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(fr) Monde libertaire # 1386

From FA <relations-exterieures@federation-anarchiste.org>
Date Fri, 18 Feb 2005 14:44:00 +0100 (CET)


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Monde libertaire # 1386 du 17 au 23 février 2005
AU GNOUF LES PAUVRES !

Sommaire :
La torpille Bolkenstein, par hertje, page 3
CGT : La poupée qui dit non, par Moïse Cailloux, page 5
Les nouvelles du front ne sont pas bonnes, par Hugues, page 6
Et l'autruche sort la tête du sable, par F.Ladrisse, page 6
Vous avez dit « sociale » la presse ?par Annie Colombe, page 7
Les oeufs de Lustucru ne sont pas frais, disent des militants, page 8
Le PS gaze et dénonce les sans-papiers, par Bahija, Karine et Eric, page
9
Travailleurs sociaux et éducateurs en manif, par D.Maunoury, page 12
L'incarcération généralisée, par N.Potkine, page 14
La pénitentiaire pour les gamins, par B.Carrié, page 15
Des placards partout ! Par Roland Hénault, page 17
Quand ça faisait boum dans le ciel bleu, par Daniel, page 19
L'utopie portugaise, par José Maria, page 20
Le cinéma libanais, par Christiane Passevant, page 21
Terre promise, d'Amos Gataï, par Caroline Granier, page 22
Radio libertaire et agenda, page 23


L'éditorial :

Le ministère de l’intérieur l’attendait avec impatience. Kodac vient de
sortir sa toute dernière pellicule : la Kodélation. En effet Kodac vient
de mettre une ligne téléphonique –via les conseils de la maison mère US-
permettant de dénoncer anonymement un collègue de boulot qui n’aurait pas
un comportement éthique. Donc désormais si tu es victime de harcèlement
de la part de ta hiérarchie, ne t’emmerde plus à porter plainte, ton
patron s’en occupe.

Chez Mc Do et d’autres comme Castorama et Brico-dépôt on étudie la
question.

Pendant ce temps à l’hôpital psychiatrique d’Esquirol dans le Val de
Marne des camarades de Sud Santé dénoncent des situations de
maltraitances mais ils n’ont malheureusement pas de numéro vert pour être
entendus.

Alors que Chérèque fustige les manifestations et réclame des actions
(dans son cas le terme est ambigu) dans la rue des travailleurs et
travailleuses du médico-social battent le pavé pour empêcher le
gouvernement d’accentuer la criminalisation des pauvres. Car là aussi il
s’agit d’installer une sorte de téléphone rouge entre les intervenants
sur le terrain et le pouvoir municipal.

Toujours du côté de la rue, les syndicats ont fait une belle
démonstration lors de la manifestation contre la réforme des 35h. On
s’est compté, on a marché et le projet a été voté ! Sinon les lycéens
font « peur au
gouvernement » et Fillon craint qu’il ne lui reste plus de dentifrice
pour brosser les syndicats.

Il faut espérer que cette « grogne » des lycéens et des enseignants
contre le projet de loi Fillon ne soit qu’un début et qu’elle appelle à
des lendemains de révolte. On y croit !

Y en a marre des manifs plan-plan et des démonstrations syndicales d’un
jour.

Heureusement on peut encore compter sur ces « salauds de pauvres » pour
passer à l’action directe. En occupant la fédération PS de
Seine-Saint-Denis et en subissant la répression de ces derniers, les
sans-papiers du 9eme collectif ont montré leur détermination dans la
lutte. Et comme il n’est pas soumis à la dictature du préavis syndical,
après la libération des deux derniers camarades du centre de rétention,
le 9eme a remis ça au Théâtre de la ville à Paris.
Dans leur sillage les mal-logés viennent d’occuper les locaux des verts
du 14ième arrondissement de Paris pour exiger des logements décents.

Si tous ces nuages de révolte pouvaient pleuvoir sur nos têtes… !


