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(fr) Pendant la catastrophe : autant en emporte le vent

Date Sun, 11 Dec 2005 20:15:50 +0100 (CET)


LA GESTION DE CRISE COMME NORMALITE SOCIALE (EXEMPLE DE LA LOUISIANE)

Déjà la Nouvelle-Orléans fait date dans l'histoire, en tant que
laboratoire mondial d'une catastrophe écologique incroyablement importante
dans un pays industrialisé. Comment cela se passe-t-il "avant" ? Et
"pendant" ? Comment réagit une population livrée à elle même dans des
conditions extrêmes de survie ? Comment des soldats qui ont pour ordre de
laisser mourir -sous leurs yeux- des femmes, des vieux, des enfants
appliquent-ils les consignes ? Une rébellion peut-elle survenir ? Sur quoi
peut-elle déboucher ? Autant de questions auxquelles les événements de
Louisiane apportent des éléments de réponse que ce dossier, rédigé par
divers militants, cherche à mettre en lumière.

Trois textes composent ce dossier (ils seront diffusés les uns après les
autres):

AVANT LA CATASTROPHE ... "TOUT VA TRÈS BIEN, MADAME LA MARQUISE" (Déjà
publié : http://cnt-ait.info/article.php?id_article=1171)

PENDANT : "AUTANT EN EMPORTE LE VENT"

APRES : "PLUS JAMAIS CA" ou ... "TOUJOURS PAREIL" ? (A venir)

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PENDANT LA CATASTROPHE :

?AUTANT EN EMPORTE LE VENT?

Le vent et l?eau ont tout emporté en Louisiane, tout sauf la flicaille qui
parade dans les rues de la Nouvelle-Orléans. Envolées, les parures
humanitaires de l?État. Disparus, les oripeaux charitables de l?Autorité,
ses blouses blanches et ses casques de pompier. Seuls uniformes visibles
pendant les premiers jours de la catastrophe : ceux de la police et de l?
armée. Une seule priorité clairement affichée : lutter contre le
"pillage". C?est dans ces occasions-là que l?État nous montre son vrai
visage. Arrachés par l?ouragan, les masques tombent. L?État démocratique,
si prétendument soucieux du bien-être des populations et de leur sécurité
révèle sa véritable nature, sa fonction première : protéger la
marchandise, la propriété, les intérêts des possédants avant toute autre
considération.

"Dans la gradation du cauchemar, le pire du pire a pour théâtre le
Convention Center, non loin de l?Aquarium. Là, quelques 20 000 personnes
sont entassées dans des conditions inimaginables. Entourées d?ordures,
elles attendent les bus qu?on leur a promis et qui ne viennent pas. La
police n? est pas loin, elle a ordre de ne pas intervenir. Les damnés du
Convention Center sont laissés à leur sort, comme des pestiférés, comme
des animaux. Personne ne vient leur parler, à part la presse. De la
nourriture et de l? eau sont jetées depuis des hélicoptères, sur le
parking voisin (les pilotes refusent de se poser). Ou alors, depuis le
pont, non loin de là. Sur le trottoir, on croise des malades, des
infirmes, des handicapés mentaux, des nourrissons. Les toilettes du centre
explosent d?excréments et d?urine. Il y a eu des morts, mais les autorités
ne récupèrent pas les cadavres." (Libération 03 sept. 2005).

Une obsession : ?Maintenir l?ordre?

Pourtant l?évacuation, était possible car à la sortie de la ville il y a
une rampe d?autoroute déserte et aucune inondation n?empêche de la
prendre. Mais à regarder de plus près on s?aperçoit que les blancs ont pu
sortir de la ville mais que les voitures des noirs ont été contrôlées et
souvent refoulées par l?armée. Ainsi, la ville a évacué sa population
blanche et aisée, moins de deux jours après l?inondation. Ensuite, l?armée
a pris position aux endroits stratégiques pour "maintenir l?ordre", c?est
à dire empêcher la population de récupérer de la nourriture et de quoi
satisfaire ses besoins de première nécessité.

