A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Affiliation des grevistes de la SAQ a la CSN : l'ironie de l'histoire

From worker <a-infos-fr@ainfos.ca>
Date Wed, 19 Jan 2005 22:16:40 +0100 (CET)


_________________________________________________
A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
_________________________________________________

On a beaucoup parlé dans les journaux et à la télévision, c'est un
euphémisme, de l'affiliation du Syndicat des employés de magasins et de
bureaux de la SAQ à la CSN en fin de semaine. L'assemblée générale
houleuse de dimanche soir a été racontée en long et en large, la
nouvelle analysée sous toutes ses coutures. Pourtant, peu de
commentateurs ont souligné l'ironie de l'histoire...

Personne, en effet, n'a relevé le fait que le syndicat des employés des
succursales de la SAQ a déjà été membre de la CSN, de sa fondation à la
fin de 1975. Même la centrale n'a pas cru bon de le rappeler, titrant
plutôt son communiqué "Le Syndicat des employés de magasins et de
bureaux devient un syndicat CSN". À croire que personne ne s'en souvient.

Pourquoi le premier syndicat de l'histoire de la fonction publique
québécoise a-t-il quitté la centrale qui était, déjà à l'époque, la
première centrale du secteur public? Jacques Rouillard, historien du
syndicalisme, aborde la question dans "Le syndicalisme québécois, deux
siècles d'histoire". L'auteur nous apprend qu'après les euphoriques
années 1960, la CSN a connu une grave crise de 1971 à 1976, passant de
25% à 19% des syndiqués québécois en 5 ans (une perte sèche de plus de
90 000 membres). «Une seconde vague de défections, à la fin 1975, écris
Rouillard, se solde par le retrait d'environ 20 000 travailleurs et
travailleuses, regroupés dans des syndicats numériquement importants
(infirmières, professionnels du gouvernement, employés de la SAQ). C'est
de suspension qu'il faudrait d'ailleurs parler dans ce dernier cas
puisqu'on refuse de se rallier à la décision de la centrale de hausser
la cotisation du fonds de grève. Ces syndicats, qui appartiennent aux
secteurs public et parapublic, sont peu intéressés à renflouer le fonds
de grève dans la mesure où leurs arrêts de travail sont trop courts pour
que leurs membres en profitent(1).»

Oui, vous avez bien lu, le SEMB a quitté la CSN il y a 30 ans pour une
histoire de fonds de grève, la même raison qui le fait revenir au
bercail aujourd'hui... Ironique, non? Les mass-médias, pour qui le
syndicalisme n'est qu'un épiphénomène de l'économie, n'ont plus depuis
longtemps de chroniqueurs attitrés au monde du travail capable
d'analyser un conflit, en voici une illustration de plus. N'aurait-il
pas été plus pertinent de connaître l'histoire des relations entre le
SEMB et la CSN plutôt que de savoir que la mère de Martin Charron, le
président du syndicat de la SAQ, travaille comme secrétaire à la CSN? Il
semble malheureusement que non.

Dans le même ordre d'idée, l'antipathie affichée de l'exécutif de
l'ex-syndicat indépendant envers le SCFP et la FTQ n'a rien de
mystérieuse quand on connais toute l'histoire. Un seul journaliste en
effet, à ma connaissance, a cru bon de souligner que le SCFP avait mené
une campagne de maraudage visant à casser le syndicat en deux l'an passé
et à recruter les employés de la région de Québec et de l'est. Pourtant,
l'histoire de cette OPA hostile, juste avant une ronde de négociation,
ne serait-elle pas de nature à expliquer bien des choses? Tout comme ce
commentaire du président du syndicat des entrepôts de la SAQ, affilié au
SCFP, illustre bien le fossé qui sépare les deux cultures syndicales:
«Nous avons abandonné la vieille formule des relations conflictuelles,
nous misons sur le bon sens et sur des ententes bénéfiques aux deux
parties. Jusqu'à présent, cela sert bien nos membres et l'acceptation de
la nouvelle convention par une écrasante majorité (88 pour cent) en est
une belle démonstration». Pense-t-on vraiment que ce genre de réflection
est de nature à charmer un militant syndical en grève depuis plus de
deux mois?

De toute façon, qui donc aujourd'hui s'intéresse au mouvement des
travailleurs et des travailleuses (qui ne se limite pas au syndicalisme,
soit-dit en passant). La vie des gens riches et célèbres est bien plus
intéressante, non? Le syndicalisme, comme chacun sait, c'est dépassé...


[Extrait du bulletin de nouvelles du 18 janvier 2005 de Au ras des
paquerettes, une émission d'actualité locale, sociale et syndicale dans
un perspective libertaire diffusée tous les mardi à 9h sur les ondes de
CKRL 89,1fm et sur le web à http://www.ckrl.qc.ca Reproduction
encouragée en mentionnant la source.]


(1) ROUILLARD, Jacques, Le syndicalisme québécois, Deux siècles
d'histoire, Boréal, Montréal, 2004 (première édition 1989), p. 155.




*******
*******
****** Agence de Presse A-Infos ******
Information d'intérêt pour et au sujet des anarchistes

INFO: http://ainfos.ca/org http://ainfos.ca/org/faq-fr.html
AIDE: a-infos-org@ainfos.ca
ABONNEMENT: envoyer un email à lists@ainfos.ca avec la commande suivante
dans le corps du message "subscribe (ou unsubscribe) nomdelaliste votre@email".

Les options pour toutes les listes se trouvent à http://www.ainfos.ca/options.html


A-Infos Information Center