Et en prime un article :

La torpille Bolkestein

Le projet de Constitution européenne est un iceberg trois fois plus
absurde que ce qu’on en voit. La preuve par la directive Bolkestein dont
seul un Eugène Ionesco fiévreux aurait pu concevoir l’existence.
Pratiquement, une entreprise polonaise pourrait employer en Belgique ou
en France des travailleurs polonais, soumis à une législation…
polonaise : salaires polonais, sécurité sociale polonaise, réglementation
du travail polonaise, contrôles par l’inspection sociale polonaise.

C’est le « principe du pays d’origine » contenu dans la directive
Bolkestein, du nom du commissaire européen au Marché intérieur. Cette
directive entend éliminer les obstacles à la libre circulation des
services –au sens large, qui représente environ 60 % des activités
économiques. (1) Le dumping a de beaux jours devant lui. Non content
d’inciter les entreprises internationales à s’installer dans l’Etat de
l’Union européenne le moins contraignant au niveau social, Bolkestein
risque d’engendrer un nivellement par le bas des conditions de travail.
Les Etats, pour éviter les délocalisations et une hausse du taux de
chômage, risquent de se lancer dans une course à la « souplesse » et donc
de démanteler les systèmes de protection des consommateurs et des
travailleurs qu’ils avaient mis en place. Conventions collectives,
accords sectoriels et concertation sociale pourraient être considérés
comme des obstacles à la libre circulation et donc… être supprimés. (2)
Sans parler des tensions xénophobes entre travailleurs que ce dumping ne
manquerait pas de susciter.

Principes néolibéraux

Comme n’a cessé de le marteler la FGTB (le syndicat socialiste belge à
l’origine de la contestation de Bolkestein) la directive a des allures
d’AGCS (Accord général sur le commerce des services) à l’échelle des 25
car elle promeut les mêmes principes néolibéraux et touche également les
services d’intérêts généraux, tels que les soins de santé, les services
sociaux, les transports, les communications, et même l’éducation et la
culture.

Dans le domaine de la santé, un « prestataire de soins » d’un pays
pourrait s’installer dans un autre Etat membre sans devoir y respecter la
réglementation nationale. Ce qui conduit à une privatisation de la
politique de santé. Les législations qui imposent un statut à ces
services ou subordonnent l’octroi de subsides à un statut particulier
devraient disparaître. Les réglementations précisant les honoraires des
médecins, les normes concernant le personnel médical et infirmier par
nombre de lit en milieu hospitalier, les exigences fixées en fonction de
la population ou d’une distance géographique minimale, ou encore les
normes
d’encadrement des maisons de repos, tout cela serait gravement menacé.
Bolkestein sonne la fin de notre système actuel de couverture des soins
de santé.

Si l’Union décide d’appliquer la directive, l’attaque contre les acquis
sociaux sera d’autant plus violente qu’elle frappera en premier lieu les
personnes déjà « fragilisées », en clair celles et ceux dans la dèche. La
privatisation des soins et l’introduction de la concurrence dans ce
secteur engendrerait notamment une médecine à deux vitesses. Quant à sa
qualité, elle varierait encore plus qu’aujourd’hui en fonction de
l’épaisseur du portefeuille.

Il ne faut hélas pas non plus perdre de vue les conséquences électorales
de cette politique européenne. En Allemagne, les réformes du chancelier
Schröder prévues dans l’« Agenda 2010 » (volet social du plan de
« relance économique » de l’Union, enclenché à Lisbonne en 2000) ont
provoqué les « lundis de manifestations », auxquels plusieurs dizaines de
milliers de personnes ont participé. (3) Ces réformes qui prévoient une
réduction des aides aux chômeurs de longue durée, des contrôles « plus
rigoureux » de leurs démarches pour retrouver du travail ainsi que des
« incitations » à accepter les emplois proposés choquent fortement les 5
millions de chômeurs recencés. Les néonazis du NPD tirent plus que
probablement profit de la situation. En Saxe , ils ont obtenu 9,2 % des
suffrages et 12 élus lors des dernières élections régionales, le 19
septembre 2004. (4)

