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(fr) Journee de solidarite internationale avec les grevistes de Gate Gourmet - 17/12/05

Date Wed, 14 Dec 2005 18:56:02 +0100 (CET)


Depuis le 7 octobre 2005, plus de 70 salariés de la société Gate Gourmet
de l'aéroport de Düsseldorf, en Allemagne, sont en grève. Gate Gourmet est
la deuxième compagnie internationale de catering (restauration) dans le
secteur aérien. L'entreprise a des filiales dans le monde entier comme en
témoigne son site : http://www.gategourmet.com/797/798/835.asp
En août 2005 une grève importante s'est déroulée à l'aéroport d'Heathrow à
Londres. Gate Gourmet a essayé d'imposer une détérioration des conditions
de travail. Quand les salariés se sont réunis, la direction les a enfermés
afin de les obliger à signer de nouveaux contrats de travail. Malgré la
pression, les travailleurs de Gate Gourmet à Heathrow ont refusé. La
direction a réagi en licenciant l'ensemble des 670 salariés. Elle
n'imaginait pas que le personnel au sol de British Airways se mettrait en
grève et paralyserait ainsi tout l'aéroport. Pendant deux jours la
situation a été chaotique : British Airways a dû annuler tous ses vols :
des dizaines de milliers de passagers se sont retrouvés coincés à
Heathrow. Cette action de solidarité importante a attiré l'attention des
syndicats et de la gauche. Les travailleurs d'un secteur aux conditions de
travail précaires se sont mis en grève et ont développé une force et un
pouvoir inattendus.
Malheureusement, nous sommes encore loin de ce type de situation en
Allemagne. Il semble que la direction de Gate Gourmet attaque ses salariés
de la même façon partout, mais pour le moment les employés de Gate Gourmet
à l'aéroport de Düsseldorf sont les seuls à riposter à cette agression, du
moins parmi ses filiales en Allemagne.
Officiellement, la grève porte sur le contenu de la convention collective.
Depuis que Gate Gourmet a acheté la société de catering il y a trois ans,
il n'y a eu aucune augmentation de salaire. La direction veut désormais
augmenter l¹horaire hebdomadaire de 38,5 à 40 heures ; supprimer 5 des 30
jours de vacances annuels ; réduire la majoration des heures de nuit,
comme des heures travaillées le dimanche et les jours fériés, et elle veut
imposer une plus grande flexibilité des horaires. Face à ces mesures, le
syndicat NGG a demandé une augmentation de 4,5 % et, quand les
négociations ont échoué, il a appelé à la grève.

S'il s'agissait seulement d¹une petite augmentation de salaire, la grève
n'aurait pas grand sens, pour les deux parties concernées. Depuis le 7
octobre, les ouvriers ont déjà perdu davantage d'argent avec leur grève
que ce qu'ils pourraient éventuellement gagner. Pour eux, il ne s'agit pas
seulement d'argent : ils protestent aussi contre leurs conditions de
travail qui se sont détériorées depuis que leur entreprise a été rachetée
par Gate Gourmet, ils s'opposent à l'augmentation des cadences et à une
atmosphère de travail devenue insupportable. Les chefs ne leur témoignent
aucun respect tout en exigeant d'eux un rythme de travail toujours plus
rapide. La banderole qui surmonte la tente du piquet de grève ne comporte
qu'un seul mot : DIGNITE. Les travailleurs savent parfaitement que, s'ils
perdent ce conflit, ils devront supporter toutes sortes de pressions et
d'humiliations de la part de l'encadrement.
D'un autre côté, l'attitude intraitable de l'entreprise vis-à-vis des
grévistes lui coûte cher. Chaque jour, elle est obligée de débourser de
l'argent pour payer des jaunes protégés par des vigiles et des dispositifs
de sécurité supplémentaires.
Pour Gate Gourmet, cela coûterait sans doute moins cher d¹accepter
l'augmentation de salaire réclamée par les grévistes. Mais il semble
évident que la direction souhaite absolument briser ces travailleurs
audacieux qui ont le courage de résister, quoi qu'il leur en côute. Si
elle gagne ce combat, elle pourra imposer de nouvelles conditions dans
d¹autres filiales, et c'est ce que nous devons empêcher...
Les travailleurs en lutte sont déterminés et solidaires. Ils proviennent
de différents pays : plus de la moitié d¹entre eux ne sont pas nés en
Allemagne, un tiers sont des femmes. La majorité des salariés travaillent
dans l'entreprise depuis longtemps, certains depuis la création même de
l'entreprise, il y a seize ans. Ils se connaissent bien et ont appris à
encore mieux s¹apprécier depuis qu'ils participent ensemble au piquet de
grève. S'ils sont très solidaires entre eux, ils sont quand même isolés
dans le pays.
D'autres filiales de Gate Gourmet en Allemagne ont envoyé des messages de
solidarité, mais les salariés de ces filiales continuent à travailler.
Parfois même (notamment à Francfort) ils jouent les jaunes ou
conditionnent la nourriture pour remplacer celle perdue à cause de la
grève. De plus, l'entreprise a embauché des intérimaires pour faire le
travail à Düsseldorf. Ainsi, Gate Gourmet réussit plus ou moins à
ravitailler les avions et à satisfaire les clients. Une seule fois, les
grévistes ont essayé de bloquer les camions qui roulaient vers les pistes.
L'action était risquée car elle se situait dans le périmètre de
l'aéroport, zone sensible où la police se mobilise immédiatement. Le 18
novembre, un groupe de 70 personnes a bloqué les portes pendant une heure.
Cette action a redonné le moral aux grévistes, mais elle ne suffit pas,
bien sûr, à faire capituler une multinationale. Pour le moment, des
actions de solidarité ont été organisées à Hambourg, Francfort et Zürich
(en Suisse) pour informer les travailleurs de Gate Gourmet dans ces villes
de la grève à Düsseldorf et pour discuter de leurs conditions de travail.
Après avoir ignoré la grève pendant des semaines, pensant sans doute que
les travailleurs allaient être démoralisés, Gate Gourmet a entamé des
négociations au début du mois de décembre. Le 7 décembre, le syndicat et
les représentants de l'entreprise sont arrivés à un accord. Certes, cet
accord ne remettait plus en cause le nombre d'heures travaillées ni le
nombre de jours de congé, mais beaucoup de grévistes pensaient qu'il
n'améliorait pas assez leurs conditions de travail et n'avaient pas
confiance dans la direction : ils voulaient qu'elle s'engage à ne
licencier aucun gréviste pendant les trois années du contrat . D'autres
considéraient que, vu la pugnacité de leur adversaire (la multinationale
Texas Pacific Group, propriétaire de Gate Gourmet), ils ne pouvaient
attendre davantage de concessions de sa part. De toute façon, avant même
que les salariés aient pu voter pour savoir s'ils acceptaient ou non
l'accord, la direction européenne de Gate Gourmet est revenue sur
l'accord, moins de 24 heures plus tard. Les travailleurs sont encore plus
déterminés à continuer la grève. Un certain mécontentement est même apparu
chez les jaunes, étant qu'ils espéraient que l'accord aurait mis un terme
au conflit.
Pour soutenir les grévistes de Gate Gourmet à Düsseldorf nous appelons à
une journée d'action le 17 décembre.
Si Gate Gourmet a une filiale dans votre ville vous pouvez intervenir
auprès de ses salariés ou sinon informer les passagers dans tous les
aéroports sur la situation des grévistes.

Wildcat (Allemagne)
et Comités de soutien aux grévistes de Gate Gourmet

Pour tout contact
koeln(a)wildcat-www.de





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