers
la capitale... Une spontanéité somme toute très relative et des moyens
importants très rapidement mis en œuvre.
Car ce mouvement, s'il n'aurait bien sûr pas pu se produire sans un
mécontentement très important, est né de l'exploitation de ce mécontentement
par des réseaux d'extrême droite et néo-libéraux formés et contrôlés par les
Etats-Unis.

Derrière la révolution " orange "... les Etats-Unis et Madeleine Albright

Plusieurs composantes constituent ce mouvement. Elles s'imbriquent les unes
dans les autres, et les ponts entre les associations diverses et variées,
les réseaux, les organisations non gouvernementales sont si nombreux qu'il
est difficile de tracer des frontières bien précises. Mais on retrouve
toujours, à un moment donné ou à un autre, des financements et des
conseillers occidentaux, et surtout, bien sûr, américains.
Parmi toutes les composantes, " Pora " (3) — " C'est l'heure " — a joué un
rôle particulièrement important. Organisation surtout étudiante, c'est elle
qui organisa les manifestations, les concerts, et qui forme le noyau de
l'équipe de Iouchtchenko. " Pora " à été construite par une coalition de 300
organisations ukrainiennes dites " non gouvernementales ", appelée " Liberté
de choix ", et fondée en 1999 pour préparer les élections de 2004. Le but de
" Pora " : " Créer un vaste réseau de volontaires pour mettre en application
une campagne nationale d'information et d'éducation visant à s'assurer que
les citoyens aient droit de vote ", et mener une campagne de communication "
négative " en dénonçant les dysfonctionnements du régime en place (une autre
organisation, " Znayu " — " Je sais " — était, quant à elle, chargée de
mener une campagne " positive " en expliquant aux gens ce qui pouvait
changer par les élections).
" Liberté de choix " est appuyée par les ambassades des Etats-Unis, du
Canada et de Grande-Bretagne, et ne s'en cache pas. Elle est soutenue par
Madeleine Albright du National Democratic Institute (NDI), par
l'International Renaissance Foundation (IRF), l'antenne ukrainienne de
Georges Soros, l'Eurasian Foundation financée à la fois par le gouvernement
US et Soros, la Banque mondiale, l'Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe, l'Agence pour le développement international des
Etats-Unis, la fondation Konrad Adenauer de la CDU allemande, la Freedom
House de l'ex-directeur de la CIA James Woolsey... Rien que ça !
" Pora " se réfère explicitement aux activités des réseaux de volontaires ("
Optor " et " Khmara " — " Assez ! " —) qui ont permis respectivement de
renverser les présidents de Serbie en 2000 et en 2003, de Géorgie en 2003.
Nombre de ses leaders ont reçu une formation directement aux Etats-Unis (par
exemple, un séminaire de formation eut lieu le 9 mars dernier à Washington).
Mais ce sont les membres du mouvement serbe " Optor " qui ont été les pivots
formateurs de ces nouveaux réseaux, en Géorgie, en Biélorussie, et
maintenant en Ukraine. L'objectif, après avoir renversé Milosevic, était
d'exporter leur combat, officiellement au nom d'une révolution " non
violente ", ou " de velours ", comme on préfère. Cela a marché en Géorgie où
Chevardnarze a dû prendre la tengente, cela a échoué en Biélorussie avec le
mouvement " Zubr " — " Le Taureau " —, cela est en passe de réussir en
Ukraine.
Dans un rapport de la fondation Jamestown, on peut lire : " "Optor" a
entraîné des membres du réseau "Pora" sous les auspices du programme Citizen
Participation in Elections in Ukraine (CPEU) dirigé par la Freedom House, le
NDI et l'IRF [précités] et financé par l'Agence pour le développement
international des Etats-Unis ". A noter que dans le comité exécutif de la
fondation Jamestown on trouve le même Woolsey (ex-CIA) et... Zbigniew
Brzezinski.
Ce Brzezinski mérite un détour : ex-bras droit de Clinton, il se pose en
stratège de la désagrégation de l'ex-espace soviétique, du contrôle de
l'Union européenne, de la volonté d'endiguer tant la Chine que l'émergence
d'un islamisme " modéré ". On se rappelle qu'en 1995 il avait reconnu que
les commandos armés de la CIA avaient pénétré en 1980 en Afghanistan six
mois avant l'armée soviétique, et qu'ils avaient formé des " islamistes
radicaux " pour tuer en premier lieu les instituteurs et les médecins de
villages afghan, afin de laisser le champ libre aux mollahs (Interview parue
dans Le Nouvel Observateur).
Il n'est pas inutile de parler du programme de " Pora " et de Iouchtchenko
pour comprendre les raisons de ce qui s'apparente plus à une création ex
nihilo de la part des Américains qu'à un soutien à des forces préexistantes.
" Pora " prône officiellement le néo-libéralisme et loue le bref passage de
Iouchtchenko comme Premier ministre, en ce qu'il " a ouvert le pays aux flux
financiers étrangers et aux entreprises occidentales, et développé ses liens
de coopération euro-atlantiques " (site informatique de " Pora "). Il a
lancé un grand programme de privatisation et a multiplié les contacts et les
affaires avec la fraction anti-Poutine de l'oligarchie russe, celle qui se
réfère à un libéralisme absolu et refuse toute ingérence de l'Etat sauf...
pour maintenir le calme dans le pays. En d'autres termes, la victoire de
Iouchtchenko signifie une destruction encore plus avancée des services et de
la puissance publics, ainsi que le démantèlement des grosses entreprises
nationales issues du régime communiste, offertes aux capitaux occidentaux,
du moins pour les plus rentables. Ce qui explique qu'une partie importante
de la classe ouvrière traditionnelle — encore très forte en Ukraine, surtout
à l'Est —, a voté pour Yanukowicz, ou plutôt contre Iouchtchenko. Ce qui
explique aussi que le parti communiste ukrainien a refusé d'appeler à voter
au second tour des élections.
Quant au " Mouvement pour la démocratie ", nombre de ses militants ont été
formés à la fois par le CPE (Center for Political Education) qui sert les
intérêts des " jeunes entrepreneurs d'Ukraine ", et par l'UCIPR (Centre
ukrainien pour une recherche politique indépendante) financée par les
gouvernements britannique et canadien.

