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(fr) Un 1er mai symbole de la lutte des travailleurs

From Groupe de Rouen FA <farouen@no-log.org>
Date Thu, 28 Apr 2005 20:56:16 +0200 (CEST)


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A G E N C E D E P R E S S E A - I N F O S
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in Monde libertaire # 1396 du 28 avril au 4 mai 2005

1er Mai 1886, la classe ouvrière américaine engage un bras de fer contre
le patronat pour imposer la journée de 8 heures sans pertes de salaire. A
Chicago, 300 000 ouvriers participent à cette grève et lors du meeting de
Haymarket, des incidents éclatent, la police tire dans la foule et une
bombe explose. Après un procès expéditif, 4 militants syndicalistes, tous
anarchistes, et victimes d’une machination policière, seront pendus
tandis qu’un cinquième se suicide. Ils seront innocentés l’année
suivante.

En mémoire de la tragédie de Chicago, le 1er Mai devient la journée
symbole de la lutte des travailleurs. Par la suite, les sociaux
démocrates la transformera en jour férié et Pétain en « fête du travail »
!

Depuis, l’impasse du communisme autoritaire et l’impasse de la
social-démocratie ont ruiné toutes les tentatives d’émancipation des
peuples au XXième siècle. Au point que le capitalisme triomphant nous
renvoie aujourd’hui à une situation de précarité proche de la fin du
XIXième siècle.

1er Mai 2005, la démolition sociale exécutée par l’Etat aux ordres du
patronat veut faire disparaître les derniers acquis sociaux conquis de
hautes luttes par nos aîné-e-s : liquidation de la sécurité sociale,
abolition du code du travail, restriction du droit de grève,
démantèlement des services publics de la santé, de l’énergie,
l’éducation, des
transports et des communications ...

Les gouvernements qui se succèdent invariablement pour mettre en œuvre
les mêmes politiques de misères sociales ne veulent ni ne peuvent
s’opposer aux diktats d’un capitalisme mondialisé, arrogant et méprisant.
Tandis que l’année 2004 annonce des records historiques de profits pour
les
actionnaires (57 milliards d’euros rien que pour les sociétés du CAC 40),
le chômage continue de croître vertigineusement, la précarité se
généralise, plongeant un nombre grandissant d’individus dans la spirale
de la pauvreté et de la souffrance.

Les grandes organisations syndicales ne peuvent ni ne veulent organiser
la résistance et la contre-offensive, la multiplication des grévettes et
journées d’action de 24h00 sans perspectives radicales ne servent qu’à
démobiliser les salariés et conforter les bureaucraties syndicales.

De plus, l’habitude de la délégation démocratique, cultivée jusqu’à
l’extrême-gauche a amené la classe ouvrière à perdre sa confiance en
elle-même, à nier sa capacité politique, c’est à dire à abandonner son
destin dans les mains des partis de la bourgeoisie ou de l’avant-garde
éclairée. Il est donc logique que l’illusion de la transformation sociale
par la voie étatique de l’électoralisme et du parlementarisme ait alors
désorganisé et désarmé la classe ouvrière face aux incessantes attaques
du Capital.

Pour les luttes, OUI ou Non riment avec abandon !

La question du référendum sur la constitution européenne ne manquera pas,
à 4 semaines du scrutin, de transformer cette journée du 1er mai en
grande foire électorale la détournant de son symbole de lutte. A l’heure
où le mouvement social et syndical piétine, ce référendum est dangereux
car il entretient l’illusion d’une victoire possible et suffisante par
rapport aux enjeux actuels nous permettant de nous passer du rapport de
force d’un mouvement social pourtant indispensable. Car si les luttes
représentent une solution aux attaques de la bourgeoisie, l’issue du
référendum quelle qu’elle soit ne représente en aucun cas une solution.
Le 10 mars, nous étions un million de travailleurs en grève du public et
du privé dans les rues, deux fois plus que le 5 février et puis après
plus rien ... sauf pour le référendum qui occulte pour longtemps toute
perspective de montée en puissance d’un mouvement social.

Ce référendum n’est qu’un leurre, une diversion organisée par le patronat
et le gouvernement pour nous orienter dans une voie sans issue. Pendant
que l’on nous agite ce référendum, les réformes antisociales passent, et
les possibilités d’un mouvement social d’ampleur s’évanouissent, au grand
bonheur de nos maîtres trop heureux de nous avoir donné cet os à ronger.
Car ce référendum a bien été décidé, organisé, et planifié par la
bourgeoisie. C’est bien elle qui a rédigé le texte du Traité, c’est elle
qui pose la question et apporte ses (propres) réponses dans le cadre
(matraquage médiatique, bulletin dans l’urne) et le contexte politique
(étouffer dans l’œuf tout développement des luttes sociales face à
l’offensive capitaliste tout azimut qui s’accentue depuis 3 ans) qu’elle
a consciencieusement choisie. En ce sens cette démarche constitue
l’antithèse de la capacité politique ouvrière qui nécessite que ce soit
le prolétariat en lutte qui définisse les bonnes questions (partage des
richesses, réduction du temps de travail, hiérarchie sociale et patronale
...), y apporte ses propres réponses (égalité économique et sociale,
fédéralisme, entraide ...) avec ses propres moyens (l’action directe, la
grève générale autogestionnaire et expropriatrice) et ceci dans un
contexte politique où l’initiative sociale appartient non plus aux
dominants mais à la classe ouvrière.

