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(fr) Droit a l'avortement : Manifester c'est bien, lutter c'est mieux !

From FA <relations-exterieures@federation-anarchiste.org>
Date Fri, 14 Jan 2005 22:52:53 +0100 (CET)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
http://www.ainfos.ca/
http://ainfos.ca/index24.html
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La Fédération anarchiste appelle à la manifestation du samedi 15 janvier
à 14h place de la République à Paris pour l’avortement et la
contraception libres et gratuits.

L’association SOS tout-petits pourrit tout autant les trottoirs de nos
grandes villes que les crottes de chiens les décorent : chaque mois, ses
militants y prient à genoux, brandissant leurs drapeaux chouans et leurs
photos de fœtus, avec la haute bénédiction des préfets et sous la
protection des autorités. À Paris, en juin dernier, un de nos camarades a
été violemment agressé par des éléments du Bloc identitaire (ramassis de
têtes brûlées du FHaine et du MNR, disséminés parmi les anti-IVG), lors
d’un contre-rassemblement, place de la Bourse. Au sein de ce groupe
(excroissance du mouvement « Laissez-les vivre » qui sévissait dans les
années soixante-dix, sous la baguette du Dr Jérôme Lejeune, bien connu
pour ses actions anti-choix), on croise parfois Xavier Dorr, deux fois
condamné pour ses interventions dans les rares cliniques parisiennes
pratiquant encore l’avortement. En toute impunité, il continue de prêcher
son mépris, malgré la dépénalisation de l’avortement et la création du
délit d’entrave à l’IVG en 1993.

Le manque d’information

Trente ans après la légalisation de l’avortement en 1975 (et son
remboursement, obtenu après une longue lutte des féministes en 1982), ce
droit au choix personnel qui concerne encore une femme sur deux en
France, reste tabou et culpabilisant, tant les réticences à reconnaître
la libre disposition de son corps demeure très forte. Malgré la
contraception, on compte encore aujourd’hui 200 000 IVG par an en France,
ce qui résulte d’une carence de l’information et d’une méconnaissance des
méthodes contraceptives et du cycle féminin. Par exemple, la pilule du
lendemain, remboursée par la Sécurité sociale et délivrée sans ordonnance
et
gratuitement aux mineures qui en font la demande est loin, 5 ans après sa
mise sur le marché français, d’être systématique. Prise dans les 12
heures, elle est pourtant efficace à 95 %, sans effets secondaires.
Néanmoins, il semble que les adolescentes éprouvent quelques difficultés
à en disposer, souvent culpabilisées devant l’aveu d’un rapport sexuel
récent, ou pour d’autres raisons, ne serait-ce que celle, toute simple,
du manque d’information.

Les avancées et les reculs

Du côté des avancées, il convient de signaler que selon le dernier
rapport de l’Ined, l’âge entre le premier rapport sexuel et la première
maternité a augmenté de 4 ans, grâce aux moyens contraceptifs et qu’au
total, aujourd’hui, 95 % des premiers rapports sexuels sont protégés
contre 52 % au début des années 1970. Ce réflexe est certainement à
imputer aux peurs dues au sida et autres maladies sexuellement
transmissibles. Le moyen privilégié reste le préservatif, suivi de la
pilule, ou des deux.
Pourtant, encore 30 % des grossesses ne sont pas prévues et la moitié
conduisent à une IVG. Selon les chercheuses et chercheurs de l’institut,
ce problème reste lié à la mauvaise gestion quotidienne des pratiques
contraceptives pour les femmes. L’IVG médicamenteuse (le Mifégype)
suscite d’autres espoirs, mais également d’autres craintes. Cette méthode
a été mise en place en 2004, hors des établissements de santé et est
également appelée « avortement en ville ». La circulaire, issue de la loi
Aubry 2001, vient seulement d’être signée et permettra de rembourser les
femmes qui choisissent d’avorter par cette voie. L’avantage majeur est de
ne plus être bloquée par les délais d’attente souvent très longs à
l’hôpital et d’éviter ainsi le risque de se trouver hors délais légal et
de pouvoir avorter à l’aide d’un simple comprimé. Néanmoins, beaucoup
d’associations féministes sont sceptiques sur les conditions d’hygiène,
de suivi médical et surtout le manque d’accompagnement, qui pourra
notamment se faire sentir au sein de milieux sociaux les plus
défavorisés.