L'extrême droite fasciste à l'affût

Mais le mouvement " orange " n'est pas composé que de " Pora ", dont les
frontières sont d'ailleurs floues et perméables. Il a aussi le soutien de
formations nationalistes d'extrême droite et néo-nazies d'Ukraine
occidentale. Par exemple l'organisation nationaliste UNA-UNSO, ouvertement
raciste et fasciste, et qui utilise le swastika stylisé. Son chef, Andrei
Shkil, parlait au nom de la coalition de Iouchtchenko en tant que membre de
sa fraction parlementaire. Et si un certain Oleg Tyagniboka a été expulsé de
la coalition pour avoir défendu des insurgés pro-nazis de WWII, d'autres
comme l'Organisation de nationalistes ukrainiens et le Congrès des jeunes
nationalistes, tout aussi antisémites et néo-nazis, n'ont pas été inquiétés.
La coalition " Notre Ukraine " de Iouchtchenko est alliée au bloc " Patrie "
(national-populiste) de Ioula Timochenko qui comprend de nombreux et
authentiques fascistes en son sein. Sans compter l'Eglise uniate
(gréco-catholique), déjà fortement compromise avec les nazis du temps de la
Seconde Guerre mondiale.

Cette extrême droite fasciste et antisémite (comme c'est le plus souvent le
cas en Ukraine) soutient Iouchtchenko, même si ce dernier garde
officiellement ses distances. On a vu réapparaître des croix gammées sur les
murs, ainsi que des " Moskali-Kike " — " Moscoutaires juifs "). La synagogue
de Kiev a été attaquée par des manifestants, et les organisations juives ont
décidé de fermer leurs locaux pendant une semaine dans tout le pays. Des
faits, heureusement encore isolés, mais qui semblent avoir moins émus nos
bonnes âmes hexagonales que les actes antisémites commis en France (4).
C'est que les enjeux et les contextes ne sont pas les mêmes ! Nous avons
affaire ici, aux yeux du gouvernement américain, à une croisade antirusse et
anticommuniste, et donc antiterroriste. Et, tout comme après la Première
Guerre mondiale, c'est cet élément qui prime sur tous les autres, y compris
la lutte contre le fascisme : rappelons-nous que les USA n'hésitèrent pas à
intégrer d'anciens scientifiques et techniciens nazi pour servir leur
économie, à favoriser la fuite en Amérique latinede centaines de SS qui
furent le fer de lance des luttes anticommunistes.
Dans les Pays baltes comme en Ukraine, il existe chez les nationalistes une
tendance à minimiser l'engagement de leurs aînés " collabos ". Selon la
quasi-totalité des publications ukrainiennes récentes, c'est au seul Staline
qu'est attribuée l'accusation de collaboration avec le nazisme. Les légions
SS ukrainiennes (et baltes) ne seraient, en fait, montées au front de l'Est
que pour lutter contre la barbarie bolchéviste dans le cadre de ce qui
n'était qu'une " guerre civile européenne " (5). Exit ainsi les
responsabilités des Eglises (vaticane et uniate), des classes politiques
collabos, etc.) Cette thèse, tout à fait dans l'air de la nouvelle Histoire
chez nous aussi, depuis Furet et Courtois, aura immanquablement comme effet
de réhabiliter le fascisme en le réduisant à sa partie la plus visible et la
plus inattaquable (pour l'instant !) : la shoah.