Les silences socialistes

A grand renfort de pétition électronique, le Parti socialiste belge se
profile comme opposant à Bolkestein. Pourtant, le commissaire Philippe
Busquin, un socialiste belge s’il en est puisqu’il a présidé le Parti,
n’a pas émis la moindre réserve lors de l’adoption de la directive le 13
janvier 2004. Plutôt gênant. Elargissons le champ de vision : neuf
socialistes siégeaient parmi les vingt commissaires qui ont approuvé la
directive, à l’unanimité. Ils « auraient pu bloquer Bolkestein en
empêchant la majorité qualifiée. Il n’en a rien été. » (5) A ce niveau
politique, on ne peut plus invoquer, à leur décharge, un manque d’analyse
du projet économique. Leur silence en dit long sur l’élargissement du
fossé entre les décisions des dirigeants et les besoins de la population.
Plus que jamais, gérons nos affaires nous-mêmes !

Un changement de trajectoire du projet européen s’avère hautement
improbable lorsque les dirigeants se voilent la face. Alors que l’Union
s’engage vers toujours plus de « flexibilité » du travail et fragilise la
protection sociale (deux conséquences de la « relance économique » signée
à Lisbonne en 2000), le commissaire européen à l’emploi et aux affaires
sociales Vladimir Spilda se dit satisfait des « progrès significatifs »
de l’Agenda social de la Commission, agenda censé mettre en oeuvre d’ici
2010 le plein emploi et l’égalité des chances. Le commissaire Spilda
estime par ailleurs que « le monde change » et qu’« il faut s’y
préparer ». (6) Il s’agit là d’un mensonge : il n’y a pas de « progrès »,
bien au contraire. A supposer qu’ils existent bel et bien (mais où ?),
l’absurde règne alors à Bruxelles car la l’Union endosse le rôle d’une
Pénélope résignée, qui défait la nuit ce qu’elle a tissé le jour.

Ainsi que le souligne le « Canard Enchaîné », des partisans « oui » au
projet de Constitution en viennent à exiger aujourd’hui le gel momentané
de la directive, de crainte que les opposants soient plus que jamais
résolus à jeter le bébé libéral avec l’eau du bain. Mieux vaut ressortir
le texte controversé après le référendum. (7) C’est dire si Bolkestein
est une pillule un peu trop grosse à avaler… Allons plus loin : le
retrait définitif de la directive est-il envisageable ? La réponse tient
en peu de mots. Face à un rejet important de la directive, Bruxelles
souhaite trouver des « solutions » pour la faire adopter car « la
position de la Commission est que la libéralisation des services est un
point essentiel de la relance de la stratégie de Lisbonne sur la
compétitivité de l’Union. Il n’est pas question que la Commission retire
la directive Services », a expliqué la porte-parole de la Commission. (8)
Dans le cas du referendum sur le projet la Constitution, voter « oui » ou
« non » ne modifiera donc pas le contenu des textes.

Si l’abstention s’avère ici la seule issue pour refuser un jeu politique
de dés pipés, la question reste : que faire ? La directive Bolkestein met
en lumière que travailleurs d’Europe occidentale et voisins de l’Est ne
sont pas des adversaires économiques mais sont tous des pièces du
Stratego capitaliste, les acteurs involontaires de la construction
libérale de l’Union européenne. Un syndicalisme actif et sincèrement
internationaliste semble être une des pistes face au sabotage de la
protection sociale et face aux menaces de délocalisations d’entreprises.
Il faut aider les salariés de l’Est à obtenir très rapidement les
avantages sociaux que nous avons déjà acquis : d’abord afin qu’ils ne se
fassent pas gruger par des entreprises capables de leur offrir plus et
mieux ; ensuite afin que –par équilibre des pressions sociales– cesse le
système des vases
communiquants, afin que cesse les déplacements d’entreprises au gré de
leur intérêt égoïste.

Hertje, groupe Ici et Maintenant (Bruxelles)

(1)La Libre Belgique, 07/06/04.
(2)www. stopbolkestein. org
(3)Le Monde, 31/08/04.
(4)Le Monde, 10/02/05.
(5)La Libre Belgique, 04/06/04.
(6)Le Monde, 10/02/05.
(7)Le Canard Enchaîné, 02/02/05.
(8)La Libre Belgique, d’après AFP, 04/02/05.


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