Les acquis remis en question

Mais tous ces problèmes de gestion et d’information sur les moyens de
contraception et de pratiques de l’IVG sont étroitement liés à la
destruction du système de santé dans son ensemble. En effet, on constate
aujourd’hui une carence de l’accueil dans les rares cliniques publiques
qui accompagnent encore sans difficulté les femmes décidées à subir un
IVG et fragilise de fait les acquis d’hier. De plus, ce droit fondamental
et inaliénable au choix est également remis en cause par une poignée de
député.e.s réactionnaires gonflé.e.s à l’ordre moral et faisant obstacle
à l’application de la loi de 2001. Celle-ci permet de passer le délai
légal de 10 à 12 semaines, sans entretien social pour une femme majeure
et sans autorisation parentale pour une mineure. Plusieurs tentatives
sournoises (sous couvert par exemple de sécurité routière) ont eu
également lieu, pour faire reconnaître le fœtus comme être humain.
Pourtant, ces arguments de bigots d’un autre siècle sont ridicules
d’autant que, toujours selon l’Ined, la législation de l’avortement n’a
pas eu d’impact démographique. Depuis 30 ans, le nombre d’enfants
souhaités est resté inchangé et les femmes sont surtout moins victimes de
complications graves et de décès, qui faisaient tant de ravages avant les
années 1970 par les avortements clandestins. Les femmes doivent maintenir
ce choix de refuser un enfant lorsqu’elles considèrent qu’une relation ne
se prête pas à la, ou pour une toute autre raison, qui ne concerne
qu’elles, ou éventuellement, leur compagnon !

Le lobby anti-IVG se renforce

Si quelques pays de l’Union européenne, comme l’Irlande ou le Portugal,
forment des poches de résistance pour l’entrée dans la législation de
textes proclamant le droit au choix, on assiste également, au sein du
conseil et de l’assemblée européens, à un fort mouvement d’entrisme de la
part des religieux et particulièrement des anti-choix. Ainsi, une députée
se réclame-t-elle ouvertement anti-IVG qu’elle a recueille le soutien
enthousiaste et unanime de plusieurs groupuscules catholiques et
protestants conservateurs militant pour le même lobby, afin de former une
commission.

Aux États-Unis, les choses ne se sont pas arrangées depuis la réélection
de Bush soutenu, entre autre, par les ultra religieux. Plusieurs
sénateurs ont réussi à faire voter un amendement au projet de loi sur le
budget 2005, qui libère pendant un an les médecins et hôpitaux de
l’obligation de pratiquer l’avortement. Plus grave, dans cette spirale,
certains assureurs américains mettent dores et déjà en avant les
problèmes de sécurité, afin de refuser d’assurer les médecins qui
voudront continuer à pratiquer les IVG. Les anti-choix américains
aggravent la situation en multipliant les manifestations devant les
cliniques. De plus, les subventions fédérales seront retirées à tout
organisme de santé qui ne fera pas de propagande en faveur de
l’abstinence. Le but avoué des anti-choix n’est plus
d’interdire, mais de rendre l’avortement de plus en plus difficile et
compliqué pour les femmes qui se heurtent à des conditions de pratique de
plus en plus mauvaises.

Quoi faire, manifester, mais encore ?

En France, une manifestation nationale « pour l’avortement et la
contraception libres et gratuits » aura lieu le 15 janvier 2005, à Paris
à 14 heures, place de la République. Y participer, c’est bien, mais notre
lutte ne doit pas s’arrêter là, ni aux exigences d’associations purement
légalistes. En effet, en plus du respect au droit inaliénable à
l’avortement et au remboursement de la contraception, nous pensons à
d’autres priorités, comme par exemple, la mise en place régulière de
campagnes d’informations sur la contraception et l’avortement, dotées de
budgets publics spécifiques. Ces campagnes doivent se dérouler sans
incidents dans les cliniques publiques et les centres d’information comme
le planning familial, desquels les anti-IVG doivent être écartés, de gré
ou de force… militante. L’avortement à domicile doit être entouré de
précautions, aujourd’hui insuffisantes, d’accompagnement et
d’informations supplémentaires.

Groupe Claaaaaash de la Fédération anarchiste

In le Monde libertaire # 1381 du 13 au 19 Janvier 2005

Transmis par le secrétariat aux Relations Extérieures de la Fédération
anarchiste.

relations-exterieures(a)federation-anarchiste.org




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