Les objectifs américains

Grosso modo, ce sont les suivants :
- Empêcher l'intégration économique Europe occidentale - Russie - Chine -
Japon ;
- Freiner la réémergence de la Russie sur la scène internationale ;
- Contrôler que l'acheminement du pétrole contourne bien la Russie…
... et plus particulièrement pour l'Ukraine, que le capital américain puisse
s'emparer des secteurs rentables et de pointe du pays.
Pour ce faire, plusieurs stratégies sont possibles :
L'une, avec Brzezinski (qui veut faire éclater la Russie, l'Azerbaïdjan et
l'Iran), Madeleine Allbright (véritable ambassadrice et organisatrice de la
" subversion démocratique " sur le terrain) et Condolezza Rice, prône la
nécessité d'affaiblir la Russie et voudrait se débarrasser de Poutine.
Mais d'un autre côté, l'administration Bush et Colin Powell sont plus
prudents et donnent la priorité au Proche-Orient. Ils considèrent qu'il ne
faut pas aller trop loin contre Poutine, dans la mesure où il peut encore
servir dans la " lutte contre le terrorisme ", et c'est ainsi, par exemple,
que les séparatistes tchétchènes sont, pour l'instant, sacrifiés sur l'autel
de de ce compromis.
Quoi qu'il en soit, dans un cas comme dans l'autre on trouve en arrière fond
de la politique américaine dans cette partie du monde la doctrine élaborée
par la National Endowment for Democraty (NED), créée par la CIA après la
défaite du Vietnam, selon laquelle mieux vaut déléguer à une " organisation
non gouvernementale " les opérations décidées par la centrale américaine. Et
l'argent ne manque pas pour cela : selon ses propres chiffres, la
International Renaissance Foundation (IRF) a depuis 1990 fourni plus de 50
millions de dollars pour mettre sur pied diverses organisations non
gouvernementales ukrainiennes (depuis quelques années, le rythme s'est
sensiblement accéléré, atteignant plus de 5 millions de dollars par an). A
titre d'exemple, le noyau dirigeant de " Pora " reçoit un salaire d'environ
2 000 dollars par mois venant des USA sous forme d'" aide à la démocratie ".

Une démocratie sur laquelle ses laudateurs s'asseoient dès que leur intérêt
le réclame : comme, par exemple, lorsque Iouchtchenko prête serment sur la
bible en s'autoproclamant vainqueur des élections ; seuls 191 députés
s'étaient inscrits pour participer aux travaux du Parlement, alors que le
quorum requis pour l'adoption d'une motion est de 226 voix ! Cela
s'apparentait à un coup d'Etat... démocratique.

Autre exemple, les sondages : ceux qui donnèrent Iouchtchenko vainqueur
immédiatement après la fermeture des bureaux de vote du premier second tour
avaient été réalisés par la Fondation d'initiative démocratique et par le
Centre de Razumkov, financés par la même IRF... Donc, ceux qui ont organisé
les sondages comme ceux qui étaient chargés de surveiller ces élections en
qualité d'observateur étaient tous subventionnés par des forces qui,
elles-mêmes; avaient subventionné et soutenu la campagne de Iouchtchenko.

JPD


(1) La Russie est le premier partenaire commercial de l'Ukraine : 18 % des
exportations et 36 % des importations, loin devant l'Allemagne (6 et 9 %)

(2) Rappelons-nous le mouvement du même type en Géorgie : la soi-disant
émergence de la société civile qui avait " soulevé " le pays a finalement
porté à 97 % le président Saakachvili au pouvoir ! Où est, dans ce cas, la
société civile ? Qui peut, un an après, parler de démocratie en Géorgie ?
Personne.

(3) On parle de 3 000 militants et de 15 000 membres. Ce qui ne serait pas
énorme pour un pays de 48 millions d'habitants

(4) Nous remarquons que le parti social-démocrate d'Ukraine, dont le leader
M. Moroz figure parmi les Premiers ministres possibles, malgré ces alliés
douteux, n'a pas hésité une minute à faire partie de le coalition " orange "
(pas plus que le PS français à accueillir Laurent Gbagbo au sein de
l'Internationale socialiste).

(5) Thèse tout à fait dans l'air du temps de la révision historique
américaine : selon les documents et les analyses fournis publiquement par la
CIA, ce sont les nazis et les Soviétiques qui furent responsables des 6 à 7
millions de morts pendant la guerre. Coupables ainsi conjointement de
l'holocauste, communistes et nazis. Ce qui, on en conviendra, banalise
singulièrement ce même holocauste, puisque la " solution finale " se trouve
reléguée au niveau de la " banalité " des autres millions de morts.

OCL c/o clé des champs,
BP 20912, 44009 Nantes cedex 1
http://oclibertaire.free.fr/
oclibertaire(a)hotmail.com

[ texte repris du site de l'OCL : http://oclibertaire.free.fr/ ]




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