Tandis que les vivants côtoient les morts, qu?il n?y a plus de lait en
poudre pour les bébés, que l?eau est entièrement contaminée, qu?une
épidémie, due à des conditions de survie abominables, semble gagner les
rescapés ; la première promesse de Bush est d?assurer que les pillards
seront traités avec "zéro tolérance". L?État américain reste impassible et
laisse mourir sa population noire et pauvre. Son activité essentielle est
de déverser dans les médias un discours de haine selon lequel les pauvres
se violeraient entre eux, kidnapperaient des enfants, et se flingueraient
pour monter dans les bus. Les témoignages qui affirment le contraire ont
peine à se faire entendre. Pourtant, l?aide mutuelle que se prête la
population est la seule raison pour laquelle le bilan humain n?est pas
encore plus lourd. Des milliers de gens ont ouvert leur maison aux
survivants de la
catastrophe, et, journellement, d?innombrables actes de solidarité se
manifestent sous des formes diverses.

"Qu?aurait-on fait sans ces jeunes ?", conclut un touriste en parlant des
"pillards". Quant aux véritables pillards, ce ne sont pas ceux que les
médias et l?État désignent comme tels. Voici sur ce point le témoignage d?
une habitante de la Nouvelle-Orléans : "Dans les supermarchés j?ai vu des
flics -tous n?ont pas réagi ainsi, nous le verrons plus loin- pointer
leurs flingues sur des mères de famille qui emportaient des vêtements? Une
fois dans la rue ils les forcent avec une violence inouïe, flingue
dissuasif sur la poitrine à lâcher les vêtements qui sont emportés par les
eaux sous leurs yeux. Du pur gaspillage". Et d?ajouter : "Des flics se
permettent de se servir dans les supermarchés sous les yeux de la
population et les empêchent de faire la même chose. Ce sont les mêmes qui
qualifient ouvertement les gens désespérés de pillards." Ces multiple
témoignages n?empêche pas les médias -en Amérique et dans le reste du
monde- de répandre l?interprétation officielle du gouvernement et de
traiter les gestes de survie comme des affaires de ?pillage?. "Anarchie à
la Nouvelle-Orléans, les pillards devraient être tués sur place", titrent
certains tabloïds.

Catastrophe et sur-pollution

Comme cela était prévisible, une catastrophe de cette envergure dans un
pays industrialisé, bourré d?industries polluantes, est dangereuse. Ainsi
trois jours après la montée des eaux "plusieurs explosions et incendies
violents ont éclaté, touchant notamment un dépôt de produits pétroliers de
récupérations" (Libération 03/09). Selon l?Agence fédérale de l?
environnement, il est plus que probable que des fumées toxiques, des
produits chimiques industriels, des hydrocarbures et des métaux lourds
aient été lâchés. A cela s?ajoutent les carburants venant des stations
d?essence et des voitures submergées, les peintures et solvants venant des
commerces, les produits ménagers et pesticides venant des habitations.
Tous ces produits, dans les eaux de crues devenues de véritables égouts,
font peser la menace de nombreuses maladies pour les résidents, forcés de
barboter dans cette immense baignoire toxique.

A la Nouvelle-Orléans, ceux qui ont faim et soif, ceux qui cherchent à se
nourrir en s?approvisionnant dans les magasins abandonnés s?exposent aux
tirs meurtriers de la police. Les flics sont là pour empêcher toute
transgression du tabou suprême de notre société : "la marchandise
honoreras et point ne déroberas". Le vol est donc passible de la peine de
mort, dans ces moments "catastrophiques" où, pourtant, vu la carence
généralisée, voler reste le seul moyen de survie. Notre société avoue
alors, toute honte bue, que la marchandise est supérieure à la vie humaine
et qu?il est mortellement dangereux de l?oublier. Dans ces circonstances
fâcheuses, dépouillé de tous les atours démocratiques et des parures
légales dans lesquelles il se drape en temps normal, l?État donne à voir
sa vraie nature non seulement de tueur à gages mais aussi de geôlier. Les
rescapés de la Nouvelle-Orléans peuvent en témoigner : évacués vers les
centres de regroupement du Convention Center, du Superdôme, ils ont
rapporté les scandaleuses conditions de vie qui ont été les leurs durant
ces jours, privés de tout, même de la liberté d ?aller et de venir, l?État
confondant toujours ?regroupement? et
?internement?.


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