Encore une fois, notre salut ne viendra pas « d’un débouché politique au
mouvement social », il est clair que la campagne du non relayée jusqu’aux
syndicalistes et certains libertaires ne servira qu’à aider à la
recomposition de l’ex-gauche plurielle dans le cadre des prochaines
échéances électorales. De plus le « non » s’est structuré sur des bases
essentiellement sociales-démocrates autour de l’Appel Copernic (de la
Fondation du même nom) et basé sur une alliance de la « gauche » du PS,
du PC et de la LCR. LO, laissée sur le bord de la touche, cède à la
pression médiatique (LO avait appelé à l’abstention en 1992 contre le
traité de Maastricht) et consent un « non » sans conviction (et
s’abstient de faire campagne). Ainsi nous voyons que le « non » sur des
bases
anticapitalistes, internationalistes, à défaut d’être libertaire (le
pourrait-il ?) apparaît bien maigre sinon inexistant. D’ailleurs et
quelque soit la motivation d’un vote « non », les bulletins dans le
secret des urnes s’additionneront avec les non de gauche, de droite et
d’extrême-droite. Déjà les politiciens aux dents longues font leurs paris
et, rêvant de devenir Calife à la place du Calife, se positionnent en
nouveaux leaders de l’après-référendum. D’autres, sauvés in extremis des
poubelles de l’Histoire et se sentant un second souffle inespéré grâce au
référendum s’agitent vainement pour prolonger de quelques temps leur
agonie politique.

Tant que la société sera divisée en classes, toutes formes d’élections,
référendums y compris, seront organisés aux seuls profits de la classe
dominante et tendront à affaiblir et à nier notre capacité politique pour
renforcer l’aliénation étatique et l’exploitation capitaliste. La société
démocratique a réussi l’immense illusion de faire croire au peuple que le
bulletin de vote est le garant de sa souveraineté. Le système politique
électoral et parlementaire est strictement verrouillé, c’est pour cela
que la bourgeoisie accorde sans crainte au populo le pouvoir de voter car
systématiquement les alternatives proposées sont sans véritables enjeux.
Les anarchistes ont toujours dénoncés cette mascarade : les seuls
consultations et référendums légitimes sont ceux dont la nécessité est
exprimée par le peuple à sa base et non par ses gouvernants
autoproclamés.

Si les principes de l’anarchisme sont éternels et universels, ses moyens
d’actions, ses stratégies et ses tactiques doivent évoluer constamment au
gré des circonstances sociales, culturelles et historiques. La question
du référendum bourgeois pose la question du principe anarchiste de
l’action directe(1). On nous reproche souvent une position idéologique,
d’ailleurs ce référendum ne serait pas une délégation de pouvoir mais
simplement une réponse à une simple question. C’est faux ! Cautionner ce
référendum, c’est renforcer l’illusion démocratique du changement social
par les urnes, c’est écarter encore un peu plus le mouvement ouvrier du
chemin libertaire qui seul pourra le libérer de ses carcans. Au bulletin
dans l’urne, nous opposerons les luttes sociales et le boycott du
référendum. L’abstentionnisme anarchiste ne recherche ni la pureté ni le
dogmatisme, car il n’existe pas de dogmes anarchistes, il ne recherche
que la
meilleure voie dans un parcours semé de pièges et d’embûches pour trouver
le chemin de l’émancipation sociale.

L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes !

L’urgence actuelle réside bien dans la ré-organisation de la classe
ouvrière, c’est à dire récréer et retisser les liens d’entraide et de
solidarité mutuelle entre salarié-e-s, précaires et chômeurs afin de
s’opposer uni-e-s face aux agressions patronales. Ensuite, il est
impératif de multiplier les unités à la base, dans et/ou au delà des
structures syndicales, pour permettre d’une part l’émergence de nouvelles
luttes axées sur des pratiques autogestionnaires et horizontales,
privilégiant l’action directe et d’autre part la réflexion sur un projet
de société. Enfin, il s’agira de construire la convergence de ces luttes,
de les fédérer et les coordonner à l’échelle locale, régionale jusqu’à
l’internationale - le problème social ne pouvant se résoudre qu’à
l’échelle mondiale.

Les anarchistes n’abandonneront jamais le premier mai aux politiciens et
aux bureaucrates. Par les luttes sociales libertaires, nous construirons
l’Europe des peuples libres, égaux et fédérés à laquelle nous aspirons.
Pour cela, il faudra que le mouvement ouvrier puise en lui même la
volonté, l’énergie et les moyens de s’affranchir des parasites étatiques
et patronaux. Ce qu’il nous faut aujourd’hui plus que jamais c’est
l’action directe, l’action directe encore, l’action directe toujours !
Seule la lutte paie !

Julien - groupe de Rouen de la Fédération anarchiste


1. « L’action directe signifie que la classe ouvrière, en réaction contre
le milieu actuel, n’attend rien des hommes, des puissances et des forces
extérieures à elle, mais qu’elle crée ses propres conditions de lutte et
puise en soi les moyens d’action. Elle signifie que, contre la société
actuelle qui ne connaît que le citoyen, se dresse désormais le
producteur. »

Emile Pouget




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